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POLITIQUE EN PACA & POLICY IN THE WORLD in English, French and Italian 0632173633 - diaconesco@gmail.com
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8 janvier 2021

INFOLETTRE N°85 - JANVIER 2012 DE L'UNION INTERNATIONALE DE LA PRESSE FRANCOPHONE

UNION INTERNATIONALE DE LA PRESSE FRANCOPHONE

 

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INFOLETTRE N°85 - JANVIER 2021
EDITORIAL

2021 nous fera « oublier » 2020
            

Par Madiambal Diagne,
Président international


Une nouvelle année commence. Nous cherchons à soigner nos blessures et à nous consoler. L’année 2020 à été cruelle pour nous tous, pour l’Humanité toute entière. Chaque personne a pu compter un être proche, un être cher, parmi les victimes de la tragédie qui a frappé le monde durant cette maudite année. Nous entrons dans une nouvelle année (2021), nous l’espérons et l’augurons comme une nouvelle ère, un nouveau départ, un nouvel élan ; nous entrons donc dans une nouvelle vie. Les vaccins tant attendus pour nous protéger du Covid-19 commencent à être disponibles et l’espoir renaît.

Courons vite nous inoculer le vaccin, en confiance, car c’est la barrière la plus sûre pour préserver nos vies et celles de nos proches.

Après nous être vaccinés, nous pourrons envisager l’avenir avec plus de sérénité. Nous pourrions alors faire tout ce que nous n’avions pu faire l’année dernière. Nous comptons bien nous rattraper. En effet, 2020 était annoncée comme l’année du 70éme anniversaire de l’UPF. Nous nous étions donnés rendez-vous en Tunisie pour finir l’année en beauté. Dommage que ce rendez-vous a été raté mais il va être reprogrammé.

Notre organisation devra faire montre de plus de vitalité et d’ambitions pour nous aider, les uns et les autres, à tourner la mauvaise page, la mauvaise passe. C’est ainsi que nous allons poursuivre l’expérience fort enrichissante d’organisation de vidéo-conférences, pour nous permettre d’échanger, le plus souvent et surtout de communiquer davantage entre nous et de réfléchir ensemble, d’échanger de bonnes idées et d’intéressantes expériences. D’autres rencontres physiques, en marge des Assises annuelles, seront organisées et le Bureau international de l’UPF travaille déjà à peaufiner un agenda.

L’UPF pourra toujours compter sur l’engagement et la participation active de tous ses membres, pour nous permettre de réaliser notre objectif de renforcer les médias et la profession de journaliste mais aussi de contribuer au rayonnement de la francophonie. Bonne année à tous et à toutes ! Que 2021 soit une année au cours de laquelle nous pourrons apprécier le confort d’une bonne santé physique qui fonde tout bonheur personnel et toute réussite professionnelle. Que nos amis incarcérés à travers le monde, pour l’exercice en toute indépendance et en toute responsabilité de leur profession de journaliste, puissent être élargis de prison pour nous retrouver et célébrer avec nous la liberté qui fait l’essence de notre métier.


 

ACTUALITES

FIJ : 60 journalistes assassinés en 2020

En 2020, la Fédération internationale des journalistes (FIJ), première organisation mondiale de la profession, a enregistré 60 assassinats de journalistes et de membres du personnel des médias dans des attaques ciblées, des explosions à la bombe et des tirs croisés dans 16 pays du monde, soit 11 de plus qu’en 2019. Depuis 1990, la FIJ a enregistré 2676 morts dans le monde.

L’année 2020 restera dans l’histoire comme celle d’une crise pandémique mondiale sans précédent, mais aussi comme celle de la recrudescence des assassinats des journalistes et de membres du personnel des médias dans le monde. Avec 60 assassinats en 2020, les statistiques macabres repartent à la hausse par rapport à 2019 (49).

Les relevés de la FIJ montrent que le nombre actuel de meurtres de professionnels des médias est au même niveau que celui des années 1990, lorsque la FIJ a commencé à publier des rapports annuels sur les journalistes et le personnel des médias tués, qui montrent des pics de mortalité au milieu des années 90 et au milieu des années 2000.

Les cartels criminels organisés, l’insurrection extrémiste et la violence sectaire continuent de semer la terreur parmi les journalistes, dont des dizaines ont payé le prix ultime pour des reportages indépendants aux quatre coins du monde.

À cet égard, l'année 2020 n'a pas fait exception. Le règne impitoyable des barons du crime au Mexique, la violence des extrémistes au Pakistan, en Afghanistan et en Somalie ainsi que l'intolérance des extrémistes en Inde et aux Philippines ont contribué à une effusion de sang continue dans les médias.
La liste de cette année inclut, en particulier, le meurtre de la journaliste russe Irina Slavina, une affaire qui a peut-être révélé le niveau de désespoir et de découragement absolu face aux assauts incessants contre les professionnels des médias.



La rédactrice en chef de Koza Press s'est immolée par le feu dans la ville de Nijni-Novgorod pour protester contre la campagne d'intimidation et de harcèlement visant à la faire taire. En fin de compte, cela a conduit à son acte fatal, mais seulement après qu'elle ait accusé les autorités de porter la responsabilité de son acte.

«Les tendances présentées dans nos publications au cours des 30 dernières années, mais également en 2020, montrent clairement à tous qu'il n'y a pas de place pour la complaisance. Au contraire, elles sont un appel urgent à redoubler d'efforts pour nous mobiliser pour une plus grande protection des journalistes et un engagement à la pratique sûre du journalisme », a déclaré le Secrétaire général de la FIJ, Anthony Bellanger. 

Au 31 décembre 2020, la FIJ classe l'Asie-Pacifique comme la région la plus dangereuse avec 27 meurtres, suivie de l'Amérique latine pour 17 affaires de meurtres. Les pays du Monde Arabe et du Moyen-Orient ont enregistré huit meurtres devant l’Afrique (6) et l'Europe (2).

Dans son classement pour 2020 par pays, le Mexique arrive en tête de liste pour la quatrième fois en cinq ans avec 14 meurtres, suivi de l’Inde (8), de l’Afghanistan (7), du Pakistan (7), des Philippines (4) de la Syrie (4) tandis que l'Irak et le Nigeria ont enregistré 3 meurtres chacun. Il y a également eu deux meurtres en Somalie. Enfin, un journaliste a été tué au Bangladesh, au Cameroun, au Honduras, au Paraguay, en Colombie, en Russie, en Suède et au Yémen.

FIJ

 

Covid: 4 ans de prison pour une journaliste chinoise ayant couvert l'épidémie à Wuhan

Une journaliste-citoyenne chinoise qui a couvert l'épidémie de coronavirus au début de l'année à Wuhan, dans le centre de la Chine, a été condamnée lundi à quatre ans de prison pour "provocation de troubles", a annoncé son avocat.

Zhang Zhan, qui est âgée de 37 ans, est la première personne à avoir été jugée pour avoir informé de la situation au plus fort de la crise sanitaire, en début d'année.

Elle fait partie d'un petit groupe d'individus dont les récits sur les hôpitaux surchargés et les rues vides de Wuhan ont décrit une situation plus dramatique que ce que les autorités chinoises disaient à l'époque.

"Nous ferons probablement appel", a ajouté son avocat, Ren Quanniu. "Mme Zhang estime qu'elle est persécutée pour avoir exercé sa liberté d'expression", avait-il dit avant son procès qui s'est tenu à Shanghai sept mois après son arrestation.

Les journalistes étrangers n'ont pas eu le droit d'accéder à l'intérieur du tribunal "en raison de l'épidémie", selon l'explication officielle qui leur a été fournie.
Ancienne avocate vivant à Shanghai, Zhang Zhan est arrivée à Wuhan, épicentre de la pandémie dans la province du Hubei, le 1er février dernier.
Elle a mis en ligne sur YouTube de courtes interviews avec des habitants mais aussi des commentaires et des images d'un crématorium, d'hôpitaux et de l'Institut de virologie de la ville.

Grève de la faim

Arrêtée à la mi-mai, elle a observé une grève de la faim à la fin du mois de juin mais, selon son avocat, a été nourrie de force. Son état de santé est préoccupant: elle souffre notamment de maux de tête, de vertiges, de douleurs au ventre et sa pression artérielle est basse.
D'autres journalistes-citoyens ont également été portés disparus en Chine, parmi lesquels Fang Bin, Chen Qiushi et Li Zehua.

Aucune information concernant Fang Bin n'est disponible. Li Zehua est réapparu en avril dans une vidéo mise en ligne sur YouTube dans laquelle il dit avoir été placé de force en quarantaine. Chen Qiushi a été libéré de prison mais selon un de ses amis vit sous surveillance et n'a plus parlé en public.

Les autorités chinoises ont censuré les témoignages et récits critiques sur leur réaction initiale à la crise sanitaire, et des avertissements ont été adressés à des médecins et à des lanceurs d'alerte. Les médias officiels soulignent quant à eux que la Chine, sous la conduite du président Xi Jinping, a réussi à endiguer le virus.

L’Indépendant
 

Ethiopie : Un journaliste placé en détention 

Un journaliste éthiopien indépendant travaillant pour l'agence de presse Reuters, Kumerra Gemechu, arrêté jeudi 24 décembre à Addis Abeba, a été placé en détention pour 14 jours, sans avoir été inculpé dans l'immédiat, a annoncé lundi l'agence canado-britannique.

M. Kumerra, 40 ans, qui collabore en tant que caméraman indépendant avec Reuters depuis une décennie, a été arrêté chez lui jeudi soir "devant sa femme et ses enfants" par "environ 10 policiers armés", a précisé l'agence dans un communiqué.

"Vendredi, lors d'une brève audience, où aucun avocat n'était présent, un juge a ordonné la détention de Kumerra pour 14 jours supplémentaires pour donner le temps à la police d'enquêter", selon Reuters, citant la famille du caméraman.

Son téléphone, un ordinateur, des disques durs et des documents ont été saisis chez lui.
"Aucune raison n'a été fournie à la famille concernant l'arrestation" et "la police n'a pas répondu aux demandes de commentaires de Reuters", a poursuivi l'agence.

Reuters indique n'avoir pu déterminer si l'arrestation de M. Kumerra est liée à sa couverture du récent conflit dans la région éthiopienne du Tigré et rappelle que les autorités éthiopiennes ont "accusé Reuters et d'autres médias internationaux (...) de couverture +fausse+ et +déséquilibrée+" de ce conflit.

Le gouvernement éthiopien a lancé le 4 novembre une opération militaire dans cette région dissidente du nord du pays afin d'en déloger les dirigeants locaux qui défiaient son autorité depuis des mois. "Les journalistes doivent pouvoir couvrir l'actualité dans l'intérêt du public sans peur (de subir) des intimidations ou des atteintes physiques, où qu'ils soient.



Nous ne relâcherons pas nos efforts tant que M. Kumerra ne sera pas libéré", a déclaré le rédacteur en chef de l'agence Stephen J. Adler.

Reuters affirme également qu'un de ses photographes, Tiksa Negeri, a été frappé à coups de poings par deux policiers mi-décembre.

Alliés de l'Ethiopie, les Etats-Unis ont, par la voix du secrétaire d'Etat chargé des affaires africaines Tibor Nagy, condamné cette mise en détention et plus généralement les atteintes à la liberté de la presse dans ce pays.

"La liberté de la presse est fondamentale à toute société démocratique. Je suis extrêmement préoccupé par les informations régulières concernant l'intimidation de journalistes en Ethiopie", a tweeté M. Nagy.

L'Ethiopie, dont le Premier ministre Abiy Ahmed a obtenu en 2019 le prix Nobel de la paix, occupe le 99e rang sur 179 en matière de liberté de la presse dans le classement annuel de l'ONG Reporters sans frontières.

Le Comité pour la Protection des journalistes (CPJ) a placé dans son rapport 2020 l'Ethiopie parmi les pays geôliers de journalistes. L'ONG rappelle qu'au moins sept journalistes ont été emprisonnés dans l'année, la plupart "accusés de crimes contre l'Etat" et que leur détention a été prolongée à plusieurs reprises sans qu'aucune preuve ne soit apportée.

AFP

 

Turquie : Le journaliste d'opposition en exil Can Dündar condamné à 27 ans de prison



Réfugié en Allemagne depuis 2016 après sa première condamnation, le journaliste Can Dündar a été condamné à 27 ans de prison, coupable d'espionnage et d'avoir aidé un groupe terroriste selon un tribunal turc. Le journaliste avait été à l'origine des révélations sur les livraisons d'armes d'Ankara à des groupes islamistes en Syrie. 

Un tribunal turc a condamné mercredi 23 décembre à plus de 27 ans de prison le journaliste d'opposition exilé Can Dündar, devenu la bête noire du président Recep Tayyip Erdogan après avoir révélé des livraisons d'armes d'Ankara à des groupes islamistes en Syrie.

Can Dündar, qui vit en exil en Allemagne, a été reconnu coupable d'aide à un groupe terroriste et d'espionnage pour avoir publié en 2015 une enquête, images à l'appui, sur ces livraisons d'armes par les services secrets turcs, dans le quotidien d'opposition Cumhuriyet dont il était le rédacteur en chef.

En mai 2016, Can Dündar, 59 ans, avait été condamné à cinq ans et dix mois de prison pour divulgation de secrets d'État dans cette affaire qui avait provoqué la colère du président Erdogan, dont le pays soutient des groupes de l'opposition syrienne contre le régime du président Bachar al-Assad.

Mais ce verdict avait été annulé en 2018 par une haute cour qui a ordonné un nouveau procès contre Can Dündar pour des accusations d'espionnage comportant une peine plus lourde.
Dans les attendus du verdict rendu mercredi, le tribunal a précisé que Can Dündar a été condamné à 18 ans et six mois de prison pour "divulgation d'informations confidentielles et espionnage" en lien avec la publication de l'enquête sur les livraisons d'armes, et à huit ans et neuf mois de prison pour "aide à une organisation terroriste", en l'occurrence le réseau du prédicateur Fethullah Gülen.

Fethullah Gülen, qui vit en exil aux États-Unis, est accusé par Ankara d'avoir orchestré le putsch avorté contre le président Erdogan en juillet 2016.

"Déchéance de la justice" 

Can Dündar s'était réfugié en Allemagne en 2016 après sa première condamnation.
"C'est une décision politique et une vendetta qui n'a rien à voir avec le droit", a réagi Can Dündar au téléphone auprès de l'AFP. "Le but est aussi de décourager les journalistes de publier ce genre d'informations".

"Erdogan a promis de me faire payer le prix et il essaye maintenant de le faire. On assiste à la déchéance de la justice en Turquie", a-t-il ajouté.

Recep Tayyip  Erdogan avait confirmé lors d'une visite à Berlin en septembre 2018 vouloir l'extradition du journaliste, l'accusant d'être un "agent" ayant divulgué des "secrets d'État".

En février 2016, le président Erdogan s'en était violemment pris à la Cour constitutionnelle, plus haute autorité judiciaire du pays, après qu'elle a ordonné la libération de Can Dündar pendant la durée de son procès, après plus de 90 jours en détention provisoire.

"C'est une décision insensée et ignoble qui confirme que le régime du président Erdogan ne sait pas s'arrêter dans sa fuite en avant autoritaire", a réagi au verdict Pauline Adès-Mével, rédactrice en chef de RSF qui considère que le cas de Can Dundar "illustre au plus haut point l'acharnement judiciaire que subissent les journalistes en Turquie".

"Que peut-on penser d'un système judiciaire qui condamne des journalistes à d'aussi lourdes peines simplement pour avoir fait leur travail?", s'est interrogé de son côté le secrétaire général de la Fédération européenne des journalistes Ricardo Gutiérrez.

Atteintes à la liberté de la presse

Mais le directeur des communications à la présidence turque Fahrettin Altun, a affirmé que "présenter Can Dündar comme un journaliste - et sa condamnation comme une atteinte à la libre expression - est une insulte aux vrais journalistes".

Pendant son procès, Can Dündar avait échappé à une attaque à l'arme à feu devant le tribunal d'Istanbul. L'auteur des tirs avait été condamné à dix mois de prison.

Outre la peine de prison annoncée mercredi, la justice turque avait ordonné en octobre la saisie des biens de Can Dündar et le gel de ses comptes bancaires.

Cumhuriyet, le plus ancien quotidien en Turquie, n'appartient pas à un grand groupe d'affaires, mais à une fondation indépendante, ce qui en fait une cible facile pour les autorités.

Ainsi, un tribunal turc a maintenu en novembre 2019 les condamnations, prononcées en 2018, de 12 ex-collaborateurs et dirigeants du journal à des peines allant jusqu'à plus de huit ans de prison pour avoir "aidé des groupes terroristes", à savoir le réseau du prédicateur Gülen et le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK).

Outre l'épreuve judiciaire, Cumhuriyet a traversé une difficile transition en 2018 avec un changement brusque de l'équipe dirigeante qui s'est

AFP
 

UNESCO : La Covid a fragilisé la liberté de la presse dans le monde entier en 2020

La Directrice générale de l’Organisation des Nations Unies pour l’éducation, la science et la culture (UNESCO) Audrey Azoulay a appelé, mercredi 23 décembre, à protéger le journalisme et à défendre l’information comme un « bien public ». 

L’UNESCO a condamné le meurtre de 59 professionnels des médias en 2020, dont quatre femmes. Avec 22 meurtres, les régions Amérique latine/Caraïbes et Asie-Pacifique en enregistrent le plus grand nombre, suivies par celle des États arabes avec neuf et l'Afrique six. Dans l'ensemble, l'année 2020 a été marquée par l'un des bilans les plus bas enregistrés par l'agence onusienne dans la dernière décennie, au cours de laquelle 888 journalistes et travailleurs des médias ont payé le prix ultime pour informer le public. En 2019, l’UNESCO avait condamné les meurtres de 57 journalistes, 99 en 2018.

« En 2020, nous avons été les témoins, peut-être de manière inédite, de l'importance du journalisme pour nos démocraties et pour la protection des droits de l'homme », a déclaré la Directrice générale de l’UNESCO, Audrey Azoulay. « Toutefois, la pandémie a également été une ’’tempête parfaite’’ qui a affecté la liberté de la presse dans le monde entier ».

À l'aube de la nouvelle année 2021, Mme Azoulay a appelé toutes les parties prenantes à « défendre l'information en tant que bien public ». « Protéger le journalisme, c'est protéger la vérité », a-t-elle souligné.

Le rapport 2020 de l'UNESCO sur la sécurité des journalistes et le danger de l'impunité donne un aperçu des tendances s’agissant des assassinats de journalistes dans la période 2018-2019. En moyenne, au cours des dix dernières années, un journaliste a été assassiné tous les quatre jours. Le rapport montre aussi que l'impunité pour les crimes contre les journalistes continue de prévaloir, en dépit d’une amélioration minime en 2020 (87% contre 88% en 2019). Le lancement du rapport a été accompagné d'une campagne mondiale de sensibilisation à fort impact intitulée « Protéger les journalistes. Protégez la vérité ».
Des meurtres en trop grand nombre
Si les améliorations récentes restent à confirmer dans la durée, les conditions de travail des professionnels des médias restent préoccupantes partout dans le monde. Non seulement y a-t-il encore un trop grand nombre de meurtres mais les agressions et le harcèlement continuent de monter en flèche.

L'année 2020 a mis en évidence les dangers auxquels les journalistes sont confrontés lorsqu'ils rendent compte de mouvements de protestation tels que « Black Lives Matter » et d'autres manifestations un peu partout dans le monde. Dans sa note d'information sur la sécurité des journalistes lors de la couverture de tels événements, l'UNESCO a recensé 125 manifestations dans 65 pays au cours desquelles des professionnels de la presse ont été pris à partie, voire arrêtés entre le 1er janvier 2015 et le 30 juin 2020. Vingt et un de ces événements ont eu lieu au cours du premier semestre de cette année et le nombre d'incidents n'a cessé d'augmenter au cours du second.

Les femmes harcelées en ligne
La sécurité des femmes journalistes demeure une autre source de préoccupation majeure. Ciblées pour leur profession et leur sexe, elles sont particulièrement visées par le harcèlement en ligne et la violence sexiste.

Pour mieux comprendre ce phénomène, l'UNESCO et le Centre international des journalistes (ICFJ) ont lancé en octobre 2020 une enquête mondiale sur la violence en ligne contre les femmes journalistes et les mesures à prendre pour lutter contre.



Soixante-treize pour cent (73%) des femmes journalistes qui ont répondu ont déclaré avoir subi des violences en ligne dans le cadre de leur travail et 20% ont déclaré que le harcèlement virtuel avait été suivi d'abus ou d'attaques physiques.

Les défis à la sécurité des journalistes ont été exacerbés par la Covid-19. La crise qu'a déclenchée la pandémie a menacé la viabilité et la survie même des médias, notamment en raison de la perte massive de revenus publicitaires, générant un environnement encore plus précaire pour les travailleurs des médias avec de nouveaux défis à leur droit de chercher, recevoir et transmettre des informations.

En outre, dans de nombreux pays, la législation d'urgence et les mesures adoptées pour freiner la propagation du virus ont servi d'alibi pour restreindre la liberté d'expression et de la presse. Des journalistes ont également été poursuivis pour avoir révélé les manquements des autorités dans la gestion de la crise sanitaire. Ensemble, ces conditions ont formé ce que l’on a pu qualifier de « tempête parfaite », faisant craindre que la profession de journaliste ne soit « en danger d'extinction », comme l'indique la note d'information « Journalisme, liberté de la presse et Covid-19 ».

Sensibiliser au rôle de l'information 
Pour faire face à ces défis, l'UNESCO a renforcé ses programmes de sensibilisation, s'est engagée avec la profession judiciaire à lutter contre l'impunité, a renforcé le plan d'action des Nations Unies sur la sécurité des journalistes et la question de l'impunité, a produit des informations pertinentes sur ces questions urgentes et a accru les possibilités de renforcement des capacités des journalistes et autres travailleurs des médias.

De nouveaux engagements pour relever ces défis ont été pris par les principaux acteurs lors de la Conférence mondiale sur la liberté de la presse, organisée par l'UNESCO et le gouvernement des Pays-Bas les 9 et 10 décembre. Parmi ces engagements, figurait une nouvelle contribution de sept millions d’euros de la part des Pays-Bas destinée à l’UNESCO et au Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme (HCDH) afin de renforcer la liberté de la presse et la sécurité des journalistes dans les années à venir.

Au cours de la conférence, plus d’une cinquantaine de ministres, aux côtés de représentants de premier plan de l’ONU, des médias et de la société civile, ont conjointement lancé un appel d’urgence pour la protection de la liberté de la presse et la sécurité des journalistes dans le monde.

Cette année, l'UNESCO a renouvelé son engagement à sensibiliser au rôle de l'information en tant que bien public. Elle a notamment lancé une nouvelle initiative visant à promouvoir la transparence des plateformes internet, ce qui est essentiel pour garantir une approche fondée sur les droits de l'homme face à des problèmes tels que la désinformation et les discours de haine.

Il s'agit également de soutenir la viabilité continue d'un paysage médiatique pluraliste et d'enseigner la pensée critique par le biais de stratégies d'éducation aux médias et à l'information.

 
 
LA VIE DE L’UPF

UPF TOGO s'indigne de l'interpellation du journaliste Carlos Ketohou

La Section togolaise de l’Union internationale de la presse francophone (UPF-Togo) a exprimé, mercredi 30 décembre, son incompréhension à la suite de l’arrestation du journaliste Carlos Ketohou à son domicile, à Lomé.

Dans un communiqué rendu public, le bureau exécutif de l’UPF-Togo dénonce cette arrestation qui survient, à la veille de la comparution de ce dernier devant le Service central de Recherches et d’Investigations Criminelles (SCRIC), à la suite d’un article portant sur une affaire de vol de cuillères dorées par des femmes ministres.

«Nous déplorons… qu’il soit interpelé de cette manière alors que tout portait à croire qu’il répondrait à ladite convocation», a notamment dénoncé Loïc Lawson, le Président de cette section.
Tout en annonçant prendre les dispositions pour suivre de près cette

affaire, l’UPF-Togo qui dit craindre, partant de cette interpellation, les risques de « dégradation de la liberté de presse » au Togo, appelle vivement à la transparence des autorités policières et judiciaires pour un « dénouement heureux » de l’affaire.

«Le Togo doit maintenir le cap et l’élan du renforcement des libertés fondamentales en général, et celle de la presse en particulier » a insisté le Président de l’UPF-Togo qui en appelle, par ailleurs, à la mobilisation des journalistes et organisations de presse pour la libération du confrère.

 
UPF Guyane fête la naissance d'un magazine d'information
Après plusieurs mois de travail acharné, Carl Tacita et son équipe ont réussi le bouclage de “United Kréol”, le dernier-né des magazines de Guyane pour une diffusion en 2020. La mise sur orbite a eu lieu dans la ville spatiale à l'occasion d'une cérémonie haut en couleur. Le lancement officiel s'est déroulé dans une ambiance conviviale le 19 décembre dernier, en présence de plusieurs personnalités du monde culturel, politique et associatif. Frantz Montoban, président de l’UPF-Guyane, faisait partie des invités d'honneur qui se sont exprimés pendant la manifestation.

“Après la disparition de plusieurs journaux en Guyane, la naissance d'un magazine est une bonne nouvelle pour les Guyanais. Avec le développement des réseaux sociaux, les lecteurs ont besoin d'informations plurielles et vérifiées. Les sujets développés dans votre magazine ont été traités en dehors de l'actualité chaude et offrent un tour d'horizon important de ce qui se fait ici et ailleurs. Un journal est un espace de libre expression dans le respect de l'autre. Le premier numéro de United Kreol donne la parole à une pléiade d'artistes de tous horizons et de personnalités issues de de la diversité. Très cher Carl, nous sommes très contents du résultat et nous encourageons l'équipe à poursuivre dans cette voie” a déclaré le représentant de l'UPF internationale en Guyane.
 
Les sujets couchés sur le papier glacé de 320 grammes invitent également les lecteurs à voyager dans le monde de l'art à travers des portraits bien ficelés, une manière pour l'équipe de mettre en avant l'Humain dans toute sa diversité. United Kreol met en rendant hommage aux personnalités qui œuvrent en Amazonie mais ceux qui “exposent” leurs savoirs au-delà des frontières : animateurs radio-télévision et musiciens dont Sylviane Cédia, l'ambassadrice de la musique guyanaise, Alicia Aylies, seule guyanaise à porter la prestigieuse couronne de Miss France... 
D'ailleurs, le lancement du magazine a coïncidé au sacre de la belle provinciale Amandine Petit dans le lieu hautement symbolique du Puy du fou.
Il y a aussi les coups de projecteurs sur le patrimoine culturel à travers les symboliques de l'art tembé, du tambour, de la musique traditionnelle de Guyane, du Brésil et d'ailleurs pour marquer l'ouverture au monde d'un journal conçu entièrement en Guyane.

Pour atteindre ses objectifs, Carl Tacita président fondateur du magazine s'est entourée d'une équipe dynamique pour la sortie du premier numéro avant la fin de l'année malgré la crise sanitaire et économique. Il s'agit entre autres de Johane Alvarez (directrice de la rédaction et de la communication), Carole Plenet (directrice de la gestion administrative), Yolande Montabord et Dina Pruyckemaker (chargées des affaires nationales et internationales), Clarissa Hutchinsson (chargée de relation linguistique à l'international). Cette équipe devrait être renforcée dans les mois prochains mois pour assurer le développement du magazine à l'international.

Gabriel Serville (député de la 1ère circonscription), François Ringuet (maire de Kourou), Nadine Colin et Robert Loe-Mie (conseillers municipaux de la mairie de Cayenne), Tchisséka Lobelt (directrice du livre et de la culture à la CTG) et Frantz Montoban (président de l'UPF Guyane) ont participé activement à la soirée de lancement qui s'est achevée autour d'un cocktail bien garni offert par l'hôtel des roches dirigé depuis quelques mois seulement par Jean-Claude Tissot qui nous vient d'une résidence hôtelière de Togo.

Tano Brassé et Mike Mombrun étaient les principaux animateurs de la soirée. Une soirée qui restera dans les mémoires également avec le défilé de mode orchestré par Joyce de Blancoco. Les nouvelles robes de la collection 2021 portées avec grâce par les mannequins n'ont pas laissé indifférent l'assistance. Les réactions de l'assistance sont satisfaisantes pour les 68 premières pages de textes et de photos.

Peu de publicité pour le moment mais plusieurs personnalités ont proposé d'accompagner l'équipe pour que “United Kréol”, le nouveau magazine trimestriel, puisse perdurer dans le temps. Le prochain numéro est d'ores et déjà prévu pour le mois de mars 2021. Il sera diffusé en trois lagues : français, anglais espagnol.

Nous souhaitons une longue vie à "United Kréol" qui fait désormais partie de la presse de Guyane.
 
UPF Valée d'Aoste :   2020, une année mémorable
Annus horribilis, 2020, marquée par une épidémie d’une ampleur planétaire...

Du jamais vu, de mémoire d’homme, depuis des décennies. Il faut replonger dans nos livres d’histoire pour retrouver des épidémies du même acabit en Europe, comme la peste noire au moyen-âge ou la grippe espagnole au début du siècle dernier. Confinement, distanciation physique et, bien entendu, isolement social, avec tout ce que cela implique sur la santé psychologique des personnes.

Le mot «résilience », souvent employé à tort et à travers, a révélé tout son sens et son ampleur cette année. Il a fallu nous adapter au mieux afin de continuer à affronter avec force et courage les vicissitudes de la vie. Bien évidemment, tout a été bouleversé, et les activités de notre association ont été fortement impactées. Pas de conférences, pas de rassemblements, pas de projet Afrique, pas de rencontres avec les sections amies, pas d’Assises internationales, pas de présentation du livre « Les valdôtains à table », pas d’Assemblée générale de fin d’année, pas de stage professionnel, pas de...

Dans ce marasme ambiant, nous avons tout de même réussi, contre vents et marées, à sauvegarder la tenue du cours sur le «néo-journalisme audiovisuel». La formation, même si retardée, a pu se conclure au mois de septembre dernier avec la production de deux contenus audiovisuels, un reportage et un documentaire (www.upfvda.org, section vidéo).

Nous avons ainsi permis aux jeunes valdôtains d’acquérir des notions dans l’apprentissage des techniques audiovisuelles,

indispensables dans notre naissante société de l’image et des nouvelles technologies, tout en favorisant la pratique de la langue française aussi bien écrite (rédaction de synopsis, de commentaires, de scénarios...) qu’orale (langue de communication).

Aussi, notre ambition à terme est de constituer une base de jeunes suffisamment formés et armés afin qu’ils poursuivent sur cette voie avec des projets qui valorisent au mieux notre culture valdôtaine.

La section valdotaine vient, par ailleurs, d’entreprendre un chantier de rénovation de son site web. Elle a également relancé la publication de son bulletin d’information « Le Forum Francophone ».

Dans l’espoir que, l’année prochaine, nous réussirons tous ensemble, en respectant les gestes barrières sanitaires, à terrasser le monstre Covid comme Saint-Georges le dragon. Tous mes vœux d’une année nouvelle, régénérée, forte et libre de tous virus et autres problématiques. Que ces vœux ne soient pas vains.

Portez-vous bien.
 
Joseph Péaquin
Président de UPF-Vallée d’Aoste
 

Chronique de Pierre Ganz :
La liberté d'expression en question

La liberté d’expression a été le sujet d’un webinaire organisé par l’UPF le 2 décembre dernier. Les coups portés à cette liberté fondamentale ont été illustrés par des témoignages venus entre autres du Benin, d’Algérie, de France. Le président et la secrétaire générale de l’UPF, comme le secrétaire général de la FIJ ont insisté sur l’ardente obligation des journalistes de défendre ce droit de tous les citoyens.
 
Faut-il le rappeler ? La mission du journaliste, et donc sa déontologie, se fonde d’abord sur cette responsabilité vis-à-vis du public : lui donner accès aux informations et aux idées, lui permettre de s’exprimer dans les espaces d’information. Ceci est primordial, car l’exercice des autres droits humains est tributaire du droit à une libre expression. Chaque citoyen devrait être le garant et le défenseur de cette liberté, pour lui-même et pour les autres.
 
A fortiori chaque journaliste. Cela leur crée des devoirs. Le premier est le respect de la vérité, la recherche exigeante de l’exactitude des faits rapportés. Cela leur donne des droits. Le premier est celui de poser des questions et d’enquêter librement sur ce qui est d’intérêt public. Notons aussi que, comme tout citoyen, les journalistes ont le droit d’exprimer une opinion sur des faits, par le commentaire, la caricature, la polémique.
 
Une question a surgi lors du webinaire du 2 décembre. Une question relancée par le procès en France des attentats de janvier 2015 et l’assassinat d’un enseignant qui avait utilisé une caricature du prophète Mahomet pour illustrer un cours sur la liberté d’expression. Celle des limites à lui imposer.
 
Pour les journalistes, dont la mission est d’informer le public de toutes les réalités de la société, de tous les débats qui la parcourent, de toutes les actions des pouvoirs, bonnes ou mauvaises, la liberté d’expression ne peut être soumise à aucun dogme, à aucun interdit au nom d’une doctrine politique ou religieuse : ce serait, institutionnaliser une censure et instaurer un délit d’opinion. Les seules limites possibles sont celles que la loi fixe pour préserver la paix publique : ainsi en France les discours de haine, l’incitation à la violence, la négation d’un génocide, la diffamation, voire l’insulte sont ou peuvent être illégaux. Le reste peut être publié, cela dut il choquer certains lecteurs ou spectateurs.
 
La Cour Européenne des droits de l’homme l’affirme en 1976 : « La liberté d'expression  (…)  vaut non seulement pour les informations ou les idées accueillies avec faveur, ou considérées comme inoffensives ou indifférentes, mais aussi pour celles qui heurtent,
choquent ou inquiètent l'Etat ou une fraction quelconque de la population. Ainsi le veulent le pluralisme, la tolérance et l'esprit d'ouverture sans lesquels il n'y a pas de société démocratique ».
 
André Malraux lors d’un débat sur la pièce de Jean Genet Les Paravents défendait la liberté d’expression par ces mots : «  l’argument : « cela blesse ma sensibilité, on doit donc l'interdire », est un argument déraisonnable. L'argument raisonnable est le suivant : « Cette pièce blesse votre sensibilité. N'allez pas acheter votre place au contrôle. On joue d'autres choses ailleurs. Il n'y a pas obligation ». Cela vaut pour l’information : personne n’est contraint d’acheter un journal ou de regarder une émission de télévision. Il est en effet toujours loisible de se détourner de ce qu’on désapprouve.
 
Les médias peuvent-ils publier des propos qui heurtent la sensibilité d’une partie du public, et notamment des croyants ? Comme l’explique* le philosophe Charles Girard, la limite de la liberté d’expression dans les états démocratiques consiste à protéger les personnes ou les groupes attaqués pour ce qu’ils sont, pas à protéger leurs croyances: « c’est leur dignité et non leur sensibilité qui pose une limite à la liberté d’expression ». Et il ne peut être créé un droit à ne pas être offensé sans que cela nie ou limite la liberté de celui qui s’exprime.
 
De nombreux textes déontologiques vont dans le même sens. Citons l’article 9 de la Charte d’éthique mondiale des journalistes : « Le/la journaliste veillera à ce que la diffusion d’une information ou d’une opinion ne contribue pas à nourrir la haine ou les préjugés et fera son possible pour éviter de faciliter la propagation de discriminations fondées sur l’origine géographique, raciale, sociale ou ethnique, le genre, les mœurs sexuelles, la langue, le handicap, la religion et les opinions politiques ».  L’idée est bien que ce que le journaliste doit éviter est ce qui peut conduire à des discriminations ou des violences en raison de la religion ou des opinions de quelqu’un, pas de critiquer cette religion ou ces opinions.
 
Au-delà du cadre de la loi (injure, diffamation), la limite est donc celle que se fixe une rédaction dans le libre choix de sa ligne éditoriale. C’est ce collectif qui décide de publier ou pas. Par exemple de prendre le risque de heurter une partie du public par un texte ou un dessin critiquant ou caricaturant une croyance ou une opinion. Mais, dans un régime de liberté, et donc de liberté d’expression, on ne peut être poursuivi et condamné pour cela.
 
Pierre Ganz
 
 
* https://laviedesidees.fr/Pourquoi-a-t-on-le-droit-d-offenser.html.
 

Chronique de Jean-Claude Allanic :
Des difficultés de la langue française ...

Puisqu’il est de tradition, en ce début d’année, de présenter ses vœux, oublions ces angliscismes – de « cluster » en « cancel culture » et autre « mob flash »  - qui ont pollué 2020. Parlons français. Et du français.
 
A propos de vœux, j’ai toujours été fasciné par l’expression « vœu pieux ». En quoi la piété rendrait-elle un vœu irréalisable ? Pieux ou pas, je vous souhaite, en dépit de tout, bonheur, santé… et liberté.
Liberté car quoi de plus important, pour des journalistes, que de pouvoir s’exprimer librement. Je pense à tous les confrères poursuivis ou emprisonnés, en particulier à Khaled Drareni que j’ai connu lors d’une formation sur l’éthique journalistique et que j’ai retrouvé à l’UPF. Comme tout journaliste, Khaled aime les mots, dans toutes les langues qu’il pratique. Qu’on me permette de lui dédier cette chronique qu’il lira, peut-être, dans sa prison en Algérie.
 
Les mots sont nos outils. Ils cernent les vérités, dévoilent les réalités, alimentent nos connaissances, aiguisent nos pensées, enrichissent nos réflexions, nuancent nos savoirs et nos convictions.
Je laisse à Pierre Ganz la tâche (à ne pas confondre avec la tache !) de faire la part des  choses entre ce qu’un journaliste soucieux de déontologie devrait dire ou ne pas dire pour m’en tenir aux difficultés objectives de la langue française.
 
Quelle belle langue que le français ! Mais quel casse-tête ! On s’en doutait déjà, à l’école, avec la litanie des « genoux, hiboux, choux, etc. ». Et allez comprendre pourquoi la foi religieuse ou philosophique ne prend pas de « e » alors que le foie en prend un ou que la voix céleste se termine pas un x et la voie royale par un e ?
 
Profitons donc de ces temps de confinement pour nous replonger dans ces quelques  subtilités de la langue française*. Dans ce petit jeu, Il y en a pour tous les goûts et les couleurs.
Au risque de déplaire à nos collègues du réseau de « Radio Bleu », ces stations devraient s’appeler « Radio bleue » puisque les couleurs s’accordent au pluriel sauf celles qui se réfèrent à une fleur ou à un fruit comme orange (des couvertures orange), avec des exceptions, évidemment, comme rose (des robes roses).

Le vert, comme le rose mais pas comme l’orange, s’accorde donc, tout en étant un homophone qu’il ne faut pas confondre avec un verre, la direction vers, le vers d’un poème, le ver dans la pomme et la pantoufle de vair. C’est clair ?
 
Autres pièges. Bien que la mode est de prétendre régenter les genres en les « gendrant », la tradition s’accorde à reconnaître une sexualité bien partagée entre les masculins et les féminins. Les mots qui se terminent en « e » sont généralement féminins. Sauf que, on écrit une clé et un lycée. Sauf que, on ne dit pas une « favorie » mais une « favorite ». Et ce serait grammaticalement criminel de parler d’une « assassine » ou d’une « escroque » ; nos compagnes sont au-dessus de tout soupçon !
Quant à l’amour, il varie, comme chacun sait. Masculin au singulier, il devient féminin au pluriel : un amour est éternel, des amours sont infinies. Ce qui me rappelle, au passage, ce slogan ancien d’Antenne 2 : « A 2, c’est mieux ». Je confirme.
 
Comme les bons comptes font les bons amis, après ces lettres, terminons sur les joyeusetés des chiffres.
Sachant que les centaines s’accordent, on écrira « deux cents euros » sauf si vous avez touché des intérêts et cela deviendra « deux cent huit euros ». Pour les dizaines, il va de soi qu’on dit « cinquante et un » ou « soixante neuf » (depuis la réforme de 1990, avec ou sans trait d’union). Tout se complique quand on arrive aux « soixante dix » puisqu’on passe alors non pas à « septante et un » ou à « nonante deux » mais à « soixante et onze » et à « quatre vingt douze ». A quel moment Descartes a-t-il émigré en Belgique, en Suisse, au Congo ou au Burundi ?
 
Au bout du compte, on comprend pourquoi il y avait, autrefois, des correcteurs dans les journaux. Et pourquoi il y a, dorénavant, tant de fautes depuis qu’ils ont pratiquement disparu.  

 
* A lire, le hors-série du Figaro Littéraire « Les exceptions de la langue française » de Jean-Loup Chiflet.
 

jcallanic@gmail.com

 
EN BREF
Suisse :
La radio abandonne la FM

La radio suisse est prête à opérer le passage de la FM à la diffusion numérique via DAB+ en 2022 et 2023. Les membres de l'Association des radios privées suisses (VSP), de l'Union Romande des Radios Régionales (RRR), de l'Union des radios locales à but non lucratif (Unikom) et de la SSR ont accepté la procédure dans toutes les régions du pays. En conséquence, la SSR arrêtera ses émetteurs FM en août 2022, les radios privées en janvier 2023 au plus tard.

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+ 42 % d'abonnements :
2020, année faste à TMEDIA

Les titres Tamedia ont enregistré une forte croissance des abonnements en ligne, qui ont progressé depuis le début de l’année de 42% à plus de 120’000 en Suisse alémanique et dans la partie romande du pays, a annoncé jeudi le groupe de presse zurichois TX Group.

Radio Fip Strasbourg :
Fin des émissions

Malgré de bonnes audiences, la station alsacienne, au même titre que celle de Nantes et de Bordeaux, est supprimée par Radio France. Clap de fin le soir du 18 décembre.
Cette décision s’inscrit dans un vaste plan d’économie présenté par la présidente de la radio publique Sybil Veil le 15 novembre 2019. A Strasbourg, dix emplois disparaîtront.

Les signaux positifs du marché et le développement encourageant des chiffres d'utilisation du numérique ont encouragé le groupe de travail "Migration numérique" (AG DigiMig) à poursuivre l'abandon de la FM.

Tamedia a bénéficié d’une hausse de 2% des lecteurs payants par rapport à 2019.

Sur la sellette depuis plusieurs années, la radio Fip Strasbourg, la disparition de la radio est accueillie avec déception et incompréhension.


 
 

UPF : Relance campagne d'adhésion 2021

La campagne d'adhésion/renouvellement est lancée. Les demandes sont à envoyer à vos sections respectives qui se chargeront de les centraliser et de les valider en amont, avant l'envoi au secrétariat international à Paris. Nous vous invitons donc à prendre contact sans tarder avec vos sections dans vos  pays respectifs pour l'envoi de vos demandes d'adhésion ou de renouvellement 2020. Ces demandes seront ensuite validées par le secrétariat général.

Pour les pays qui ne disposent de section nationale, les demandes sont à envoyer de façon individuelle à Paris à l'adresse suivante : union@presse-francophone.org.

Cette année, l'UPF met en place un nouveau dispositif pour l'adhésion et le payement en ligne. Ce système est en cours de finalisation et les procédures vous seront communiquées incessamment.
 
L'UPF ne vit que par et pour ses adhérents. Nous vous attendons nombreux pour 2021 que nous vous souhaitons une année belle et heureuse. Une année de consécration de la liberté d'expression et d'information. Une année de paix et de sécurité pour les journalistes partout dans le monde.


TELECHARGER LE BULLETIN D'ADHESION /
https://mcusercontent.com/3c6ca9fcb7350e140c279ae97/files/536170ad-0c6f-40aa-a792-63f7dac00b19/Fiche_renouvellement_adhesion_2021.doc
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