Il y a eu des vœux présidentiels, mous, sans intérêt réel, genre début de campagne électorale : « courage, nous allons gagner, vous paierez un peu plus d’impôts, gagnerez un peu moins en travaillant plus, je vais relancer l’économie et grâce à vous nous gagnerons et je serai réélu en 2022 ».
Il y a eu aussi les vœux très gentils et très brefs de Nadine Morano ; les voeux – trotskistes – du préfet Lallement qui ignore visiblement dans quelles circonstances le boucher Trotski a prononcé la phrase qu’il cite (début du génocide ukrainien par les soviétiques).
Il y a aussi le livre plein d’espoir de Christophe Guilluy, publié ces jours-ci : Le Temps des Gens Ordinaires.Le temps des gens ordinaires, constate qu’en 2020 les « gens de rien » de Macron, les « déplorables » d’Hillary Clinton, « les fumeurs de clopes qui roulent au diesel » de Darmanin, ont commencé un début de cristallisation de leur révolte contre le pouvoir. Il les humilie, les ignore, les méprise, les exploite et a montré qu’il peut aussi refuser de les soigner et les tuer au Rivotril quand il juge qu’ils sont devenus inutiles dans un EHPAD. Le pire est que le pouvoir n’a pas su créer d’emplois.
Et le peuple serait si stupide qu’il n’aurait rien remarqué ?
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Evolution des demandeurs d’emploi entre 2007 et 2017
Ces « petites gens » ne sont pas une fraction minoritaire de la société, ils en sont la majorité mais n’en ont que trop faiblement conscience. En 2019, ils sont sortis de l’anonymat via les Gilets jaunes et leurs manifestations non structurées des ronds points et des samedis. Ceux-ci n’étaient pas une catégorie spécifique de travailleurs comme le sont les grévistes habituels, mais les représentants de la population pauvre toute entière, celle qui gagne moins de 2 000 € par mois. Paysans, ouvriers et employés du secteur privé comme du public, travailleurs indépendants, artisans, professions libérales, chômeurs, jeunes, vieux, hommes et femmes, retraités aussi…
Ils ont réalisé que ce ne sont pas les méchants capitalistes qui les oppriment le plus mais les effets du « système » généré et géré par ceux qui se présentent comme l’élite, notamment l’augmentation permanente des impôts et taxes sur les carburants.
Une élite qui se dit socialiste ou centre gauche. Mais qui, depuis les années 1980, les a méprisés, ostracisés (Guilluy dit « invisibilisés ») avec l’aide des syndicats fonctionnarisés depuis qu’ils ne vivent plus des cotisations de leurs membres, mais de subventions de l’État, autrement dit de nos impôts.
Qui sait que le couple Martinez (le syndicaliste, par le général candidat à l’élection présidentielle !) touche environ 15 000 €/mois entre le salaire CGT de Monsieur et les revenus de l’hôpital privé pour enfants (entièrement subventionné) que gère le couple ?

Cette vague de fond aurait pu en 2019 déborder le champ politique si Christophe Castaner n’avait pas utilisé les troupes de choc en noir de l’extrême gauche, Antifas et Black blocks, pour les infiltrer, déclencher des actions violentes et donner le prétexte pour blesser, incarcérer et verbaliser des milliers de Gilets jaunes, malgré les critiques de l’ONU et du Conseil de l’Europe. Mais surtout les déconsidérer aux yeux des classes moyennes, de la bourgeoisie et des élites paniquées, imaginant que le Grand Soir était là…
Le Covid a eu en 2020 un effet inattendu sur les gens ordinaires et surtout sur les classes moyennes. Privées de libertés élémentaires, ruinées dans leurs commerces, leurs bureaux, leurs études, leurs ateliers ; confinées, mises au chômage partiel ou total, un peu indemnisées selon des critères aléatoires, elles ont compris qu’elles sont mises par le système dans le même train que les ouvriers, les paysans, les artisans et les Gilets jaunes. Punies, elles aussi, en cas de désobéissance, non par des coups des CRS ou des Gendarmes sur ordre de Castaner, mais par des amendes pour des délits absurdes auxquels échappaient les voyous jeunes « chances pour la France » des banlieues et les migrants.

Rues vides et magasins fermés
Le monde culturel, durement touché lui aussi les a rejoints. Organisateurs de spectacles, intermittents, propriétaires de salles, tous ont souffert.
Les choses n’auraient peut-être pas évolué de cette manière catastrophique pour le gouvernement si des résultats réellement efficaces avaient été obtenus rapidement à l’issue des mesures prises pour tenter d’endiguer la première, puis la deuxième vague. Mais le résultat est catastrophique et chiffré : 30000 morts + 32000, 62 000 morts, l’un des cinq plus forts taux de mortalité au monde par million d’habitants.
Le gouvernement n’est pas le seul coupable. Une administration pléthorique gâche une grande partie des décisions gouvernementales. Par son incompétence à traduire un ordre ministériel en action.
Pourquoi les masques sont-ils arrivés avec trois mois de retard, les EPI (Équipement de Protection Individuelle) des soignants, blouses, gants, chaussons…, les respirateurs, les tests avec six mois de retard ? Il les fallait en janvier ! Les vaccins anti grippe arrivés seulement en partie, si bien que des régions entières en ont été privées ! Et ça recommence avec les vaccins-anti-Covid, soi-disant commandés, théoriquement arrivés, mais alors pas chez ceux qui en ont besoin pour vacciner, médecins, pharmaciens. On va arranger ça pour le mois de juin, promet le gouvernement !
Parce que Jupiter et son gouvernement veulent à tout prix tout gérer, fonctionnariser, centraliser sans le moindre souci des besoins locaux réels, ni des avis éclairés des gens du terrain. Alors, inévitablement, tout rate.
Ils commandent des tonnes de Remdesivir vendu par Gilead (1) 390 $ par flacon, portant le prix total d’un traitement avec l’antiviral – traitement de 5 jours avec 6 flacons – à 2 340 $ (2 085 €) par patient. Alors que le coût de production du Remdesivir a été estimé par une étude du Journal of Virus Eradication à moins d’1 dollar par jour de traitement (0,93 $), En gros, 5 $ pour cinq jours. Achat réalisé et payé par le ministère de la Santé quelques jours avant que l’étude Security de l’OMS ne montre que Remdesivir, testé uniquement sur des animaux par Gilead, est potentiellement dangereux pour l’homme.

La majorité du peuple français « ordinaire » est devenue sceptique et méfiante envers tout ce qui vient du gouvernement. Des sondages en témoignent.
Les trois quarts des Français pensent que Macron ne serait pas réélu s’il provoquait une élection présidentielle (sondage du 19 juin 2020).
Ce phénomène n’est pas limité à la France. Aux trois quarts aussi les Français croient plus en Trump le populiste qu’en Biden, pourtant héros de la presse et de la gauche.
Comme le dit Christophe Guilluy, ce peuple des « gens ordinaires » se recompose lentement contre l’élite qui l’a trahi. « Une renaissance s’est enclenchée qui se traduira politiquement et culturellement. » Comme cela s’est produit en Angleterre avec Boris Johnson et aux États-Unis avec Donald Trump.
Ce que veulent très majoritairement les gens ordinaires, ce sont des emplois, pas trop d’impôts, une réindustrialisation quelle qu’elle soit, des frontières contrôlées pour réguler l’immigration. Macron avec ses derniers décrets, pris en douce et sans contrôle parlementaire, fait exactement le contraire. Nouvelle réduction des libertés, augmentation des subventions aux associations qui font venir illégalement les migrants, et demande à l’Europe de subventions pour les financer, ce qui pour les panafricanistes comme Kemi Seba n’est rien d’autre que du trafic d’esclaves, sans oublier la transformation de Marseille en grande plateforme européenne d’accueil des migrants.
« Les gens ordinaires n’étant représentés nulle part, ni dans la politique, les médias ou la culture, ils ont profité des espaces qu’ils pouvaient occuper et le populisme en est un.
(On dit qu’il est fragmenté et manipulé). Je pense au contraire que ce sont les gens ordinaires, nullement dupes, qui utilisent le populisme à leur fin, on en a eu un bon exemple avec le Brexit.
(Il a mis Boris Johnson au pouvoir). Cela révèle une intelligence politique forte et tenace : les gens ordinaires ne changeront pas d’avis. »
(C.Guiluy, interrogé par La Nef)
Le blocage politique actuel en France fait qu’on ne voit pas qui pourrait incarner cette renaissance populaire. De Marion Maréchal, qui serait la plus crédible, à François Baroin, c’est à qui ne se présentera pas. Mais les choses peuvent changer très vite et des hommes nouveaux peuvent émerger en cette période dangereuse.
Il va inévitablement y avoir un mouvement de bascule, et E.Macron doit le sentir (2), ce qui expliquerait son étrange déclaration « Peut-être que je ne pourrai pas être candidat en 2022« , surtout s’il prend des mesures dures en 2021.
Le mouvement populiste a démarré, il ne s’arrêtera pas parce que le « système » que représente le mouvement LREM est à bout de souffle.
En 2020 une véritable renaissance s’est enclenchée et 2021 pourrait être l’année qui verra les actions démarrer.
Mais il faut être prudents, Macron est capable, pour sauver sa présidence, d’un retournement subit et très gaullien du genre « je vous ai compris ».
L’imprécateur
6 janvier 2021
1 : Remdivisir à 390 $ la dose, source Le quotidien du pharmacien et Industrie pharma.
2 : Macron n’est peut-être pas le seul a sentir la fin de son système, selon un sondage récent, 80 % des cadres supérieurs souhaiteraient quitter Paris, et pas seulement parce que la ville devient invivable, ils disent sentir que « ça va mal tourner ».



