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10 août 2022

HISTOIRE DE L'APOGEE DE L'EMPIRE ROMAIN : LES SECRETS DE SON ARMEE ...

Apogée de l’Empire romain :

 

les secrets de son armée

 

Du Ier siècle av. J.-C. au IIIe siècle ap. J.-C., l’armée romaine parvient à un niveau d’excellence jamais atteint dans l’histoire. Un succès que l’on doit à un recrutement extrêmement sélectif et des entraînements exigeants.

 

PUBLICATION 17 AOÛT 2021, 09:45 CEST
La Legion VIII Augusta est un groupe de reconstitution de l’armée romaine (https://leg8.fr/) et représente une ...

La Legion VIII Augusta est un groupe de reconstitution de l’armée romaine (https://leg8.fr/) et représente une activité d’histoire vivante et de médiation culturelle de l’association Human-Hist, fondée en 1995 et basée à Autun (71) en Bourgogne.  Ici nous pouvons voir une charge en ligne / Legion VIII Augusta et Legion XXX Bavay.

 SOURCE : PHOTOGRAPHIE DE YANNICK TAHONLEGION VIII AUGUSTA

 

L’histoire de Rome est d’abord celle de ses conquêtes. Les images de légionnaires en uniforme sont indissociables de ce puissant État. À la force du glaive et en une poignée de siècles, Rome, simple village agricole, est devenu la capitale d’un immense empire. Au IIe siècle après Jésus-Christ, son territoire s’étend de l’Angleterre actuelle au Moyen-Orient. Une situation que Rome doit pour beaucoup à son excellente armée.

Ses combattants étaient triés sur le volet et suivaient un rigoureux programme d’entraînement. Militaires mais aussi bâtisseurs, jamais ils ne connaissaient l’ennui : entre les corvées du camp (nettoyer, chercher de la nourriture, surveiller les allées et venues des « barbares »), les exercices physiques et les batailles, leurs journées étaient bien remplies. Une routine peu explorée. Jusqu’à présent, les études avaient surtout appréhendé l’armée par le haut, comme une institution, sans se pencher sur le quotidien des hommes qui la font vivre. Yann Le Bohec, historien et professeur émérite à l’université Paris-Sorbonne, a rectifié le tir. En novembre 2020, il a fait paraître La vie quotidienne des soldats romains à l’apogée de l’Empire, aux éditions Tallandier. Entretien.

Yann Le Bohec, historien et professeur émérite à l’université Paris-Sorbonne. Il est l’auteur de « La vie ...

Yann Le Bohec, historien et professeur émérite à l’université Paris-Sorbonne. Il est l’auteur de « La vie quotidienne des soldats romains à l’apogée de l’Empire », paru aux éditions Tallandier.

PHOTOGRAPHIE DE YANN LE BOHEC

Jusqu’au IIIe siècle apr. J.-C., autour de 350 000 hommes constituaient l’armée romaine et gardaient l’Empire, ce qui semble très peu. Pourquoi cela ?

L’État romain préférait la qualité à la quantité. Il avait très peu de soldats, mais ceux-ci étaient excellents. Les soldats à cette époque avaient le physique des sportifs de haut niveau d’aujourd’hui. Le recrutement était extrêmement sélectif. Sur 200 ou 300 personnes présentées au conseil de révision (assemblée militaire chargée d’examiner les jeunes gens, ndlr), l’État ne retenait que 5 ou 6 individus. Ceux avec le meilleur physique, d’une part.  Le conseil de révision veillait à ce que les futurs soldats aient des muscles, des épaules larges, des jambes bien faites. Mais il y avait aussi une petite interrogation intellectuelle : parlaient-ils correctement le latin ? Seraient-ils capables de comprendre les ordres qu’on leur donnerait ? Enfin, de manière plus surprenante pour nous, les personnes devaient passer un examen juridique. Le but : vérifier leur citoyenneté. Les esclaves ne pouvaient pas porter les armes. Le conseil de révision était obligatoire et globalement, devenir soldat était un privilège très recherché. Cela offrait une position sociale respectée ainsi qu’un salaire régulier.

Le numéro de National Geographic de ce mois-ci présente un dossier sur les gladiateurs. Vous écrivez que les embaucher comme soldat était une « mauvaise idée ». Pourquoi ?

Le type d’escrime pratiqué est différent. Les gladiateurs se livrent à un combat d’homme à homme, destiné au spectacle. Les soldats, eux, sont formés à se battre au sein d’un collectif, en tant qu’unité. Le soldat apprend à lancer son javelot dès qu’il est à 4 ou 5 mètres de l’ennemi. Puis pour le combat rapproché, il sort son glaive, donne un coup de bouclier pour déstabiliser l’ennemi, puis profite des quelques secondes de déséquilibre pour donner des coups d’épées. C’est une gymnastique très différente de celle des gladiateurs !

 

Comment est-ce que les individus retenus sont-ils formés ?

Quand un jeune homme est recruté, il fait ses classes pendant quatre mois et apprend, par exemple, à reconnaître les étendards et les officiers. Puis le soldat s’entraîne tout au long de sa carrière à pratiquer son métier militaire. Cela consiste, rappelons-le, à tuer des gens. Il doit donc être physiquement très fort. Ainsi, dès qu’il a un moment et quand il n’y a plus de corvées au camp, le soldat va au terrain d'exercice et s'entraîne. Course, saut, lancer de javelots ou de pierres, escrime, marche... Le soldat romain s’entraîne, par exemple, à parcourir 30 kilomètres en une journée avec 60 kilogrammes d'équipement sur le dos. Le tout vise à fabriquer des corps vigoureux et plus forts que les « barbares ». De plus, toutes les quatre semaines, 5000 légionnaires formaient deux équipes de 2500 pour s’exercer au combat en unités. Ils ont pour cela des armes spéciales en bois, non létales, et lestées de plomb. Plus lourdes que les vraies armes de combat, elles visent à rendre les batailles réelles plus faciles, en comparaison !  

 

Déplacement des troupes / Legion VIII Augusta et Legion XXX Bavay.

Déplacement des troupes / Legion VIII Augusta et Legion XXX Bavay. 

Comment cet entraînement est-il mis à profit pendant la guerre ?

Pendant la saison de guerre, les soldats marchent neuf à dix kilomètres par jour pour aller à la rencontre de l’ennemi - pas plus car le matériel est transporté par de lents chars à bœuf. Comme ils sont itinérants, il faut chaque jour monter un nouveau camp, construire des palissades, mettre les tentes sur pied. Et tout détruire le lendemain matin, pour recommencer … C’est énorme ! Les batailles n’occupent finalement que peu de temps. On compte seulement quatre à six combats sur environ six mois de saison de guerre. Ces batailles ne durent que quelques heures. Les soldats se mettent en place à 8h du matin, les deux armées s'affrontent à 10h, et on connaît le gagnant à 15h au plus tard. Les sièges prennent plus de temps, car il faut fabriquer des machines et mener plusieurs assauts – comme par exemple à Alesia en 52 avant J.-C. Cela dura plusieurs mois.

 

L’excellence de l’armée romaine à l’apogée de l’Empire se fait aussi au prix d’une certaine intransigeance, comme en témoignent les punitions.

Les déserteurs ou les lâches au combat sont condamnés à la peine de mort. Les Romains demandaient toujours aux vaincus de leur livrer les déserteurs. Ces derniers étaient mis à nu, fouettés jusqu’à l’évanouissement, puis réveillés avec un seau d’eau. Ils étaient ensuite décapités à la hache. Le tout devant les autres soldats, qui tapaient en cadence leur lance contre leur bouclier. Cela créait une certaine ambiance, avec un bruit sourd retentissant.

L’autre peine de mort était infligée pendant les batailles. La troisième ligne des soldats devait tuer ceux qui reculaient. Les légionnaires en première et deuxième ligne, qui alternaient pour combattre l’ennemi, se retrouvaient coincés entre leurs adversaires et cette troisième ligne. Ainsi, quitte à mourir, ils préféraient souvent que ce soit de la main de l’ennemi.

 

Tactique de protection contre les attaques de cavalerie : Contra Equites / Legion VIII Augusta et Legion ...

En formation dite la Tortue une tactique de protection contre les attaques de cavalerie : Contra Equites / Legion VIII Augusta et Legion XXX Bavay.

Pour les soldats romains, les dieux étaient très importants dans leur succès.

Oui. Durant l’antiquité, la guerre devait être conforme à la volonté des Dieux. Au combat, les soldats s’imaginent que les dieux sont au-dessus d’eux et affrontent les divinités ennemies. D’où l’importance d’avoir leur aval. Les hauts gradés demandent donc régulièrement l’avis des dieux avant de partir. Voici un exemple tiré en dehors de la période que l’on étudie, lors de la première guerre punique, opposant Romains et Carthaginois. Un amiral sonde les divinités avant la bataille de Drépane, en 249 av. J.-C. Pour cela, il donne du grain à des poulets. Si les poulets mangent le grain, alors cela signifie que les dieux sont avec eux et qu’ils peuvent se lancer dans le combat. Mais cette fois-ci, les poulets n’ont pas faim…

L’amiral s’est fâché et a jeté les volailles à l’eau, avec cette phrase : « Puisqu’ils n’ont pas faim, qu’ils boivent ! » Il voulait vraiment livrer bataille, et rentrer auréolé de gloire à Rome … Donc il décide d’aller au combat malgré tout. Mais l’histoire des poulets s’est transmise de bateau en bateau. Les soldats étaient complètement désespérés, persuadés qu’ils allaient être battus par les Carthaginois car les dieux ne voulaient pas de cette bataille. Effectivement, ils ont été battus. L’effet psychologique est très important. Globalement, tout peut être interprété comme un signe de la volonté des dieux : un général qui glisse en descendant de cheval, une anomalie dans le cadavre d’une victime... Religion et superstition se mêlent.

 

Revue des troupes par le centurion, au premier plan : Cornicen (musicien à tête de loup) / ...

Tente de commandement du Lega / Legion VIII Augusta.

Comment nourrissait-on cette armée ?

Le blé est l’aliment de base des soldats. En terre ennemie, on le pille. En terre amie, on le paye! Soit les soldats échangent de l’or contre du blé. Soit c’est l’État qui en produit et qui en fait livrer directement au camp. Rappelons tout de même que les soldats payaient pour tout, leurs vêtements et leurs repas. Le blé sous forme de pain est consommé avec de l’huile d’olive, parfois un peu de viande et de légumes. Le tout agrémenté de garum, une saumure de poisson omniprésente à l’époque qui ressemblerait au nuoc-mam d’aujourd’hui.

Pour accompagner leur plat, ils buvaient une piquette : des restes de raisins écrasés déjà utilisés pour faire du vin, auxquels ils ajoutaient de l’eau et qu’ils laissaient fermenter. Cela donnait une boisson très peu alcoolisée : la posca. Les soldats buvaient aussi du vinaigre dilué avec de l’eau. Cela peut nous paraître surprenant, mais c’était pour eux une habitude. Les officiers, en revanche, grâce à des salaires beaucoup plus importants et aussi une meilleure éducation, mangeaient beaucoup plus de poisson et de viande. Le tout avec du vin, de l’huile et du garum de meilleure qualité.

 

Tente de commandement du Lega / Legion VIII Augusta.

Revue des troupes par le centurion, au premier plan : Cornicen (musicien à tête de loup) / Legion VIII Augusta.

Les invasions barbares firent céder les frontières au IIIe siècle. Pourquoi l’armée romaine perd de sa superbe à partir de cette époque?

C’est une question débattue. Certains historiens pensent que l’armée romaine était très bonne jusqu’au bout. Mais cela me paraît bizarre. La qualité du recrutement s’est perdue. Le métier militaire présentait moins d’attrait. D’une part, au cours du IIIe siècle, la rémunération des soldats s’est dégradée. La raison ? Aux environs de l'an 200, les empereurs ont augmenté les soldes des militaires dans des proportions considérables. Mais ils n'avaient pas fait HEC !  Ils ne connaissaient pas le principe de l'inflation. Et pour payer les soldes toujours plus importantes, le responsable des finances publiques s’est mis à mélanger du métal vil (du plomb, du zinc) à du métal pur (l'or et l'argent). Il en mettait de plus en plus.

Résultat, au bout de quelques années, ces pièces n’avaient plus de valeur. Les soldats étaient payés en monnaie de singe ! Ils ne faisaient pas ce métier pour être riche, mais considéraient tout de même qu’il fallait un salaire convenable. Les sénateurs qui travaillaient comme cadre dans l’armée sont partis également, découragés par les bas salaires. L’armée a donc perdu en efficacité, cela alors que les soldats menaient des guerres très difficiles. C’est un tout qui explique les défaites.

 

AUGUSTE

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08 août 2022

Insécurité dans NICE les députés LR des 06 Éric CIOTTI et Christelle DINTORNI écrivent à le Première Ministre Elisabeth BORNE ..

Insécurité dans la Capitale de la Côte d'Azur

NICE les députés LR des Alpes-Maritime 

Éric CIOTTI et Christelle DINTORNI écrivent

à la Première Ministre Madame

Elisabeth BORNE ...

 

ERIC CIOTTI

 

Madame Elisabeth BORNE

Première Ministre

Hôtel de Matignon

57, rue de Varenne 75700 PARIS

 

Madame la Première ministre,

Depuis le début de l’année, les conditions de sécurité dans la ville de Nice se dégradent dangereusement.

Durant la nuit du samedi 6 août, la violence a atteint son paroxysme dans deux quartiers de Nice.

Dans le quartier de l’Ariane, une vingtaine d’individus dont des adolescents et des enfants se sont battus à l’arme blanche.

Dans le quartier des Moulins, un homme d’une vingtaine d’années a été abattu par balles.

Globalement, durant le seul mois de juillet 2022, Nice a été le théâtre d’une violence d’une ampleur inédite. Un très lourd bilan est à déplorer :

- 14 blessés à l’arme blanche ;

- 1 blessé par arme à feu ;

- 60 blessés suite à des rixes.

Ces circonstances nous conduisent à vous alerter sur l’urgence d’une réaction ferme et déterminée du Gouvernement. Cette réponse, malgré des discours répétés n’a jamais été à la hauteur des défis à relever.

Les conditions de travail dégradées au sein des commissariats de la ville de Nice, conjuguées au manque alarmant d’effectifs, à l’absence de directeur à la tête de la police municipale de Nice et à la recrudescence des secteurs d’insécurité appellent à des mesures fortes et immédiates.

Les effets d’annonces répétitifs, assorties souvent de l’arrivée pendant quelques jours seulement de forces mobiles qui repartent aussi vite ne suffiront plus pour apaiser un climat extrêmement tendu.

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C’est pour cela que nous vous demandons le renforcement des effectifs de police judiciaire et d’enquête pour traquer les criminels en cause mais aussi pour s’attaquer à la racine du trafic de drogues qui gangrène ces quartiers.

La bataille contre l’insécurité doit aussi se mener sur le terrain judicaire. Or, l’institution judiciaire manque cruellement de moyens à Nice et dans les Alpes-Maritimes.

Des moyens supplémentaires doivent ainsi être engagés de façon urgente. Notre ville et notre département ont un besoin impératif d’un centre éducatif fermé pour mineurs délinquants et d’une nouvelle prison.

Nous exprimons aussi la nécessité de magistrats et de greffiers supplémentaires au tribunal de Nice.

Par ailleurs, nous voulons attirer votre attention sur les retards considérables dans l’ouverture du nouvel Hôtel de police de Nice.

La transformation de l’ancien hôpital Saint Roch en Hôtel de police a été officiellement lancée par Christophe Castaner le 21 juin 2019, il y a donc plus de 3 ans. À cette occasion, la ville de Nice et son maire avaient annoncé l’entrée en fonction de ce commissariat mutualisé avec la police municipale en 2022.

Le Président de la République, quelques semaines avant l’élection présidentielle et dans ce qui devrait être considéré comme un déplacement de campagne avait déposé la première pierre de ce bâtiment.

Or, à ce jour, il n’y a toujours aucun commencement de travaux et pire, le permis de construire n’a toujours pas été déposé !

Face à cette situation et à ces attentes, il vous appartient de conduire une action énergique à travers un vaste plan de reconquête notamment des quartiers de l’Ariane, des Moulins, des Liserons et de Bon voyage afin que la République réinvestisse ces territoires qui s’apparentent, graduellement, à des zones de non droit au sein desquelles quelques voyous exacerbent durablement les tensions et pourrissent la vie des honnêtes citoyens.

Nous vous prions de bien vouloir agréer, Madame la Première ministre, l’expression de notre haute considération.

 

Éric CIOTTI et Christelle DINTORNI

Députés LR des Alpes-Maritimes

Permanence Eric Ciotti – 15 quai des Deux Emmanuel – 06300 NICE – Tél. : 04 92 14 59 00 – Mail : e.ciotti@orange.fr

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06 août 2022

COMMUNIQUE DE MARINE LE PEN : NOTRE BOUSSOLE L'INTERÊT DE LA FRANCE ET DES FRANCAIS !

Notre boussole au Rassemblement National :

l'intérêt de la France et des Français.

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Bonjour Chers amis,

 

Un score important à l'élection présidentielle, un groupe inédit à l'Assemblée nationale : ce long cycle électoral qui s'achève a été marqué par une progression historique du Rassemblement National, qui s'affirme comme un grand mouvement populaire et un parti de gouvernement crédible.

Alors que les 100 premiers jours du nouveau mandat d'Emmanuel Macron ont été marqués par l'inertie d'un pouvoir désorienté, par une explosion de l'insécurité et de l'immigration, nous avons continué à travailler avec sérieux et fait vivre les propositions de mon projet.

Cliquez ci-dessous pour revoir ma conférence de presse à l'Assemblée nationale :

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Nous avons aussi obtenu des avancées, en matière de pouvoir d'achat avec la déconjugalisation de l'allocation adulte handicapé (AAH) et le déblocage d'une aide exceptionnelle pour les utilisateurs de fioul, comme sur la défense de nos libertés publiques, avec la fin de l'état d'urgence sanitaire et de ses mesures d'exception devenues injustifiables. 

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C'est cette ambition que nous garderons, c'est cet objectif que nous poursuivrons à la rentrée, en continuant inlassablement à VOUS défendre. 

Bon été à tous !

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05 août 2022

Intelligence Artificielle et Transhumanisme

Intelligence Artificielle et Transhumanisme 

 

La politique du transhumanisme

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Le transhumanisme est un mouvement philosophique en émergence reposant sur l’idée que les humains peuvent et devraient devenir des surhumains grâce aux avancées technologiques. Le transhumanisme contemporain découle de la culture de l’homme blanc, américain, nanti et connecté sur Internet, et ses perspectives politiques se fondent généralement sur la version militante du libertarianisme propre à cette culture.

Néanmoins, les transhumanistes sont de plus en plus diversifiés, et certains préparent les vastes fondements philosophiques, démocratiques et libéraux de la World Transhumanist Association. Une panoplie de courants et de projets futuristes de gauche sont envisagés en tant que « transhumanisme proto-démocratique ». Il sera aussi question dans le présent essai de la réaction des transhumanistes à l’égard d’un groupuscule de néonazis ayant tenté de se rattacher au mouvement transhumaniste.

Pour que le mouvement transhumaniste puisse croître et représenter un défi de taille pour ses opposants, les bioluddites, il devra se distancer de ses origines élitistes anarcho-capitalistes et clarifier ses engagements envers les institutions, les valeurs et les politiques publiques démocratiques libérales. En adoptant un engagement politique et en utilisant le gouvernement pour répondre aux inquiétudes entourant l’équité, la sécurité et l’efficacité des technologies du transhumanisme, les transhumanistes sont bien positionnés pour attirer un plus grand auditoire.

extropien

Introduction

En ce qui concerne les mèmes politiques, le transhumanisme dans sa forme la plus pure ne se situe dans aucun pôle. Plutôt, chaque partisan ou groupe de partisans associe ce mouvement à sa propre vision politique. (Sandberg, 1994)

Depuis le mouvement des Lumières, l’idée que la condition humaine puisse être améliorée grâce à la raison, à la science et à la technologie a été reprise par une variété d’idéologies politiques. Les partisans de l’amélioration scientifique de la condition humaine ont généralement été opposés, et se sont opposés, aux forces de la religion, et, par conséquent, ont en général été attirés par le libéralisme culturel cosmopolite. Mais il y a eu des cosmopolites séculiers, engagés dans le progrès de l’Homme par la science, qui étaient des libéraux classiques ou des « libertariens », et des démocrates libéraux, des sociaux-démocrates et des communistes. Il y a eu aussi des fascistes technocrates, attirés par le racisme de l’eugénie et le nationalisme d’un État-nation moderne et unifié.

Les méméplexes techno-utopiques ont trouvé dans l’émergence de la cyberculture un support naturel et se sont mutés et croisés avec ardeur dans les idéologies politiques. L’une de ses dernières manifestations a adopté l’étiquette du « transhumanisme », et dans ce contexte idéologique densément peuplé, quoique vaste, se trouvent de nombreux protohybrides idéologiques excitants. La plupart des protopolitiques du transhumanisme sont distinctivement le produit du libertarianisme américain élitique mâle, ce qui limite leur capacité à dissiper les inquiétudes entourant la croissance du mouvement luddite, telles que l’égalité et la sécurité des innovations. Ne militant que pour la liberté individuelle, les transhumanistes libertariens sont peu intéressés à mobiliser une solidarité entre « posthumains » et « normaux » ou par l’idée d’élaborer des projets techno-utopiques qui pourraient inspirer des mouvements sociaux plus larges.

Dans le présent essai, je discuterai brièvement des saveurs politiques du transhumanisme qui se sont développées au cours des douze dernières années, y compris le libertarianisme extropien, la World Transhumanist Association démocratique libérale, le « transhumanisme néonazi » et le transhumanisme démocratique radical. Dans ma conclusion, je présenterai les formes qu’un transhumanisme démocratique plus général pourrait prendre pour obtenir de meilleures chances d’attirer la masse, et de créer et de sécuriser un espace politique pour le type d’auto-amélioration de l’humain visé par le transhumanisme.

 

Transhumanisme libertarien : Max More et le Extropy Institute

Voici vraiment ce qui distingue le mouvement extropien : la fusion de l’optimisme technologique radical et de la philosophie politique libertarienne… ce que l’on pourrait appeler le transhumanisme libertarien. (Goertzel, 2000)

Dans les années 80, un jeune étudiant britannique, Max O’Connor, s’intéressa aux idées futuristes et aux technologies de prolongation de la vie alors qu’il étudiait la philosophie et l’économie politique à Oxford. Au milieu des années 80, il est devenu l’un des pionniers de la cryogénisation en Angleterre. Après ses études à Oxford en 1988, impressionné par le dynamisme et l’ouverture d’esprit des États-Unis pour les idées futuristes, O’Connor entama son doctorat en philosophie à la University of Southern California, où il s’intégra à la sous-culture futuriste locale et s’allia à un autre diplômé, T.O. Morrow, pour fonder le journal techno-utopien Extropy.

O’Connor et Morrow ont adopté le terme « extropie », en opposition à « entropie », en tant que symbole principal de leur philosophie et de leurs visées : la prolongation de la vie, l’accroissement des pouvoirs humains et le contrôle de la nature, l’expansion dans l’espace et l’émergence d’un ordre intelligent, biologique et spontané. O’Connor a aussi adopté un nouveau nom, Max More, comme signe d’engagement à son « but ultime : toujours s’améliorer, ne jamais faire du surplace. J’allais devenir meilleur dans toutes les sphères, devenir plus intelligent, plus en forme et en santé. Ce but me poussera toujours à me dépasser. » (Regis, 1994)

Dans les premiers numéros du magazine Extropy, More y publiera des versions et des expositions successives de ses « principes extropiens ». Au début des années 90, il existait cinq principes :

  1. Progrès perpétuel : Viser plus d’intelligence, de sagesse, d’efficacité, une durée de vie indéfinie, la suppression des limites politiques, culturelles, biologiques et psychologiques à la réalisation de soi. Dépasser sans cesse ce qui contraint notre progrès et nos possibilités. S’étendre dans l’univers et avancer sans fin.

  2. Auto-Transformation : Affirmer une amélioration continue psychologique, intellectuelle et physique, par la pensée critique et créative, la responsabilité personnelle et l’expérimentation. Rechercher l’augmentation biologique et neurologique.
  3. Optimisme dynamique : Nourrir l’action par des attentes positives. Adopter un optimisme rationnel, basé sur l’action, par opposition tant à la foi aveugle qu’au pessimisme stagnant.

  4. Technologie intelligente : Appliquer la science et la technologie de façon créative pour transcender les limites « naturelles » que nous imposent notre héritage biologique, notre culture et notre environnement.

  5. Ordre spontané : Soutenir des processus de coordination sociale volontaire et décentralisée. Favoriser la tolérance, la diversité, la prévoyance, la responsabilité personnelle et la liberté individuelle.

En 1991, les extropiens ont monté une liste de diffusion, tirant ainsi profit de l’expansion fulgurante de la culture de l’Internet. La liste de diffusion extropienne, et ses listes de diffusion régionales et locales qui y sont associées, ont attiré des milliers d’abonnés et généré un extraordinaire volume de messages au cours de la dernière décennie. La plupart des personnes qui se considèrent comme extropiennes n’ont jamais rencontré d’autres extropiens et ne participent qu’à cette communauté virtuelle. Il existe par contre des petits groupes d’extropiens qui se rencontrent en Californie, à Washington et à Boston.

Dans le premier numéro de Extropy, parue en 1988, More et Morrow mentionnent que la politique libertarienne serait l’un des sujets défendus par le magazine. En 1991, Extropy était axé sur le principe de l’ordre émergent, où y était publié un essai de T.O. Morrow sur le concept anarcho-capitaliste de David Friedman La loi privée, et un article de Max More sur l’« ordre sans gouvernance ». Dans ces essais, Morrow et More ont énoncé haut et fort la conviction du journal, soit le libertarianisme radical, orientation idéologique partagée par la plupart des jeunes hommes américains éduqués et attirés par la liste extropienne. Le milieu extropien voyait l’État, et toute forme d’égalitarianisme, comme une menace potentielle à leur auto-transformation personnelle. Le cinquième principe de More, l’« ordre spontané », reflétait leur croyance fondée sur les principes de Hayek et Ayn Rand voulant qu’un marché anarchique engendre un ordre libéré et dynamique, alors que l’État et son autoritarisme sont entropiques.

En 1992, More et Morrow ont fondé l’Extropy Institute, où s’est tenu un premier colloque en 1994. À Extro 1, à Sunnyvale, dans l’État de la Californie, le principal conférencier était le scientifique informatique controversé, Hans Moravec, qui parla de la façon dont les humains seraient inévitablement remplacés par des robots. Eric Drexler, promoteur du cryogénisme et fondateur du domaine de la nanotechnologie, y a aussi donné une conférence. Y était également présent le journaliste Ed Regis (1994), dont l’article sur les extropiens publié dans le magazine Wired a grandement contribué à la visibilité du groupe. Le deuxième colloque s’est tenu en 1995; Extro 3, en 1997; Extro 4, en 1999; et Extro 5, en 2001. Chaque séminaire a attiré de nombreux scientifiques éminents, auteurs de science-fiction et sommités dans le domaine du futurisme.

Dans la foulée de toute cette attention, les extropiens ont aussi commencé à attirer un criticisme dépérissant de la part des critiques culturels progressistes. En 1996, une contributrice au Wired, Paulina Borsook, a amorcé un débat dans un forum en ligne avec More sur le site Web de Wired, le taxant d’égoïste, d’élitiste et d’évasif. Elle a par la suite publié l’ouvrage Cyberselfish: A Critical Romp through the Terribly Libertarian Culture of High Tech (2001). Mark Dery dénonce les extropiens et une douzaine de technocultures y étant associées dans son livre Escape Velocity (1997), inventant le terme « aversion du corps » (body-loathing) pour désigner le fait que certains, comme les extropiens, souhaitent quitter leur « marionnette de chair » (c.-à-d. leur corps).

La liste extropienne faisait souvent l’objet d’attaques virulentes sur divers points de vue, et ceux qui ne s’identifiaient pas aux extropiens, mais qui étaient tout de même favorables aux visions transhumanistes ont commencé à former un groupe important. Bien que l’épouse de More, Natasha Vita-More, soit reconnue pour son art et ses projets culturels transhumanistes, peu de femmes sont impliquées dans la sous-culture extropienne, et certaines femmes ont quitté la liste décriant son style argumentatif adolescent hyper-masculin. Dans un sondage mené en février et mars 2002, 80 % des extropiens étaient des hommes et plus de 50 % étaient âgés de moins de 30 ans (ExiCommunity Polls, 2002). En 1999 et 2000, les camarades européens extropiens ont commencé à se réunir, et la World Transhumanist Association a été créée, ses articles constitutifs étant vraisemblablement moins libertariens que les principes extropiens. Vers la fin des années 90, à mesure que le transhumanisme élargissait sa base sociale, un nombre croissant de voix non libertariennes a commencé à se faire entendre sur des listes de diffusion externes.

En réaction à ces différentes tendances et probablement grâce à sa propre maturation philosophique, More a remanié ses principes en 2000, passant de la version 2.6 à la version 3.0, et de cinq à sept principes : 1. Progrès perpétuel, 2. Auto-transformation, 3. Optimisme pratique, 4. Technologie intelligente, 5. Société ouverte, 6. Auto-direction, et 7. Pensée rationnelle. Dans la version 3.0, More adapte son principe anarcho-capitaliste l’« ordre spontané » en deux principes beaucoup plus modérément libertariens :

Société ouverte — Soutenir des organisations sociales qui favorisent la liberté d’expression, la liberté d’action et d’expérimentation. S’opposer au contrôle social autoritaire et préférer l’autorité de la loi et la décentralisation du pouvoir. Préférer la négociation au conflit et l’échange à la contrainte; choisir l’ouverture à l’amélioration plutôt qu’une utopie statique.

Auto-direction — Rechercher la pensée indépendante, la liberté individuelle, la responsabilité personnelle, l’auto-orientation, l’estime de soi et le respect des autres.

Dans un commentaire plus détaillé sur ses principes 3.0, More se détache explicitement de la position élitiste Randienne sur l’égoïsme éclairé, et préconise le principe de l’égalité et une responsabilité civique.

« […] Pour que les individus et les sociétés prospèrent, la liberté doit être accompagnée d’une responsabilité personnelle. Une liberté sans responsabilité est une liberté immature. » (More, 2000)

En outre, il allègue que l’extropianisme n’est pas « libertarien » et peut être compatible avec différents types de « sociétés ouvertes » libérales, mais pas dans des théocraties ni des systèmes autoritaires ou totalitaires. (More, 2000)

Cependant, comme le démontre un examen du trafic sur les listes extropiennes, la plupart des extropiens demeurent des libertariens affirmés. Dans un sondage mené auprès des abonnés aux sites extropiens en février et en mars 2002, 56 % des interrogés s’identifiaient comme des « libertariens » ou « des anarchistes/autogouvernés » et un autre 15 % des interrogés étaient engagés dans des visées politiques alternatives (généralement des minarchistes) (ExiCommunity Polls, 2002). [1] Dans la liste de recommandations de lectures « économiques et sociétales » que More a jointe à la version 3.0. des principes, les lectures économiques et politiques sont toujours fortement axées sur l’anarcho-capitalisme :

Ronald H. Coase  The Firm, the Market, and the Law
David Friedman  The Machinery of Freedom (2nd Ed.)
Kevin Kelly  Out of Control
Friedrich Hayek  The Constitution of Liberty
Karl Popper  The Open Society and Its Enemies
Julian Simon  The Ultimate Resource (2nd ed.)
Julian Simon & Herman Kahn (eds)  The Resourceful Earth
(More, 2000)

Comme le suggèrent les œuvres de Julian Simon, la plupart des extropiens demeurent également explicitement et fermement opposés au mouvement environnementaliste, avançant les arguments de Julian Simon et autres que l’écosystème n’est pas vraiment menacé, et que s’il l’était, la seule solution serait de créer de nouvelles technologies améliorées [2]. Certains discutent occasionnellement des risques potentiels ou catastrophiques liés à l’émergence des technologies, mais ces arguments sont généralement mis de côté, voulant que l’on puisse facilement y remédier ou que ce soient des risques acceptables par rapport aux immenses bienfaits que ces technologies apporteraient.

Cette forme d’argumentation est plutôt compréhensible dans le contexte des espoirs apocalyptiques millénaux que la plupart des transhumanistes ont nourris, soit la « singularité ». La singularité des extropiens se veut une rupture imminente de la vie sociale, émergeant de la conjonction entre la génétique, la cybernétique et la nanotechnologie. Le concept de singularité a d’abord été proposé par l’auteur de science-fiction Vernor Vinge dans son essai de 1993, mentionnant plus particulièrement les conséquences apocalyptiques de l’émergence d’une intelligence artificielle douée de sa propre volonté, qui devrait apparaître dans les deux prochaines décennies. Dans le sondage de février-mars 2002 sur les extropiens, les répondants s’attendaient en moyenne à ce que « la prochaine percée majeure qui changerait radicalement le futur de l’humanité » ait lieu en 2017. Seulement 21 % des interrogés ont répondu qu’« un tel événement ne surviendrait pas, qu’il n’y aurait qu’une accélération équipondérante dans tous les domaines ». La majorité des extropiens qui s’attendaient à voir naître la singularité prévoyaient qu’elle émanerait de la technologie informatique ou de l’intelligence artificielle, d’un avancement médical ou nanotechnologique. (ExiCommunity Polls, 2002).

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Parmi les mouvements millénaristes, la foi en la singularité est uniquement fondée sur une argumentation rationnelle et scientifique concernant des tendances exponentielles mesurables. Par exemple, les « singularitaristes » comme Ray Kurzweil (Kurzweilai.net) comparent la croissance exponentielle de la puissance de traitement informatique (la « loi de Moore ») et de la mémoire à la puissance de traitement du cerveau humain pour justifier l’arrivée des cerveaux-machines. La popularité de l’idée de la singularité découle toutefois aussi de l’attrait transculturel des visions apocalyptiques et de la rédemption. La singularité est une vision d’une techno-extase embrassée par des techno-enthousiastes relativement sans pouvoir, aliénés et séculiers (Bozeman, 1997).[3] L’attrait de la singularité pour des libertariens comme les extropiens repose sur le fait qu’elle, comme le retour du Messie, ne nécessite pas d’action collective particulière. La singularité est littéralement un deus ex machina. Ayn Rand voyait la société s’engouffrer dans le chaos lorsque la techno-élite se retirera dans sa Valhalla. Mais la singularité favorisera la techno-élite alors que le reste de la population sera vraisemblablement exterminé.

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Par exemple, en réaction à un défi lancé par Mark Dery concernant les conséquences socio-économiques de l’ascension de la robotique, le membre du conseil extropien, Hans Moravec, a répondu que « les conséquences socio-économiques sont… grandement dépourvues de pertinence. Ce que les gens font est sans importance, parce qu’ils seront largués, comme le deuxième étage d’une fusée. Les malheurs, l’effroyable mort et les projets avortés font partie de l’histoire de la vie de la Terre depuis que la vie existe. Ce qui compte vraiment à long terme est ce qui reste. » (Moravec cité par Goertzel, 2000) Travailler individuellement pour rester à la pointe de la technologie, se transformant en posthumain, constitue le meilleur moyen pour les extropiens de survivre et de prospérer dans la singularité.

Le rôle politique futur des extropiens

Au cours des deux dernières années, le mouvement néoluddite a acquis davantage de coordination et de visibilité politique, passant d’un mouvement contre les aliments modifiés génétiquement et le clonage des cellules souches à la nomination par le président Bush de l’éthicien bioconservateur avoué Leon Kass en tant que conseiller en bioéthique et président du conseil sur la bioéthique. Kass, à son tour, a nommé des sympathisants bioluddites au conseil, comme Francis Fukuyama, auteur du dernier manifeste anti-ingénierie génétique :

La fin de l’homme : les conséquences de la révolution biotechnique (2002).

Malgré la foi des extropiens en l’inéluctabilité du millénaire, les néoluddites les ont suffisamment alarmé qu’en 2001, Natasha Vita-More annonçait la création de la Progress Action Coalition (« Pro-Act »), un comité extropien politiquement militant. L’intention avouée de ce groupe est de former une coalition de groupes pour défendre la haute technologie contre les luddites.

Conférencière à cet événement, l’artiste et « catalyseur culturel » Natasha Vita-More, administratrice de Pro-Act, affirma que la nouvelle organisation vise à former une coalition de groupes contre les néoluddites, qui s’opposent aux nouvelles technologies comme l’ingénierie génétique, la nanotechnologie et l’intelligence artificielle, que ce soit Bill Joy de Greenpeace, la Foundation for Economic Trends de Jeremy Rifkin, le Parti vert ou les protestants actuels de la conférence BIO2001 à San Diego. (Angelica, 2001)

Le groupe est encore en formation, mais la poignée de scientifiques et membres culturels, partisans et alliés regroupés par les extropiens pourrait grossir pour obtenir un pouvoir politique considérable. S’engager dans les campagnes politiques actuelles pour contrer les projets de loi anti-clonage ou anti-génétique forcerait inévitablement les extropiens à prendre part à la politique et à ses moyens actifs pour supporter la science, ce qui atténuera leur pureté anarchiste. Inversement, le fait que le groupe soit perçu comme une élite, un culte farfelu centré sur l’individualisme constituera un obstacle pour attirer le soutien des sociétés biotech ou informatiques dans le cadre de leur projet politique.

Transhumanisme démocratique libéral : World Transhumanist Association

Histoire du terme « transhumanisme »

Selon les dires de l’épouse de Max More, Natasha Vita-More, le terme « transhumain » a été tout d’abord utilisé en 1966 par le futuriste américano-iranien F.M. Esfandiary, alors qu’il enseignait à la New School for Social Research. Ce terme est par la suite apparu dans l’ouvrage de 1968 d’Abraham Maslow Vers une psychologie de l’être, et dans celui de Robert Ettinger, en 1972, Man into Superman. Tout comme Maslow et Ettinger, F.M. Esfandiary (qui changea de nom pour FM-2030) a utilisé le terme dans ses écrits des années 70 pour désigner des personnes qui adoptaient les technologies, le style de vie et les visions mondiales culturelles qui permettaient la transition vers la posthumanité. Dans son livre de 1989, Are You Transhuman?, FM-2030 affirme :

« Les transhumains constituent la première manifestation de nouveaux êtres évolutionnaires. Ils sont comme les premiers hominidés qui, des millions d’années plus tôt, sont descendus des arbres et ont commencé à explorer les alentours. Les transhumains ne favorisent pas nécessairement l’accélération de l’évolution de formes de vie supérieures. Plusieurs d’entre eux n’ont même pas conscience de leur rôle transitionnel dans l’évolution. » (FM-2030, 1989)

Au début des années 1980, FM-2030 a rencontré la future épouse de More, Natasha Vita-More (Nancie Clark), et est ensuite devenu ami et partisan de More et des extropiens de la Californie. Dans le discours adopté par les extropiens, le transhumanisme implique un penchant idéologique de la conscience de soi, il ne s’agit pas seulement d’un mouvement précoce pour la technologie posthumaine. En effet, dans un essai daté de 1990, More définit le transhumanisme comme suit :

« Le transhumanisme est une catégorie de philosophies qui tente de nous guider vers une condition posthumaine. Le transhumanisme ressemble à plusieurs égards à l’humanisme, y compris sur le plan du respect pour la raison et la science, de l’engagement envers le progrès et de la valorisation de l’existence humaine (ou transhumaine) d’aujourd’hui plutôt que dans une certaine « après-vie » surnaturelle. Le transhumanisme se différencie de l’humanisme sur le plan de la reconnaissance et de l’anticipation des changements radicaux dans la nature et des possibilités de nos vies attribuables à diverses sciences et technologies comme la neuroscience et la neuropharmacologie, la prolongation de la vie, l’ultra-intelligence artificielle et la conquête du cosmos, combinées à une philosophie rationnelle et à un système de valeur. » (More, 1990)

More a par la suite défini plus en détails le transhumanisme comme une philosophie de vie qui vise la poursuite et l’accélération de l’évolution de la vie intelligente au-delà de la forme et des limites humaines au moyen de la science et de la technologie et axée sur des principes et des valeurs promouvant la vie. (More, cité par Sandberg, 2001)

La création de la World Transhumanist Association

Depuis les débuts du journal Extropy, et dans le vocabulaire extropien croissant, Max More et les autres extropiens ont précisé dès le début que l’extropianisme n’est qu’une des formes possibles du transhumanisme. Par exemple, en 1994, Anders Sandberg, fondateur du groupe transhumaniste suédois Aleph, affirma que les idées transhumanistes pourraient rejoindre nombre d’idéologies politiques, et que le transhumanisme extropien libertarien n’était qu’une forme, plutôt robuste, du transhumanisme :

« L’extropianisme, combinaison de mêmes transhumanistes et du libertarianisme, semble être l’un des systèmes le mieux intégré et le plus dynamique. Il est notamment populaire parce que le même est en mesure d’organiser ses adeptes plus aisément que les autres systèmes transhumanistes, ce qui a entraîné une scission au sein des transhumanistes internautes, puisque l’extropianisme est plus répandu et plus actif. » (Sandberg, 1994)

Vers la fin des années 90, il apparait que les alliés européens de la Extropy Institute sont moins enthousiasmés par l’orthodoxie anarcho-capitaliste que les Américains. Un transhumaniste européen, examinant une conférence des transhumanistes européens, nota : « Rémi Sussan entama le programme officiel… c’est un socialiste humaniste sensible, quelqu’un de bien. Je suis heureux de voir les transhumanistes européens si diversifiés, les discussions sont ainsi plus recherchées que celles qu’on peut avoir sur la liste de diffusion de l’Extropy. » (Rasmussen, 1999)

En 1997, le philosophe suédois Nick Bostrom a créé la World Transhumanist Association (WTA) en tant que groupement autonome et plus diversifié, qui se pencherait sur les questions technolibératoires des extropiens, et qui aurait davantage de diversités idéologique et politique que ce qui est toléré par les extropiens. Bostrom est professeur de philosophie, et le projet de la WTA a attiré plusieurs professeurs vers le mouvement extropien. Ensemble, ils ont lancé le quotidien The Journal of Transhumanism, et travaillent à faire reconnaître le transhumanisme comme une discipline académique.

En 1998, Bostrom et plusieurs douzaines de précieux collaborateurs américains et européens ont commencé à travailler sur les deux textes fondateurs de la WTA, la Déclaration Transhumaniste et la Foire aux questions (« FAQ ») Transhumanisme. Les extropiens en chef, y compris More, ont contribué à la documentation, mais elle a surtout été influencée par les Suédois d’une grande ouverte politique Nick Bostrom et Anders Sandberg, la féministe Kathryn Aegis et le penseur utilitaire britannique David Pearce. Les premiers jets de ces textes ont été publiés en 1999.

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La Déclaration Transhumaniste

  1. L’avenir de l’humanité va être radicalement transformé par la technologie. Nous envisageons la possibilité que l’être humain puisse subir des modifications, tel que son rajeunissement, l’accroissement de son intelligence par des moyens biologiques ou artificiels, la capacité de moduler son propre état psychologique, l’abolition de la souffrance et l’exploration de l’univers.

  2. On devrait mener des recherches méthodiques pour comprendre ces futurs changements ainsi que leurs conséquences à long terme.

  3. Les transhumanistes croient que, en étant généralement ouverts à l’égard des nouvelles technologies, et en les adoptant nous favoriserions leur utilisation à bon escient au lieu d’essayer de les interdire.

  4. Les transhumanistes prônent le droit moral de ceux qui le désirent, de se servir de la technologie pour accroître leurs capacités physiques, mentales ou reproductives et d’être davantage maîtres de leur propre vie. Nous souhaitons nous épanouir en transcendant nos limites biologiques actuelles.

  5. Pour planifier l’avenir, il est impératif de tenir compte de l’éventualité de ces progrès spectaculaires en matière de technologie. Il serait catastrophique que ces avantages potentiels ne se matérialisent pas à cause de la technophobie ou de prohibitions inutiles. Par ailleurs il serait tout aussi tragique que la vie intelligente disparaisse à la suite d’une catastrophe ou d’une guerre faisant appel à des technologies de pointe.

  6. Nous devons créer des forums où les gens pourront débattre en toute rationalité de ce qui devrait être fait ainsi que d’un ordre social où l’on puisse mettre en œuvre des décisions responsables.

  7. Le transhumanisme englobe de nombreux principes de l’humanisme moderne et prône le bien-être de tout ce qui éprouve des sentiments qu’ils proviennent d’un cerveau humain, artificiel, posthumain ou animal. Le transhumanisme n’appuie aucun politicien, parti ou programme politique.

La déclaration se distingue par sa dissociation des principes extropiens à plusieurs égards. Au point 5, la déclaration souligne notamment les possibles conséquences catastrophiques liées aux nouvelles technologies, et dans la FAQ, les auteurs discutent de la responsabilité des transhumanistes à anticiper et à concevoir une politique publique visant à contourner ces conséquences désastreuses. En revanche, les extropiens anarcho-capitalistes nient en général toute possibilité catastrophique et croient que seules les solutions du marché peuvent contrer toute menace potentielle. Au point 6, il y est expressément mentionné le besoin de « créer des forums où les gens peuvent débattre rationnellement sur ce qui doit être fait et un ordre social où des décisions responsables peuvent être mises en œuvre ». Ici, contrairement aux extropiens élitistes jusqu’alors antipolitiques, les fondateurs de la WTA prennent au sérieux le besoin d’engager la société et appuient les démocraties responsables et les politiques technologiques démocratiques.

Au point 7, les fondateurs de la WTA consentent explicitement à une éthique utilitaire, probablement influencés par l’utilitarien David Pierce, contrairement aux éthiques radicalement individualistes des extropiens. Au final, dans la dernière phrase de la déclaration, les auteurs indiquent clairement que la WTA n’est pas engagée dans une idéologie politique particulière.

Sur le plan politique, les extropiens contestent le contrôle social autoritaire et favorisent le principe de l’égalité et la décentralisation du pouvoir. Le transhumanisme comme tel ne préconise aucun point de vue politique donné, même si cette idéologie a des conséquences politiques. Les transhumanistes eux-mêmes ont diverses opinions politiques (ils sont libéraux, sociaux-démocrates, libertariens, membres du Parti vert, etc.) et certains ont choisi d’être apolitiques. (Bostrom et al., 1999)

La politique de la FAQ de la WTA

Y apparaît dans la FAQ de la WTA la question suivante : « Les nouvelles technologies profiteront-elles uniquement aux riches et aux puissants? Qu’arrivera-t-il aux autres? » Plutôt que de suggérer qu’une certaine forme d’alternative sociale pourrait faciliter l’accès de ces technologies aux pauvres, on y rabâche la vieille théorie de l’innovation technologique, soulignant que la vie des gens relativement pauvres d’aujourd’hui a été enrichie par les technologies qui n’étaient auparavant accessibles qu’aux riches. Toutefois, on dresse ce constat surprenant dans la FAQ :

« L’on pourrait dire que certaines technologies pourraient faire en sorte que les inégalités sociales augmentent. Par exemple, si une certaine forme d’augmentation de l’intelligence était disponible, il est possible qu’elle soit au départ si coûteuse que seuls les plus riches pourront l’acheter, même chose pour ce qui est d’améliorer génétiquement nos enfants. Les gens riches deviendront plus intelligents et gagneront davantage d’argent… »

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Essayer d’interdire les innovations technologiques pour ces motifs serait une erreur. Si une société jugeait ces inégalités inacceptables, il serait plus sage qu’elle favorise la redistribution de la richesse, par exemple au moyen d’une imposition et de services gratuits (bourses d’études, accès Internet dans les bibliothèques, augmentations génétiques couvertes par la sécurité sociale, etc.). Parce que le progrès économique et technologique n’est pas un jeu à somme nulle, c’est un jeu à somme positive. Il ne résout pas le vieux problème politique du pourcentage de la redistribution du revenu, mais peut faire en sorte que les parts du gâteau devant être partagé soit vraiment plus grosses. » (Bostrom et al., 1999)

Pareillement, lorsque l’on se pose la question de savoir si le transhumanisme ne détourne pas simplement l’attention des problèmes urgents comme la pauvreté et les conflits mondiaux d’aujourd’hui, on avance dans la FAQ que les transhumanistes devraient se pencher sur ces problèmes réels et futurs. En fait, selon la FAQ, les technologies transhumanistes peuvent faire partie de la solution à la pauvreté et aux conflits, en améliorant les soins de santé, en augmentant l’intelligence et en élargissant l’accès aux communications et à la prospérité. Réciproquement, travailler à un monde meilleur est un but principal du transhumanisme, comme en fait foi l’éthique utilitaire du principe 7, et est également essentiel à l’établissement d’un ordre social démocratique libéral pacifique où l’expérimentation transhumaine peut avoir lieu.

« S’unir pour former un monde mondial caractérisé par la paix, la coopération internationale et le respect des droits humains améliorait les chances que les applications dangereuses de certaines technologies futures ne seront pas utilisées à mauvais escient et libérera aussi les ressources qui sont actuellement utilisées pour l’armement militaire, ce qui permettra de les utiliser pour améliorer la condition des pauvres. » (Bostrom et al., 1999)

On soulève aussi dans la FAQ la question de la surpopulation causée par des technologies de prolongation de la vie. Comme les extropiens technolibertariens, on avance que seule une combinaison de contrôle de la population et de poursuite agressive des technologies avancées et durables, comme les biotechnologies agricoles, les processus industriels écologiques, la nanotechnologie et ultimement la colonisation spatiale, peut régler ce dilemme malthusien. Cependant, il y est aussi inscrit que la meilleure façon de contrôler la croissance de la population est d’émanciper les femmes : « En vérité, donner aux gens un meilleur contrôle rationnel sur leur vie (particulièrement sur le plan de l’éducation et de l’égalité des femmes) fait en sorte qu’ils aient moins d’enfants. » (Bostrom et al., 1999)

En réponse à une question portant sur la façon dont les posthumains traiteront les humains, on note dans la FAQ « qu’il serait utile de continuer à bâtir des traditions et des constitutions démocratiques stables, étendant idéalement la primauté du droit aux plans international et national. » (Bostrom et al., 1999). Par cette réponse, les transhumanistes anticipent le besoin de créer une solidarité politique et culturelle entre les humains et les posthumains, de minimiser les conflits, et d’instaurer des institutions de réglementation mondiales qui pourraient protéger les humains des posthumains et vice-versa.

En résumé, les documents de la WTA établissent un large contexte politique, embrassant explicitement l’engagement politique, le besoin de défendre et d’étendre la démocratie libérale et l’inclusion d’alternatives de réglementation sociale-démocratique comme objets de discussion légitimes.

La WTA en 2002

En novembre 2001, la WTA a abordé sa prochaine phase d’institutionnalisation [4]. Elle a formé un conseil d’administration, dont Nick Bostrom en est le président, et s’est constituée en société dans l’État du Connecticut. Le journal a été renommé Journal of Evolution and Technology, et la WTA a lancé un magazine Web populaire, Transhumanity. La WTA a mille cinq cents « membres de base », et il existe plusieurs listes croissantes en activité. Après avoir reçu un premier accueil mitigé chez les extropiens, l’Extropy Institute a été officiellement affilié à la WTA, de même qu’une douzaine d’autres groupes transhumanistes des États-Unis, de l’Europe, de l’Amérique du Sud et de l’Asie. Des groupes locaux se sont organisés dans deux douzaines de villes.

Transhumanisme fasciste

En 1990, l’écrivain italien Filippo Tommaso Marinetti a publié son « Manifeste du Futurisme » dans le journal parisien Le Figaro, dans lequel il prône une nouvelle approche esthétique de la vie.

« Nous voulons exalter le mouvement agressif, l’insomnie fiévreuse, le pas gymnastique, le saut périlleux, la gifle et le coup de poing… »

« Nous voulons chanter l’homme qui tient le volant, dont la tige idéale traverse la terre, lancée elle-même sur le circuit de son orbite… »

« Nous sommes sur le promontoire extrême des siècles!… À quoi bon regarder derrière nous, du moment qu’il nous faut défoncer les vantaux mystérieux de l’impossible? Le Temps et l’Espace sont morts hier. Nous vivons déjà dans l’absolu, puisque nous avons déjà créé l’éternelle vitesse omniprésente. »

Marinetti croyait que l’Italie et l’Europe dans son ensemble stagnaient et souhaitait l’émergence d’un nouvel art glorifiant la technologie moderne, l’énergie et la violence. Des artistes, écrivains, musiciens, architectes et autres personnalités se sont réunis sous la bannière du Futurisme en Italie et en Europe et ont commencé à publier leurs propres manifestes. Bon nombre des fondateurs du Futurisme, y compris Marinetti, étaient des anarchistes, bien qu’ils aient enjoint à l’Italie de joindre la Première Guerre mondiale. Lorsque celle-ci s’est terminée, le mouvement et ses romantiques prônaient la violence héroïque et la guerre, Marinetti ayant tissé des liens amicaux avec Mussolini, qui avait combiné des politiques marxistes et anarchistes avec des idées nietzschéennes et romantiques nationalistes héroïques. Marinetti et nombre d’autres futuristes italiens se sont joints au nouveau mouvement fasciste de Mussolini et les fascistes, quant à eux, ont adopté les idées et les esthétiques du Futurisme.

Aujourd’hui, lorsqu’un mouvement social émerge, comme celui des extropiens, qui méprise ouvertement la démocratie libérale, prône une élite surhumaine pour se libérer de la moralité traditionnelle, favorise l’expansion illimitée et l’optimisme, et crée une nouvelle humanité au moyen de la technologie génétique et de la fusion entre humains et machines, il est compréhensible que les critiques associent ce mouvement au fascisme européen.

Cette problématique n’a pas échappé à l’attention des extropiens. Par exemple, en 1994, Sandberg écrivait :

« Nombre de personnes associent l’idée de la superhumanité, c.-à-d. modifier rationnellement notre forme biologique et accélérer l’évolution de l’humanité, avec des croyances désuètes et déplaisantes comme le fascisme… en particulier parce que les idées transhumanistes se retrouvent (réellement ou apparemment) chez les fascistes. » (Sandberg, 1994)

Faits encore plus inquiétants pour certains, Max More a reconnu, et écrit sur le sujet, la contribution de Nietzsche à la pensée extropienne, et il a inclu Nietzsche à la liste de lectures extropiennes. Malgré tout, More n’a cessé de rejeter l’idée que la pensée extropienne est comparable à celle du fascisme, soulignant les valeurs individualistes et libertariennes de l’extropianisme.

Mais pour certains intellectuels futuristes, l’écart entre anarcho-capitalisme et totalitarisme pourrait ne pas être si grand, comme le démontre le cas de Marinetti et de nombreuses autres sectes. Le problème du transhumanisme, par opposition à l’extropianisme, est encore plus épineux, puisque les idées principales transhumanistes peuvent être associées à toute autre idéologue séculière. Commentant le discours d’un interlocuteur à la réunion de 1999 des transhumanistes européens, Max Rasmussen souligne :

« (Le conférencier a relevé que) le transhumanisme peut vraiment nous rappeler le nazisme et que nous devrions en être bien conscients. « Nous ne devons pas être tentés par le côté obscur. » Nous devons être prêts et nous doter d’une défense mentale advenant qu’un jour les fascistes devaient essayer d’adapter le transhumanisme, de sorte que nous puissions les tenir hors du mouvement. Je suis tout à fait en accord avec cela. Nous voulons devenir des posthumains, non pas des surhumains (übermensch). » (Rasmussen, 1999)

Quelques exemples de transhumanistes ayant des penchants fascistes sont apparus dans les années 90 et ils figuraient dans la liste des extropiens et étaient associés au milieu. Lyle Burkhead, l’un de ces exemples, écrivit :

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« Le Troisième Reich est le seul modèle que nous ayons d’un état transhumaniste… il est grand temps que les transhumanistes admettent le fait que ce que nous essayons de faire ne peut être réalisé au sein de notre système politique actuel. La démocratie et la transcendance sont des concepts mutuellement exclusifs. Je suis à la recherche d’une alternative radicale, et cette quête m’a mené à l’Allemagne nazie, qui, malgré toutes ses imperfections, avait au moins une certaine conception de l’évolution et de la transcendance humaines. » (Burkhead, 1999)

M. Burkhead n’a toutefois apparemment rien fait d’autre pour promouvoir son transhumanisme nazi.

Le défi nazi est devenu un enjeu majeur en 2000 lorsqu’un site Web, Xenith.com, qui s’est joint au cercle Web du transhumanisme, regorgeait de propagande néonazisme, d’ouvrages et d’hyperliens nationalistes et d’eugénisme raciste. Le site Xenith.com se décrivait comme transhumaniste et contenait des images illustrant la transcendance héroïque et le voyage spatial. Le site prônait un eugénisme raciste moderne au moyen de l’ingénierie génétique et de la reproduction sélective, citait Adolph Hitler et George Lincoln Rockwell, fondateur du parti American Nazi Party, et offrait des liens vers des groupes néonazis, des sites antisémites et suprémacistes. Les autres sites Web maintenus par le fondateur de Xenith.com, « Marcus Eugenicus », condamnaient aussi la démocratie, l’égalitarisme, le socialisme et le « politiquement correct », plus particulièrement à l’égard du silence de la « science raciste ».

Dans l’un de ces autres sites, Eugenicus promeut le « Prométhéisme » [prometheism.net], qui prône l’usage de la coercition étatique pour promouvoir des visées eugéniques :

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Principes et visées

  1. Nous sommes à la fois une nation et une religion… nous devons par tous les moyens nous trouver une mère patrie.

  2. Nous souhaitons créer une race génétiquement améliorée qui se transformera éventuellement en une nouvelle espèce supérieure. À court terme, ce projet sera réalisé grâce à l’eugénisme et à l’ingénierie génétique.

  3. (Nous défendons l’eugénisme parce que) le monde est embourbé dans une tendance dysgénique de laquelle nous voulons nous libérer. (Aussi,) c’est une façon de maximiser notre viabilité – la survie et les chances de survie de nos gènes. Une espèce plus intelligente sera plus à même de s’adapter à un nouvel environnement et de faire face aux nouvelles menaces et aux nouveaux défis.

  4. Nous ne devons pas nous inquiéter des autres qui sont pris dans un cycle dysgénique. Nous devons nous concentrer uniquement sur le succès d’autres programmes eugéniques concurrents qui constitueront une menace pour notre propre nouvelle espèce, car la spéciation ne se fera pas dans un seul vecteur lorsque les humains se font concurrence à l’aide des nouvelles technologies.

  5. Tous les programmes eugéniques peuvent de façon égale utiliser validement le pouvoir coercitif de l’État pour améliorer le capital génétique de l’humain…

Dans le manifeste Prométhéisme, Eugenicus insiste sur le fait que « la pureté raciale n’est pas un concept valide pour un eugéniste. Puisque que nous nous reproduisons et que nous nous modifions génétiquement pour former de nouvelles espèces, les éléments raciaux sont en constant changement. » Cependant, il souligne également que certains traits de valeur, comme l’intelligence, sont liés à la race.

Bien que la plupart des transhumanistes ne s’intéressent pas aux questions de reproduction, dans l’hypothèse que les maladies génétiques et les limites de l’homme pourront être contournées grâce à la thérapie génétique, aux produits chimiques ou à la nanotechnologie, Eugenicus explique l’importance des prises de décision relatives à la reproduction contrôlée par le fait que les « ressources ne doivent pas être gaspillées sur la cure d’une maladie lorsqu’il est plus efficace d’éliminer la maladie du capital génétique d’une nation eugénique. »

Contrairement aux autres transhumanistes, Eugenicus promeut la loyauté envers la nouvelle méta-race eugéniste supérieure et l’auto-sacrifice pour celle-ci : « L’allégeance et le patriotisme envers le groupe passent avant l’attachement à une religion ou le patriotisme envers son pays de résidence. Partir en guerre pour l’État en raison d’une appartenance partagée est dysgénique. Seul le patriotisme envers l’État eugénique requiert votre sacrifice et votre allégeance. » En fait, Eugenicus allègue que les deux traits les plus importants d’une amélioration génétique chez les enfants sont l’intelligence et le patriotisme. Les prométhéens, dit-il, seront attaqués et devront se sacrifier puisque « cette conduite de la guerre, élément inconditionnel qui a propulsé l’évolution jusqu’aux Homo Sapiens, se poursuivra. »

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En réponse à la création de ce site et de son contenu (que j’ai décrié), le cercle Web transhumaniste et sa liste ont été projetés dans un vigoureux débat. Quelques participants étaient clairement favorables aux attaques iconoclastes d’Eugenicus sur le politiquement correct, bien que la plupart haïe son nazisme. La liste se scinda en deux, il était de savoir, d’une part, si le néonazisme peut être « transhumaniste », et, d’autre part, si le site nazi doit être exclu du cercle Web. Certains alléguaient que les racines humanistes, cosmopolites et libérales du transhumanisme étaient incompatibles avec le racisme et le totalitarisme, alors que l’engagement du transhumanisme envers la raison et la science était incompatible avec l’irrationalité et la pseudoscience de l’eugénisme. Cette question a de fait été anticipée et soulevée dans la FAQ de la World Transhumanist Association :

« […] le transhumanisme défend le bien-être dans son ensemble, que ce soit sur le plan de l’intelligence artificielle, des humains, des animaux non humains ou des espèces extraterrestres possibles. Le racisme, le sexisme, le nationalisme belligérant et l’intolérance religieuse sont inacceptables. En plus des raisons habituelles qui nous font comprendre que ces pratiques sont moralement inadmissibles, il existe d’autres motivations propres au transhumanisme à cet égard. Pour préparer le moment où les espèces humaines pourront emprunter diverses directions, nous devons commencer à encourager fortement le développement des sentiments moraux qui sont assez grands pour inclure les consciences morales différentes de nos égos actuels. Nous pouvons faire plus que seulement tolérer, nous pouvons activement encourager les gens qui expérimentent des styles de vie non standards, parce qu’au final, en faisant face aux préjudices, ils élargissent les choix offerts aux autres. Et nous pouvons tous bénéficier de la richesse et de la diversité de la vie grâce à l’immense contribution que ces personnes ont apportée en étant qui ils sont. » (Bostrom, 2001)

Le débat portant sur l’exclusion ou non du site porte aussi sur le désastre des relations publiques qui s’en suivrait si le nazisme était associé au transhumanisme. Les défenseurs de la liberté d’expression ont affirmé toutefois que tous les transhumanistes devraient pouvoir exprimer leurs points de vue.

Au final, le propriétaire du cercle Web a décidé qu’il ne supprimerait pas le site nazi du cercle, mais qu’il supprimait le cercle Web en entier. Ce qui a mené à la création du cercle Web Extrotech, qui interdit explicitement les sites racistes : « Aucun site portant sur la bigoterie, le racisme, le néonazisme et autres sites du même genre ne pourront se joindre à nous. Il ne s’agit pas de censure, mais de la décision du maître du cercle voulant que les sites de cette nature aillent à l’encontre du principe d’égalité et d’amélioration et qu’ils ne comprennent pas ce que ce cercle représente. » Ce cercle Web englobe maintenant dix-sept sites.

Eugenicus a attiré certains membres de l’ancien cercle Web Transhuman dans son nouveau cercle, True Enlightenment, pour « sites Web protranshumanisme et anti-PC » [5], comme le site Web situé en Hollande Transtopia. Comme on s’y attendait, le cercle Web True Enlightenment attaque l’égalitarisme, défendant un « réalisme racial » et fournit des liens vers des articles et des sites Web néonazis.

En mars 2002, la World Transhumanist Association a voté pour dénoncer officiellement le racisme en général, plus particulièrement le néonazisme d’Eugenicus :

Déclaration de la WTA sur le racisme

Toute doctrine sur la suprématie/infériorité raciale ou ethnique est incompatible avec les racines de tolérance et d’humanisme fondamentales du transhumanisme. Les organismes défendant de telles doctrines ou croyances ne sont pas transhumanistes ni les bienvenus en tant qu’affiliées de la WTA. (adoptée le 02/25/2002)

Déclaration de la WTA sur le néonazisme et les cultes voués aux ovnis

Les visions eugéniques néonazistes, « Marcus Eugenicus » et son groupe, les cultes voués aux ovnis et le groupe raëlien, ne sont pas des transhumanistes ni ne sont acceptés par la communauté transhumaniste. (adoptée le 02/25/2002)

Transhumanisme démocratique radical

La montée du luddisme de gauche

Jusqu’à présent, le transhumanisme démocratique radical n’a pas encore trouvé de porte-parole ni de présence organisationnelle, mais est implicite dans sa liste d’auteurs des milieux futuristes, de la science-fiction et de la cyberculture. Le fait qu’un futurisme de gauche ait pris tant de temps à naître est quelque peu surprenant, vu que le techno-utopisme, l’athéisme et le rationalisme scientifique ont été associés à la gauche démocratique, révolutionnaire et utopique pendant les deux derniers siècles ou presque. Au début des années 90, Robert Owens, Fourier et Saint-Simon ont inspiré les communalistes grâce à leur vision de l’évolution scientifique et technologique futuriste axée sur la raison en tant que religion. La communauté Oneida, groupe « communiste » américain le plus ancien des années 90, a pratiqué un eugénisme intensif par le biais de la reproduction arrangée. L’utopie socialiste de Bellamy qui figure dans Looking Backward, laquelle a inspiré des centaines de clubs socialistes vers la fin des années 90 et un parti politique national, était aussi à la pointe de la technologie que l’imagination de Bellamy et était vue comme une conséquence directe indolore de l’essor industriel.

Marx et Engels ont convaincu des millions de personnes que l’avancée technologique préparait le terrain non seulement pour la création d’une nouvelle société, ayant différentes relations de propriété, mais aussi pour que les nouveaux humains puissent se reconnecter à la nature et à leur essence. La gauche des années 1990 et 2000, des sociaux-démocrates aux communistes, était axée sur la modernisation industrielle, le l’essor économique et la promotion de la science, de la raison et de l’idée de progrès. Les transhumanistes et la gauche révolutionnaire partageaient également le concept d’une révolution sociale déterminée par la technologie. Comme la singularité, la révolution marxienne se veut une rupture sociale soudaine, mondiale et discontinuée, née d’un changement technologique; par conséquent, nous ne pouvons prédire la forme que la société prendra et sur laquelle il est inutile de spéculer.

Celui qui fut probablement le plus transhumaniste des socialistes du 20e siècle est H.G. Wells. Wells mentionnait sans cesse les possibilités attirantes et horribles des étapes de l’évolution des posthumains. Il croyait que les nouvelles technologies de guerre pousseraient la civilisation à sa perte, mais prévoyait que l’humanité apprendrait de ce carnage et formerait un gouvernement socialiste mondial. Wells croyait que la voie menant à l’utopie devait passer par la technocratie, la loi des experts scientifiques, et par conséquent, il était un des premiers à admirer le communisme soviétique de Lennin, qui a fait cette fameuse remarque : « Le communisme c’est le socialisme combiné à l’électrification. »

Le techno-utopianisme de gauche a commencé à s’effriter après la Deuxième Guerre mondiale. L’intérêt de gauche envers la réingénierie de la nature de l’homme a été muselé par l’eugénisme nazi. Les chambres à gaz ont révélé que la technologie moderne pouvait être utilisée par un État moderne à des fins horribles, et la bombe atomique constituait une menace technologique permanente pour l’humanité. Le mouvement écologique suggérait que l’activité industrielle était une menace pour toutes les formes de vie de la planète, alors que le mouvement antinucléaire inspirait à la renonciation de certains types de technologie. La contre-culture attaquait le positivisme et chantait les louanges de nouvelles façons de vivre après les années industrielles. Bien que les progressistes et les partisans du New Deal aient construit l’État providence comme un outil de raison de justice sociale, la Nouvelle Gauche et les libertariens du marché libre l’attaquèrent, le jugeant comme un outil d’oppression abrutissant, qui contribue au déclin général de la foi en les gouvernements démocratiques. Les tendances intellectuelles comme la déconstruction ont commencé à jeter un doute sur les « principaux discours » du progrès politique et scientifique, alors que le relativisme culturel érodait la foi des progressistes voulant que les démocraties libérales séculaires industrialisées soient supérieures aux sociétés préindustrielles et à celles du Tiers-Monde. À mesure que les gauchistes abandonnaient l’idée d’une vision sexy et high-tech d’un futur radicalement démocratique, les libertariens ont commencé à s’associer au progrès technologique. Le techno-enthousiasme de gauche a été supplanté par le soupçon fondé des ludittes concernant les produits de la machine corporative consumériste.

Les adeptes du UpWing de FM-2030

De façon ironique, l’un des premiers futuristes de gauche contemporains ou transhumanistes démocratiques radicaux fut FM-2030, créateur du terme « transhumain ». FM-2030 a dispersé sa philosophie politique dans une série d’ouvrages qu’il a écrits dans les années 1970 et 1980. À l’instar des Verts, il affirmait que sa position politique n’était ni de droite ni de gauche, mais plutôt de « haut ». « La philosophie UpWing est une nouvelle poussée visionnaire qui va au-delà des parties de droite et de gauche, au-delà des radicaux conservateurs et conventionnels. » (FM-2030, 1975).

Toutefois, il supportait la transcendance du capitalisme et du socialisme par l’automatisation du travail et l’accroissement des loisirs. Au lieu de l’autoritarisme et de la démocratie représentative, FM-2030 favorisait la démocratie électronique directe. Au lieu d’États-nations fractionnés, il a plaidé en faveur du gouvernement mondial et de la citoyenneté.

« Nous voulons pousser cette force au-delà des nations, des groupes ethniques et des races pour créer une conscience globale, des institutions mondiales, un langage universel, une citoyenneté mondiale, une circulation libre mondiale et des engagements universels. » (FM-2030, 1975).

FM-2030 n’a écrit que quelques pages sur la philosophie politique UpWing avant sa mort en 2000 et ses opinions ont été pour la plupart ignorées par les extropiens. Cependant, les démocratiques radicaux et les futuristes de gauche peuvent certainement acclamer FM-2030 comme l’un des leurs précurseurs.

Donna Haraway et les féministes socialistes cyborgiennes

Un autre signe de l’émergence du futurisme de gauche dans les années 80, sous le thème de la « cyborgologie », apparaît en réaction à l’écoféminisme. Selon les écoféministes, le patriarcat rationaliste et technologique est la source habituelle de l’oppression des femmes et de la nature, alors que les luttes contre le patriarcat et la technologie sont profondément liées. Les écoféministes embrassent la dualité culture-nature/homme-femme imposée de fait par le patriarcat.

En 1984, Donna Haraway a écrit l’ouvrage Manifeste Cyborg : Science, technologie et féminisme socialiste à la fin du XXe siècle comme une critique de l’écoféminisme, et il a eu l’effet d’une bombe. Haraway a argumenté que c’est précisément dans la frontière érodée entre les humains et les machines, plus particulièrement entre les femmes et les machines, que nous pouvons trouver la libération des anciens dualismes patriarcaux. Haraway conclut : « Je préférerai être une cyborg plutôt qu’une déesse », et suggère que le cyborg soit la métaphore libératoire des femmes.

L’essai de Haraway et ses écrits ultérieurs ont inspiré la nouvelle sous-discipline de « cyborgologie », faite de critiques de science-fiction et de culture du féminisme, explorant la métaphore du cyborg et l’interface femme-machine dans diverses permutations (Gray 1995, 2001; Kirkup 1999; Haraway 1997; Balsamo, 1996; Davis-Floyd, 1998). Il y a eu jusqu’à présent très peu de « pollinisation croisée » entre les cyborgologistes intellectuels de gauche et les transhumanistes.

La gauche post-darwinienne

L’un des philosophes les plus brillants du monde est le bioéthicien Peter Singer. Dans les années 70, Singer a écrit un livre reconnu pour avoir inspiré le mouvement moderne sur le droit des animaux, La libération animale. Singer est un utilitarien et affirme que la souffrance des animaux, plus particulièrement les singes et autres grands mammifères, devrait être mise sur le même pied d’égalité que la souffrance des enfants et des adultes retardés. Ses écrits subséquents sur l’autorisation de l’euthanasie pour certains nouveau-nés handicapés (Kuhse et Singer, 1985) ont toutefois inspiré des cris d’indignation et lui ont valu des accusations de fascisme. Cependant, Singer est juif et certains de ses proches sont morts durant l’Holocauste. Il se considère comme un gauchiste, et en 1995, il publia How Are We to Live?: Ethics in an Age of Self-Interest, ouvrage qui alléguait que les gens devraient se départir de toute richesse qui n’est pas nécessaire à une vie simple.

Cependant, le tout dernier essai de Singer, Une gauche darwinienne : évolution, coopération et politique (2001), se veut un argumentaire de gauche sur la pertinence des contraintes sociobiologiques sur la nature humaine et la politique. Singer soutient que l’humanité tend, biologiquement, à l’égoïsme et à la hiérarchie, ce qui a contré toute tentative d’une réforme sociale égalitaire. Si le programme de réforme sociale de la gauche devait se concrétiser, selon Singer, nous devrions utiliser les nouvelles sciences de la génétique et de la neurologie pour identifier et modifier les aspects de la nature humaine qui causent les conflits et la concurrence. Singer promeut aussi un programme d’amélioration génétique socialement subdivisée, mais volontaire, et rejette les politiques de reproduction coercitives et la pseudoscience de l’eugénisme.

Le post-travail et la pro-automatisation des utopiens

Une autre branche du techno-utopisme de gauche qui pourrait être incorporée dans la vision globale du transhumanisme démocratique est la promotion d’une société dans laquelle la plupart des citoyens n’auraient pas à travailler pour vivre grâce à l’automatisation et à un revenu universel garanti. Par exemple, Andre Gorz (1980, 2000) promeut depuis 25 ans un programme politique qui embrasse l’automatisation et l’extension du « salaire social ». Le mouvement pour un revenu de base universel (Lerner, 1994) a pris du galon en Europe [6] et aux États-Unis [7].

L’un des transhumanistes qui acclament le revenu minimum automatique/garanti est l’auteur de science-fiction australien Damien Broderick. Broderick a participé à la liste de diffusion extropienne durant presque toute son existence, et en 1997, il a publié The Spike, un traitement non fictif des idées extropiennes sur la singularité (Broderick, 2001). The Spike se veut un examen des diverses avancées technologiques et de leurs permutations. Cependant, au milieu de son texte, il révèle une vision non libertarienne distincte lorsqu’il projette que l’automatisation et la nanotechnologie créeront la propagation du chômage, ce qui entraînera à son tour, la création d’un revenu universel garanti.

« Une société qui, aujourd’hui, réduit son personnel au profit de robots, survit en tant que bénéficiaire de l’investissement humain du passé. Sa productivité actuelle est, après tout, le résultat de tous les efforts humains réunis pour créer l’économie et la culture technologique qui ont rendu la création de ces robots possible. Alors, ne voyons pas le revenu garanti comme un « droit naturel », comme les supposés droits innés à la liberté de parole et de liberté, mais plutôt comme un héritage, un dû à tous les enfants d’une société que les ancêtres ont ensemble construite pour les générations grâce aux labeurs de leur esprit et de leurs mains, la ressource qui alimente la corne d’abondance d’aujourd’hui. » (Broderick, 2001: 254)

Les Verts pro-technologie et le mouvement Viridian de Bruce Sterling

Pour les raisons susmentionnées, les Verts sont généralement anti-technologie. Mais une autre branche du transhumanisme démocratique émane des environnementalistes techno-utopiens. Cette branche a toujours été en arrière-plan, au sein du milieu de la « technologie alternative » et de l’« énergie de remplacement ». Walter Truett Anderson [8] est un exemple de philosophe politique qui embrasse la cause environnementale, mais défie le dogme du Vert anti-technologie. Dans ses ouvrages To Govern Evolution (1987) et Evolution Isn’t What It Used to Be (1997), Anderson affirme que la seule façon pour l’humanité d’éviter la catastrophe sur le plan de l’écosphère ou de nos interventions biomédicales est d’assumer notre responsabilité démocratique envers la gestion de la nature. Cette vision est un complément éthique au mouvement pour la bioremédiation [9], soit l’utilisation de la technologie pour remédier à la destruction écologique.

Mais l’exemple le plus probant d’environnementalisme techno-utopien provient d’une source inattendue de la science-fiction. Dans les années 80, un nouveau et audacieux style de science-fiction émerge du travail d’une demi-douzaine d’auteurs, style qui s’est défini comme le « cyberpunk ». Les auteurs de cyberpunk dépeignaient un futur où les gens étaient technologiquement augmentés et profondément enchevêtrés avec les ordinateurs, l’intelligence artificielle et la réalité virtuelle. Pour nombre d’auteurs cyberpunk, comme William Gibson dans ses séries Neuromanciens, les sociétés transnationales avaient remplacé l’État-nation.

Au centre du cyberpunk se trouvait l’énergétique auteur, éditeur et polémiste texan Bruce Sterling. L’un de ses premiers livres, Les mailles du réseau (1988), dépeignait une société transnationale appartenant à ses travailleurs qui explorait les possibilités démocratiques radicales au sein d’États-nations en perdition. Sterling utilisait aussi le terme « transhumanisme » dans ses histoires Morphos-Mécas (Shaper-Mechanist) (1985, 1989). Celles-ci mettaient en scène un système solaire ayant lieu plusieurs siècles dans le futur où l’humanité était divisée en deux sous-espèces : les Morphos (Shapers), qui utilisaient la génétique pour améliorer les capacités humaines, et les Mécas (Mechanists), qui étaient devenus des cyborgs. Le « transhumanisme » de la politique Morphos-Mécas de Sterling est une idéologie avancée par un mouvement pour la paix et la solidarité entre les différentes sous-espèces de posthumains.

Le mouvement cyberpunk s’est diffusé dans le reste de la science-fiction au début des années 90, et Sterling retourna à l’écriture sur la politique et les conséquences sociales du changement climatique (1994), la prolongation de la vie (1996), la campagne politique et le nomadisme électronique au sein d’un État-nation en perdition (1998), et le globalisme (2000). En janvier 2000, Sterling revint à ses racines polémistes et écrivit un manifeste de 4 300 mots promouvant un nouveau mouvement politique écologique « Viridian ». Sterling reconnaît l’urgence du changement climatique et de l’extinction des espèces, mais sa principale plainte envers les politiques vertes est qu’elles sont luddites et austères. Il en appelle à un mouvement sexy et high-tech pour concevoir des outils écologiques attrayants et utiles. Bien qu’il refuse de contester l’activisme politique ou l’engagement partisan, comme FM-2030, Sterling expose les grandes lignes d’une autre position outre le capitalisme et le socialisme incluant le contrôle du capital transnational, l’affectation des militaires à la sauvegarde de la paix, la promotion d’une industrie durable, l’augmentation les loisirs, le salaire social garanti, la réforme du système de l’éducation, l’extension des soins de santé globaux et l’équité des genres. Le mouvement Viridian a attiré des centaines de personnes, qui reçoivent hebdomadairement des lettres de Sterling sur des technologies appropriées, mais excitantes.

Cyborgs Handicapés

Aujourd’hui, les humains qui dépendent le plus des technologies sont les handicapés des pays riches et industrialisés. Ils ont ouvert la voie à l’utilisation du fauteuil roulant, des membres artificiels, des nouvelles interfaces technologiques et de l’ordinateur portable. Nombre de personnes ayant un handicap sont favorables à l’image transgressive des cyborgs, certains ont même été influencés par la cybergologie d’Haraway (Gosling, 2002). Le journaliste paraplégique John Hockenberry a récemment résumé la perspective transhumaniste des handicapés dans Wired :

« Les caractéristiques de l’humanité sont à nouveau revues grâce à certains designers saugrenus, et les handicapés jouissent d’un sérieux avantage à cet égard. Ils utilisent la technologie de façon collaborative et intime depuis des années, que ce soit pour bouger, communiquer ou interagir avec le monde… Les handicapés, qui par le passé mourraient ou étaient abandonnés à leur sort, peuvent maintenant, grâce à la technologie médicale, vivre leur vie pleinement; et, par conséquent, la définition de l’humanité s’est élargie. » (Hockenberry, 2001)

Aujourd’hui, le symbole le plus probant de l’activisme transhumaniste des handicapés est probablement Christopher Reeves, l’ancien acteur de Superman, qui est devenu un ardent militant pour la recherche biomédicale après l’accident de cheval qui le laissa quadriplégique. Reeves a joué un rôle particulièrement important en tant que symbole de la défense pour l’utilisation des embryons clonés dans la recherche impliquant des cellules souches.

Il existe aussi une organisation explicitement transhumaniste pour les handicapés, la Ascender Alliance. Fondé par Alan Pottinger, le manifeste fondateur des Ascenders promeut la suppression des « limites politiques, culturelles, biologiques et psychologiques de l’autodétermination et de l’augmentation ». Cependant, leurs documents de base articulent aussi diverses positions qui sont distinctes au sein des cercles transhumanistes. Les Ascenders s’opposent à l’« eugénie » et à la modification germinale permanente et s’inquiètent du fait que les projets futurs de l’amélioration de l’humanité et de la transcendance pourraient laisser de côté les handicapés. De plus, et uniquement au sein des transhumanistes, ils favorisent le droit à l’ascension pour tous :

« Chaque être humain a le droit d’accéder à l’ascension. Le groupe doit constamment garder à l’esprit le besoin de développer des technologies, de l’équipement et des procédures visant à enrayer les conditions « incurables » et, jusqu’à ce que de tels outils soient conçus, de prendre soin de ceux qui souhaitent en bénéficier. » (Ascender Doctrine v2: Pottinger, 2002)

Les transhumanistes handicapés font face à de plus grands défis venant de la part du mouvement bioluddite au sein des cercles des droits des handicapés. La pensée voulant que les handicapés, comme les sourds, jouissent d’une culture unique et équivalente à celle des non-handicapés a poussé certains militants des droits des handicapés à rejeter le dépistage prénatal, l’ingénierie génétique et des technologies comme les implants cochléaires. Le débat au sein du mouvement des droits des personnes handicapés vient assurément enrichir la théorie et la pratique du transhumanisme démocratique.

Critiques du contrôle corporatif sur la technologie transhumaniste : code source ouvert et socialisme

Bien que les extropiens libertariens vantent les entrepreneurs et innovateurs des domaines biotechnologique et informatique, ils appréhendent occasionnellement l’influence que les monopolistes, comme Microsoft, et les interprétations très agressives des lois sur la propriété peut avoir sur le rythme de l’innovation. Mais l’idéologie libertarienne ne préconise pas l’intervention étatique pour briser les monopoles, ou encore déclarer les innovations génomiques et industrielles une propriété publique. Les libertariens ont davantage favorisé la croissance volontaire, en partie propulsée par le marché, du mouvement du code de source ouvert, comme le système d’exploitation Linux. Le but de ce mouvement est de défier les monopolistes en construisant une communauté autour de technologies de l’information en constante évolution qui sont, de façon optimiste, plus robustes et moins chères.

David Berube est l’un des transhumanistes ayant soupesé certaines des implications, pour le transhumanisme, du contrôle corporatif dans son ouvrage Nanosocialism (Berube, 1996). Berube allègue qu’une intervention socialiste serait nécessaire à la création d’une nanotechnologie complète puisqu’on ne peut présumer que les entreprises capitalistes développeront une technologie qui libérerait les ménages de leur dépendance aux biens et au marché dans son ensemble. En outre, la menace d’un emploi abusif ou accidentel de la nanotechnologie est si sérieuse qu’une robuste intervention de l’État serait nécessaire pour garantir une utilisation sécuritaire. Aussi, Berube réitère l’argument du salaire social, affirmant que la nanotechnologie détruirait l’économie des marchés telle que nous la connaissons et la nécessité de travailler.

Auteurs de fiction spéculative radicale

Aucun mouvement social n’a été si étroitement lié à la science-fiction spéculative depuis le mouvement nationaliste émanant de la vision socialiste de Bellamy dans Looking Backward. Les auteurs favoris des transhumanistes sont ceux qui dépeignent des sociétés posthumaines explicites et explorent les thèmes transhumains, comme Vernor Vinge, Greg Bear, Greg Egan, Ken MacLeod et Linda Nagata. Mais le genre utopien est mort, et les auteurs contemporains de science-fiction ont une façon de rendre leurs mondes complexes, remplis de tensions extrapolés de notre monde.

Par exemple, le travail de Ken MacLeod est empreint de tensions politiques entourant les thèmes du transhumanisme. Dans les années 90, Ken MacLeod, Écossais et ami de longue date de l’auteur de science-fiction écossais Iain Banks, a cédé à la pression de ce dernier et a écrit le roman The Star Fraction, où un mercenaire guérilla communiste négocie l’effondrement d’une Grande-Bretagne radicalement décentralisée alors que l’intelligence artificielle trotskyiste d’une arme automatique prépare une révolution mondiale. MacLeod s’est impliqué durant des décennies dans les politiques trotskyistes et communistes et s’est par la suite sérieusement engagé dans le mouvement libertarien et transhumaniste dans les années 90. Ses six romans acclamés par la critique ont été appréciés pour leurs efforts fantastiques à articuler les « libertarias » et les utopies socialistes et à exposer les menaces posées par les extropiens élitistes s’ils s’avéraient qu’ils réussissent à transcender leur humanité. Bien que Macleod préfère laisser la tâche de définir un socialisme libertarien, protechnologie et antiluddite à ceux qui sont davantage qualifiés pour le faire, ses romans sont une lecture obligée chez les transhumanistes.

Biopunk

Un autre genre qui recoupe les inquiétudes transhumanistes et qui a une orientation générale radicale et antimondialisation est le biopunk (Quinon, 1997). Le biopunk est un dérivé du cyberpunk (Person, 2000). Plutôt que d’explorer l’interface humaine avec la technologie, les biopunks se concentrent davantage sur la biotechnologie et l’amélioration génétique des humains et des animaux. L’auteur central de ce genre littéraire est Paul DiFilippo, auteur de l’humoristique Ribofunk Manifesto de 1994. DiFilippo encourageait les auteurs à embrasser la prochaine révolution biotechnologique en tant qu’élément clé de la société du futur. DiFilippo proposa l’un des slogans ribofunk : « L’anatomie est prédestinée, mais malléable. »

Annalee Newitz (2002) voit dans le travail d’artistes et de chercheurs génétiques antimondialisation l’émergence du style biopunk :

« Le biopunk partage avec le mouvement cyberpunk un esprit critique envers les sciences et un engagement à limiter le contrôle corporatif des données … Les biopunks peuvent ainsi compter sur une vénérable tradition philosophique lorsqu’ils soulèvent des objections à l’égard de la collecte et de l’utilisation de données génétiques par les scientifiques. En outre, le biopunk s’indigne souvent de l’abus du corps humain et de ses fonctions reproductives, ce qui fait de lui un mouvement significativement plus féministe et queer que celui des cyberpunks hétéros… (Le biopunk) s’oppose à la fois « aux bioluddites et aux apologistes de l’industrie biotechnologique. » »

Newitz écrit à propos du regroupement biopunk Coalition of Artists and Life Forms (CALF), réseau informel d’artistes charmés par la biotechnologie, mais critiques envers son exploitation capitaliste et ses limites.

Fictions spéculatives afro-futuriste, féministe et queer

Dans les années 90, nombre de critiques culturels, notamment Mark Dery, critique blanc progressiste de l’extropianisme, dans son essai de 1995 Black to the Future, ont commencé à écrire sur les caractéristiques qu’ils percevaient communes dans la science-fiction, la musique et l’art afro-américains. Dery appela ce phénomène « Afrofuturisme » et lança du coup ce petit mouvement (Thomas, 2000). Le site Web afrofuturism.net explique que le mouvement est composé de musiciens, d’écrivains de science-fiction, de cinéastes et d’artistes africains dont le travail explore leur expérience commune à propos d’« enlèvement, de transplantation et d’état-extraterrestre ». Les afro-futuristes postulent que le futurisme et la science-fiction sont les meilleures façons d’explorer l’expérience « noire ».

En revanche, l’engagement du féminisme envers la pensée techno-utopienne et la fiction spéculative est quelque peu vénérable. Les féministes écrivent sur le futurisme spéculatif et la fiction depuis une centaine d’années et ont maintenant leurs propres journaux, anthologies et récompenses. Ils explorent également les façons dont les technologies de reproduction peuvent libérer la femme. Shulamith Firestone propose dans son classique féministe de 1970, La dialectique du sexe : le dossier de la révolution féministe, que les femmes ne seront libérées du patriarcat que lorsque des utérus artificiels seront monnaie courante, les libérant ainsi de leur rôle attribué d’incubatrice. Dans son ouvrage de 1975, L’autre moitié de l’homme, Joanna Russ propose des communautés séparatistes lesbiennes soutenues par parthénogenèse (Russs, 1975; Pountney, 2001), et les derniers auteurs féministes, comme la biologiste Joan Slonczewski (1986), ont imaginé des espèces posthumaines génétiquement modifiées exclusivement féminines plus égalitaires et connectées à la nature. Bien que les féministes sont aujourd’hui généralement des luddites et se méfient des nouvelles technologies de reproduction, elles sont des féministes techno-utopiens contemporains, comme Dion Farquhar (1995, 1996), qui perçoivent le potentiel libératoire de la technologie reproductive et pourraient s’engager dans le transhumanisme.

Du côté du futurisme queer, il existe aussi une vigoureuse sous-culture de science-fiction LGBT. Le principal militant proclonage aux États-Unis, Randy Wicker, fondateur du regroupement Clone Rights United Front [humancloning.org], est aussi un vétéran de la lutte pour les droits des homosexuels. Wicker a écrit sur les raisons pour lesquelles les militants homosexuels devraient s’intéresser à la défense de la définition la plus large des droits à la reproduction, y compris l’accès aux technologies de reproduction (Sherer, 2001; Datalounge, 1997; Wicker, 2000). Pour ce qui est de la communauté transgenre, que serait plus transhumain que de vouloir changer de sexe, ou, encore plus radical, de choisir un nouveau genre biologique? FM-2030 voyait l’androgénie comme un des aspects du transhumanisme, et, selon un sondage mené auprès des extropiens en février-mars 2002, 8 % des interrogés ont répondu que leur genre était « Autre (aucun des deux, les deux, une combinaison des deux, en transition, indéterminé, variable, compliqué, etc.) » Mais la transcendance d’un sexe biologique est peu explorée dans le programme transhumaniste.

Le futur politique du transhumanisme

En avril 2000, le magazine Wired a publié un essai de Bill Joy, technologiste en chef et cofondateur de Sun Microsystems et créateur du langage informatique Java. Dans son essai intitulé Pourquoi le futur n’a pas besoin de nous, il envisage les conséquences apocalyptiques possibles de trois technologies émergentes : l’ingénierie génétique, la nanotechnologie et les robots dotés d’intelligence artificielle. Joy croit que la principale menace est que ces technologies ont toutes le potentiel de s’autorépliquer. Alors que les armes n’engendrent pas d’autres armes, et ne peuvent par eux-mêmes s’engager dans des tueries, les fléaux génétiques, les robots du futur et les nanophages peuvent théoriquement le faire. En raison de cette menace qualitativement différente, Joy insiste sur le fait que ces technologies et les recherches sur celles-ci devraient être « abandonnées » ou bannies.

Les transhumanistes ont été particulièrement étonnés par cet ouvrage puisqu’il a été écrit par un homme ayant d’excellentes compétences en technologie, ce qui a augmenté le sentiment d’urgence entourant la force et la visibilité croissantes du mouvement néoluddite (Bailey, 2001). Aussi en 2000, une coalition réunissant des dizaines d’organismes s’est jointe à la fondation Turning Point pour financer une série de publicités pleine page dans les journaux nationaux qui décriaient l’extinction des espèces, le « génie génétique », l’« agriculture industrielle », la « globalisation de l’économie » et la « technomania ». Des efforts sur les plans national et international ont été lancés pour interdire le clonage et freiner le financement fédéral des recherches sur les cellules souches. Les luddites anarchistes impliqués dans le mouvement antimondialisation ont été précipités sur la scène internationale en raison des émeutes anti-WTO de Seattle en 1999, alors que les activistes antibiotech exerçaient une pression sur le Parlement européen et détruisaient des installations de recherche.

S’entretenant à la conférence Extro 5 en 2001, l’extropien en chef, Greg Burch, alléguait :

« … nous sommes, de manière très concrète, complètement isolés dans des sphères culturelles, sociales et politiques. De plus, les lignes de combat sont de plus en plus évidentes pour les combattants… le conflit ouvert et direct est inévitable sur les trois fronts (religieux, écologique et socialiste) qui s’opposent à notre programme… Sur le plan politique, nous ne cherchons pas à faire avaler notre programme à quiconque, mais en fin de compte, nos valeurs de base d’autonomie individuelle sont fondamentalement incompatibles avec les types de limites souhaitées par les Gardiens des tendances culturellement conservatrices et « progressistes », peu importe qu’elles épousent une certaine idéologie « libérale » ou qu’elles soient davantage explicitement collectives. » (Burch, 2001)

La perspective transhumaniste est de fait attaquée par des opposants mieux organisés, et le transhumanisme est en partie à blâmer. La vision idéologiquement réduite, apolitique et sectaire anhistorique de la plupart des transhumanistes détonne puisque leurs ennemis luddites, comme Jeremy Rifkin, ont noué d’habiles alliances tactiques avec des alliés aussi étranges que Greenpeace, les féministes et le Christian Right. Le Pro-PAC des extropiens pourrait mener le groupe vers un engagement politique sérieux et une coalition, mais rien ne dit que ce projet ira plus loin qu’un communiqué de presse. L’anarcho-capitalisme du milieu extropien fait en sorte qu’il est peu probable que ce projet réussisse. Bien que Burch et les extropiens allèguent qu’ils luttent pour sauver le dessein naturel de l’Illumination des griffes de ses ramifications mutantes et tordues, l’alarmisme environnemental et le collectivisme socialiste, en fait, ils se battent pour louanger un tiers de l’héritage des valeurs de l’Illumination, la liberté, contre les deux tiers, l’égalité et la solidarité, amputant ainsi leur capacité à défendre les trois en même temps. Parce qu’ils insistent sur le fait que la raison ne peut émaner que des relations du marché et non de débats civiques rationnels et de l’autogouvernance démocratique, les extropiens sont perçus sur la place publique comme égocentriques et aliénés.

En revanche, le spectre idéologique est beaucoup plus vaste au sein de la World Transhumanist Association et de sa gauche. Pour que les transhumanistes émergent en tant que grand mouvement idéologique capable d’inspirer des militants et d’organiser une résistance contre le néoluddisme, ils doivent se rallier à toutes les permutations démocratiques libérales et sociales. En faisant de l’égalité et de la solidarité politiques entre les diverses espèces posthumaines une valeur commune, les transhumanistes peuvent calmer le public effrayé par les possibilités du transhumanisme. En élaborant un programme politique démocratique positif pour le transhumanisme, le mouvement doit aussi déterminer des limites afin d’exclure l’élitisme et le totalitarisme avec lesquels il est associé.

https://iatranshumanisme.com/transhumanisme/politics-transhumanism/le-transhumanisme-democratique-2-0/

Mises à part les œillères libertariennes, la seule façon de rassurer le public apeuré à propos de l’impact des nouvelles technologies est d’établir des règlements étatiques redevables au public. Plutôt que de défendre sans critiquer toute nouvelle technologie parrainée par l’État et d’éviter les inquiétudes entourant la sécurité et l’équité avec des garanties panglosiennes qui aboutiront toutes à la singularité, un transhumanisme démocratique pourrait rallier le besoin d’une action gouvernementale pour assurer que les technologies transhumanistes soient sécuritaires, efficaces et équitablement accessibles. Par exemple, les syndicats sont moins disposés à s’opposer à l’automatisation de l’industrie lorsqu’ils savent que leurs travailleurs seront reformés et bénéficient d’un filet de sécurité sociale. Les groupes de citoyens sont moins disposés à s’opposer à l’établissement de nouveaux sites industriels, usines et décharges s’ils savent que les organismes gouvernementaux assurent la sécurité publique. Le public sera favorable aux nouvelles technologies onéreuses de prolongation de la vie si on lui garantit qu’elles seront subventionnées et accessibles à tous. Les politiques démocratiques et publiques peuvent répondre aux préoccupations du public, ralentissant du coup l’innovation à court terme, mais la facilitant à long terme.

Warren Wagar propose un modèle de politique sociale transhumaniste dans son roman de 1989, A Short History of the Future, qui projette une histoire mondiale spéculative des deux prochains siècles basée sur la théorie du système mondial de H.G. Wells et d’Immanuel Wallerstein. Bien que la chute de l’Union Soviétique ait rendu cette histoire futuriste obsolète, la vision de Wagar sur les politiques relatives à la génétique était beaucoup plus programmatique et visionnaire. Le gouvernement mondial socialiste futuriste de Wagar pesait le coût et les avantages liés à l’autorisation, la subvention ou l’interdiction de diverses améliorations et thérapies génétiques, avec un penchant vers l’équilibre entre liberté individuelle, sécurité sociale générale, égalité entre améliorés et non-améliorés. Les améliorations génétiques étaient introduites à un rythme auquel la majorité des humains pouvaient avancer ensemble.

Depuis le 11 septembre, les Américains ont mis de côté leurs doutes envers le gouvernement et ont commencé à glorifier les employés du secteur public et les agences étatiques, qui sont les seuls moyens de répondre au terrorisme. Plutôt que de catégoriser la majorité des citoyens des démocraties libérales en tant qu’ennemis du transhumanisme, les transhumanistes pourraient bénéficier de voir associer leur cause commune aux citoyens libéraux et sociaux-démocratiques contre la majorité des peuples qui vivent toujours sous régime autoritaire. Les données empiriques démontrent clairement que les démocraties libérales et sociales occidentales, dotées d’économies mixtes et d’un système de protection sociale, ont un niveau de vie plus élevé, une tradition de participation citoyenne plus forte et un gouvernement publiquement redevable que toute autre forme sociale connue. Si les transhumanistes s’inquiètent de la persécution des minorités transhumaines, comme les handicapés cyborgs ou les transsexuels, ils devraient adhérer aux démocraties libérales et sociales où ces minorités se sont vu accorder la plupart de leurs droits. En se joignant à la lutte pour une démocratie libérale occidentale contre la menace des régimes autoritaires et la menace fondamentaliste, les transhumanistes pourraient commencer à surmonter leur aliénation de la part des « normaux ».

Une autre dimension de la force d’un transhumanisme davantage démocratique est sa capacité à mobiliser des énergies collectives pour des projets collectifs qui ne peuvent être réalisés par le marché. Par exemple, la colonisation de l’espace est un projet qui requiert appuie politique et parrainage gouvernemental. Bien que nombre de techno-utopiens attirés par la colonisation de l’espace sont des libertariens, il n’existe aucun modèle viable d’exploration de l’espace qui repose uniquement sur des investissements privés. Le problème avec la mobilisation politique pour ce projet est que la majorité des citoyens voient le programme spatial comme un grand gaspillage d’argent comparativement à leurs propres besoins urgents. Seul un mouvement qui pourrait forcer les riches et les entreprises à assumer les impôts nécessaires, tout en rassurant la majorité des citoyens que leurs besoins en aide sociale seront comblés – en d’autres mots, un mouvement social-démocratique techno-utopien – serait en mesure de rassembler tout le support nécessaire à la colonisation de l’espace.

Pour que le transhumanisme puisse atteindre ses buts, il doit se distancer de ses racines anarcho-capitalistes et de ses mutations autoritaires, clarifier ses engagements envers les institutions et les valeurs démocratiques libérales et les politiques publiques, et voir à rassurer le public apeuré et l’inspirer avec de grands projets. En s’appuyant sur les fondements de la World Transhumanist Association, et sur les éléments disparates d’un techno-utopianisme démocratique dans un contexte intellectuel mondial, la politique du 21e siècle pourrait ainsi voir le retour d’une vision positive et progressiste d’un futur high-tech et sexy.

The Politics of Transhumanism, Version 2.0 (March 2002) James J. Hughes, Ph.D. Originally Presented at the 2001 Annual Meeting of the Society for Social Studies of Science Cambridge, MA November 1-4, 2001

Notes

[1] Pour ce qui est du reste, 5 % étaient « des conservateurs ou des modérés de style américain », 18 % étaient « des libéraux de gauche de style américain », 15 % étaient « autres » et 7 % « apolitiques ».
[2] Ironiquement, Natasha Vita-More a, de fait, été élue en tant que chargée publique de Los Angeles pour le Parti vert en 1992. Cependant, sa plateforme était le « transhumanisme » et elle a quitté ses fonctions après la première année de son mandat de deux ans parce que les Verts étaient « trop de gauche et trop axés sur l’environnementalisme. » (Vita-More, 1999).
[3] Dans le sondage de février/mars 2002, 30 % des interrogés gagnaient moins de 10 000 $ par an et un autre 30 % des interrogés gagnaient entre 10 000 et 50 000 $ par an. Seulement 24 % des interrogés gagnaient 100 000 $ ou plus. Possiblement, la plupart des interrogés à faible revenu sont des étudiants. Néanmoins, cela signifie que les extropiens sont composés d’un nombre disproportionné de riches et de personnes à revenu modeste. En termes d’âge, 58 % des interrogés étaient âgés de 16 à 30 ans. Malgré leur jeune âge, la majorité des extropiens ont effectué des études supérieures. (ExiCommunity Polls, 2002).
[4] À la suite de la présentation du premier jet du présent essai à la conférence d’octobre 2002, où j’ai rencontré le président de la WTA, Nick Bostrom, et l’éditeur journalistique Mark Walker, je me suis pleinement engagé dans la réorganisation de la WTA. Cette première version du présent essai est devenue une source de désaccord lorsque les extropiens ont perçu mon engagement comme un effort pour faire de la WTA un véhicule pour la gauche. Il semble que ces inquiétudes se soient plus ou moins apaisées, et je suis actuellement directeur général de la WTA.
[5] http://www.anzwers.org/free/chimaera/te.html
[6] http://www.econ.ucl.ac.be/etes/bien/bien.html
[7] http://www.progress.org/dividend/index.shtml
[8] http://www.pacificnews.org/contributors/anderson/
[9] http://biotech.about.com/cs/bioremediation1/

James « J. » Hughes Ph.D. est administrateur du Institutional Research and Planning du Trinity College à Hartford, dans l’État du Connecticut, où il enseigne aussi la politique en matière de santé, l’éthique médicale et les méthodes de recherche du Programme de politique publique. Il est aussi directeur général de l’Institute for Ethics and Emerging Technologies et produit le talk-show hebdomadaire sur les questions publiques Changesurfer Radio. Dr. Hughes est l’auteur de Citizen Cyborg: Why Democratic Societies Must Respond to the Redesigned Human of the Future. Il est membre de la World Academy of Arts and Sciences, et de la Neuroethics Society, de l’Association of Futurist Leaders, de la American Society of Bioethics and Humanities et du Working Group on Ethics and Technology de l’Université de Yale. Dr. Hughes prononce des conférences sur l’éthique médicale, la politique en matière de soins de santé et les études futuristes mondiales, et il apparaît souvent à la radio et à la télévision.

 

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01 août 2022

EST-CE LA FIN DU MONDE ET DE NOTRE HUMANITE ? FORT HEUREUSEMENT AVEC TINTIN DANS L'ETOILE MYSTERIEUSE CE NE FUT PAS LE CAS !

La fin du monde.

 

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Chers amis,

La canicule qui s’est produite au cours du mois qui vient de s’écouler m’a rappelé le début de L’Étoile mystérieuse.

L’atmosphère fantastique du début de cette aventure de Tintin m’a beaucoup impressionné, enfant.

La chaleur y est tellement insoutenable que les pneus éclatent et que le goudron fond. Des hordes de rats déboulent dans les rues, les fenêtres de l’appartement de Tintin éclatent…

Un astronome affolé, le Pr Calys, explique à Tintin que c’est « la fin du monde » tandis que son collègue Philippulus, devenu fou, parcourt les rues revêtu d’une toge en annonçant : « C’est le châtiment ! Faites pénitence !... La fin des temps est venue… ».

 

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L’ambiance détraquée, électrique, voire hystérique que nous vivons actuellement donne de façon troublante à notre époque un air de « pré-fin du monde » analogue.

La peur de la fin du monde n’est pas nouvelle : elle fait au contraire partie de tous les grands récits mythologiques des cultures du monde.

Pourtant, avez-vous remarqué qu’une chose capitale a changé, et a changé il y a peu, dans cette peur ancestrale de la fin du monde… plus que jamais d’actualité ?

Quelque chose dont L’Etoile mystérieuse marque d’ailleurs symboliquement le tournant.

Cataclysmes, peste noire et désolation

Dans L’Étoile mystérieuse, la peur de la fin du monde tient à la survenue d’un cataclysme : c’est cette fameuse « étoile » (en fait un aérolithe) qui se dirige à grande vitesse vers la Terre et menace de la percuter comme une boule de billard.

Hergé n’invente rien : il s’inscrit dans la grande tradition des récits apocalyptiques qui voient le monde détruit par un phénomène naturel ou surnaturel exceptionnel.

L’un des exemples les plus célèbres nous vient de la Bible : c’est le déluge qui s’abat sur la terre, et signe la fin du monde tel que les hommes l’avaient jusqu’ici connu.

Dans d’autres cultures, et d’autres récits, on retrouve systématiquement les mêmes « familles » de fin du monde, mettant en scène les 4 éléments : le ciel qui nous tombe sur la tête, la terre qui s’ouvre et engouffre les habitations des hommes, les volcans et les météores qui font s’abattre un déluge de feu, l’eau qui engloutit l’Atlantide…

Et je n’oublie pas la maladie contagieuse qui provoque une hécatombe.

Ces récits de fin du monde sont puissants parce qu’ils ont pour base des évènements réels, ancrés dans la mémoire collective : nous savons que Pompéi a été enseveli sous les cendres du Vésuve ; nous savons que la peste noire a décimé l’Europe au XIIIè siècle ; nous savons que les dinosaures ont, avant nous, disparu suite à l’impact d’un astéroïde sur la Terre…

L’homme ensuite se charge de colorer toutes ces catastrophes d’un sens religieux – généralement la manifestation de la colère d’un Dieu mécontent des hommes…

Mais, depuis le milieu du XXè siècle, la fin du monde a changé de visage : elle est humaine.

Et donc plus effrayante.

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1945 : l’ange exterminateur devient humain

On peut même dater ce changement complet de « vision » de la fin du monde à la fin de la seconde guerre mondiale, en 1945.

En 1945, l’humanité apprend avec la Shoah qu’il n’y a plus besoin de pathogène contagieux pour tuer en quelques mois des millions d’êtres humains : le nazisme a prouvé que la mise à mort industrielle d’hommes, de femmes et d’enfants est possible.

En 1945, l’humanité apprend encore, avec les bombes atomiques d’Hiroshima et Nagasaki, qu’une ville entière peut être rayée de la carte sans chute de corps astral, et qu’une population entière peut brusquement être brûlée et irradiée sans éruption volcanique.

Bref, en 1945, l’humanité comprend que les grandes catastrophes cataclysmiques qui l’ont hantée depuis la nuit des temps… elle est capable de les provoquer elle-même.

L’incroyable talent de l’homme pour l’anéantissement n’est certes pas neuf : de la destruction de Carthage à la première guerre mondiale en passant par le massacre des Amérindiens, nous savions déjà que l’homme est capable de semer la mort et la désolation à une échelle étourdissante.

Mais en 1945, la puissance de feu que l’être humain a acquis nous a fait changer de monde : en quelques mois, l’ange exterminateur de la Bible n’est plus un être surnaturel, c’est un autre être humain comme vous et moi, qui signe un ordre de déportation, ou appuie sur un bouton rouge, et déclenche ainsi la destruction de villes, de centaines de milliers de vies.

Et c’est, en somme, encore plus effrayant. Craindre la colère d’un Dieu tout-puissant relève du religieux. Craindre une catastrophe naturelle relève du hasard. Mais craindre son prochain est beaucoup plus angoissant : cette peur nous met face à nous-mêmes.

D’autres fins du monde

Ce changement profond de la nature humaine de la fin du monde se retrouve dans les œuvres de cinéma et de littérature d’après-guerre, qui témoignent de la crainte pesante que l’action de l’homme le mène à sa fin.

La plus forte de ces craintes, qui traverse toute la seconde moitié du XXè siècle, est celle de la guerre atomique, illustrée notamment par le film de Stanley Kubrick Dr Folamour ou celui de Chris Marker La Jetée, qui décrit une terre dont la surface est devenue inhabitable et les survivants, réfugiés sous terre.

Une série populaire de films comme ceux de James Bond illustre également à merveille cette peur d’une fin du monde provoquée par l’homme : entre Goldfinger et Octopussy, combien de bombes atomiques 007 ne désamorce-t-il pas ?

Le méchant de L’Espion qui m’aimait ne veut-il pas faire table rase des cités terrestres pour créer une utopie sous-marine ? Celui de Moonraker éradiquer l’Humanité au moyen d’un virus mortel afin de créer une race de surhommes parfaits ? Cette crainte du virus mondial dévastateur se retrouve jusque dans le dernier opus de la franchise de James Bond, Mourir peut attendre.

A la même période, d’autres films et romans imaginent une humanité totalement dépassée par son évolution technique, qui se retourne contre elle : c’est par exemple les œuvres de Philip K. Dick ou la saga des Terminator, qui imaginent des robots supplantant et éliminant les humains qui les ont créés…

De façon éloquente, après la chute du mur de Berlin, le cinéma hollywoodien se « retourne » dans les années 1990 vers des fins du monde « traditionnelles », dues à des évènements extérieurs, comme si la crainte d’une fin du monde atomique était obsolète :

  • Les chutes d’astéroïdes (ArmageddonDeep Impact) ;
  • Les volcans (Le Pic de DanteVolcano) ;
  • Les invasions d’extraterrestres (Independence DayMen in black)…

Pourtant à la même époque, au milieu des années 1990, d’autres œuvres saisissent avec beaucoup d’acuité les conséquences catastrophiques de l’action de l’homme sur la nature… et qui peuvent le mener à sa propre destruction.

La fin « anthropique » du monde

C’est, notamment, Jurassic Park, où l’homme ressuscite des dinosaures… qui vont le manger.

Et l’assez visionnaire, avec le recul, Waterworld, dans lequel le réchauffement climatique a fait fondre les glaces des pôles et transformé notre planète en un immense océan.

Ces films mettent l’être humain face aux conséquences imprévisibles de ses actions, menées comme s’il était maître et dieu sur terre.

Et de fait, le parfum de fin du monde qui règne aujourd’hui, avec les records de chaleur battus les uns après les autres, les incendies ravageurs, la sécheresse, la pénurie alimentaire qui pointe, les épidémies, l’interminable cercle vicieux des émissions de CO2, la montée des océans…

… nous fait saisir que la « possible » fin du monde ne prendra pas l’allure d’une guerre atomique enclenchée par des chefs d’État à la tête d’un arsenal apocalyptique, mais d’une réaction en chaîne provoquée par la pression de l’homme sur son environnement.

Cette réaction en chaîne a commencé à se produire :

  • Échappement de pathogènes animaux ;
  • Évènements climatiques extrêmes de plus en plus fréquents ;
  • Menace directe de l’érosion des habitats côtiers ;
  • Mise sous stress des ressources mondiales de nourriture… et conflits ethno-politiques pour leur contrôle ;

Elle génère ce qu’il est désormais convenu d’appeler l’éco-anxiété.

Cette anxiété n’est pas seulement une détresse face aux équilibres naturels du monde qui partent en sucette : c’est aussi un sentiment d’impuissance, voire de culpabilité, face à cette débâcle incontrôlable, lancée par l’homme.

L’agneau sacrificiel, c’est bon pour le méchoui

La responsabilité collective de l’être humain (le GIEC considère que 100% des causes du réchauffement climatique est dû à l’homme[1]) n’a pas seulement bouleversé notre vision de la cause de la fin du monde, passée de naturelle/surnaturelle, à humaine : elle a aussi changé notre statut en tant que « victime ».

Du statut de victime innocente ou expiatoire – l’agneau sacrificiel – l’homme est passé, en tant qu’espèce, à celui d’auteur, de responsable de ce qui est en train de lui arriver.

En somme : comme je le disais plus haut, face aux catastrophes qui lui advenaient, l’être humain pouvait accuser Dieu, le hasard ou la scoumoune.

On peut toujours invoquer ces causes « extérieures », religieuses, superstitieuses, mais de fait c’est de plus en plus à lui-même que l’être humain d’aujourd’hui doit son malheur.

Le dire ne relève ni de la culpabilisation, ni de l’auto-flagellation : c’est au contraire la seule condition de notre salut !

A l’inverse, le nier n’est pas seulement manquer de lucidité : c’est s’enfermer dans une passivité de victime qui, pour le coup, empêche de se ressaisir, et donc d’agir.

Un enfant ne peut réparer ses bêtises que s’il reconnaît en être le responsable. Nous en sommes là.

S’il nous faut une bonne dose de lucidité collective pour nous adapter aux changements climatiques et civilisationnels qui ont commencé, je suis en revanche assez inquiet du pli qu’ont pris plusieurs de nos politiques : à savoir justement la culpabilisation.

Coupables, ils sont culpabilisants

Les appels solennels de personnalités comme messieurs Macron et Véran pour réduire la durée de nos douches ou davantage couper le Wi-Fi me font rire jaune.

Pour trois raisons.

La première, c’est que si je suis convaincu qu’il nous appartient de faire notre « part de colibri », prétendre que raccourcir sa douche sauvera le climat est un mensonge : aujourd’hui, la majeure partie de la pollution et du gâchis des ressources se fait à échelle industrielle.

Les plus gros pollueurs du monde, et de très loin, sont les usines chinoises (9,9 milliards de tonnes de CO2) qui produisent et exportent des biens de consommation pour la planète entière, et dépendent du charbon[2].

Baisser la clim en été et le chauffage en hiver part d’une bonne intention, mais croire que ce geste fera une différence est hélas naïf.

La deuxième, c’est que messieurs Véran et Macron, quand ils tiennent un discours aussi culpabilisant et infantilisant, non seulement ne se déparent pas de la posture condescendante qui a été la leur durant la crise du Covid… mais surtout détournent habilement l’attention du fait qu’eux, en tant qu’hommes d’état, ne font rien.

Je rappelle à toutes fins utiles que l’État français, dans le cadre de « l’affaire du siècle », a été condamné pour son inaction climatique : il a, plus précisément, été reconnu coupable de ne pas avoir respecté son engagement de réduire ses émissions de gaz à effet de serre d’ici 2030[3].

Recevoir des leçons de « sobriété énergétique » de la part d’hommes politiques coupables d’irresponsabilité climatique, c’est donc tout simplement l’hôpital qui se fout de la charité.

La troisième tient au « deux poids/deux mesures » sur ce sujet de ce même gouvernement, prompt à culpabiliser la population, mais qui ne dit pas un mot plus haut que l’autre à ses propres ministres (rappelez-vous le premier ministre Castex allant à son bureau de vote en jet !) ni à ses grands patrons.

Sur les réseaux sociaux, des comptes « s’amusent » à suivre les déplacements en jets privés des grands patrons français, illustrant le fait qu’ « 1% de la population mondiale émet plus de la moitié des émissions de CO2 pour le transport aérien.[4] »

Un individu comme Bernard Arnault, patron de LVMH, a ainsi pour le seul mois de mai émis 176 tonnes de CO2, soit l’équivalent de l’empreinte carbone d’un français moyen… pendant 17 ans.

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Le champignon fou

Je reviens sur L’Étoile mystérieuse pour clore cette lettre.

Le début de l’album d’Hergé est, vous disais-je, l’une des dernières représentations d’une « fin du monde » classique, provoquée par un évènement extérieur.

A contrario, la fin de ce même album est de l’ordre de la prédiction.

Rappelez-vous, Tintin débarque sur la partie émergée de l’aérolithe et fait face à des phénomènes extravagants : Un pommier qui pousse à toute allure, une araignée géante… et les fameux champignons géants (en couverture de l’album, d’ailleurs).

On est en 1942, et si on peut se demander si Hergé n’a pas pris des champignons hallucinogènes pour imaginer cet album… on ne peut qu’être troublé par ces champignons géants qui explosent, préfigurant les champignons de la bombe A, 3 ans plus tard.

Mais, surtout, les pommes géantes du pommier à croissance accélérée menacent de tuer le héros en tombant, le ver qui se trouvait dans un trognon de pomme devient un papillon géant et agressif, et la petite araignée, un monstre déterminé à découper Tintin !

Hergé met en scène une nature devenue folle, dont les excès se retournent contre l’homme.

Aujourd’hui, ces images paraissent quasi-prophétiques.

Portez-vous bien,

Rodolphe

 

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30 juillet 2022

POUR SAUVER L'HUMANITE POUR LES ECOLOS-BOBOS SUEDOIS APPLIQUEZ LE PRINCIPE DU SOLEIL VERT ET BOUFFEZ VOS CADAVRES !

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fin de l'Humanité !

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L’écologie en roue libre devenant un grand n’importe quoi, nous avons un nouveau nominé pour l’Oscar d’or de l’escrologie appliquée.

En effet dans cet article du Daily Mail anglais, on apprend qu’un scientifique suédois affirme que les humains devraient devenir cannibales pour lutter contre le changement climatique, car manger de la chair humaine est plus « durable » que l’industrie de la viande.

Le professeur Magnus Soderlund a affirmé que les gens pouvaient manger la chair de cadavres. Il a déclaré que le cannibalisme pourrait arrêter l’alerte mondiale si la société était « éveillée à l’idée ».

Manger des humains pourrait être une option plus durable que manger des insectes, affirme-t-il.

Manque de bol pour lui, la société n’est pas encore « très éveillée » effectivement à ce genre d’idée.

Nous pourrions sans doute également boire le sang de jeunes vierges (effarouchées par les perfusions) les soirs de pleine lune. Ce serait sans doute excellent pour le bilan carbone des nappes phréatiques.

Pour lui, ce serait même encore mieux en termes de CO² que de manger des insectes ce qui n’est pas non plus une perspective particulièrement enthousiasmante, mais à côté du cannibalisme, sans doute trouverions nous tous les insectes délicieux.

Mangeons donc nos morts, mais continuons à jouer au foot dans des stades climatisés en plein désert, faisons du ski dans des « dômes » l’été en France refroidis à -5° avec de la neige artificielle, prenons l’avion à 5 euros le week-end à Rome, importons tout de Chine ou d’Inde où nous avons délocalisé les pollutions de production. Continuons à forer des puits de gaz de schiste et à polluer les nappes phréatiques. Roulons en voitures électriques rechargées par des centrales thermiques au charbon…

D’ailleurs à propos du fait de trier vos poubelles, la réalité c’est que quand j’étais gosse, il n’y avait pas de poubelles vertes ou jaunes, mais il n’y avait également presque pas de déchet. Beaucoup moins de plastique qu’aujourd’hui. Des bouteilles en verre consignées, de la viande du boucher en « papier » et pas en barquette. Pas de plats cuisiné Picard avec ses tonnes de déchets, pas de jus d’orange en brique ou exceptionnellement, peu de yaourt.

En réalité, le recyclage masque notre consommation de masse et notre production de masse de déchets et l’on peut dire que plus on recycle plus on pollue !

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Mais pour sauver la planète trions nos poubelles et… va manger tes morts !

Charles SANNAT

« Ceci est un article ‘presslib’, c’est-à-dire libre de reproduction en tout ou en partie à condition que le présent alinéa soit reproduit à sa suite. Insolentiae.com est le site sur lequel Charles Sannat s’exprime quotidiennement et livre un décryptage impertinent et sans concession de l’actualité économique. Merci de visiter mon site. Vous pouvez vous abonner gratuitement à la lettre d’information quotidienne sur www.insolentiae.com. »

Source DailyMail.com ici

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27 juillet 2022

« Transitions de genre » : des enfants sacrifiés sur l’autel du culte Woke ... un véritable scandale pour ces enfants !!!!!!

« Transitions de genre » : des enfants

 

sacrifiés sur l’autel du culte Woke

WOKE GENRE HORREUR

 

On pensait que l’humanité avait suffisamment progressé pour enterrer certaines pratiques qui nous font aujourd’hui horreur. 

Les sacrifices d’enfants étaient par exemple courants dans de nombreuses civilisations anciennes. Le monde du 21ème siècle est-il si différent ? demande Jordan Peterson, psychologue clinicien et professeur émérite à l’université de Toronto dans les colonnes du Telegraph (voir son article en lien). Le cri de révolte du célèbre psychologue s’adresse avant tout à ses confrères. Les cliniques spécialisées dans les « transitions de genre » se sont multipliées aux États-Unis. Il s’agit d’un phénomène récent : il y en a plus de 50 aujourd’hui alors que la première a ouvert ses portes en 2007… Il faut dire que le filon est très lucratif ! Les opérations portant le joli nom « d’affirmation de genre » peuvent coûter plus de 30 000 dollars.

« Primum non nocere » :

 

la trahison du serment d’Hippocrate

Non seulement le fameux serment est passé aux oubliettes mais de nombreux professionnels de la santé aux États-Unis se vantent de participer à ce que Peterson n’hésite pas à qualifier de boucherie sur des enfants et des adolescents influençables. Un chirurgien s’est par exemple vanté sur les réseaux sociaux d’avoir pratiqué plus de 3 000 doubles mastectomies sur des jeunes filles en bonne santé. Les cliniques spécialisées proposent aussi castrations, ablations de l’utérus… Les jeunes filles qui s’affirment comme des garçons peuvent aussi se voir affublées d’un pénis provenant d’un prélèvement fait sur un muscle du bras…

garcons-filles

De nouvelles règles imposées

 

dans le corps médical

Règle 1. Les psychologues comprennent que le genre est une construction non binaire qui comprend une diversité d’identités et que l’identité de genre d’une personne ne correspond pas nécessairement au sexe de naissance. (American Psychological Association)

Les confrères psychologues de Peterson ne sont pas en reste. L’American Psychological Association a communiqué des instructions à ses membres les enjoignant à n’opposer aucun obstacle à la volonté d’un patient de « changer de genre ». Des documents faisant la promotion des traitements de transition de genre ont même été distribués dans les salles d’attente. On recommande enfin aux praticiens de prêter attention à leur vocabulaire en maintenant une neutralité de genre : plus question d’agresser les gens en les appelant « Madame » ou « Monsieur ». S’il y a bien une spécialité qui doit refuser toute compromission avec ce type de discours idéologique, c’est la psychologie ! s’insurge Peterson. L’écoute est fondamentale pour comprendre les problèmes affectant un patient, y compris dans des cas sérieux de troubles de dysphorie de genre… En tant que psychologue, Peterson nie le précepte postmoderne qui lie une identité à un ressenti et la déconnecte de la biologie. Sur la base de ses années de pratique, il confirme que la part de féminité chez les hommes existe tout comme la masculinité chez les femmes. Et que cette part varie. Mais cette réalité empirique ne change en rien le sexe de la personne…

La médecine soumise à l’idéologie

Règle 7. Les psychologues comprennent le besoin de promouvoir le changement social pour réduire les effets de l’exclusion dont souffrent les personnes transgenres. (American Psychological Association)

En d’autres termes, si un psychologue n’est pas un activiste adepte du culte woke, alors il doit se méfier car toute pratique ou discours déviant de la doctrine le met sur la sellette vis-à-vis de ses pairs. Et il s’expose à des procès coûteux intentés par les puissantes associations qui surveillent qu’aucune tête ne dépasse.

Les drames à venir permis par la lâcheté ambiante

On assiste aux États-Unis, depuis une quinzaine d’années, à une expérimentation sociale de grande ampleur. Les conséquences seront redoutables d’ici 20 ans quand les effets secondaires des traitements bloquant la puberté et des chirurgies auront causé des dégâts irréversibles parmi les enfants et jeunes gens devenus adultes. Sans parler des suicides… Certains médecins s’enrichissent de ces pratiques. Ceux qui se taisent, admoneste Peterson, sont aussi coupables au titre de « non-assistance à personne en danger ».

Une frontière a été franchie : l’American Psychological Association est passée de la soumission à une idéologie à la malveillance envers ses patients. 

Elle trahit le serment d’Hippocrate au nom de la « compassion ». Et Peterson prévient que d’autres frontières, géographiques cette fois, sont fragiles face à l’hégémonie culturelle américaine dans le monde occidental. Il appelle ses confrères européens à résister au nom de la vocation même qui les a conduits à pratiquer leur spécialité… D’ailleurs, le danger a été jugé suffisamment sérieux par 140 scientifiques et intellectuels européens qui ont sonné l’alarme en publiant une tribune relayée par Le Point le 9 juillet dernier (voir l'appel des 140).

Ludovic Lavaucelle

gay enfant

 

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26 juillet 2022

ECONOMIE... ECOLOGIE... ECONOMIE... ECOLOGIE ... ECONOMIE ...

Mes chères impertinentes, chers impertinents,

Toujours trop peu, toujours trop tard, cette loi observationnelle qui est valable pour l’Etat français l’est encore plus au niveau européen où l’inertie et les désaccords rendent la construction de solutions et de consensus terriblement longue. Cette lenteur n’est pas un problème par temps calme. Elle le devient lorsque les crises se déchaînent car le temps des crises et celui immédiat des marchés n’est en aucun cas le temps long politique des institutions européennes.

Alors comme à chaque fois depuis des années de crise maintenant, nous avons l’habitude. L’Union Européenne met en place des machins qui n’ont jamais le temps d’aboutir et qui sont recyclés dans la crise suivante.

Vous vous souvenez des Next Generation EU ? 

C’est un plan lancé en 2021, un plan de relance de l’Union Européenne lancé en raison de la pandémie de Covid.

Un plan à 800 milliards d’euros tout de même.

Enfin en théorie.

Dans ce plan figure le fonds de la Facilité pour la reprise et la résilience (FRR) de l’Union européenne, un machin à un peu plus de 700 milliards d’euros.

Gardez-le en tête pour la suite, parce que maintenant nous allons nous pencher sur l’une des toutes dernières dépêches de l’agence Reuters.

La BCE envisage une forte hausse des taux et un filet de sécurité pour les pays endettés

« Les responsables de la Banque centrale européenne (BCE) envisageront jeudi, lors de leur réunion de politique monétaire, de relever les taux d’intérêt de l’institution de 50 points de base pour freiner une inflation galopante, ont déclaré à Reuters deux sources directement informées des discussions.

Soucieux d’éviter une envolée des coûts de financement des pays dits périphériques à la zone euro et un creusement des écarts de rendements (« spreads ») entre ces pays et ceux jugés plus sûrs, les responsables de la BCE travaillent également à un accord visant à leur venir en aide sur les marchés obligataires s’ils respectent les règles de la Commission européenne en matière de réformes et de discipline budgétaire.

Elle doit donc trouver le juste équilibre entre le renchérissement du coût du crédit pour calmer la flambée des prix, tout en n’aggravant pas la situation des Etats membres les plus endettés, et le risque d’un plongeon de l’économie en récession.

Le risque accru de récession dans la zone euro, au regard d’une possible rupture des approvisionnements en gaz de Russie, incite cependant certains responsables de la BCE à plus de prudence dans le rythme de la hausse du coût du crédit.

 

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Si depuis juin la BCE a évoqué une hausse graduelle de ses taux, sa présidente, Christine Lagarde, a par la suite noté qu’il y avait « clairement des conditions dans lesquelles le caractère graduel ne serait pas approprié ».

Les chiffres définitifs publiés mardi par Eurostat montrent que l’inflation dans la zone euro a atteint en juin son plus haut niveau historique (+8,6 % sur un an), alors que les pressions sur les prix ont continué à se propager à différents secteurs.

La Commission européenne (CE) prévoit que l’inflation en zone euro ne retombera qu’à 4,0 % l’an prochain, bien loin de l’objectif de 2 % de la BCE, ce qui accroît le risque que la flambée des prix alimente celle des salaires, déclenchant une spirale difficile à maîtriser.

Les responsables de la BCE annonceront également jeudi un nouveau programme d’achat d’obligations, visant à plafonner les coûts d’emprunt des Etats membres lorsqu’ils sont jugés en décalage avec la réalité économique, comme ce fut le cas début juin en Grèce, en Italie, en Espagne et au Portugal, selon les sources.

La BCE devrait toutefois conditionner son aide au respect par les Etats membres, qui en bénéficieront, des objectifs fixés par la Commission européenne en matière d’accès aux fonds de la Facilité pour la reprise et la résilience (FRR) de l’Union européenne, ont indiqué les sources.

Elles ont ajouté que les Etats membres devront également respecter les contraintes budgétaires du Pacte de stabilité et de croissance lorsqu’ils se seront redressés l’an prochain après une pause liée à la pandémie de COVID-19″.

La BCE est donc coincée entre ses hausses de taux nécessaires, sa lutte contre l’inflation mais également avec les déficits et les dettes accumulés par les Etats les plus dépensiers.

Alors que faire ?

Pas grand chose en réalité.

La BCE commence par dire que l’année prochaine l’inflation retombera à 4 %. Pourquoi ? Comment ? Mystère et boule de gomme comme on disait quand j’étais jeune. Il n’y a aucune raison que l’inflation baisse tant que les facteurs inflationnistes ne disparaissent pas. Mais dire que l’inflation baissera à 4 % l’année prochaine ne coûte pas cher du tout, c’est même rudement peu coûteux une simple déclaration et une prévision au doigt mouillé.

Ensuite, pour continuer à ne rien faire la BCE va monter ses taux de 0.25 ou même de 0.50 % peu importe, en fait cela ne changera rien. Passer les taux de 0 à +0.50 % c’est assez insignifiant en termes macro-économiques. Le problème se posera quand les taux atteindront 2 ou 3 % en Europe. Là cela va commencer à couiner chez les endettés et les détenteurs d’actifs surévalués par la bulle de tout liée… aux taux négatifs de ce dernières années.

Enfin, pour achever cette stratégie brillante du toujours trop peu et bien trop tard, on va tenter de rassurer les marchés en expliquant que l’on va utiliser un fonds qui existe déjà pour autre chose et que les sous qui n’ont pas encore été dépensés le seront pour aider les pays dont les taux d’emprunt deviendraient trop élevés. Mais, pour rassurer les Allemands et les bons gestionnaires, il faudra des « garanties » solides de bonne gestion… de la part de pays surendettés et en faillite virtuelle.

Si je reprends ce qu’il va se passer, les taux vont rester très bas en Europe même avec une augmentation de 0.5 %, on va tenter de faire croire que l’on aidera les pays contre des réformes (qui ne marcheront pas) avec des fonds qui existent déjà pour autre chose.

Normalement à ce niveau, vous avez compris que cela ne va pas bien se passer.

Le toujours trop peu et toujours trop tard conduit toujours à une aggravation et à une amplification des crises qui coûtent du coup beaucoup plus chères.

C’est ainsi. N’attendez pas de savoir ce que l’Etat et l’Union Européenne pourront pour vous. Soyez le propre acteur de votre destinée. Vous êtes votre meilleure chance.

La BCE va donc accoucher d’une souris… ou d’un surmulot !

Il est déjà trop tard, mais tout n’est pas perdu.

Préparez-vous !

Charles SANNAT

argent par les fenetres

 

 

Mes chères impertinentes, chers impertinents,

J’aime à répéter que l’écologie actuelle n’est rien d’autre que de l’escrologie en bande organisée visant à rapiner les braves gueux que nous sommes sous forme d’impôts nouveaux puisque nous sommes très très culpabilisés par notre empreinte carbone qui n’est que l’écume de choses de la pollution totale.

Vous savez à quel point je rejette cette écologie punitive et malhonnête. Non pas parce qu’il ne faut pas prendre soin de notre maison commune qu’est notre si petite planète. Bien évidemment que la protection de l’environnement est indispensable, mais le tri des poubelles c’est 0 et les voitures électriques ont un bilan carrément négatif.

Et puis de vous à moi, il y a trop de paradoxes détestables et qui à ce niveau ne relève pas du hasard ou de la mauvaise gestion, mais bien de la mauvaise foi.

On vous parle d’écologie et l’on fait voler des millions d’avions à bas prix, on vous fait venir les avocats du Pérou, on importe tout de Chine ou d’ailleurs avec des transports sur des milliers de kilomètres ultra-polluants. On vous propose la coupe du monde au Qatar dans des stades en plein désert… climatisés ! On vous fait de la publicité toutes les 5 minutes pour vous pousser encore et toujours à acheter plus de trucs dont vous n’avez pas besoin avec de l’argent que vous n’avez pas !

Bref, nous vivons en pleine escrologie.

Une escrologie d’ailleurs qui s’aggrave. 

Qui s’amplifie.

D’un côté toujours plus de taxes et d’emmerdements sur les déplacements quotidiens et la gestion de ma poubelle, et de l’autre, Monsieur Dugenou qui peut aller skier en pleine canicule en mettant sa combinaison de ski en plein été…

Ce n’est pas au Qatar.

Non c’est en France.

Par contre il faudrait que vous pensiez à éteindre votre wifi et ne mettiez plus en veille votre télé selon l’aimable porte-parole du gouverne-ment et anciennement ministre de la santé.

 

J’en ai assez d’être pris pour un imbécile.

C’est tellement gros que cela est aussi visible que risible.

Ne me parlez pas d’écologie.

Ne me parlez pas d’économie d’énergie quand dans ce pays on ferme des piscines l’été pour ouvrir des pistes de ski réfrigérées à -5°.

Quand on atteint un tel niveau de connerie collectif c’est à se demander si un effondrement ne serait pas la meilleure des solutions.

Il est déjà trop tard, mais tout n’est pas perdu.

Préparez-vous !

Charles SANNAT

ski neige en salle

 

VIVE LES ECONOMIES D'ENERGIES ...  AVEC LE SKI ALPIN EN SALLE REFRIGEREE A - 5° !!!

HE ! LES ECOLOS BOBOS DE LA FIOLE DE QUI SE PAYE-T-ON ?????????? 

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25 juillet 2022

GUERRE UKRAINE-RUSSIE ... LA TREVE DES CEREALES N'EST PAS LA FIN DE LA PARTIE POUR LA FEDERATION DE RUSSIE LA GUERRE CONTINUE !

Odessa : Ne pas oublier que l’accord

 

céréalier n’est pas une capitulation

 

de la Russie

 

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par Karine Bechet-Golovko.

La Russie et l’Ukraine ont signé séparément en Turquie, sous l’égide de l’ONU, un accord céréalier. Parce que l’Ukraine a peur d’une nouvelle grande famine, il faut exporter de toute urgence le blé très loin du pays. Parce que les pays de l’OTAN peuvent faire entrer des armes en Ukraine, mais pas sortir de blé pour sauver le monde d’une famine politico-médiatique, il faut le faire passer par la mer Noire. Manifestement, les commanditaires atlantistes de cet Accord avait en mémoire les premières concessions accordées par la Russie, également en Turquie, qui lui avaient coûtées très cher – sans contre-partie aucune. Cette fois-ci, en bombardant des cibles militaires dans le port d’Odessa, la Russie a fait clairement comprendre qu’elle n’a pas signé de capitulation. Et le message est passé.

Puisque le monde est au bord d’une étrange et soudaine famine, le blé ukrainien va pouvoir le sauver. Mais cette fois-ci, la Russie a tiré les leçons de ses dernières douloureuses expériences de négociations. Elle a obtenu que ce même accord, puisqu’il est question de lutte globale, je dis bien globale, contre une famine non moins globalisée, comprenne la levée des sanctions concernant les exportations russes agricoles et des engrais. Au moins, soyons logique, s’il y a risque de « famine », pourquoi sanctionner les produits russes ? Cela a été obtenu, voyons si ce sera appliqué.

Cet accord met principalement en place des mécanismes, eux en revanche plus glissants, devant permettre l’exportation maritime du blé ukrainien, le blé étant une céréale délicate, qui tombe facilement malade dans les transports terrestres.

Ainsi, trois ports sont concernés – Odessa, Tchernomorsk et Yujny, tous sur la mer Noire – la mer d’Azov n’est donc pas concernée et reste la mer intérieure russe qu’elle est devenue.

L’ONU a décidé que le déminage prendrait trop de temps, il passe donc à la trappe. Autrement dit, il n’y a pas de démilitarisation de la zone « pour raison humanitaire », pas de sécurisation réelle des eaux, ce qui signifie bien que pour l’ONU le combat doit continuer dans cette région et il ne faut pas restreindre l’Ukraine. L’on voit ici apparaître le deuxième fond, militaire, de cet Accord.

Les bateaux ukrainiens chargés de blé passeront dans la mer Noire par un corridor délimité par accord commun et seront accompagnés par des marins ukrainiens. Zelensky a alors immédiatement crié à la victoire, l’Ukraine reprendrait ainsi le contrôle de la mer Noire. Au-delà de l’emballement médiatique, la réalité sera plus difficile pour lui, mais nous pouvons facilement croire qu’il mettra tout en oeuvre pour rentabiliser politiquement, ce qu’il n’a pu obtenir militairement. Pourtant, l’Accord prévoit qu’aucun accompagnement militaire n’est prévu, et que les avions, drones, navires ne doivent pas s’en rapprocher.

La dimension politique de cet Accord est encore plus flagrante avec la constitution d’un groupe de coordination composé d’un représentant de l’ONU (l’ONU n’étant pas un pays, qui sera nommé ?), de la Turquie (qui du statut d’intermédiaire devient partie), de l’Ukraine et de la Russie.

Concrètement, ces représentants, sauf le Russe, contrôleront le chargement du blé dans les trois ports visés. Autrement dit, la Turquie et le fameux « représentant » de l’ONU, deux éléments de l’Atlantisme, prennent officiellement pied en Ukraine, à la ligne de conflit.

Immédiatement, les Etats-Unis et l’UE se sont félicitées de la conclusion de cet Accord. Il est évident qu’elles espéraient y voir une nouvelle faiblesse de la Russie. Pour leur enlever toute illusion, cet Accord céréalier n’est pas une capitulation de la Russie, l’armée russe a ciblé des cibles militaires dans le port d’Odessa.

Des navires militaires ont été visés et détruits. Les Accords ne prévoient en rien l’arrêt des combats. Et comme le confirme l’Ukraine, les infrastructures du port n’ont pas été touchées, l’export du blé pourra commencer.

Pour autant, immédiatement, l’hystérie s’empare des Atlantistes. Blinken déclare que les Accords sont en danger et que la Russie les viole :

« Les États-Unis condamnent fermement l’attaque de la Russie contre le port d’Odessa. Vingt-quatre heures seulement après avoir finalisé un accord permettant la reprise des exportations agricoles ukrainiennes par la mer Noire, la Russie a violé ses engagements en attaquant le port historique à partir duquel les céréales et les exportations agricoles seraient à nouveau transportées dans le cadre de cet accord ».

La France suit la voix de son maître et accuse également la Russie de violer ces Accords, rappelons-le, céréaliers :

Dans la foulée, Zelensky accuse la Russie de torpiller le « dialogue » et est docilement repris par les médias :

En revanche, la réponse de Maria Zakharova remet les points sur les i : les missiles Kalibr ont été lancés contre des infrastructures militaires, se trouvant à Odessa, qui restent des cibles, où qu’elles se trouvent en Ukraine.

L’hystérie concernant l’export des céréales est retombée – rien ne l’empêche objectivement, si volonté réellement il y a. Mais nous pouvons être certains que ce n’est que le début du cinéma. Ces Accords ne présentent véritablement qu’un intérêt politico-militaire – ils permettent aux structures atlantistes de s’implanter officiellement dans l’Est, rendant plus difficile l’avancée de l’armée russe dans ces zones.

PS : L’on notera qu’après un pic début mars suivi d’une forte baisse, le cours du blé est en baisse constante depuis mi-mai …

Karine Bechet-Golovko

source : Russie Politics

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23 juillet 2022

L’Italie pourrait avoir une majorité politique eurasiatique en septembre, par Eric Verhaeghe

L’Italie pourrait avoir une majorité

 

politique eurasiatique en septembre,

 

par Eric Verhaeghe

En Italie, la crise politique a conduit le Président à accepter la démission de Mario Draghi et à dissoudre la Chambre. Des élections anticipées auront lieu au mois de septembre. Une coalition "pro-Poutine" pourrait prendre le pouvoir, ce qui changerait sensiblement la donne en Europe.

Hier, Mario Draghi a présenté sa démission au président de la République italienne, après que trois partis de sa coalition se sont abstenus lors d’un vote de confiance. Mécaniquement, Draghi n’a pas été mis en minorité : il aurait pu continuer à gouverner. Toutefois, l’abstention de ces trois partenaires l’a conduit à jouer le tout pour le tout en présentant sa démission au Président de la République Mattarella, qui l’a acceptée et a dissous la Chambre. De nouvelles élections législatives (anticipées d’un an) auront lieu en septembre. 

Draghi continuera à servir les Européens cet été

Toutefois, Mario Draghi a annoncé qu’il continuerait à travailler cet été, notamment pour préparer l’Italie au grand emprunt “Next Generation” de l’Union Européenne. Il faut dire que le départ du grand argentier italien arrive au pire moment : la remontée des taux d’intérêt, décidée en urgence par la Banque Centrale Européenne (voir notre prochain article sur le sujet) pourrait se traduire par une crise financière majeure dans la péninsule… et dans l’ensemble de l’Europe. 

La grande crainte des marchés est une redite de la crise grecque… mais dans de toutes autres proportions cette fois, qui pourraient bien avoir raison de l’euro. 

Une coalition eurasiatique bientôt au pouvoir ?

Alors que, il y a quelques mois seulement, Macron avait parié sur une relation privilégiée avec l’Italie en signant le traité du Quirinal, il pourrait perdre définitivement un précieux allié et voir arriver, à Rome, une coalition de droite beaucoup plus proche de la Russie que des Etats-Unis. 

SALVINI

En particulier, la victoire pourrait revenir au parti Fratelli d’Italia de Giorgia Meloni, qui pourrait s’allier à la Ligue de Salvini et au parti de Berlusconi. Cet attelage pourrait constituer un premier point de faiblesse dans la ligne anti-russe de Draghi, qui a annoncé faire campagne sur ce thème. Rien n’exclut donc qu’une coalition eurasiatique, c’est-à-dire en accord avec le projet poutinien d’un bloc continental ouvert de Lisbonne à Vladivostok, ne trouve un écho favorable de l’autre côté des Alpes…

Nous reviendrons plus longuement dans les jours à venir sur le débat politique italien. Les événements à venir risquent en effet de provoquer un important basculement de la zone euro qui aura un impact fort sur la totalité du continent. 

 

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18 juillet 2022

De l’effondrement allemand et des conséquences à en tirer pour la France – par Edouard Husson

De l’effondrement allemand

 

et des conséquences à en tirer

 

pour la France – par Edouard Husson

 

 

Un gamin qui vous indique les parties du corps à laver lors de douches économiques. Voilà à quoi ressemble la propagande officielle du gouvernement et des médias au service de l'establishment transatlantique en Allemagne! C'est l'un des symptômes les plus évidents de l'effondrement allemand. Comme toujours dans l'histoire allemande, l'effondrement est spirituel et moral avant d'être matériel. L'effondrement économique va suivre. Mais autant le dire tout de suite à nos amis allemands: d'une Union Européenne guidée par une Allemagne tombée à un tel niveau de décivilisation nous ne voulons plus. Pour nous l'Europe était jusqu'à récemment la plus grande culture de l'histoire, berceau des libertés personnelles et de la justice universelle. Pour nous, la France doit, comme le disait fièrement Clemenceau le 11 novembre 1918, reprendre "sa place dans le monde pour poursuivre sa course magnifique dans l'infini du progrès humain, autrefois soldat de Dieu, aujourd'hui soldat de l'humanité, toujours soldat de l'idéal."

C’est d’une bêtise confondante. L’Allemagne fait la guerre à la Russie avec ses petits poings. L’affiche reproduite ci-dessus est intitulée: “Ne lavez que ces quatre parties du corps si vous voulez mettre Poutine en colère. L’eau aussi doit être économisée pour la liberté”. 

L’arme miracle – je n’ose pas dire le terme allemand, la “Wunderwaffe”, on croirait que j’ai mauvais esprit puisque c’est ainsi que les nazis appelaient les V1 et les V2 qui devaient renverser le cours de la guerre – c’est donc la douche ciblée: aisselles, aine (quelle pudeur! mais au moins on nous évite la Freie Körperkuktur, le nudisme, cette invention allemande – il vaut mieux au moment où les photos trouvées sur les disques durs de Hunter Biden circulent), raie des fesses et pieds! 

Robert Habeck est un adepte de ces douches  à l’économie, dont il est ministre. 

Pendant des décennies, la bourgeoisie française nous a cassé les oreilles avec le “modèle allemand”. Pour finir devant une affiche qui n’a même pas la drôlerie de la Guerre des boutons

Göttingen, c'est fini!

Nous avons grandi dans le respect de la réconciliation franco-allemande.  C’était Schuman et Jean Monnet; surtout, c’était Pie XII et le Général de Gaulle qui l’avaient voulue. Il y avait tous ces jumelages, l’Office Franco-allemand de la jeunesse et puis, la voix fragile et soyeuse de Barbara, qui chantait “Göttingen“. 

Tout cela, c’est le mythe du “couple franco-allemand” répété à satiété. Au point d’en devenir ridicule. 

Après le sale coup (manigancé par Jean Monnet) du préambule au Traité de l’Elysée mentionnant la priorité absolue de l’OTAN sur toute autre alliance de l’Allemagne, de Gaulle en avait tiré les conclusions qui s’imposaient: les Allemands de l’ouest ne pouvaient pas être ces alliés privilégiés qu’il avait un temps espérés.

Et pourtant, à l’exception de Georges Pompidou, les successeurs du Général sont régulièrement tombés dans le sentimentalisme larmoyant. On nous a servi le “couple franco-allemand” jusqu’à l’écœurement. Rien n’a pu ramener la lucidité de nos dirigeants: ni le revanchisme monétaire de Franz Josef Strauss en 1968, refusant de soutenir le franc secoué par le carnaval parisien du mois de mai; ni la brutalité d’Helmut Kohl poussant la réunification sans consultation préalable avec François Mitterrand; ou bâclant la reconnaissance de l’indépendance de la Croatie contre les conseils de prudence du Président français de l’époque. Ai-je besoin de mentionner les années Merkel et la série d’affronts infligés par Angela Merkel aux quatre présidents qu’elle a connus: 

+ la baisse de la TVA non concertée avec Jacques Chirac. 

+le refus de l’Union pour la Méditerranée de Nicolas Sarkozy. 

+ la sortie allemande unilatérale du nucléaire civil en 2011

+ le rôle actif dans la déstabilisation de l’Ukraine et le sabotage de fait des accords de Minsk mis en place sous initiative franco-russe.

+ la décision unilatérale d’ouvrir les frontières aux migrants en septembre 2015 

+ le refus du budget de la zone euro à Emmanuel Macron. 

Bien entendu, les présidents français ont été faibles face à l’Allemagne, depuis Mitterrand. 

Et puis il y a eu la paresse de la bourgeoisie française chantant les louanges des Allemands qui ne faisaient pas la grève, qui géraient bien leur monnaie, qui fabriquaient de meilleures voitures etc… C’est tellement confortable de se comporter en rentier de la mondialisation, d’acheter la paix sociale en laissant filer le déficit public à l’abri des taux d’intérêt allemands. Tout en n’arrêtant pas de maugréer contre la France. 

On raconte qu’à l’Elysée, du temps de François Hollande, la question récurrente des réunions était “Qu’en pense l’Allemagne?”. C’est digne du “Et Tartuffe? ” d’Orgon, dans la comédie de Molière, qui ne veut rien entendre des soucis de sa famille et ne se préoccupe que des humeurs du pique-assiette (qui cherche à le cocufier et à voler l’héritage des enfants d’Orgon). 

A force de nous demander ce que pensait l’Allemagne, nous ne nous sommes plus demandés, si elle pensait, tout simplement. 

Qui avait raison sur les mauvaises intentions monétaires des Américains, dans les années 1960: Les Allemands ou bien Jacques Rueff, conseiller du Général de Gaulle, qu’à la Bundesbank on traitait de “fondamentaliste”? 

Qui avait vu juste sur la Yougoslavie: Helmut Kohl, qui précipita l’éclatement du pays et porte une lourde responsabilité dans le bain de sang qui a suivi ou François Mitterrand, qui recommandait de ne pas reconnaître la Croatie tant que les droits des Serbes de la Krajina (finalement victimes d’un nettoyage ethnique en 1995) n’auraient pas été reconnus? 

Les Français n’auraient-ils pas le droit d’éprouver une certaine “Schadenfreude” (terme allemand qui désigne spécifiquement la joie éprouvée devant le malheur des autres) à voir l’Allemagne victime de son arrogance sur la question du nucléaire civil. Ah, vous n’en aviez pas besoin? Et vous voilà à devoir non seulement polluer la planète avec vos centrales à charbon mais surtout devoir choisir entre geler de froid l’hiver prochain et faire la paix avec la Russie. 

L'Europe, ce n'est pas cela, Olaf!

Tu paies pour le manque d’anticipation de tes prédécesseurs à la Chancellerie (sauf Schröder), cher Olaf. Mais qu’est-ce qui t’empêche d’être courageux? L’épée de Damoclès des possibles scandales financiers que tu n’arrives pas à étouffer et que les dirigeants américains, avec leur respect des alliés, bien connu, agitent peut-être contre toi dans les coulisses?

Cela explique-t-il tout? Ne paies-tu pas aussi pour cette surestimation de vous-mêmes (Selbstüberschätzung) qui vous caractérise alors que par bien des aspects vous autres Allemands êtes des Européens ordinaires, très ordinaires, même? 

Vous avez rétabli la discipline budgétaire, en Grèce, mais à quel coût humain? Vous en avez fait à votre tête en Ukraine, au côté des Américains, depuis la révolution orange de 2004, mais assumez-vous le désastre? Vous auriez pu retenir la Grande-Bretagne dans l’Union Européenne mais vous avez été sourds à tous les signaux faibles – puis de plus en plus forts – qui étaient émis à Londres depuis le Traité de Lisbonne (2008) ? Vous avez étalé votre bien-pensance humanitaire en accueillant sans contrôle des centaines de milliers de migrants à l’automne 2015 mais du coup des dizaines de mes compatriotes sont morts  au Bataclan sous les balles de terroristes  qui s’étaient dissimulés dans la masse des migrants passants par l’Allemagne. 

Mais peut-être le pire de tout cher Olaf, est-il la vulgarité et la médiocrité de vos affiches de propagande pour se doucher a minima. Je sais bien que la “civilisation des mœurs” dont parle Norbert Elias ne s’est pas arrêtée durablement chez vous: la société de cour, c’était plutôt Vienne, Florence, Rome, Naples, Madrid, Paris, Londres…et saint-Pétersbourg. La cour de Frédéric II de Prusse relevait plutôt du corps de garde. Vous en avez gardé ce style direct dans les négociations, ce manque de courtoisie, cette capacité aussi à parler de votre anatomie sans pudeur,  qui surprennent toujours celui qui découvre l’Allemagne. Je sais bien aussi que dans l’américanisation du monde, cela se remarque de moins en moins. Mais une affiche comme celle de “Toto à la douche”, ça reste tout de même incongru. 

Et puis enfin, Olaf, vous prétendez vraiment faire de la grande politique face à Poutine, être les héritiers de Bismarck avec de telles niaiseries? 

En tout cas, laisse-moi te dire, Olaf, que l’Europe ce n’est pas cela. L’Europe c’est une culture qui a donné les cathédrales, la peinture de la Renaissance, la musique classique, une littérature qui s’exprime dans des langues diversifiées – y compris le russe; l’Europe ce sont les révolutions scientifiques et industrielles, l’exploration de toute la planète et l’invention des droits de la personne. 

A tout cela  vous avez participé, plus qu’à votre tour, vous autres Allemands. Jusqu’à récemment. Et votre histoire révèle un secret de l’Europe, presqu’à votre insu. Les grandes révolutions matérielles se sont enracinées dans un solide sens spirituel, éthique. Les grands siècles allemands, comme le XIXè siècle, sont le fruit de jaillissements spirituels, artistiques, éthiques préalables. Il n’y a pas de Bismarck sans Goethe avant lui. Et Peter Watson a décrit ce squ’il appelle le génie allemand (The German Genius) au XIXè siècle, qu’il qualifie de “troisième renaissance”. Pas d’épanouissement des ouvriers allemands à la fin du XIXè siècle, sans la pensée sociale de Monseigneur von Ketteler.  Mais l’inverse est vrai aussi: vos plus grands malheurs sont venus d’un effondrement culturel et moral. Peut-on imaginer Hitler sans les éructations antisémites de Wagner, cet artiste dévoyé, et sans le cynisme d’un Heidegger encourageant en sous-main la nazification de l’université allemande? 

Dans le cas qui nous occupe,celui de la “douche à Toto”, on n’aura pas le retour des Walkyries ni le culte de Siegfried. Non, c’est plutôt le degré zéro de la culture, de la pensée. Le gâtisme, peut-être, d’une société vieillissante. Mais, face à Poutine, à Xi Jinping, à Erdogan; face face aussi aux défis du transhumanisme, cet individualisme exacerbé et nazifiant, la question de savoir si Toto se lave bien les fesses ne va pas vraiment nous aider. 

Vous payez, d’une autre manière que nous, mais non moins profondément, pour l’effondrement du christianisme – pensons au rejet par les évêques allemands de l’occasion historique que fournissait l’accession du Cardinal Ratzinger au trône de Pierre; pour votre réel déclin éducatif; pour votre incapacité à retrouver, après 1990, une souveraineté complète (maintien des bases américaines); pour la financiarisation exagérée de l’économie. 

Voilà pourquoi, cher Olaf, tu dois comprendre que nous autres Français, nous allons bientôt reprendre notre liberté. Et te laisser avec Toto, Robert, Analena, Uschi (comme tu appelles Ursula, la fille qui griffe et qui te tirerait les cheveux si tu en avais encore) et le reste du Kindergarten, dans votre bac à sable. 

Nous non plus, cela ne va pas très fort. Nos dirigeants sont soit veules soit corrompus et ont eu le cerveau lavé par le régressisme individualiste. Notre industrie est en lambeaux; notre Ecole est au fond du trou; le chômage réel est tu par les statistiques officielles; nos évêques sont, sauf exception, ce qu’un de tes compatriotes, Drewermann, appelait “des fonctionnaires de Dieu”; notre capacité d’assimilation et notre idéal républicains sont piétinés.  Mais il nous reste suffisamment de lucidité; une partie de notre jeunesse est suffisamment patriote pour que nous nous rappelions avec émotion les mots de Clemenceau le 11 novembre 1918, qui affirmait que “la France retrouverait sa place dans le monde pour poursuivre sa course magnifique dans l’infini du progrès humain, autrefois soldat de Dieu, aujourd’hui soldat de l’humanité, toujours soldat de l’idéal”. 

Depuis des décennies, le Spiegel et d’autres de vos médias se sont gaussés du patriotisme du Général de Gaulle et de ce qu’ils appellent – d’une expression jamais utilisée par les Français – “la grande nation”. Je ne sais pas si nous redeviendrons grands un jour. Mais libres nous en avons bien l’intention, cher Olaf. Et l’affiche de la “douche à Toto” nous incite à accélérer notre libération. 

 

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17 juillet 2022

CULTUREL CULTUREL CULTUREL CULTUREL CULTUREL

 Culture à Nice ...

 

... Culture à Nice ...

 

 

 

 

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14 juillet 2022

LES MARCHES MONDIAUX ATTAQUENT L'EURO ... LE DOLLAR S'ENVOLE !

Mes chères impertinentes, chers impertinents,

Le journal le Monde titrait hier, « l’euro atteint la parité avec le dollar, une première depuis sa mise en circulation ». (source ici)

Pour le quotidien français de référence, « la monnaie unique européenne est plombée par le risque de coupure des approvisionnements russes en gaz pour l’Union européenne » et de poursuivre:

« Le marché s’inquiète d’une crise énergétique majeure sur le Vieux Continent, doutant du rétablissement, par la Russie, des flux de gaz après une interruption pour maintenance sur le gazoduc Nord Stream 1. Cette situation accentue les craintes de récession en Europe.

L’énergie en provenance de Russie « est au cœur de la tourmente en Europe » et l’annonce, par le Canada, samedi, qu’il restituerait à l’Allemagne des turbines destinées au gazoduc Nord Stream pour atténuer la crise énergétique avec la Russie « est sans impact positif », commente Jeffrey Halley, analyste chez Oanda ».

Et si les problèmes énergétiques n’étaient pas du tout la cause de cette chute de l’euro ? Ceci expliquerait du coup le fait que la restitution des turbines par le Canada à l’Allemagne n’ait aucun effet sur les cours de l’euro qui poursuivent leur chute.

La question reste entière.

Qu’est-ce qui pousse l’euro à la baisse alors ?

J’ai une petite théorie à partager avec vous.

C’est une attaque des marchés !

Les marchés n’attaquent pas la dette de chaque pays européens !

Ils font mieux.

Ils attaquent directement l’euro en entier sans prendre pour cible spécifiquement tel ou tel pays de la zone euro qui serait plus fragile par exemple.

En fait nous sommes en train de revivre une crise de l’euro, mais contrairement à celle des années 2010/2012, pour le moment elle n’affecte que très partiellement les dettes souveraines et le marché obligataire. Cela viendra sans doute, mais dans un second temps.

Pourquoi attaquer l’euro alors ?

Parce qu’en réalité on ne joue pas contre une banque centrale sauf à prendre le risque de perdre sa chemise et que chaque crise est toujours un peu différente.

La BCE sait et a montré qu’elle pouvait racheter des obligations d’Etats de la zone euro. Elle le ferait à nouveau si cela était nécessaire, même dans l’urgence. Si vous spéculez contre la dette italienne et que la BCE intervient, vous vous retrouverez avec une perte obligataire. Inutile donc d’attaquer sur ce front… pour le moment s’entend !

Il faut profiter des points faibles de l’armure de la Banque centrale européenne et le point faible est simple.

C’est l’euro lui-même.

Pourquoi ?

Parce que si la BCE peut acheter des obligations de tel ou tel pays, elle ne peut pas… monter ses taux d’intérêt de manière significative trop rapidement.

Les marchés jouent donc le différentiel de taux entre les Etats-Unis et l’Europe et très clairement l’avantage est au dollar. Les USA pourront aller plus haut et plus vite dans la remontée des taux que l’Europe.

Second point, l’euro peut exploser pas le dollar puisque l’intégration européenne n’est pas encore aboutie et terminée.

Troisième point, la guerre se joue comme à chaque fois sur le sol européen mais pas sur le sol américain. Si vous avez beaucoup d’argent et que vous avez peur d’une extension du conflit mieux vaut avoir son argent aux Etats-Unis et en dollars, qu’en Ukraine et en euros !

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On visualise particulièrement la chute de l’euro sur ce graphique depuis un an.

En termes d’analyse technique, il n’y a pas franchement de niveau « support » et de « résistance » ce qui veut dire que le potentiel de baisse de l’euro est toujours d’actualité.

Plus l’euro baisse, plus l’inflation en zone euro va augmenter en raison de la hausse des prix impliquée par la hausse du dollar pour tous les produits que nous importons, à commencer par le pétrole que nous achetons en dollars ! Quand le billet prend 20 % en un an, chaque litre de carburant est 20 % plus cher en euros rien qu’en raison des conséquences de l’effet de change défavorable.

Cette chute de l’euro creuse donc les déficits commerciaux, mais renforce également une inflation déjà élevée.

Les marchés sont en train de tester la détermination de la BCE à augmenter les taux, et plus que sa détermination, les possibilités de la BCE d’augmenter les taux sans provoquer l’insolvabilité de tous les Etats européens et notamment ceux du sud qui croulent sous les dettes.

Il est déjà trop tard, mais tout n’est pas perdu.

Préparez-vous !

Charles SANNAT

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13 juillet 2022

Incertitudes sur l’avenir de l’Europe et du Monde, par Jean Goychman

Incertitudes sur l’avenir de l’Europe

 

et du Monde, par Jean Goychman

 

La chance d'Emmanuel Macron serait-elle en train de tourner ? Jupiter, le dieu des dieux a perdu de sa superbe. Il se pensait sorti d'affaire après une réélection plus facile que prévue. Les élections législatives, simple formalité depuis le quinquennat, devaient lui donner les moyens de ses ambitions pas toujours avouées, mais le peuple français en a décidé autrement. Comme s'il avait pris un malin plaisir à cette partie du jeu « du chat et de la souris ».

Depuis le début de son premier mandat, (et peut-être même avant), il était clair qu’Emmanuel Macron allait se consacrer essentiellement à « l’intégration européenne ». De plus , heureux hasard du calendrier du fauteuil tournant, il terminerait son mandat en présidant le Conseil de l’Union Européenne, poste éminemment favorable pour agir dans ce sens.

Un fédéralisme qui s’éloigne

Car depuis la mise en service de l’Euro, qui devait avant tout accélérer le fédéralisme européen, on ne peut pas dire que celui-ci ait beaucoup progressé. La crise de 2008 avec la divergence des taux d’intérêt de chaque pays, les dettes publiques galopantes des pays du Sud de l’Europe, les « assouplissements quantitatifs » de la BCE, contestés par ceux du Nord, avaient plus éloigné que rapproché entre eux les pays de la zone euro.

La rigueur budgétaire imposée par le Traité de la « règle d’Or » s’était traduite par des manques d’investissements publics qui allaient devenir chroniques, et de plus en plus mal perçue par les peuples. Enfin, la mondialisation faisait sentir ses effets néfastes en élargissant le fossé déjà profond  entre les classes sociales qui en bénéficiaient et celles qui la subissaient, faisant monter dans la plupart des pays  un mécontentement qui alimentait les mouvements « populistes », qu’Emmanuel Macron n’hésitait pas à comparer à « la lèpre ».

Pour notre pays, ce furent les cortèges des « gilets jaunes » qui cristallisèrent ce mécontentement à la fin de 2018. Un semblant de paix sociale fut retrouvée au cours de l’année 2019, après avoir débloqué 15 milliards d’euros en renonçant principalement à une taxe sur les carburants.

La crise COVID

Début 2020, la pandémie du COVID est survenue. Hormis les conséquences immédiates (brutal ralentissement économique, argent « hélicoptère » du « quoi qu’il en coûte »), la prise de conscience de notre désastre industriel, de notre perte d’indépendance généralisée et des effets pervers de l’euro, monnaie que nous ne contrôlons pas, a remis en évidence des lignes de fractures au sein de l’Union européenne. Les frontières, négation s’il en est du fédéralisme européen, réapparurent soudainement, avec un sentiment national retrouvé.

Voyant dans cette épidémie une « fenêtre de tir », Emmanuel Macron a tenté une opération de mutualisation des dettes au travers du fameux « plan de relance », essentielle pour prévenir et contenir une explosion de l’Europe.Ce ne fut qu’un demi-succès, rapidement balayé par la nouvelle donne de la guerre en Ukraine. 

Le retour aux vieux démons

Emmanuel Macron comptait apparemment beaucoup sur son projet de défense européenne, rendu d’actualité par la guerre en Ukraine et l’exploitation médiatique qui pouvait en être faite en remettant  en route le spectre de l’invasion de l’Europe de l’Ouest par la Russie. Il avait déjà voulu exploiter les faiblesses de l’OTAN pour promouvoir cette idée, en déclarant l’état de « mort cérébrale » de cette dernière lors d’une montée en tension entre la Grèce et la Turquie. Peut-être pensait-il « secouer » les Européens ?

Quoi qu’il en soit, les choses n’ont pas avancé dans le bon sens et, littéralement revigorée par l’Ukraine, l’OTAN, lors du dernier sommet de Madrid, a repris la main et s’est positionnée comme seule entité capable d’assurer la défense de l’Europe. Cette attitude est constante depuis sa création et de Gaulle en avait mesuré l’étendue sur l’échec du traité de l’Elysée de 1963. Pire que cela pour notre Président, mais l’Allemagne décide de faire « cavalier seul » et veut devenir la première puissance militaire de l’Union européenne.

De plus, cette guerre en Ukraine, exploitée dès le départ par les médias occidentaux pour bien marquer que c’était « toute l’Europe » qui était attaquée (alors que l’Ukraine n’est pas dans l’UE ni dans l’OTAN) a révélée la faiblesse des moyens militaires conventionnels des pays de l’UE. Car les premières victimes de la paix (retrouvée grâce à l’Europe, disaient les euro-fédéralistes) furent les budgets militaires.

Or, tous les historiens savent que, depuis la fin du XIXème siècle, les guerres sont gagnées par la puissance de l’industrie. El l’industrie militaire française est en recul constant depuis des décennies. Nous ne produisons même plus nos propres fusils d’assaut. Nous ne disposons au total que de 76 canons de type Caesar et le cycle de fabrication est très long. On a l’impression que nos propres stocks servent surtout de démonstrateurs à l’export…

 

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Une tempête financière s’annonce

Sur le plan économique et financier, la situation est encore plus inquiétante. Les créations monétaires débridées ont généré une masse énorme de liquidités dont l’un des effets est le retour d’une inflation galopante. Les monétaristes la situe pour l’Europe entre 8 et 10% l’an, avec la perspective d’une augmentation pour les prochains mois.

Coté boursier, ces liquidités ont créé des « bulles » qui finiront par exploser

La BCE, dont le rôle est justement de maintenir une inflation autour de 2% l’an, se trouve maintenant dans une impasse. Pour réduire l’inflation, il faudrait augmenter les taux d’intérêts, comme le font, du reste, la Réserve Fédérale, la Banque d’Angleterre et la Banque du Japon.

Et c’est là ou le défaut de cette monnaie unique, réalisée sur des critères politiques et non économiques, va se révéler dans toute son étendue.

Pour réduire l’inflation, il faudrait donc augmenter le taux du crédit, qui dépend du taux d’intérêt en vigueur. Pour un pays qui peut financer ces déficits par sa banque centrale nationale, c’est assez simple : on en profite pour dévaluer la monnaie de façon à être plus compétitif et faire rentrer des devises. Mais lorsque la même banque centrale doit contrôler la monnaie en vigueur dans plusieurs pays, le problème est plus délicat. Si, en plus, ces pays ne répondent pas aux fameux « critères de Mundell » sur les zones monétaires optimales, le problème devient quasi-insoluble. L’harmonisation fiscale et l’harmonisation sociale, indispensables pour l’entrée en vigueur d’une monnaie unique, n’ayant pas été réalisées préalablement, les divergences économiques font que ce qui est bon pour certains est mauvais, voire destructeur, pour d’autres.

Normalement, l’abaissement du taux de crédit accompagne une relance. Que faire lorsque le taux est à zéro ? D’un autre coté, l’augmentation des taux augmente la charge de la dette, ce qui accroît encore les déficits des pays déjà en difficulté. La quadrature du cercle n’est pas loin…

 

argent par les fenetres

Le double effet de l’inflation

Notre pays, ayant progressivement abandonné la production nationale, nous sommes de plus en plus tributaires des importations. Dans un pays ayant conservé ses capacités productives, ses produits redeviendraient compétitifs et la croissance repartirait. Nous n’avons plus de croissance et le renchérissement des denrées pose le problème du pouvoir d’achat. Augmenter les salaires sans croissance va mécaniquement augmenter l’inflation et menacer encore d’avantage  les entreprises.

Aggravée par les différentiels économiques des pays, c’est la monnaie unique et le carcan qu’elle se révèle être qui risque d’en faire les frais. Il faudrait adapter les mesures de la BCE à chaque pays (ou presque) de la zone euro pour qu ‘elles soient à la fois efficaces et acceptables par tous. Autant revenir tout de suite aux monnaies nationales et financer sans intérêt les déficits budgétaires.

Ce serait alors la fin du système financier international basé sur l’indépendance des banques centrales, et c’est ce qui est le plus probable.

La fin du “multilatéralisme”

L’objectif réel fixé depuis bien longtemps par ce qui est communément appelé la « finance internationale » est d’établir un ordre mondial basé sur le « multilatéralisme ». Alors que ce projet présentait toutes les chances d’aboutir après l’écroulement de l’empire soviétique, la disparition des nations, qui en était le corollaire, n’était plus qu’une question de temps. En 1991, les USA étaient la superpuissance mondiale et devait le rester pour longtemps. Mais la prospective n’est pas une science exacte, si tant est qu’elle soit une science, et le monde ne se conforme pas aux prévisions.

Aujourd’hui, même si la majeure partie de l’Occident reste sur cette mémoire d’intention, le reste des pays du monde semblent s’en éloigner, préférant revenir à des accords bilatéraux entre nations.

Cela met en péril cet outil essentiel du multilatéralisme qu’est le dollar, sur lequel s’est construit la puissance financière des banquiers « internationaux »

Or, au delà de la vision purement locale des choses, l’Union Européenne apparaissait comme une sorte « d’appartement-témoin » de ce monde futur. On comprend alors cette nécessité d’avancer « à marche forcée » vers ce fédéralisme européen, qui devait s’étendre ainsi de proche en proche, au moyen de traités à caractère multilatéral, jusqu’à couvrir l’ensemble de la planète en établissant le futur « gouvernement mondial »

Ce projet semble dorénavant irréalisable et cela va imposer des changements profonds en matière de politique publique. Ces changements ne peuvent se faire qu’en changeant pour une bonne part les dirigeants politiques en place, comme c’est généralement le cas lors des révolutions, car c’est bien de cela dont il s’agit. Encore faut-il espérer que cette profonde mutation se fasse dans le calme et sans violence inutile.

Notre Président MACRON à de quoi être inquiet.

 

Jean Goychman

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12 juillet 2022

MACRON DESTROY ECONOMIC MAN FOR THE FRANCE

Décryptage impertinent, satirique et humoristique de l’actualité économique

 

 

Mes chères impertinentes, chers impertinents,

Je voulais partager avec vous une réflexion sur les finances de l’état depuis que le Mozart des marchés et de l’économie règne au Palais, jupitérien, tel un phare dans la nuit.

Vous croyez détecter une pointe d’ironie? Vous vous trompez, je n’oserai pas, vous me connaissez… quoique!

Alors pour ne pas être taxé d’antimacronisme primaire, je voulais que l’on parle de chiffres et vous savez que d’après ce gouvernement, « on peut discuter de tout, sauf des chiffres »!

Vous avez ci-dessous une capture d’écran de la page 14 du PLFR.

Le PLFR c’est le projet de loi de finance rectificative.

EN gros, l’état ne fait jamais comme vous.

Vous (et moi) nous avons un budget, et quand on ne le tient pas bien, généralement le banquier vous appelle (c’est quand vous vous entendez bien avec lui, sinon, il vous enverra juste les prélèvements de frais et des courriers à 15 euros pièce).

L’état c’est différent, ce qui veut dire que ce n’est pas pareil.

L’état, lui, grâce à tous les Mozarts de la finance qui se sont succédés à la tête de notre pays pour le ruiner, fait un budget. Un budget qui évidemment ne sera pas tenu, et vous trouverez toujours une bonne raison pour ne pas tenir votre budget, surtout quand c’est pas vous payez mais les « zotres ». Les « zotres » c’est les « zimpozables », les riches qui payent des « nimpots » tous beaux et tous chauds.

Alors tous les ans on fait un PLFR, en gros un budget qui corrige le budget que l’on ne tient pas pour dire que le nouveau budget lui sera tenu… ce qui ne sera pas non plus le cas.

Cela fait 40 ans que ce petit manège dure!

Bref, page 14 du PLFR vous avez ce tableau qui présente les vrais chiffres de notre situation financière dramatique quoi qu’en dise le père Bruno.

Recettes fiscales c’est à dire tous les sous que l’état gagne et prélève dans nos poches: 315.2 milliards d’euros, ce qui fait beaucoup de sous.

Dépenses totale 505 milliards et des brouettes, à ce niveau, faisons fi des bérouettes!

Déficit? 168,5 milliards d’euros en une petite année seulement.

Soit… plus de 53% du montant des recettes!

Oui mes amis nous dépensons plus de 53% de plus que ce que nous rentrons dans les caisses, et encore c’était avec des taux d’intérêt négatif sur notre dette!

PLFR-2022-deficit

Alors je ne veux pas vous casser le moral, mais là nous pouvons le dire.

La France va faire faillite.

La France ce n’est pas les Mozarts de la finance d’hier et d’aujourd’hui.

Quand la France fera faillite, ils prendront l’avion comme les mamamouchis du Sri-Lanka pour aller se mettre à l’abri ailleurs.

Non, quand la France fera faillite, ce sera vous et moi qui feront faillites, et nous aurons à relever ce pays qui devra affronter de bien grands périls.

Nous devront le faire avec grandeur, tempérance et sagesse, nous devrons le faire avec tous les hommes de bonne volonté d’où qu’ils viennent.

Comme à chaque fois, les nations sont trahies par les élites et sauvées par les petits et les sans grade.

Il est déjà trop tard, mais tout n’est pas perdu.

Préparez-vous !

Charles SANNAT

 

 

Mes chères impertinentes, chers impertinents,

Cette semaine je vous propose de réfléchir aux plans d’urgence énergétiques que mettent en place les différents gouvernements européens notamment.

L’objectif ? Bien évidemment gérer les difficultés d’approvisionnement en amont car il n’y aura pas assez de réserves de gaz pour cet hiver en Europe.

Il va donc falloir faire durer les réserves le plus longtemps possible.

Pour réussir cela, aucun secret il va falloir réduire de façon drastique tous les usages dont nous avions fait nos habitudes et des évidences.

Il va également falloir faire face aux risques de coupure si la baisse de la consommation ne suffit pas.

C’est tout notre quotidien qui va se retrouver chamboulé, toutes nos habitudes qui vont changer, et un prix de l’énergie qui va exploser.

Je n’ai qu’une suggestion à vous faire.

Préparez-vous à des temps difficiles et très changeants.

 

 

Vous n’êtes pas sans capacité à réagir, vous pouvez faire des choix qui peuvent changer les choses, vous n’êtes pas désarmé ni condamné à subir. Mais pour cela il faut savoir décider vite, fort et tôt contrairement aux gouvernements qui font toujours trop peu et trop tard et systématiquement avec votre argent… Ce qui implique que les gouvernements vous rendent toujours moins de la main gauche que ce qu’ils vous ont pris de la main droite.

Prenez bien soin de vous.

Il est déjà trop tard, mais tout n’est pas perdu.

Préparez-vous !

Charles SANNAT

 

 

C’est rare que nos dirigeants se préparent au pire, généralement nous avons plutôt le droit aux remarques toujours profondes et qui se veulent intelligente du type « le pire n’est jamais certain », ou encore « restons optimistes », sans oublier les « fameuses raisons d’espérer ».

Tout ceci c’est de la foutaise.

Non pas que le pire soit toujours certain. Le pire n’est pas plus certain que le meilleur.

Ce qui est certain, c’est que la vie est incertaine!

Ce qui est certain aussi, c’est que ce n’est jamais les moyennes et les risques théoriques et calculés qui font l’histoire, c’est évidemment les évènements hors du commun aux conséquences majeures qui replissent nos livres d’histoire.

« Si l’électricité venait à manquer, le gouvernement prépare pour l’hiver une série de mesures destinées à prioriser les ménages et certaines industries.
Le gouvernement a appelé dimanche à « se mettre rapidement en ordre de bataille » pour faire face à l’éventualité d’une coupure totale des approvisionnements en gaz russe, « option la plus probable » selon le ministre de l’Economie Bruno Le Maire.

« Préparons-nous à la coupure totale du gaz russe, c’est aujourd’hui l’option la plus probable. Ça suppose que nous accélérions notre indépendance énergétique », a plaidé lors des Rencontres économiques d’Aix-en-Provence le numéro 2 du gouvernement français, qui veut profiter de l’été pour « se mettre en ordre de bataille » avant l’hiver.
« On peut avoir des tensions sur le gaz cet hiver »
« Il faut se mettre dans le scenario du pire, car il existe. À tout moment, la Russie peut interrompre totalement ses livraisons de gaz », a renchéri la ministre de la Transition énergétique Agnès Pannier-Runacher, dans un entretien au Figaro daté de ce lundi ».

En matière d’approvisionnement, « on peut avoir des tensions sur le gaz cet hiver », avait averti dès ce samedi la Première ministre Elisabeth Borne lors d’une rencontre avec la presse.

Savoir qui l’on va couper, et qui l’on va pouvoir aider…

« Si l’électricité venait à manquer, le gouvernement prépare pour l’hiver une série de mesures destinées à prioriser les ménages et certaines industries. « Il faut nous mettre en ordre de bataille maintenant sur l’organisation, le délestage, la sobriété, la réduction de consommation… c’est maintenant que nous devons prendre les décisions », a affirmé le ministre de l’Economie.

Le risque de pénuries d’énergie ne s’arrête d’ailleurs pas aux frontières françaises, la présidente de la Commission européenne ayant appelé mercredi les 27 Etats membres de l’Union européenne à se « préparer à de nouvelles perturbations de l’approvisionnement en gaz, voire à une coupure complète de la part de la Russie. »

Vous remarquerez que pour le moment, nous ne faisons pas comme nos voisins allemand ou le Bundestag (l’assemblée nationale) a adopté un plan d’économie: plus de chauffage au-dessus de 20 degrés l’hiver et plus d’eau chaude dans les bureaux individuels, par exemple!

Nous en France, nous avons toujours la norme de chauffage des gymnases pour faire du sport en sueur… ce qui est une ânerie écologique et une aberration écologique.

C’est important de transpirer.

Sinon, je vous invite à préparer votre plan d’urgence énergétique personnel et pas uniquement à courts termes, c’est un plan de longs termes qui est nécessaire, car cela risque bien de durer.  

Prenez bien soin de vous.

Il est déjà trop tard, mais tout n’est pas perdu.

Préparez-vous !

 

Charles SANNAT

 

 

Il faut bien que ce débat arrive sur la table !

En effet, tout est bon pour justifier les taxes.

Et c’est ça qui est drôle.

Les vieux avec la vignette automobile, les péages pour les routes, les taxes sur les carburants pour l’escrologie et le bien de la planète comme les indulgences autrefois.

Payez les taxes sur les carburants et vous serez absous de vos émanations puantes de CO².

Une bonne TIPP, ou TICE et vous serez pardonnés mes frères.

Mais voilà.

Voilà les voitures électriques.

Comment donc continuer à taxer tout ce petit monde ?

C’est en suisse que l’on avance le plus vite sur le sujet.

« Comment conserver des recettes suffisantes lorsque les voitures électriques seront majoritaires sur les routes ? Face au défi de l’après-pétrole, la Suisse étudie toutes les possibilités et envisage de taxer les véhicules électriques, rapporte L’Automobile magazine. Dans ce pays, la fiscalité automobile repose sur trois sources principales de recettes : les impôts et les surtaxes sur les « huiles minérales », mais aussi les impôts automobiles et la vignette.

A cela s’ajoutent « les compensations des cantons, pour un montant global de près de deux milliards de francs par an qui servent à l’entretien des routes », précisent nos confrères. En moyenne, l’automobiliste suisse paie ainsi 800 francs par an, soit un peu plus de 800 euros. Mais avec l’arrivée des voitures électriques, le pays redoute de voir baisser progressivement ses recettes sur la fiscalité des huiles minérales.

Le Département fédéral de l’environnement, des transports, de l’énergie et de la communication (DETEC) et le Département fédéral des finances (DFF) ont donc pour mission de proposer de nouvelles mesures d’ici la fin 2023 pour revoir la fiscalité automobile. Une refonte complète du système est envisagée.

Le Conseil fédéral souhaite ainsi que les voitures électriques soient taxées au plus tard en 2030, sur l’indice kilométrique. Plus les propriétaires de véhicules électriques rouleront, plus ils paieront. Le but étant de faire payer en fonction de son usage des routes et de leur usure. La méthode pour relever le kilométrage n’est pas encore connue, en revanche, il est probable que la Suisse opte pour une redevance ».

 

En Suisse vous paierez au kilomètres parcourus !

 

Et voilà ; en fait même plus besoin de justifier les taxes.

C’est juste que l’Etat a besoin de vous ponctionner et de vous faire les poches.

Encore des sous, toujours des sous, en Suisse comme ailleurs, même si en France nous touchons le pompon !

Vous aurez donc une taxe aux kilomètres parcourus.

La justification ?

Aucune.

Il faut remplir les caisses.

Il serait bon de remettre à plat la chose fiscale.

Pour quoi payons-nous des impôts, parce qu’au train où vont les choses, il n’y a plus, tout simplement, de consentement à l’impôt et nombreux seront les Français à aller se faire ponctionner ailleurs sous des cieux plus cléments, ce qui va accélérer la chute de l’Etat impécunieux et des piètres gestionnaires qui gouvernent ce pays depuis trop longtemps.

Charles SANNAT

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10 juillet 2022

CULTURE CULTURE CULTURE CULTURE ... AVEC BENJAMIN VAUTIER DIT B E N !



GALERIE EVA VAUTIER 
 
Expositions hors les murs dans le cadre de 
La Biennale des arts de Nice
 
En 2022, la Ville de Nice programme sa cinquième Biennale des arts sur le thème des fleurs. Après Un Eté pour Matisse (2013), Promenade(S) des Anglais (2015), Ecole(S) de Nice (2017), et L'Odyssée du Cinéma (2019), cette cinquième édition – initialement prévue en 2021 et reportée à 2022 à cause de la crise sanitaire – célébrera le lien profondément enraciné, presque mythologique, unissant la ville de Nice, ville verte de la Méditerranée, et les fleurs.
 
Voulue par Christian Estrosi, Maire de Nice, et coordonnée, depuis 2013, par Jean-Jacques Aillagon, la Biennale des arts est un rendez-vous culturel bien inscrit dans la saison niçoise. Cette année encore, elle viendra illustrer l'exceptionnelle vitalité culturelle et artistique de Nice, qui aspire à devenir, en 2028, capitale européenne de la culture.
 
 
La Station, Nice
Le courage des oiseaux
Exposition du 18 juin au 24 septembre 2022
 
Exposition collective avec Frédéric Bauchet-Coquatrix, Gillian Brett, Baptiste Caccia, 
Marc Chevalier, Collection LGR, Claire Dantzer, Noël Dolla, Quentin Dupuy, Lena Durr, Isabelle Giovacchini, Aïcha Hamu, Hippolyte Hentgen, Hildegarde Laszak, Sandra Lecoq, Olivier Leroi, Marie Limoujoux, Ingrid Luche, Béatrice Lussol, Zora Mann, Florent Mattei, Olivier Millagou, Nicolas H. Muller, Robin Oakes, Bruno Peinado, Laurent Perbos, Manuel Pomar, Coline-Lou Ramonet, Isabelle Rey, Omar Rodriguez Sanmartin, Guilhem Roubichou, Karine Rougier, Lionel Sabatté, Ben Saint-Maxent, Erik Samakh, Mathieu Schmitt, Ian Simms, Sofi Urbani, Jean-Luc Verna, Rémi Voche, Taline Zabounian.
Marc Chevalier
Vue de l'œuvre de Marc Chevalier © Galerie Eva Vautier
Le 109, Nice
Power Flower
Exposition du 17 juin au 3 septembre 2022
 
Exposition collective avec Davide Balula, Rina Banerjee, Erica Baum, Jean-Baptiste Bernadet, Andrea Blum, Robert Brambora, Julien Carreyn, Srijon Chowdhury, Morgan Courtois, Johan Creten, Julie Curtiss, Mimosa Echard, Samuel Fasse, Gregory Forstner, Piero Gilardi, Camille Henrot, Ittah Yoda, Rachel de Joode, Bharti Kher, Kapwani Kiwanga, Natacha Lesueur, Michèle Magema, Tony Matelli, Ad Minoliti, Jean-Luc Moulène, Chalisée Naamani, Frédéric Nakache, Daniel Otero Torres, Autumn Ramsey, Julie Réal, Caio Reisewitz, Antoine Renard, Loup Sarion, José Maria Sicilia, Moffat Takadiwa, Diana Thater, Solange Triger, Kees Visser, Agnès Vitani, Letha Wilson, Junko Yamasaki.
Power Flower
Vue des œuvres d'Agnes Vitani et de Gregory Forstner © Galerie Eva Vautier
 
Musée International d'Art Naïf Anatole Jakovsky, Nice
Les Fleurs du Mâle
Exposition du 11 juin au 19 septembre 2022
 
Exposition collective avec Marc Alberghina, Gadha Amer, Araki, Genesis Belanger, Simon Bérard, Johan Creten, Yosef Joseph, Dadoune, Noël Dolla, Jennifer Douzenel, Lionel Estève, Jean-Baptiste Ganne, Karim Ghelloussi, Djamel Kokene-Dorléans, Thierry Lagalla, Sandra Lecoq, John McAllister, Sophie Ristelhueber, Jean-Simon Raclot, Paolo Topy.
Joseph Dadoune
Vue des œuvres de Joseph Dadoune © Galerie Eva Vautier
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Hors les murs
 
 
 
BEN
Je ne suis pas Picasso
 
Musée Magnelli - Vallauris 
Du 25 juin au 19 septembre 2022

«  Les écritures-aphorismes, si célèbres de Ben, se retrouvent également dans la céramique : évocation de la terre dans des tableaux, plats gravés... Pour l'exposition proposée au musée Magnelli, musée de la céramique, Ben a associé son écriture blanche peinte avec des colombins de terre modelés en mots : entre le noir et le blanc, caractéristiques des œuvres de Ben, émerge la couleur de l'argile cuite. » 
Extrait du texte « Ce n'est pas du tout cuit » de Céline Graziani 
 
Ben - Vallauris
 
La muerte no existe
 
Exposition retrospective au MUAC, Mexico City (Mexique)
Du 10 septembre 2022 au 02 avril 2023 
 
Sous le commissariat de Ferran Barenblit (ancien directeur du MACBA, Barcelone) le MUAC (Museo Universitario Arte Contemporáneo), soutenu par la Galerie Eva Vautier, organise une exposition rétrospective de Ben, La muerte no existe à partir du 10 septembre prochain.
 
Étendue sur près de 1500 m2, cette retrospective accueille des œuvres de l'artiste dans trois salles : historique, contemporaine et ethnique. Cette exposition retrace le parcours et la réflexion artistique de Ben. 
 
Ben - Mexique
© Tracer et signer la ligne d'horizon, 1962, Promenade des Anglais Nice © Ben Vautier.
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Gérald Panighi
Everything You can Imagine is Real
Redsheep Gallery, Sandöverken (Suède)
Exposition du 4 juin au 28 aout 2022
Frédérique Nalbandian  
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Frédérique Nalbandian
Rose, c'est la vie
Musée Gassendi, Digne-les-Bains
Exposition du 3 juin au 23 décembre 2022
Frédérique Nalbandian  
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Galerie Eva Vautier
2 rue Vernier 
06000 Nice 
France
 
Du mardi au samedi de 14h à 19h
Et tout les jours 24/24 sur la boutique en ligne ici
 
tel:  09 80 31 76 63
 
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07 juillet 2022

GEOPOLITIQUE INTERNATIONALE

Le théâtre de guerre de Brzezinski :

 

L’Occident « civilisé » et l’Eurasie « barbare »

 

 

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par Markku Siira.

Dès 1997, feu le stratège politique et initié mondialiste occidental Zbigniew Brzezinski a soutenu que la seule façon de maintenir l’hégémonie occidentale et de contenir la montée des pays asiatiques – en particulier la Chine – était de contrôler les ressources énergétiques mondiales.

Le psychodrame du 11 septembre 2001, la série d’attaques terroristes contre les tours jumelles du World Trade Center à New York et contre le Pentagone, a fourni un « événement catastrophique et catalytique – comme un nouveau Pearl Harbor » pour lancer une intervention militaire.

Comme l’a dit le général américain Wesley Clark, « en plus de l’Afghanistan, nous allons détruire sept pays en cinq ans : l’Irak, la Syrie, le Liban, la Libye, la Somalie, le Soudan et l’Iran ».

Les réserves énergétiques de ces pays – en plus de celles déjà détenues par l’élite dirigeante de l’Occident – feraient que l’Occident contrôlerait 60% des réserves mondiales de gaz et 70% des réserves mondiales de pétrole.

Deux décennies après que Brzezinski a présenté sa stratégie, l’Occident s’est plongé dans ses efforts militaires pour contrôler les ressources énergétiques mondiales. En 2018, il était clair que les plans initiaux avaient échoué.

L’impossibilité de maintenir l’hégémonie mondiale occidentale est devenue évidente avec l’érosion continue de l’influence occidentale, qui a coïncidé avec une augmentation de l’influence des concurrents occidentaux.

Cette situation a nécessité une action corrective, un « soi-disant plan B », comme l’écrit le Dr Fadi Lama, conseiller et consultant auprès de la Banque européenne pour la reconstruction et le développement (BERD).

L’Occident tente de ressusciter un monde bipolaire dans lequel il dirigerait encore au moins une partie du monde dans le cadre de ses « valeurs » et de ses propres « règles » truquées. L’autre région resterait, du moins pour le moment, sous l’influence des puissances eurasiennes « barbares ».

La géostratégie actuelle de l’Occident vise à ériger un nouveau rideau de fer entre la Russie et l’euro-cavalerie américaine. Avec le conflit en Ukraine, cet objectif a déjà été partiellement atteint. L’Union européenne, elle aussi, est devenue sous Biden une zone encore plus subordonnée aux intérêts américains.

L’explication généralement admise est que l’Occident a imposé des sanctions sévères au Kremlin dans l’espoir que cela provoquerait l’effondrement de l’économie russe, affaiblirait le pouvoir du président Poutine et rendrait le climat politique intérieur propice à une tentative de coup d’État menée par l’Occident.

Aucune de ces attentes ne s’est encore concrétisée. Au contraire, le rouble s’est renforcé par rapport au dollar et à l’euro et l’économie russe se porte mieux que la plupart des économies occidentales, où l’inflation atteint des sommets. Au moins, les médias font passer la hausse des prix pour la « faute de Poutine ».

Cependant, l’impact dévastateur de ces sanctions sur le sud du monde a souvent été négligé. Les crises alimentaire, énergétique et économique sont exacerbées par le fait que la Réserve fédérale américaine a augmenté les taux d’intérêt.

Cela affecte la capacité de service de la dette des pays du Sud et les place au bord de la faillite et à la merci de la Banque mondiale et du Fonds monétaire international dominés par l’Occident. Le Sri Lanka est un exemple édifiant de cette tendance.

Bien que les sanctions aient un impact économique très négatif sur les pays occidentaux eux-mêmes, elles s’inscrivent parfaitement dans l’objectif stratégique qui consiste à utiliser les crises actuelles pour tenter d’amener le plus grand nombre possible de pays de l’hémisphère sud sous l’influence occidentale.

La stratégie occidentale a également cherché à creuser un fossé entre les grandes puissances eurasiennes. La stratégie chinoise de l’ère Nixon ne fonctionne peut-être pas aujourd’hui, mais le conflit en Ukraine et la politique de sanctions ont tenté de faire de la Russie un État paria.

Ainsi, dans la nouvelle guerre froide, avec la chute du rideau de fer, le monde est à nouveau divisé en deux : un bloc occidental dirigé par les États-Unis et une « Barbarie » – en d’autres termes, l’Eurasie – désignée comme telle par Brzezinski, avec les « BRICS »,  le Brésil, la Russie, l’Iran et la Chine, en son centre.

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« L’Occident poursuit toujours la voie du néolibéralisme », doit-on conclure. Avec la diminution de sa population et de ses ressources sous son contrôle, il deviendra nettement plus pauvre qu’aujourd’hui, ce qui nécessitera la création d’États policiers pour garder les citoyens mécontents sous contrôle. Le gel des activités dû aux confinements et les autres mesures coercitives prises ces dernières années offrent un aperçu de l’avenir des « démocraties ».

Les pays du Sud, subordonnés à l’Occident, continueront à s’appauvrir, ce qui nécessitera l’instauration de régimes dictatoriaux fidèles à l’Occident. Au fur et à mesure que les conditions socio-économiques se détériorent, on peut s’attendre à davantage d’instabilité et de troubles politiques.

Dans une tempête parfaite de crises alimentaires, énergétiques, d’inflation et de gestion de la dette, de nombreux pays du Sud seront vulnérables et pourraient être contraints de rejoindre le monde occidental. Cela est facilité par le fait que leurs élites économiques et politiques sont déjà mariées au système financier occidental.

Toutefois, si l’Occident est incapable d’apporter des solutions efficaces aux crises qu’il a créées, cet échec, combiné à un passé colonial, rendra l’intégration eurasienne encore plus attrayante pour d’autres pays. La question de savoir si la Russie et la Chine sont en mesure d’apporter un soutien suffisant aux pays du Sud en cette période de turbulences jouera également un rôle.

Lama souligne que la Russie a déjà proposé d’aider l’Afghanistan et les pays africains en leur fournissant de la nourriture et que l’Iran a fourni de l’essence au Venezuela pendant sa crise du carburant. La Chine, pour sa part, a développé des infrastructures dans le Sud global grâce à son projet « Belt and Road ».

Comme l’a déjà laissé entendre l’économiste russe et ministre de l’intégration de l’Union économique eurasienne Sergei Glazyev en décrivant le réseau financier mondial alternatif émergent : « Les pays du Sud peuvent être des participants à part entière du nouveau système, indépendamment de leurs dettes en dollars, euros, livres et yens. Même s’ils ne respectent pas leurs obligations dans ces monnaies, cela n’aurait aucun impact sur leur cote de crédit dans le nouveau système financier ».

La question que pose la récession est donc la suivante : combien de pays du Sud peuvent-ils raisonnablement s’attendre à ce que l’Occident s’accroche si l’alliance eurasienne offre un nouveau départ avec une ardoise propre et sans dette, plutôt que les politiques d’exploitation de l’Occident ?

Ce sera également une période politiquement turbulente en Irak et au Liban. Étant donné que l’Occident est incapable de proposer des solutions durables et que les partis de résistance locaux ont de l’influence dans ces pays, l’Irak et le Liban pourraient finalement rejoindre l’Eurasie « barbare », tout comme le gouvernement rebelle du Yémen.

Les communautés des sables bitumineux du Golfe sont des créations occidentales et appartiennent donc à l’Occident par défaut. Les événements des deux dernières décennies peuvent encore changer cet état d’esprit. Les échecs occidentaux en Afghanistan, en Irak, en Syrie et au Yémen ont convaincu les communautés arabes que l’Occident a perdu son avantage militaire et ne peut plus offrir de protection à long terme.

En outre, contrairement à l’Occident, la Russie et la Chine ne se sont pas directement immiscées dans les affaires intérieures des pays, ce qui est un facteur important pour les communautés de cheikhs. Les récentes tensions diplomatiques avec l’Occident sont illustrées par le rejet sans précédent par les dirigeants saoudiens et émiratis des exigences de l’administration américaine en matière de production pétrolière.

L’ère dirigée par l’Occident touche à sa fin, bien que les médias grand public, ici et dans d’autres pays de la zone euro, tentent toujours de brosser un tableau différent. Bien sûr, la fin d’une telle ère ne sera pas pacifique ; les guerres des trois dernières décennies en sont la preuve. Les turbulences ne feront donc qu’augmenter.

source : Markku Siira

via Euro-Synergies

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04 juillet 2022

EUROPE OCCIDENTALE DE LA ZONE EURO DES 19 PAYS EUROPEENES : INFLATION A 22% ET CE N'EST QU'UN DEBUT ...

Mes chères impertinentes, chers impertinents,

Non Charles vous racontez n’importe quoi, l’inflation n’est pas à 22% en zone euro!

Et bien vous savez, affirmation ne vaut pas argumentation.

Alors bien évidemment quand on annonce une inflation à 22% en zone euro il faut justifier dans un monde normal son affirmation. Je dis dans un monde normal parce que dans notre monde actuel certains peuvent affirmer les pires âneries sans que personne dans la presse et les média ne s’en émeuve!

Mais passons.

Vous vous souvenez de cette vidéo dans Ecorama (je la remets ci-dessous pour le plaisir). Nous étions il y a un an et j’expliquais qu’avoir une inflation entre 5 et 10% n’était pas farfelu, loin de là et que cela devenait une hypothèse de travail très très sérieuse. Je passe les ricanements.

 

 

Je vous propose aujourd’hui d’évoquer la piste d’une inflation à 22%.

Ce chiffre ne doit rien au hasard.

Dans cette édition vous avez un article consacré aux derniers propos du ministre allemand de l’économie (et du climat) qui indique qu’il va falloir déroger aux contrats et autre prix garantis et facturer plus cher aux consommateurs allemands leur énergie.

Gardez cela dans la tête pour le reste du raisonnement.

Convoquons RFI à la barre comme témoin.

Oui Radio France International. C’est du sérieux! Source RFI ici.

 

 

Union européenne: nouveau record d’inflation dans la zone euro

 

« Nouveau record d’inflation en Europe : le taux d’inflation dans les 19 pays partageant l’euro comme monnaie unique s’établit à 8,6% sur un an, en juin, après 7,4% en avril et 8,1% en mai, a annoncé Eurostat. Cela touche en premier lieu le secteur de l’énergie mais aussi les prix alimentaires.

 

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Historiquement, les denrées alimentaires n’ont jamais été aussi chères en Europe, la guerre fait flamber les prix des céréales et des huiles utilisées dans les produits transformés. La hausse des prix à la consommation atteint chaque mois des niveaux record depuis novembre 2021, alors même que cette hausse était considérée l’an dernier comme un phénomène temporaire. Mais l’invasion de l’Ukraine par la Russie a changé la donne.

 

La France relativement moins touchée
La hausse des prix touche en premier lieu le secteur de l’énergie (électricité, pétrole, et gaz). Les prix bondissent de 41,9% sur un an en juin 2022. Une situation qui pourrait encore empirer si Moscou décide de couper complètement le robinet du gaz vers l’Europe pour riposter aux sanctions occidentales.

La France est relativement moins touchée que ses voisins européens, avec 6,5% d’inflation sur un an en juin, soit le deuxième taux le plus faible de la zone euro derrière Malte (6,1%). Les pays les plus touchés sont les États baltes : 22% de hausse de l’inflation en Estonie sur un an en juin, 20,5% en Lituanie et 19% en Lettonie. Ce sont là des pays frontaliers de la Russie, particulièrement exposés à la rupture des liens commerciaux avec Moscou ».

Oui vous avez bien lu.

L’inflation en France est sans intérêt d’un point de vue analytique.

Ce qui est pertinent c’est de regarder ce qu’il se passe dans les pays européens de la zone euro ou l’inflation est la plus forte.

En Estonie l’inflation est de 22%.

Mes amis il y a deux choses fondamentales dont personne, je dis bien personne ne vous parle dans cette information.

  1. L’Estonie est un pays de la zone euro! Hohé… de la zone euro! Donc l’euro n’est d’aucune utilité contre l’inflation…
  2. Pourquoi l’inflation est de 22% en Estonie et pas (encore) chez nous?

RFI vous donne la réponse: « Ce sont là des pays frontaliers de la Russie, particulièrement exposés à la rupture des liens commerciaux avec Moscou »

Alors, à votre avis que va-t-il se passer quand il y aura un embargo sur tout ce qui est russe? L’inflation va monter.

Que va-t-il se passer quand l’Allemagne va facturer son énergie au vrai prix aux gens? L’inflation va monter.

Que va-t-il se passer à votre avis quand l’Otan va aller titiller l’Empire du Milieu ce que l’on vient de commencer à faire et vous avez un article toujours dans cette édition consacré à ce sujet? L’inflation va monter.

L’inflation en Estonie nous montre qu’une inflation à 22% en zone euro est possible.

Ce n’est pas une information mineure et elle devrait faire la « une » du JT, mais il n’y a plus de JT.

L’inflation en Estonie nous montre également ce qui va nous arriver au fur-et-à-mesure ou nous amplifions nos guerres hybrides, nos sanctions et notre guerre économique avec la Chine et la Russie.

L’inflation à 22% est notre avenir… Parce qu’elle est la conséquence des pénuries, des problèmes d’approvisionnements et de la démondialisation.

Il est déjà trop tard, mais tout n’est pas perdu.

Préparez-vous !

Charles SANNAT

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03 juillet 2022

GEOPOLITIQUE GEOPOLITIQUE GEOPOLTIQUE

GRANDE REUNION PUBLIQUE AU CHÂTEAU DE CREMAT POUR FÊTER LA VICTOIRE DES DEUX DEPUTES LR ELUS DANS LES ALPES-MATIMES ERIC CIOTTI ET CHRISTELLE DINTORNI LE 1ER JUILLET 2022 A 19HEURES 

 

Les nouveaux députés LR élus aux législatives dans les Alpes-Maritimes en juin 2022 Eric CIOTTI et Christelle DINTORNI organisaient le vendredi soir 1er juillet un apéritif au Château de Crémat pour fêter leur victoire aux élections législatives. 

Tous deux à tour de rôle devant un parterre d'amis de plus de 1500 personnes venus les écouter sur leur invitation au Château des vignobles de Crémat sur les hauteurs des collines de Nice ont fait un discours sur la posture qu'ils comptent adopter durant les cinq prochaines années à l'Assemblée nationale ainsi que sur l'avenir de Nice et des Alpes-Maritimes.

Notre Média y était présent à cette soirée avec une couverture photos complète sur cette grande manifestation organisée en l'honneur de nos deux nouveaux députés.

 

PHOTOS PRESSE RENE DALMASSO - AGENCY PRESS INTERNATIONAL DIACONESCO.TV - C.COPYRIGHT - 1 ER JUILLET 2022 - NICE -

 

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27 juin 2022

Conséquences géopolitiques dans cette guerre UKRAINE-RUSSIE avec l'association R FRANCE - RUSSIE CONVERGENCES ...

Les Marseillais contre la russophobie

 

et la désinformation dans cette guerre

 

UKRAINE-RUSSIE 

 

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LA REUNION DES DIRIGEANTS DU G7 A VIENNE EN AUTRICHE QUI PRENNENT ENCORE PLUS DE MESURES D'AIDE EN FAVEUR DE L'UKRAINE AVEC DE NOUVELLES SANCTIONS ECONOMIQUES ET MILITAIRES CONTRE LA FEDERATION DE RUSSIE DE POUTINE !

 

26 juin 2022 | Aucun commentaire

Ce samedi 25 juin 2022 une bonne centaine de Marseillais ont bravé la Police de la Pensée pour affirmer leur refus de la russophobie et de la désinformation à l’appel de l’association France-Russie-convergences

Paisibles mais déterminés, les manifestants ont exprimé leur rejet des guerres de l’OTAN qui s’inscrivent dans la mise en place d’une domination globale des États-Unis et de l’éradication des peuples et des nations historiques au profit d’un agrégat malléable uniformisé d’individus décérébrés et incultes.

C’est dans ce contexte qu’il convient d’analyser l’intervention de la Russie dans le Donbass. L’Ukraine, complètement inféodée à la CIA et à l’OTAN, a manifestement bafoué les accords de Minsk de 2014 et s’est lancée dans une guerre civile qui a fait 15 000 morts afin de briser la culture et l’Histoire russes du Donbass, puis d’intégrer la sphère occidentale de l’Europe de Bruxelles et de l’OTAN.

France – Russie Convergences avait annoncé des interventions en duplex avec projection sur écran géant de :
• Christelle Néant, correspondante de guerre et fondatrice du média de réinformation Donbass Insider, et
• Erwan Castel, militaire engagé auprès de la République Populaire de Donetsk et rédacteur du site internet Alawata.
La mise en œuvre technique fut parfaite en tout point et les manifestants marseillais furent ravis de pouvoir ainsi dialoguer avec ces deux personnalités très impliquées dans la réinformation et la libération du Donbass.

 

Écoutons les organisateurs nous présenter leur démarche :

Avec l’aimable contribution de Culture Populaire.

À noter que cet événement marseillais a été repris par l’agence russe Tass :

PARIS, le 26 juin. /TASS/. Une manifestation de soutien à la Russie, ainsi qu’aux républiques populaires de Donetsk et Louhansk, s’est tenue samedi à Marseille. Une centaine de personnes y ont pris part. 

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