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POLITIQUE EN PACA & POLICY IN THE WORLD in English, French and Italian 0632173633 - diaconesco@gmail.com
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20 décembre 2023

LE WOKISME EN FRANCE FAIT DES RAVAGES DANS LE MONDE DE LA CULTURE ET DANS BIEN D'AUTRES DOMAINES DE NOTRE SOCIETE !

[Satire à vue]
Gérard Depardieu
licencié du musée Grévin

 

Nous le savions, malgré la présomption d’innocence, banni de France Télévisionssous procédure disciplinaire engagée par la grande chancellerie de la Légion d'honneur, radié de l'Ordre national du Québec. Le voilà désormais licencié du musée Grévin. En poste depuis 42 ans, Gérard Depardieu se tenait à carreau entre Line Renaud et Laurent Gerra. Pas un geste déplacé, pas un mot plus haut que l'autre... Et pourtant. Des visiteurs se seraient plaints de sa présence, les inévitables réseaux sociaux grondaient... Comment pouvait-on laisser pareil malotru pérorer aux côtés des grands de ce monde ?

Les dames patronnesses woke poussaient des cris d'effroi à la vue du goujat. Un frôlement, une bousculade et les soupçons se portaient vers l'ogre du Berry. Des gardiens auraient été pris à partie par quelques froissés. Le musée Grévin était en pleine dérive machiste. Sur ordre de la direction, deux employés emportèrent la statue vers les sous-sols du lieu. Moyennant un billet spécial, les plus téméraires pourront voir la bête. En catimini. Sans le dire à personne. Sorti indemnes du face à face, ils témoigneront auprès de leur famille de l'horreur du personnage. De la cire nauséabonde, des mains d'étrangleur. Brrr...

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Le plus amusant de l'affaire est l'emplacement de Gérard Depardieu aux côtés de Laurent Gerra dont les sketchs sur RTL n'ont jamais manqué de blagues graveleuses sur les femmes. Jusqu'ici, Line Renaud faisait la sourde oreille. À quand des visiteurs effarouchés par son indifférence ? Comment la version originale ne s'est-elle pas plainte de sa promiscuité avec cet affreux tandem ? Virer l'ex-meneuse de revue et son voisin imitateur serait la moindre des voluptés en période wokiste.

 

« Appelez-moi cire »

Les dirigeants de l'établissement ont longuement hésité. L'éventualité de distribuer des aiguilles à planter dans la statue a été examinée. La découper en rondelles pour en distribuer les morceaux aux touristes les plus revanchards fut aussi à l'ordre du jour. Sandrine Rousseau en eût fait des bougies. En période de Noël, s'éclairer au Depardieu est un must dans les milieux féministes. Sur le sapin, sur le gâteau... en toutes occasions... jusqu'à épuisement du stock. Le gabarit du bonhomme permettait de tenir quelques années sans électricité.

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La liste des personnalités encore présentes au musée Grévin donne le tournis. Patrick Sébastien, Serge Gainsbourg... Sans commentaire. Les mères de famille font ce qu'elles peuvent pour éloigner leurs enfants... John Lennon qui reconnaissait avoir battu sa première épouse a survécu à l'Inquisition woke. Pour combien de temps ? Seuls témoins d'une quelconque survivance morale, BHL, Emmanuel Macron et Justin Trudeau garantissent la pureté du lieu. « Appelez-moi cire... » La phrase du Président diffusée en boucle en impose au visiteur. Dans les oubliettes du musée Grévin, Gérard Depardieu s'en fout. Excès d'honneur ou de déshonneur. Il n'est pas l'homme de la moyenne.

 

 

Gainsbourg, Depardieu… :
est-on vraiment obligé
de les défendre ?

 

« Les ennemis de mes ennemis sont mes amis. » Cette sentence, inculquée en classe de 5e par de nombreux profs de maths afin que leur élèves n'oublient jamais que « moins par moins fait plus », est un moyen mnémotechnique formidable. Sauf qu'il ne devrait jamais quitter l'enceinte du collège.

Ainsi, sur les réseaux sociaux ou dans les médias, une bonne partie de la droite est entrée en croisade contre une pétition. Lancée sur le site change.org le 26 novembre dernier, l'objet en est simple : les signataires (ils sont déjà plus de 3.400) ne veulent pas que l’une des six nouvelles stations du prolongement de la ligne 11 du métro soit nommée « Serge Gainsbourg », « un homme violent, misogyne notoire et chantre de l’inceste », peut-on y lire notamment.

Aussitôt a été reconnue la marque du féminisme MeToo. Et comme par un réflexe pavlovien, des ténors de la droite fustigent la cancel culture, le wokisme, qui voudraient déboulonner nos figures tutélaires légendaires. Serge Gainsbourg est soudain enveloppé du nimbe de Saint Louis. On savait qu’il descendait les bouteilles, un peu moins qu’il guérissait les écrouelles.

Non. Les ennemis des ennemis ne sont pas nécessairement des amis. Et d’ailleurs, si l’on suivait cette règle simpliste, on commencerait par se méfier d’une suggestion sortie du cerveau, en 2013, du cacique socialiste Daniel Guiraud, à l'époque maire des Lilas, aujourd'hui vice-président de la métropole du Grand Paris et père de l’ineffable David du même nom.

Depardieu, Polanski, etc. Pourquoi faudrait-il se sentir obligé de défendre bec et ongles de vieilles gloires portées au pinacle par la gauche libertaire d’hier, celle de Mai 68, au motif qu’elles sont attaquées dans un violent retour de balancier - assez mérité - par la gauche puritaine (un puritanisme sélectif, j’en conviens), la gauche féministe d'aujourd'hui ? Ils se dévorent entre eux, grand bien leur fasse, c’est leur problème. On voudra bien me dispenser, le jour venu, je l’espère, de me faire l’avocate de Daniel Cohn-Bendit ?

Je connais tous les arguments, les officiels et les officieux. Sur BFM TV, la journaliste et essayiste Anna Cabana, excédée par tant d'obscurantisme, parle d’un « politiquement correct et d’une cancel culture sans limite », accable de son mépris les fronts bas qui critiqueraient le clip et les paroles de la chanson à (grand succès) Lemon Incest. Elle décrit Serge Gainsbourg « en chemise » (en fait torse nu, en pantalon) et sa fille Charlotte, 13 ans, « en sous-vêtements » dans un lit mais pour elle, bien sûr, « on est dans le second degré, voire le 18e degré ». Pourquoi pas le 42e ? «< On ne peut pas renoncer à l’ironie », explique-t-elle. D’ailleurs, renchérissent certains sur les réseaux sociaux, les paroles de la fameuse chanson, si on les lit bien, iraient plutôt dans le sens du combat contre l’inceste et la pédophilie : il évoque précisément « l’amour qu’ils ne feront pas ensemble ».

 

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Mais bien sûr. Les esprits supérieurs, qui repèrent parfaitement le 2supm>e degré, ne voient pas, en revanche, de prétérition ni d’antiphrase. Cet homme était un tel modèle de droiture morale, comment lui prêter de telles intentions (attention, antiphrase) ? D’ailleurs, sa fille elle-même, dans Télérama (média de confiance s’il en est), ne témoignait-elle pas, en février 2021 : « Lemon Incest est une déclaration d’amour pure et innocente pour sa fille » ? N’est-ce pas merveilleux ? On en déduit que si, d’aventure, une fillette vient voir un jour ces braves gens et leur montre, sur son téléphone, une mise en scène scabreuse avec son père, aucun d’entre eux ne pensera à mal. Tout au plus concluront-ils que ce papa est très engagé dans le combat contre l’inceste - puisqu'il le dit ! - et que la petite a bien de la chance d'être sa fille. Je me suis toujours demandé comment feu Jane Birkin - paix à son âme - avait pu autoriser cela.

Oui, je sais. Il est toujours plus agréable d’être du côté des intellectuels éclairés, fins esthètes qui savent faire la part entre l’homme et son œuvre. Pour une fois qu’à droite, on a prétexte à paraître ouvert d’esprit et détendu, on ne va pas le lâcher. Ce n’est pas très rock'n’roll d’être la mère la vertu, obscurantiste et boutonnée jusqu’en haut. Pas grave, je veux bien endosser ce rôle ingrat, le cortège de moqueries et de leçons de morale qui ne manqueront pas.

Je suis de la génération Charlotte Gainsbourg (et Camille Kouchner), je sais le mal que cette génération 68 a collectivement - il y a bien sûr, et heureusement, de nombreuses exceptions - fait à la mienne, celle de ses enfants. Je bénis mes parents de s’en être tenus à l’écart, mais on ne peut pas protéger complètement sa progéniture : je me souviens très bien de la sortie de Lemon Incest et de l’effet atroce de cette vidéo sur l’enfant que j’étais.

Il avait un tel talent ! Il a chanté de si belles choses ! Et puis, 

 

Le Poinçonneur des Lilas, c’est de lui, n'est-ce pas ? Alors, pour la ligne qui y va, c'est tout indiqué… Certes. Mais ce n'est pas une obligation. Il n'y a pas, non plus, de station Charles-Trenet, que je sache, à Ménilmontant. Si cette règle était impérative, ce ne serait plus le métro parisien mais Radio Nostalgie.

Écoutez Gainsbourg toute la sainte journée, si ça vous plaît. Mais ne comptez pas sur moi pour sauver votre martyrologe boiteux, votre légende dédorée, votre cortège affreux de dieux déchus libidineux en exil, à l’auréole écaillée et de guingois qui, cherchant un refuge, toquent à droite car on y a l’habitude des réprouvés. Attendez donc prudemment pour les canoniser que tout l’inventaire soit décanté, cela peut prendre du temps. Ils n’ont peut-être que ce qu’ils méritent. Cela s’appelle la justice immanente. MeToo, c’est leur Frankenstein. Le monstre qu’ils ont créé et qui leur a échappé. Il y a assez de héros oubliés - de vrais héros, en mesure de servir d'exemple aux générations futures - dans nos cartons pour rebaptiser tout le métro français. Pourquoi s'imposer ceux-là ?

 

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