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TROISIEME PARTIE
IL ÉTAIT UNE FOIS LE COMTÉ DE NICE
« CETTE CHRONIQUE DE THIERRY JAN ECRIVAIN-HISTORIEN NICOIS DISPARU DEPUIS VA ÉVOQUER L’HISTOIRE DU COMTÉ DE NISSA DEPUIS 1860. »
NUMÉRO : 21
LES PERSONNALITES POLITIQUES
ALZIARY DE MALAUSSENE
Il est né en 1836 à Nice et est mort dans la même ville en 1905. C’est lui qui, avec Jules Gilly battra Borriglione aux municipales. Après le retrait pour maladie de l’éphémère Gilly, il devient maire de Nice en 1886. Dix ans plus tard Honoré Sauvan le fera tomber à son tour.
ALFRED BORRIGLIONE
Il est certainement le plus emblématique de son époque. Alfred Borriglione est né à Nice en 1841. Après des études d’avocat, un moment militant pour le séparatisme, il débute aux législatives de 1876 sa brillante carrière politique avec son parrain : le Baron Boissard Di Bellet. Ils seront tous deux élus députés. Deux ans plus tard il remplace Auguste Raynaud, dont il fut conseiller municipal, au fauteuil de maire. Il sera un bâtisseur et organisera une exposition universelle au Piol en 1884. On lui reprochera d’avoir détruit le cimetière saint Etienne et ses nombreux travaux. Il perd d’ailleurs la mairie en 1886. Borriglione et ses « Turcos » ainsi appelés en référence aux troupes d’élites de la guerre de 1870, tiennent le « Babazouk » et les quartiers populaires. Cette troupe d’environ mille membres, quadrillent la ville. Ils sont ses agents électoraux. Aux législatives de 1885, on innove avec un scrutin de liste. Bischoffsheim tente avec le docteur Balestre et Gazagnaire de Cannes de déboulonner Borriglione de la députation. Alfred Borriglione avec Rouvier qui vient de Marseille et le maire de Grasse : Roure, sont élus tous les trois. Borriglione a son journal : « Le Petit Niçois » et son parti : « parti du riz ». C’est un symbole, le riz étant l’alimentation populaire. Borriglione et son parti défendent le particularisme et l’identité niçoise. L’autre parti : « parti dou pèbre » ou du poivre est pro français et Provençal. Raiberti va devenir son adversaire de droite et même le battre à une législative en 1889. L’année suivante Borriglione triomphe dans la circonscription de Nice campagne. En 1894, il rejoint le sénat et meurt en 1902.
BISCHOFFSHEIM
Cet Hollandais né à Amsterdam en 1823 fera des études d’ingénieur à l’école centrale. C’est avant tout un mondain, qui charge Charles Garnier de lui construire une villa à Bordighera. En 1880 il est naturalisé Français et ayant acheté un an avant des terrains au mont Gros, il y fait édifier un observatoire.
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PORTRAIT DE CHARLES GARNIER ARCHITECT DE L'OPERA DE PARIS
En 1881 il se présente aux élections dans la circonscription de Nice campagne et il est élu avec la neutralité de Borriglione. Après son échec de 1885 et une invalidation en 1889 à Nice, il est élu député en 1893 à Puget Théniers. Il va être le mécène de sa circonscription et des campagnes, offrant des fontaines et des lavoirs et surtout un hôpital à la sous-préfecture des Alpes Maritimes. Il est battu en 1906 et meurt peu après.
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FRANCOIS DIEUDE DEFLY
1809-1884, diplomate, sénateur des Alpes Maritimes du 30 janvier 1876 au 19 juillet 1884, date de son décès.
JOSEPH DURANDY
C’est une grande figure de Nice. La ville lui doit beaucoup. On citera entre autres : sa situation sanitaire, alimentation en eau avec le canal de la Vésubie, le gaz, l’électricité et d’une manière générale, le développement de la cité en cette fin de XIX° siècle. Durandy est né à Guillaumes en 1834 et décéda à Borgo san Dalmazzo près de Cuneo en 1912. C’est lui qui ouvrit les boulevards : Victor Hugo, Carabacel, Dubouchage, Gambetta. C’est encore Durandy qui œuvra pour les lignes ferroviaires Nice Digne et Nice Cuneo. Il fut président du conseil général et abandonnera celui-ci en 1899. Auguste Raynaud fut un de ses principaux soutient.
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DOMINIQUE DURANDY
1868-1922 fut aussi conseiller général de Villefranche sur mer et député. Directeur du Petit Niçois, il était le fils de Joseph et le gendre de Borriglione.
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GENERAL GOIRAN
Il est né en 1847 à Nice, polytechnicien en 1866. Il est élu maire de Nice à sa retraite, battant Honoré Sauvan en 1912. Il sera le maire de la guerre et ne se représentant pas en 1919, il laisse Sauvan récupérer son fauteuil.
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FRANCOIS MALAUSSENA
Ce Levensois voit le jour en 1814. Longtemps hésitant, il se rallie au parti français et soutient le rattachement. Il fut syndic en 1857 et organise le plébiscite en 1860. Il restera fidèle à Napoléon III qui l’aida dans le développement de Nice. Il perd sa mairie avec la chute de l’empire, mais reste jusqu’à sa mort en 1882, président du conseil général.
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FLAMINIUS RAIBERTI
Il est né à Nice en 1862, apparenté par mariage à Malausséna, il est député en 1889 après l’invalidation de Bischoffsheim, il le restera jusqu’en 1922. Il devient alors sénateur, ce qu’il restera jusqu’à sa mort en 1929. Il présidera le conseil général durant 15 ans .
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AUGUSTE RAYNAUD
Né et mort à Nice : 1829-1896. Il succède à Malausséna et organise le premier carnaval en 1873. C’est sous sa municipalité que fut tracé le tramway à chevaux. Il sera conseiller général de 1887 à 1892. Après avoir été battu par Borriglione à la mairie, il se consacra à la chambre de commerce.
MAURICE ROUVIER
Il est né le 17 avril 1842 à Aix en Provence, fut député des Alpes Maritimes de 1885 à 1903 et sénateur de 1903 à 1911. Il sera aussi président du conseil général du même département de 1890 à 1911, date de sa mort à Neuilly sur Sein.
HONORE SAUVAN
Il est né l’année du rattachement, maire à 36 ans, il le restera jusqu’à 1912, pour retrouver son fauteuil après la guerre. Il est conseiller général de Levens. En 1886 il est 4ème adjoint sur la liste d’Alziary de Malaussene. Il sera élu sénateur en 1903. Il meurt en 1922.
T Jan.
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IL ÉTAIT UNE FOIS LE COMTÉ DE NICE
NUMÉRO : 22
NICE ET LE 1° CONFLIT MONDIAL
La vie à Nice en juin 1914, ne laisse pas présager de cet orage qui va bientôt éclater et anéantir un style de vie et une certaine société. La saison d’été a été préparée avec soin. Pierre Ivaldi, le directeur du théâtre de l’Eldorado a signé des contrats et programmé une belle affiche. Le grand magasin de la Riviera, inaugure le 5 avril les nouvelles installations et le « Petit Niçois » fait à cette occasion un reportage sur cet événement mondain. Le 1er juillet 1914, soit trois jours après l’attentat du nationaliste serbe, qui a coûté la vie à l’Archiduc héritier d’Autriche, nul ne songe à la guerre. On peut lire dans le journal, les nombreuses manifestations prévues : Le Gireling club de Nice organise en trois jours pendant la fête nationale, une excursion à Toulon et dans ses environs. Divers concours sont organisés et notamment celui du « Petit Niçois » qui aura lieu à Agay le 19 juillet Le journal rapporte le 3 juillet : les travaux du parlement qui n’ont rien d’une préparation à la guerre. Il s’agit de discuter le budget et de voter une réforme électorale. Deux jours plus tard, le quotidien publie la liste des festins de l’arrière-pays. Des banquets sont organisés dont ceux : de la société des chasseurs ou du syndicat des comptables. Le 11 juillet 1914, comme chaque samedi, le Petit Niçois fait la promotion d’un village de l’arrière-pays, cette semaine il s’agit de Sospel. Le tour de France en ce 14 juillet fait étape à Nice et c’est le Belge Rossius qui gagne sur le boulevard Risso devant Pélissier. Le 17 juillet, la France et le Comté, sont préoccupés par l’affaire Caillaux.
La femme de Joseph Caillaux a assassiné Calmette le directeur du Figaro. Le 19, monsieur Soulignac, le directeur de l’opéra de Nice publie le programme de la saison lyrique « 1914-1915 ». On le voit, nul encore ne songe à la guerre. Les chancelleries Autrichiennes et Serbes, échangent des notes et Vienne réclame surtout les responsables de l’attentat, Prinzip n’est qu’un exécutant. C’est le 24 juillet en pleine affaire Caillaux, qu’un entrefilet évoque pour la première fois une situation de crise dans les Balkans. Le lendemain le Petit Niçois nous invite à deux sympathiques escapades soit à Clans, ou à Roquebillière. Le lundi 27 juillet, le risque majeur d’un conflit entre l’Autriche et la Serbie, fait la une du Petit Niçois. Le 1° août 1914 On apprend que Jean Jaurès a été assassiné hier. Cette fois la situation est très grave et on apprend l’ordre de mobilisation le dimanche 2 août. Trois jours plus tard l’Allemagne déclare la guerre et dès lors c’est un enchaînement qui va rendre le conflit mondial. On peut dire sans trop de risques que le XX° siècle a commencé ce jour funeste où l’Europe s’est suicidée. La mort du saint père Pie X le 21 août 1914 et l’élection de Benoît XV le 4 septembre ne font pas la une. Les « Alpins » dès le début du conflit entrent en Alsace au col du « Bonhomme » et bientôt prennent Mulhouse. Mais le front va dangereusement se rapprocher de Paris. Une nouvelle fois le gouvernement se replie à Bordeaux. Grâce au gouverneur militaire de Paris Joseph Gallieni, les Allemands sont stoppés sur la Marne et le « Petit Niçois » comme toute la presse Française titre à la une le 15 septembre 1914 : « Victoire de la Marne », les Allemands arrêtés et en replis. Les corps de troupes de la place de Nice sont pour l’infanterie : 120ème tirailleurs et 163ème de ligne qui quittera Nice dès le 16 août. Les chasseurs ne sont pas encore le célèbre 22ème, mais le 7ème. On ne parle pas encore des diables bleus, surnom qui leur sera donné par les Allemands. La légion garibaldienne est composée d’Italiens volontaires qui s’engagent dans la légion étrangère, l’exemple sera donné le 16 août par le correspondant à Nice du journal : « L’Italie ». Ce corps part lui, le 1° septembre avec le chevalier Giuseppe Maruffi vétéran des campagnes de 1870. Les deux petits-fils du héros des deux mondes donneront leur vie pour la France ; Constant et Bruno, le 28 janvier 1915, deux médailles à leur effigie, seront apposées sur la statue du héros niçois. Peu avant, un vibrant hommage sera rendu à Garibaldi par le député Lairolle. Les sept frères Massa de la Madeleine sont mobilisés tous ensemble dès le début du conflit. Les enrôlements, outre dans les casernes, se pratiquent pour les civils et les réformés à l’hôtel Richemond et de Russie au 7 avenue Durante, il accueillera d’ailleurs, lui aussi les blessés, ou au 9 rue Palermo au coin de la rue Gioffredo. Le premier exploit Niçois, le 19 août un chasseur, vitrier à Nice dans le civil, capture le drapeau du 132ème régiment d’infanterie Allemande, c’est la première prise à l’ennemi. Des noms honoraient des familles régnantes qui avec la guerre se trouvaient être des ennemis.
La polémique commence le 12 août et la presse locale : « Petit Niçois » et « l’Eclaireur » relaye l’un et l’autre la volonté de la population de débaptiser le square qui se trouve au coin des boulevards Gambetta et Victor Hugo. En effet il porte comme nom : « Square du Roi de Wurtemberg ». Tout le monde veut l’appeler Déroulède, mais le 26, le conseil municipal tranchera et ce sera : jardin Alsace-Lorraine. On en profite pour changer le nom du jardin public de la place Masséna, rendant ainsi un hommage à Albert 1er Roi des Belges. La situation de guerre exige des mesures de sécurité. Le 8 août 1914, le général Galopin, gouverneur militaire de Nice, ordonne l’interdiction de la vente d’alcool aux militaires. Le 17 juillet 1915, le restaurant des orangers au vallon obscur, est fermé administrativement 15 jours, ce pour avoir organisé des bals, sans autorisation. Le 10 avril 1916, le préfet André de Joly, adresse aux maires du département une note, ce suite à une campagne de presse du journal libertaire l’Intransigeant. Dans un article, ce dernier faisait circuler une pétition sur le sort des prisonniers de guerre Français en Allemagne. Le 22 avril de la même année, le représentant de l’Etat demande cette fois, copie de toutes les affiches et décisions qui seraient relatives à la guerre. Nice était loin des zones de combats, l’Italie d’abord neutre puis alliée, il n’y avait pas de danger particulier pour la sécurité et le succès des armes de la France
T Jan.
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