HISTOIRE DU COMTE DE NISSA : LE SIÈGE DE NICE PAR LES Franco-Ottomans Turcs en 1543
| Date | de mi-juin au 9 septembre 1543 |
|---|---|
| Lieu | Nice |
| Issue | Échec du siège de la citadelle. Retrait des Franco-turcs. |
| Khayr ad-Din Barberousse Salah Raïs François de Bourbon, comte d'Enghien Le Chevalier d'Aulx Adhémar de Grignan Léon Strozzi Jean-Baptiste Grimaldi, seigneur d'Ascros Gaspard de Caïs |
Andrea Doria André de Monfort Paul Siméon de Balbs Louis de Castellar Jacques Provana de Leyni Otton Provana de Leyni Mathieu Badat Marc-Antoine Galléan Jean-André Tonduti, comte de Falicon Ludovic de Prey, seigneur de Courcelles |
| 142 galères 30 000 soldats |
600 cavaliers 500 lansquenets 6 compagnies d'arquebusiers 50 fantassins 500 hommes de milice et 200 citoyens volontaires (citadelle) |
Le siège de Nice eut lieu autour des enceintes de la ville puis de la citadelle de juin à septembre 1543. Il se déroula dans le cadre de la Neuvième guerre d'Italie (1542-1546).
Le point culminant fut atteint au mois d'août 1543. Durant vingt jours, vingt mille Franco-Turcs, sous les ordres du comte d’Enghien, mirent le siège devant la ville puis le château pendant que 120 galères de combat de la Sublime Porte, commandées par Khayr ad-Din Barberousse (au service du sultan Soliman le Magnifique), attaquèrent Nice par la mer. Cette armada était accompagnée de 40 galiotes, 4 mahonnes et 22 galères françaises.
Après avoir réussi à prendre la ville, les assiégeants franco-turcs échouèrent face à la résistance acharnée du château et se retirèrent les 8 et 9 septembre 1543 devant l'arrivée des troupes impériales conduites par Charles III de Savoie et le marquis Del Vasto.
Sommaire
Chronologie
Les relations entre la France et la Savoie sont tendues car le roi de France, François Ier, réclame l'héritage de sa mère, Louise de Savoie, fille de Philippe, duc de Savoie, dit sans Terre.
La guerre aurait été déclenchée par le non-respect par Charles Quint de la promesse de ne pas ajouter aux défenses et fortifications de Nice et par le refus du duc de Savoie, Charles II, de céder le Genevois au roi de France.
Le roi de France, François Ier, allié depuis 1536 au sultan turc Soliman le Magnifique par l'alliance franco-ottomane, ordonne en 1543 de prendre la ville de Nice, nonobstant sa décision, prise le 10 septembre 1523, « de renoncer solennellement à tous les droits que pourrait avoir la couronne de France sur Nice. »
Des tentatives pour s'introduire dans la place par ruse et trahison échouent en juin 1543. Des baronnets locaux s'allient au roi de France et lui assurent le soutien de nombreux villages de l'arrière-pays niçois. Le château de Bonson est détruit.
La flotte franco-turque, venant de Marseille, arrive dans la rade de Villefranche le 5 août 1543. Les chefs coalisés font une proposition de reddition que les Niçois rejettent. Le premier combat eut lieu dans la plaine de Riquier le 7 août, entre les milices urbaines et l'avant-garde ennemie. Les Niçois furent repoussés dans les murs. Les coalisés installèrent alors leurs batteries tout autour de l'actuel Vieux-Nice, qui formait la totalité de la ville à l'époque. Le 10 août, des renforts français arrivèrent par voie de terre. Le bombardement commença, incessant. Le 12 août, les assiégeants feignirent un assaut. Enfin, après avoir ouvert une brèche, le 15 août, l'assaut général fut donné contre les murailles et les tours du rempart nord, dans l'actuelle zone de la place Garibaldi. Les assaillants, principalement des mercenaires toscans et des soldats ottomans, furent finalement repoussés. C'est ici que la tradition rapporte deux événements : une apparition de la Vierge Marie, qui donna lieu, en grâce, à la construction d'une chapelle dite de la Madone de Sincaïre, détruite dans les années 1780 pour construire la place Garibaldi, et l'intervention de Catherine Ségurane, une lavandière, qui aurait galvanisé la défense. À la suite de l'échec de l'assaut, les dissensions gagnèrent le camp coalisé, tandis qu'en Piémont, le duc Charles III de Savoie (1486-1504-1553) et son allié le marquis Del Vasto, gouverneur de Milan au nom de Charles-Quint, levaient une armée de secours dont un premier détachement s'installa à Sospel le 14 août. Du 15 au 22 août, le bombardement reprit, et deux nouvelles brèches furent ouvertes, cette fois sur le rempart nord-ouest, au niveau des actuelles place Saint-François et rue du Pont-Vieux. La ville décida alors de capituler, mais pas la garnison du Château. La population fut évacuée, sous la protection des Français, au grand dam des Ottomans qui comptaient bien se saisir d'esclaves nombreux.
Le siège se prolongea donc, désormais limité à la colline du Château (parc du Château aujourd'hui), uniquement fait de bombardements. Le 19 août, une partie du contingent ottoman conduisit une razzia qui remonta la vallée du Paillon, jusqu'à L'Escarène, et franchit le col de Braus, jusqu'à Sospel. Certaines sources parlent de 500, voire de 1500 captifs. Emmenés vers l'Orient, ces captifs furent délivrés par la flotte espagnole au large de la Sardaigne. Dans le même temps, depuis le début du siège, Jean-Baptiste Grimaldi de Beuil-Ascros, allié aux assiégeants, tentait de mettre la main sur les hautes vallées du Comté de Nice, notamment le Var et la Tinée, tandis que les troupes ducales tenaient la Vésubie et la Roya.
Le 7 septembre 1543, l'armée de secours, sous le double commandement de Charles II de Savoie et Don Alphonse d'Avalos, marquis Del Vasto, s'annonça par voie de mer et de terre, venant de Ligurie. Les assiégeants levèrent le camp les 8 et 9 septembre 1543, tandis que la ville était en grande partie incendiée et pillée. Le duc Charles II de Savoie fit son entrée à Nice le 12 septembre 1543. La flotte ottomane demeura cependant encore aux îles de Lérins jusqu'au 25 septembre, avant de se replier sur Toulon, que François Ier avait fait entièrement vider de ses habitants. Elle y demeura jusqu'en mai 1544. Progressivement, les troupes ducales reprirent le contrôle du territoire. Une ferme répression s'abattit sur les Niçois qui avaient choisi le camp français.
Conséquences du siège
La principale conséquence de ce siège, par ailleurs assez mal préparé, exécuté par des coalisés aux intérêts contradictoires et qui fut un échec lourd pour les assiégeants fut de susciter, chez les ducs de Savoie, en particulier le successeur de Charles II, son fils Emmanuel-Philibert (1528-1553-1580), une forte volonté de mieux protéger le territoire niçois, d'où la construction de quatre importantes fortifications : le fort du mont Alban (1557-1560), la citadelle de Villefranche (1554-1559), le fort de Saint-Hospice (1560) et la citadelle de Nice (1577-1579). Ces deux dernières défenses furent détruites par les Français après les sièges de 1691 et 1705, si bien que le système défensif, ayant perdu sa cohésion, devint inutile.
La mémoire du siège
Le siège de 1543 a profondément marqué la construction de la mémoire civique de Nice. Le mythe de Catherine Ségurane et le récit de l'intervention miraculeuse de la Vierge Marie sur le bastion Sincaïre au plus fort de la bataille construisent la mémoire de Nice autour des valeurs de résistance et de courage.
Dès 1552 les consuls de Nice font construire une chapelle dédiée à Notre dame du sincaïre qui entend montrer que la ville de Nice, en résistant héroïquement aux Turcs et à leurs alliés, est un vrai fer de lance de la croisade[non neutre]. Nice s'inscrit donc dans cet idéal combattant qui anime tout le xvie siècle.
La mémoire du siège de 1543 est toujours marquée par divers éléments disséminés dans le Vieux Nice, notamment les boulets des canons turcs présents dans certaines rues et sur la place Garibaldi, comme la plaque commémorant le vœu des consuls de 1552 qui se trouve sur la façade de la chapelle du saint Sépulcre, ou bien le monument à Cathérine Ségurane érigé sur les restes du bastion Sincaïre, ou encore la statue de Notre Dame du Sincaïre pieusement conservée par les pénitents bleus.
Il existe quelques rares monnaies obsidionales frappées par les assiégés durant le siège de Nice, écus d'or et testons au nom de Charles II de Savoie, avec la mention NIC. A. GAL. TURC. OBS. (Nice assiégée par les Français et les Turcs).
- E. Tisserand, Histoire civile et religieuse de la cité de Nice et du département des Alpes-Maritimes, vol. 2, Nice, Librairies Visconti et Delbecchi, 1862 (lire en ligne [archive]), p. 43-47
- Georges DOUBLET, « Documents inédits sur le siège de Nice de 1543 », Revue Nice Historique, 1935 Lire en ligne [archive]
- Hervé BARELLI, Raves, beurre et pissalat, Histoire du congrès et du siège de Nice, de leurs antécédents et de leurs conséquences, 1516-1579, SERRE Éditeur, Nice, 2008
- Mara de CANDIDO, Le Château de Nice ; du donjon des comtes de Provence à la citadelle des ducs de Savoie : xiiie / xvie siècle, Revue Nice Historique no 123 [archive]
*******************************************************AUJOURD'HUI PRESENTATION D'UNE CELEBRE
| Naissance | 15 octobre 1842 Nice |
|---|---|
| Décès | 10 avril 1900 (à 57 ans) Turin |
| Nationalité |
Italienne (17 mars 1861 - 10 avril 1900)
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| Activité |
Eugène Caïs de Pierlas connu également sous le nom italien de Eugenio Cais di Pierlas, et sous la dénomination généalogique de Eugène V Caïs de Pierlas, né le 14 octobre 1842 à Nice (alors province de Nice du royaume de Sardaigne) et mort le 10 avril 1900 à Turin, est un peintre et historien niçois, membre de la famille Caïs. Il fut le spécialiste médiéviste de l'histoire du comté de Nice.
Sommaire
Biographie
Eugène V Caïs de Pierlas était le fils de Cesare IV de Caïs (Nice 1816 - Nice 1881) et de Honorine Séraphine marquise D'Espagnet (Aix-en-Provence 1810 - Nice 1879).
Il fit ses premières études au collège des Jésuites de Nice (actuel lycée Masséna), mais en 1860, lors de l'annexion du comté de Nice à la France, Eugène Caïs de Pierlas s'installa à Turin. Il devint un élève du collège turinois des Barnabites de Moncalieri, avant de soutenir un doctorat en droit à l'université de Turin. Il retourne régulièrement dans son château de None, près de Pignerol, ainsi que des séjours fréquents dans l'hôtel particulier familial que les Caïs de Pierlas possèdent à Nice, à l'extrémité est du cours Saleya. Néanmoins, fidèle de la monarchie savoyarde, il opte pour la nationalité italienne en 1860. Il porte un amour d'exilé, qu'il épanche en collaborant à la rédaction du journal Il Pensiero di Nizza, journal des irrédentistes niçois.
En 1892, à la tête d'un Comité général des irrédentistes niçois expatriés en Italie (le “Comitato Generale Italiano”), il organise, en collaboration avec son ami Giuseppe Bres et d'autres irrédentistes, une contre-manifestation en opposition à la célébration française de l'annexion de Nice à la France en 1793 1.
Initialement peintre, ce qui lui vaut plusieurs prix de peinture de l'Académie des beaux-arts de Turin, il s'oriente vers la diplomatie, avant d'être recruté comme officier des archives d'État de Turin. Il acquiert progressivement une parfaite maîtrise des archives de la maison de Savoie. Il se consacre par la suite entièrement à la recherche historique de l'histoire médiévale de Nice et de son Comté, ainsi que de l'histoire généalogique des familles de Provence, de Nice de l'aristocratie piémontaise et subalpine, son travail contribuant à une meilleure compréhension des histoires de Nice et de la région subalpine.
En 1869, il épouse Giuseppa Gromo Richelmy, comtesse de Ternengo-Thaon de Revel(1847-1905).
ARMOIRIE DE LA FAMILLE CAÏS DE PIERLAS
Publications
- Documents inédits sur les Grimaldi et Monaco et leurs relations avec les ducs de Savoie suivis des statuts de Menton, 1885,
- Cartulaire de l'ancienne cathédrale de Nice, 1888, qu'il parvient à reconstituer, en réunissant des fragments d'archives dispersées,
- Statuts et privilèges accordés au comté de Vintimille et Val de Lantosque par les comtes de Provence, 1890,
- Fief de Châteauneuf dans les Alpes-Maritimes du xie au xve siècles, 1892 présente les structures de la parenté aristocratique niçoise, mettant en exergue la ramification lignagère, mais aussi le plan de la ville de Nice pendant le premier siècle de la domination des princes de Savoie.
- (it) Gli statuti della gabella di Nizza sotto i conti di Provenza, Torino, Fratelli Bocca, 1894 (lire en ligne [archive])
- Chartrier de l'abbaye de Saint-Pons, 1900.
Notes et références
- "Carteggio epistolare Eugenio Cais di Pierlas-Giuseppe Bres (1892-1899)" [archive] par Nicolò e Andrea Jagher, Phasar Edizioni, 2014
Bibliographie
- Jagher Nicolo e Andrea (a cura di), Carteggio Epistolare (1892-1899) Eugenio Cais di Pierlas - Giuseppe Bres, Firenze, Phasar Edizioni, 2014.
- Laurent Ripart, "Caïs de Pierlas Eugène", in Ralph Schor (dir.), Dictionnaire historique et biographique du comté de Nice, Nice, Serre, 2002, p. 69-70.
Liens externes
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