Sur l'extension de l'aéroport de Nice :

Enquête en Mairie de Nice

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Texte de Norbert CALDERARO 

Président de Tribunal Administratif Honoraire

Beaucoup vont estimer ma présente intervention comme inappropriée et intempestive.

J’affirme toutefois que, retraité depuis plus de six ans, je ne suis plus tenu à aucune obligation de réserve, que je ne connais personnellement ni la présidente actuelle du tribunal administratif de Nice, ni le préfet des Alpes-Maritimes en poste aujourd’hui, ni bien sûr vous-même, Madame la commissaire-enquêtrice, et que j’ai le droit, et même le devoir comme citoyen et comme habitant de Nice depuis plus de 38 ans de donner mon point de vue sur le projet d’extension de l’aéroport de Nice soumis à enquête publique.

Ceci dit, je n’ignore pas que, dans l’agglomération niçoise, le tourisme est la première activité économique source d’emplois et de revenus, au détriment d’ailleurs d’autres activités comme par exemple l’agriculture, totalement éliminée de la plaine limoneuse pourtant si fertile du fleuve Var ( Je me souviens à cet égard, il y a plus de trente ans, des observations d’un précédent commissaire-enquêteur qui déplorait, lors d’une enquête publique portant sur la révision du plan d’occupation des sols de la ville de Nice, la disparition programmée, et aujourd’hui hélas effective, d’une activité essentielle à proximité d’une grande agglomération ).

Mais il ne s’agit pas ici de supprimer le tourisme à Nice, ni même de le réduire, mais d’empêcher que le projet en cause ne porte atteinte à un intérêt public bien plus majeur qui concerne non seulement les habitants et les visiteurs de la métropole azuréenne, mais aussi tous les français, tous les européens et tous les habitants de notre biosphère, la planète Terre, à ce jour et sans doute pour bien longtemps encore, seul milieu de vie possible pour l’humanité. Je veux parler bien évidemment du réchauffement et du dérèglement climatiques qui s’accélèrent du fait des activités humaines. 

Or qui peut prétendre sérieusement que le projet en cause, qui vise ouvertement à accueillir 4 millions de passagers en plus ne va pas générer la circulation d’avions supplémentaires (sans même évoquer l’accroissement de la circulation routière) , génératrice à basse altitude d’une production de CO2, génératrice elle-même de réchauffement climatique local et de pollutions supplémentaires nuisibles pour la santé humaine ? Et qui peut prétendre aussi sérieusement que cet accroissement exponentiel du transport aérien n’est pas sans incidence sur les climats de notre biosphère, et que l’incidence de cet accroissement généré par le projet en cause ne va pas concerner nos voisins monégasques et italiens et la mer Méditerranée elle-même ? 

A cet égard, je remarque, sans évoquer encore le problème des pollutions nuisibles pour la santé, l’absence véritable d’une étude locale sur le réchauffement climatique dans notre région, alors que la topographie particulière de l’agglomération niçoise, coincée entre mer et montagne, permet une stagnation des émanations de CO2 et autres gaz à effets de serre, que la nappe de cette pollution sur Nice est visible à l’œil nu lorsqu’on descend de la grande corniche sur la capitale de la Côte d’Azur et que nous sortons à peine d’une longue période estivale caniculaire marquée, particularité niçoise spécifique, par de longues semaines de température nocturne minimale très élevée supérieure à 25° et même souvent à 28° et par une fin octobre marquée encore par des températures diurnes allant jusqu’à 26° . 

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Je rappelle que, depuis déjà les années 1970, la préservation de l’environnement constitue un intérêt public majeur à prendre en considération dans le bilan coûts-avantages à établir par les pouvoirs publics pour apprécier l’utilité publique d’un projet. Depuis déjà 1977, le Conseil d’Etat estime qu’une atteinte excessive à l’environnement peut faire perdre à une opération son caractère d’intérêt public nonobstant l’intérêt public économique et social qui pourrait être attaché à la réalisation de l’aménagement en cause (CE 9 novembre 1977 Weber, AJDA 1978, p. 340 ) (CE 26 mars 1980 Beau de Loménie, Rec. p. 171) ( De Bernis 3 février 1982, Rec.T. p. 641 ).

Bien plus, il existe en droit français aujourd’hui un principe de précaution selon lequel l’absence de certitudes, compte tenu des circonstances scientifiques et techniques du moment, ne doit pas retarder l’adoption de mesures effectives proportionnées visant à prévenir un risque de dommages graves et irréversibles à l’environnement à un coût économiquement raisonnable. Ce principe de précaution, qui relève en effet en France du droit positif depuis la loi Barnier du 2 février 1995 et qui est aujourd’hui de valeur constitutionnelle depuis la Charte de l’environnement intégrée dans la loi constitutionnelle du 1er mars 2005 s’impose depuis l’arrêt d’Assemblée du Conseil d’Etat Association coordination interrégionale stop THT du 12 avril 2013.

Cet arrêt est clair : une opération qui méconnaît le principe de précaution ne peut être légalement décidée par les pouvoirs publics. 

Le principe de précaution ne peut permettre de qualifier d’utilité publique à mon sens, pour les raisons de fait et de droit sus –exposées, l’opération d’extension de l’aéroport envisagée.

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A tout le moins, si les pouvoirs publics devaient estimer son importance économique et sociale capitale à court et moyen terme (Mais ne devons-nous pas d’abord raisonner pour des projets de ce genre à long terme et au bénéfice des générations futures ?), je demande, avant toute décision, que le débat soit approfondi par les pouvoirs publics dans le cadre d’une commission particulière du débat public pour permettre notamment une analyse objective, contradictoire et citoyenne du projet et que celle-ci promeuve des études impartiales complémentaires, notamment climatiques.

En suivant le précédent du projet d’extension du port Lympia actuel de Nice, abandonné à la suite du débat organisé par une commission particulière du débat public, laquelle avait diligenté une étude impartiale établissant les atteintes du projet à un herbier de posidonies, milieu marin indispensable pour la vie marine et la capture du CO2. 

Je vous prie d’agréer, Madame, l’assurance de toute ma considération, »

Norbert CALDERARO 

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Texte de Christian Razeau

Vous savez peut-être que j’ai exercé durant 10 ans la fonction de Commissaire enquêteur et le reproche le plus important que, nous mêmes, nous faisions aux enquêtes publiques étaient d’être programmées au moment ou le projet était monté de toutes pièces et non au moment ou le projet commençait à germer dans la tête des "responsables".
Je vois que rien n’a changé.

Il faut faire très attention, dans le cadre d’une Enquête publique locale (départementale), car le Commissaire issu du même département 06 a donc toujours des réticences à refuser un projet qui a été validé par un Conseil municipal, qu’il connaît au moins partiellement ou par une Collectivités territoriale de son département,  et pour lequel des sommes importantes ont déjà été engagées.

Quelques Commissaires ont quand même su combattre cette incohérence ou ce dysfonctionnement et ont su résister à cette pression :
- l’on se souvient encore de "l’Avis défavorable" donné par un de mes ex confrères C.E.en 2004  pour ce qui devait être la nouvelle prison de Nice, dans la plaine du Var.
- l’on se souvient aussi que, lorsque nous avions lutté contre la ville de Nice, contre la CCI locale, contre la DDE toutes trois  favorables à l’extension du port de Nice, (avec double digue, agrandissement des quais etc. etc.  pour y recevoir aussi  des porte-conteneurs) nous avions finalement pu sortir d’une Enquête publique locale (départementale) pour passer à une Enquête publique faite par la CNDP (nationale) et nous avions finalement réussi à convaincre le Ministre Cochet en 2002 de donner un "avis défavorable" à cette extension qui a donc été abandonnée.  Voir

 https://www.debatpublic.fr/son-role

Dans notre cas précis je vois 2 difficultés à surmonter pour empêcher ce projet d’aboutir : 
- le principe du tronçonnage ou saucissonnage financier des travaux : Pour pouvoir rester dans le cadre d’une enquête "départementale", le bénéficiaire des travaux ne déclare que la première tranche des travaux du projet et ceci lui permet de reste dans un coût lui évitant une Enquête publique "nationale" par la CNDP.
- le conflit d’intérêt toujours possible entre la fonction de Commissaire Enquêteur, qui doit être faite par un homme ou une femme "de bon sens", et le métier que celui-ci exerce ou son ex-métier (s’il est à la retraite).
                Dans le cas de cette extension de l’aéroport, la C.E. exerce en tant qu’ ’"Architecte urbaniste ». 

                N’a-t-elle pas donc été plutôt programmée, par ses études, à laisser passer un tel projet plutôt que de le refuser ?

En notre faveur et ce que nous pouvons aisément constater et ou dénoncer :
- Le Commissaire peut cependant toujours donner un avis défavorable, si nous sommes suffisamment convainquant. Le Préfet aussi bien sûr
- Les couloirs aériens longent soit la ville de Nice soit la ville d’Antibes et le Cap Ferrat. Les Comités de quartiers, arrosés par les particules et les divers gaz résultant de la combustion, peuvent ne pas en être d’accord, d’autant qu’il faut s’attendre à terme à une augmentation importante du trafic.

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- Nice, ville avec de nombreuses manifestations sportives, qui devrait nécessiter une parfaite qualité de l’air,  n’est pas compatible avec une activité aérienne, routière et autoroutière   importante mais non pertinente.  Par contre améliorer les liaisons ferroviaires Nice-Barcelone, Nice-Paris, Nice-Milan, Nice-Rome, devient d’actualité.
- La présence, le maintien, l'amélioration de la zone Natural 2000 dans l’embouchure du Var devient de plus en plus difficile voire impossible.
- La consommation d’eau, de ces nouvelles installations aéroportuaires, déjà fortement impactée par l’urbanisation et la commercialisation de la plaine du Var, risquerait d’entraîner des déboires. Je m’explique. Les nouveaux pompages, dans ce qui resterait de la nappe phréatique fluviale en période estivale, après que toutes les grandes surfaces commerciales, en amont, se soient servies, risqueraient d’avoir peu de débit pour alimenter les nouveaux robinets à créer.
- La saisine de la CNDP  (enquête nationale) semble être obligatoire, si le projet dépasse 300 Millions d’€ (donc à faire constater par le C.E. et le Ministre dont dépend ces enquêtes).

- Entre l’extension du port de Nice et l’extension de l’aéroport de Nice les enjeux étaient et demeurent les mêmes : économie à court terme ou santé et survie à moyen et long terme de l’espèce humaine. 

https://www.debatpublic.fr/comment-saisir-cndp

- Le rapport économique pour quelques-uns contre l’intérêt public pour les autres doit pouvoir être démontré.

J’espère vous avoir proposé de nouvelles pistes de réflexion.

L'on peut, en se regroupant avec des associations de quartiers et avec l’aide d’associations comme Greenpeace, WWF, FNE, LPO, EELV, en appeler à la Commission Nationale de Débat Public, CNDP, qui a les moyens de donner une information complète et sincère à nos concitoyens.

Et si l’on peut argumenter en lui démontrant que les lois sur l’air sont bafouées, ce projet, polluant pour la Côte d’Azur et sans intérêt général, devrait être refusé.

Christian RAZEAU

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Enquête publique concernant l’extension de l’aéroport de Nice.

Nice le 25 Novembre 2019

Observations de Christian Razeau, ancien membre de la Compagnie des Commissaires Enquêteurs des Alpes Maritimes, sur le projet d’extension de l’aéroport de Nice-Côte d’Azur, riverain de la mer Méditerranée, de l’estuaire du fleuve Var et d’un site Natura 2000. 

 

Madame la Commissaire enquêteur,

Le coût exacte de cette opération ne me semble pas donnée par le Maître d’ouvrage ;

Pourtant il est déterminant pour savoir si le projet est du ressort d’une Enquête publique ou de la Commission Nationale de Débat Public :  « CNDP ».

Vendredi 8 Novembre 2019, je vous interrogeais sur le coût approximatif du m2.

Vous estimiez les 25 211m2 à bâtir autour de 10 000 € /m2 soit un coût autour de 

252 Millions d’euros, sans parler des travaux annexes ou connexes..

J’ai lu quelque part que la saisine de la CNDP était obligatoire lorsque ces travaux exécutés sur le territoire de « la loi littoral » dépassaient les 150 Millions d’euros et que cette saisine était obligatoire lorsque les travaux dépassaient les 300 Millions en zone hors « loi littoral ».

Selon votre estimation, ce projet aurait donc dû être traité par la CNDP puisque figurant sur le territoire de la loi littoral.

Pourquoi ne l’a t-il pas été ?

Je vous remercie d’insister, Madame,  pour connaître le coût réel de l’ensemble des bâtiments et ouvrages annexes et connexes à créer, ainsi que les reprises d’ouvrages nécessaires à la bonne marche du projet, car le Maitre d’ouvrage ne me semble pas les avoir intégrés dans son coût tels  :

1° La suppression-démolition des installations de l’actuel parking (sur lequel s’implanteraient les bâtiments ou ouvrages aéroportuaires).

2° Les raccordements des fluides, qui sont sous le goudron de ces parkings, qu’il faudrait déplacer et replacer.

3° L’aménagement et la reconstruction en surface, des nouveaux parkings qui seraient à créer.

4° Les très importants réservoirs supplémentaires qui sont prévus pour accueillir les 5200 m3 de kérosène ( 5,2 millions de litres ) à 100 m des voies de circulation ( 26 ou 40 Millions d’€uros ou plus encore ? ). Les systèmes de protection incendie qui doivent les accompagner,  ainsi que les distances de sécurité à dégager et à respecter.

 Voir les 2 sites joints :

a) https://www.lantenne.com/L-aeroport-Nice-Cote-d-Azur-prepare-de-grands-chantiers_a44942.html

   « Cet automne a été lancée la consultation des premiers appels d’offres concernant l’extension du Terminal 2.

Le projet de l’architecte Stéphane Aurel prévoit une longue jetée de 19.000 m², sur deux niveaux (= 38 000 m2)  avec six postes pour avions dont deux gros porteurs (jetée qui se raccroche au Terminal 2 sur son côté Ouest).

   Le chantier débutera en 2019 pour une livraison entre 2021 et 2022 et un investissement estimé à 40 millions d'euros.

   L’aéroport portera ainsi sa capacité de traitement à 18 millions de passagers par an ».

b) https://tribuca.net/actualites_38570859-comment-l-aeroport-de-nice-optimise-son-autonomie                                                                                                                                             

 «  Une étude, lancée en 2015, a conclu en l’aménagement de nouvelles installations sur la zone actuelle du dépôt avec l’implantation de 3 cuves de 1.300 m3 (de kérosène) avec possibilité de rajout d’une 4eme cuve, 6 postes de chargement pour les camions citernes, plus une extension sur l’actuel parking P4  ( pour  26 Millions € ), plus le  déchargement de camions en provenance du dépôt de Puget-sur-Argens…

   Un système de canalisation assurera la liaison entre la zone de l’ex P4 et la zone de stockage séparée par la ligne 2 du tramway.

    Le coût d’aménagement est pris en charge par la société aéroportuaire et l’exploitation sera confiée en délégation de service de 10 ans renouvelables à une compagnie pétrolière choisie après appel d’offres.  

   Un chantier complexe qui s’étalera sur 57 mois pour permettre la continuité d’exploitation du dépôt actuel durant la phase des travaux qui débutera en novembre 2019.

   Il faudra également démolir des logements de fonction sur le site qui seront relocalisés dans la zone Nord de l’Aéroport dans l’opération immobilière validée il y a un an (projet Airport Promenade) dont le chantier démarre dans quelques semaines ».

 5° Les logements  de fonction, dont il est question,  qui seraient donc à  démolir et à reconstruire  ( coût encore absent ).

6° Les travaux de pistes ou des nouvelles dessertes et du renforcement des dessertes existantes pour avions gros porteurs ainsi que les nouvelles dessertes voitures ou bus à créer ( coût également absent ).

Surprenant et indépendamment du coût, je ne vois pas dans ce dossier l’avis de la Commission Départementale compétente en matière de nature et de paysage : Code de l’environnement Article R341-16.

L’Avis de la Mission Régionale d’Autorité Environnementale de Provence-Alpes-Côte d’Azur est présente dans ce dossier et juge à juste raison que l’étude d’impact très insuffisante.

De nombreuses autres interrogations demeurent :

I)   Les eaux potables : la nappe phréatique qui serait utilisée,  en période d’écoulement normale du fleuve ou en période de sécheresse , n’aurait bien sûr pas le même débit.

      Dans l'étude d’impact il est bien dit : « La ressource en eau est fragile » .

      Et pourtant la problématique de cette ressource n’est qu’à peine abordée.

      Et pourtant si le projet était accepté 18 Millions de personnes en seraient utilisatrices.

  II) De même  n’est pas abordé le problème du tri  de l’élimination-évacuation des déchets et des déchets dangereux. 

 III) De même n’est pas abordé le traitement et le surplus du rejet des eaux usées (+ 25% ) ?

 IV) De même il est à peine effleuré le problème de l’énergie.

   Pour cuire , chauffer, refroidir, ventiler (dans cette mitoyenneté avec la zone Natura 2000), déplacer ascenseurs et tapis roulants voyageurs ou tapis roulants pour bagages, on nous dit qu’elle serait de source «durable» sans plus d’explication. Cela n’est pas sérieux.

 V) De même n’est pas abordé les moyens d’action contre le bruit. Pourquoi ?

Il existe pourtant des normes de certification acoustiques qui auraient pu judicieusement être demandées pour les nouveaux avions qui seraient à accueillir.

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 VI) De même, 4 millions de passagers de plus par an (2 Millions à l’atterrissage  et 2 Millions au décollage  ( et non pas 4 millions de plus à l’atterrissage et 4 millions de plus au décollage : à faire confirmer par le Maître d’ouvrage) cela signifie globalement avec 200 passagers par avion,  un nombre de 20 000 avions / an,  soit 55 avions par jour qui atterriraient ou décolleraient en plus.

  VII) Il faudrait donc trouver, à raison de 2 minutes d’intervalle entre chaque décollage ou atterrissage d’appareils, une plage horaire supplémentaire de 2h par jour… !

Où cela figure-t-il ?

            Sans oublier les déjà existantes 24 rotations aller-retour d’hélicoptères par jour pour la ligne Nice-Monaco-Nice 

 VIII)  Pollution :

Voilà un sujet majeur qui n’est pas abordé non plus de façon sérieuse : l’augmentation-incontournable des Gaz à Effet de Serre  et des particules fines résidus de la combustion du kérosène . 

Chacun connait la configuration géographique de la Côte d’Azur, en forme d’amphithéâtre,  entre mer et montagnes, propice à la stagnation des polluants aériens.

Comment limiter et combattre l’inhalation de ces résidus carbonés (perturbateurs endocriniens) cancérigènes, initiateurs de maladies cardio-vasculaires et pulmonaires, mais pas seulement puisqu’ils ne sont pas stockés uniquement dans les poumons mais vont se loger, à l’aide de la circulation sanguine, dans l’ensemble des cellules de nos corps ?

Comment protéger les passagers, les accompagnateurs occasionnels, les utilisateurs réguliers : chauffeurs de taxis ou de bus, les riverains proches et éloignés de l’aéroport et l’ensemble du personnel travaillant journellement sur la zone aéroportuaire : 570 emplois ?

https://societe.nice.aeroport.fr/Le-groupe/RESSOURCES-HUMAINES/Temoignages

 Ce sujet est scandaleusement minimisée et évacué par le label « Aéroport neutre en carbone » qui trompe honteusement et en permanence les utilisateurs de cet aéroport, les Elus de tout le département et les habitants de la Côte d’Azur.

   Pourquoi ?

 Parce que nous savons maintenant que la pollution très importante, émise par les avions dans la bande comprise entre 0 et 900 mètres de hauteur ni même dans la bande comprise entre 0 et 300 mètres,  n’est pas prise en compte pour l’obtention de ce label.

La pollution en l’air, en phase d’atterrissage de même qu’en phase de décollage, devient pour ce label inexistante !

 Seule la pollution émise par les avions au sol, au roulage et à l’arrêt des appareils en attente devant les postes d’embarquement ou en bout de piste, est prise en compte !

    De plus, 4 Millions de passagers, (à raison de 2 passagers par voiture pour les accompagner à l’aéroport ou pour en partir), représenteraient 1,5 million de voitures particulières et 500 000 taxis en plus sur le site de l’aéroport  par an.

Donc 25% de pollution en plus dûe à la circulation routière.

Le même pourcentage s’appliquant pour les avions.

Voir les sites :

a) https://www.lexpress.fr/actualite/societe/environnement/nice-championne-de-l-air-vicie_1999236.html

b) https://france3-regions.francetvinfo.fr/provence-alpes-cote-d-azur/alpes-maritimes/pollution-air-ozone-atteint-niveau-record-alpes-maritimes-1693550.html

https://www.stac.aviation-civile.gouv.fr/fr/environnement/aviation-pollution-atmospherique

c) https://www.ecologique-solidaire.gouv.fr/pollution-lair-origines-situation-et-impacts 

Et cette pollution est également scandaleusement minimisée et masquée par le système de « compensation » autrement dit par le système de « Droit à polluer ».

Qu’est-ce que ce système ?

Je me permet de le rappeler à mes concitoyens .

En participant à des améliorations dites écologiques en Afrique : au Rwanda, au Togo ou au Cameroun, la société aéroportuaires de Nice a le droit de « compenser » toute la pollution qu’elle produit sur Nice.

C’est-à-dire que bénéficiant d’un crédit à polluer qu’elle prend en Afrique elle a le droit d’effacer, d’un coup de baguette magique,  le surplus de pollution qu’elle fait sur Nice et la Côte d’Azur…… Voir le site :

https://societe.nice.aeroport.fr/Le-groupe/DEVELOPPEMENT-DURABLE/Les-Aeroports-de-la-Cote-d-Azur-Carbone-Neutres

 

Le Pré-contentieux relatif aux particules fines :

La France est également visée par un pré-contentieux relatif aux particules fines,après une mise en demeure en février 2013, elle a reçu un avis motivé de la Commission européenne en avril 2015 pour 10 zones : Douai-Béthune-Valenciennes, Grenoble, Lyon, Marseille, la Martinique, Nice, Paris, Toulon, la zone urbaine régionale Provence-Alpes-Côte d’Azur et la zone urbaine régionale de Rhône-Alpes.

 

Pour rappel,

             La pollution, indépendamment des problèmes de santé pour la population proche a également pour conséquences le Dérèglement climatique,  la Montée des eaux et l’Erosion de la plateforme portuaire.

Si les personnes âgées habituées à leur confort, si les adultes employées à développer leurs entreprises se sentent moins concernées par le dérèglement climatique, il n’en va pas de même des plus jeunes qui verront l’intégralité de leurs vies impactées par cette pollution. 

L’exemple de la jeune Greta Thunberg,  quoique très critiquée dans la presse, et celui de milliers d’autres jeunes du monde entier, sont significatifs.

Eux manifestent et se désolidarisent de nos excès de consommations en tous genres, qui engendrent de tels dérèglements.

Voir le site : https://www.lejdd.fr/Societe/manifestation-pro-climat-six-choses-a-savoir-sur-la-suedoise-greta-thunberg-3862493

  IX) Sur la mitoyenneté avec  la Zone Natura 2000 située à l’estuaire du fleuve Var :

La proximité de la zone Natura 2000 et ses conséquences, sur la vie des oiseaux migrateurs voyageant à travers l’Europe ainsi que sur les animaux demeurant sur place,  n’est pas prise en compte dans cette demande.

La protection, le calme, la quiétude des nombreuses espèces animales dont chiroptères, insectes et petits reptiles pour leur reproduction, les cercles d’atterrissages des oiseaux qui seraient considérablement réduits par cette extension et cette nouvelle mitoyenneté, sont exclus de cette demande et ne pèsent pas dans l’esprit et la balance des demandeurs.

Cette extension de l’aéroport, à cet endroit, au Sud-Ouest de l’aéroport existant, et du coté mer, prouve bien que les propriétaires de cet aéroport ont préféré masquer leurs surplus de pollution en demandant à s’étendre du côté de la zone Natura 2000, de l’estuaire et de la mer,  plutôt que du côté Nord : continuité de la Promenade des Anglais et des riverains.

https://www.natura2000.fr/natura-2000/qu-est-ce-que-natura-2000

 

Aussi, Madame la Commissaire Enquêteur,

Face à une étude d’impact que je trouve particulièrement insignifiante, démontrant par la même le peu d’intérêt que les propriétaires accordent à notre environnement et au site mitoyen de Natura 2000 , le Préfet de Région à raison de refuser cette demande et de vouloir qu’elle corresponde à l’art R122-3 du code de l’environnement.

Face à cet empressement de faire du « développement économique », modèle des années 1970, nous devons opposer l’actuelle et nouvelle pression de la « sauvegarde de l’humanité », de la « sauvegarde du vivant » pour lutter contre l’anthropocène et la 6eme extinction.

Face au profit à court terme, nous devons opposer les bénéfices du long terme.

Face à la motorisation carbonée, nous devons opposer la nécessité de la décarbonisation.

Face à l’acceptation ou l’utilisation complice des sous-produits de  l’industrie pétrochimique, nous devons promouvoir les motorisations utilisant les énergies renouvelables.

        Il ne servirait à rien que tout le monde fasse les efforts nécessaires avec les voitures, les bus, l’isolement des bâtiments, la diminution de la consommation de viande, si les bateaux et les avions devaient échapper à cet effort collectif qui est un effort d’intérêt public majeur.

Lutter contre toutes les formes de pollution est du devoir de chacun, Administré comme Administrateur et donc également du possible devoir d’un Commissaire Enquêteur.

       De plus, faut faire très attention à un possible  retournement de situation,

La Côte d’Azur pourrait être un jour victime, car déclarée « Zone de pollution » par un pays en compétition avec nous sur l’accueil des touristes.

      Nous ne pouvons pas faire d’erreur de stratégie.

      Nous devons viser tout de suite et pour toujours la qualité et non sa quantité car nous risquerions finalement et brusquement de disparaître d’une Zone faite pour l’accueil.

Rappelons à nos concitoyens hôteliers le mal qu’a fait à la ville de Nice l’attentat sur la Promenade des Anglais le 14 Juillet 2016 avec 86 morts et 458 blessés… et la diminution importante de touristes, vécue pendant plus de trois ans, car nous avons été projetés de force dans une « Zone touristique d’insécurité ».

https://fr.wikipedia.org/wiki/Attentat_du_14_juillet_2016_%C3%A0_Nice#Bilan_des_victimes

Pour rappel également quelques articles qui n’ont pas été respectés par cette demande :

A)   dans le Code de l’environnement : 

-         R121-2 sur la CNDP

            Cet Article aurait dû s’appliquer avant l’ouverture de l’enquête publique

-         L121-8   section 3

             Chapitre Ier : Participation du public à l'élaboration des plans, programmes et projets ayant une incidence sur l'environnement.

-         L122-1 dans son intégralité

-         R341-16

  B) dans le Code de l'urbanisme :

-         L103-2  

-         L146-4

Je conclurai ainsi Madame la Commissaire Enquêteur,

D’une part cet aéroport est rentable tel qu’il est et tel que les nouveaux propriétaires l’ont acheté.

Nous savons qu’il participe activement à la nécessité économique de notre région, mais nous connaissons également les effets pervers d’un développement économique mal maîtrisé.

Nous souhaitons que ces propriétaires l’exploitent raisonnablement, fassent du bénéfice, puisque c’est aussi le rôle d’une entreprise, qu’ils l’améliorent, c’est certainement souhaitable, mais nous ne pouvons pas admettre qu’ils détériorent notre santé et accentuent nos problèmes d’environnement locaux et planétaires.

Il faudrait, pour tolérer cette extension de l’aéroport, une réglementation plus ferme et des innovations dans les motorisations qui n’existent pas encore.

L’accroissement de la plateforme aéroportuaire ne s’impose donc pas et ne doit pas se faire au détriment de la bonne réputation de la Côte d’Azur et de sa qualité de vie.

Aussi, sans attendre une éventuelle descente de la CNDP, sans attendre la décision de Monsieur le Préfet des Alpes-Maritimes pour repousser cette demande et pour toutes les raisons précitées, Madame la Commissaire Enquêteur,  je vous demande de ne pas hésiter à refuser le blanc-seing que l’on vous tend et de ne pas hésiter à donner un AVIS DEFAVORABLE  à la demande d’extension de cet aéroport, telle que demandée aujourd’hui.

Christian Razeau