La Chine a une grande stratégie pour détrôner les États-Unis : Spécialiste de la Chine

31 août 2021 Emmanuel

 

830x532_president-chinois-xi-jinping-inspecte-troupes-occasion-90e-anniversaire-fondation-armee-rouge-30-juillet-2017

NOUVEAU : Suivez l'actu du blog sur Telegram !

FacebookTwitterTumblrTelegramWhatsAppPinterestVKEmailPartager

La Chine a une grande stratégie pour détrôner les États-Unis : Spécialiste de la Chine

La Chine a eu trois grandes stratégies pour contrer les États-Unis depuis 1989, culminant dans la dernière phase depuis 2016 de vouloir détrôner les États-Unis, a déclaré l’expert de la Chine Rush Doshi lors d’un récent webinaire pour parler de son nouveau livre.

Doshi a écrit le livre, intitulé « The Long Game : China’s Grand Strategy to Displace American Order », alors qu’il travaillait à la Brookings Institution, qui a organisé l’événement en ligne le 26 août. Aujourd’hui, il est le nouveau directeur de l’administration Biden pour la Chine au sein du Conseil national de sécurité de la Maison Blanche.

PCC 

Selon le livre de Doshi, les responsables du Parti communiste chinois (PCC) « cherchent à redonner à la Chine la place qui lui revient et à faire reculer l’aberration historique de l’influence mondiale écrasante de l’Occident », grâce à la grande stratégie.

La grande stratégie en est maintenant à sa troisième phase, explique Doshi, après avoir examiné des années de documents du PCC tels que des mémoires, des discours et des biographies. Selon lui, la Chine considère désormais sa concurrence avec les États-Unis comme mondiale, régionale et fonctionnelle dans de nombreux domaines.

« C’est le cas dans des domaines clés comme l’économie, la technologie, la finance, les technologies émergentes, et évidemment la sécurité et les institutions politiques », a expliqué M. Doshi. Il a ajouté que la nature de la concurrence sino-américaine était désormais beaucoup plus large et impliquait davantage de pays.

Il a expliqué :

« Si vous regardez le discours chinois sur ce qu’ils considèrent comme l’avenir de la concurrence… ils pensent que l’Occident, les États-Unis et d’autres pays, vont en quelque sorte travailler de plus en plus ensemble. »

« Ils pensent qu’ils doivent faire la même chose avec d’autres États, c’est un peu plus difficile, selon leur propre estimation, car ils n’ont pas le même réseau d’alliances et de partenariats historiques. »

Ses commentaires ont été faits à titre personnel, en tant qu’ancien membre de la Brookings.

La première phase de la grande stratégie de la Chine a duré de 1989 à 2008, puis la deuxième phase a démarré pendant les huit années suivantes, selon M. Doshi. En 2016, la Chine a entamé la troisième phase de sa stratégie.

Pékin voyait les États-Unis pratiquement comme un allié avant de changer de posture et de considérer l’Amérique comme une menace idéologique et militaire à la suite de trois événements : le massacre de la place Tiananmen, la première guerre du Golfe et l’effondrement de l’Union soviétique, selon Doshi. Décrivant ces événements comme un « tiercé traumatique », il explique que Pékin a mis en place la première phase – une stratégie d’émoussement.

 

images2

Son livre explique en détail comment la Chine a pris des décisions militaires, politiques et économiques en accord avec la stratégie d’émoussement. Par exemple, Pékin est passé du contrôle d’un territoire maritime éloigné à la prévention de la capacité de la marine américaine à traverser ou à intervenir dans les eaux proches de la Chine. Ce changement s’est accompagné d’une concentration de ses investissements militaires dans les sous-marins, l’arsenal de mines navales et les missiles balistiques antinavires.

La crise financière de 2008 a incité Pékin à voir les États-Unis différemment, estimant que l’Amérique « s’affaiblissait » et que son modèle économique et politique n’était pas « aussi efficace », a expliqué M. Doshi lors du webinaire. En réponse à cette nouvelle vision, Pékin a commencé à se concentrer davantage sur « la construction des fondations de l’ordre chinois en Asie », a ajouté M. Doshi.

Selon lui, le passage de l’émoussement à la construction a été mis en évidence par un discours de l’ancien dirigeant chinois Hu Jintao lors de la conférence des ambassadeurs de 2009, au cours duquel il a déclaré que la Chine devait « accomplir activement quelque chose ».

En conséquence, Pékin a commencé à se concentrer davantage sur les capacités militaires lointaines, en investissant dans des porte-avions, des bases militaires à l’étranger et des navires de surface, selon son livre.

1028446710

Pékin a réaffirmé sa conviction que les États-Unis, ainsi que l’Occident, étaient en déclin, après avoir vu des candidats populistes remporter plusieurs élections dans le monde en 2016, la victoire de l’ancien président Donald Trump à la présidentielle et le vote du Brexit au Royaume-Uni, selon Doshi. En réponse à son évaluation, le régime chinois a adopté la troisième phase de sa grande stratégie – ce que Doshi appelle une stratégie d’expansion.

Le régime communiste « reprend les stratégies d’émoussement et de construction des premières périodes et les applique sur une scène mondiale », a expliqué Doshi.

« S’il existe deux voies vers l’hégémonie – une voie régionale et une voie mondiale – la Chine poursuit désormais les deux », indique son livre.

Il ajoute :

« Il est donc clair que la Chine est le concurrent le plus important auquel les États-Unis ont été confrontés et que la façon dont Washington gère son émergence au statut de superpuissance façonnera le cours du siècle prochain. »

Source: The Epoch Times, le 30 août 2021 – Traduction par Aube Digitale 

images1

*************************************************************************
INTERNATIONAL
18:42 12.07.2021(mis à jour 18:47 12.07.2021)URL courte
Par 

La stratégie nucléaire strictement défensive adoptée par Pékin ne s’oriente pas vers une nouvelle course aux armements. Une approche radicalement opposée à l’agressivité américaine. Selon Édouard Valensi, auteur de «Stratégie nucléaire de la Chine: armes et doctrine», l’arsenal nucléaire chinois est comparable à l’arsenal français.

Destinés à des missiles balistiques intercontinentaux (ICBM), 119 silos sont en cours de construction dans un désert du nord-ouest de la Chine. Les révélations d’un article du Washington Post ont affolé Washington. Robert Wood, l'ambassadeur américain à la Conférence de Genève sur le désarmement, a jugé le 8 juillet la nouvelle «très préoccupante». Ce pays, a ajouté le diplomate américain, prétend être «une puissance nucléaire responsable» et que son «très, très petit [arsenal] n'a qu'un but défensif»: or ce que la Chine fait serait «en contradiction avec ce qu'elle dit».

Or, tandis que les États-Unis détiendraient à eux seuls plus de 3.800 têtes, la force nucléaire de l’empire du Milieu n’était estimée en 2020 qu’à 200 armes, soit l’équivalent de l’arsenal français, évalué à moins de 300 têtes. Pour une raison simple: depuis les années 1960, Pékin a adopté une stratégie nucléaire strictement défensive. «Les États-Unis ne peuvent pas croire à la sincérité de ces assurances qui s’opposent en tout à leur propre doctrine», explique Édouard Valensi, expert français des questions nucléaires, auteur de Stratégie nucléaire de la Chine: armes et doctrine (Éd. L’Harmattan). Celui-ci appelle d’ailleurs à «ne pas s’alarmer d’une information qui reste à confirmer».

Le premier coup ne sera pas chinois

Si les révélations américaines s’avéraient exactes, notre interlocuteur s’interroge sur la finalité et sur le type de missile équipant ces silos. Il estime que «les forces chinoises sont suffisantes». Si la diplomatie chinoise n’a pas réagi, le Global Times s’en est chargé. Sans démentir la présence de ces silos éventuellement destinés aux missiles Dong Feng-41, le quotidien chinois anglophone perçoit derrière les allégations américaines la volonté de présenter une nouvelle fois la Chine comme l’agresseur. La démarche consiste à placer Pékin sur la défensive pour l’obliger à se dévoiler. Prêcher le faux pour savoir le vrai, en somme.

 

Fréquemment questionné à ce propos, l'Empire du Milieu rétorque que son arsenal est sans commune mesure ceux des États-Unis et de la Russie. Pékin consent à mener des dialogues bilatéraux sur la sécurité stratégique, «sur la base de l’égalité et du respect mutuel».

maxnewsfr753297

En parallèle à la modernisation tous azimuts de son armée de l’air et de sa marine, la Chine a bien renforcé son équipement nucléaire depuis 2017. En 2020, le Pentagone estimait que la Chine semblait vouloir doubler le nombre de ses têtes nucléaires. Mais, selon notre intervenant, cet arsenal a avant tout une «finalité strictement dissuasive» de la Chine, stratégie confirmée dans le Livre blanc chinois sur la Défense publié en 2019.

Pour l’heure, l’arsenal chinois repose essentiellement sur deux types de missiles:

«Des armes tactiques, les missiles DF-26 de moyenne portée, tueurs de porte-avions. Leurs têtes nucléaires, manœuvrables, guidées depuis l’espace, peuvent frapper les navires de la Septième flotte des États-Unis. Puis des missiles stratégiques, les DF-41 à présent à têtes multiples, capables d’atteindre et de détruire les métropoles américaines. Ils ne sont là qu’en garantie arrière et leur vocation est de ne pas servir.»

Répondant à des exercices militaires américains en mer de Chine du Sud, la Rocket Force de l’armée populaire de libération (l’armée chinoise) lançait en août 2020 deux missiles balistiques, dont le DF-26B, dans la même mer. Un message clair à Washington: la Chine veut être prise au sérieux.

Chose étrange, la stratégie nucléaire de l’empire du Milieu se rapprocherait de la doctrine nucléaire française, selon Édouard Valensi. Tant par sa quantité d’ogives que par son usage: une politique de non-recours en premier. En résumé, le premier coup ne sera pas chinois. «Les armes stratégiques sont là pour ne pas servir et seulement dissuader, les armes tactiques ou préstratégiques sont les seules à pouvoir être lancées», précise l’auteur.

Vers la réunification avec Taïwan?

Si la disproportion du nombre de têtes nucléaires entre la Chine et les États-Unis est criante, elle n’aurait guère d’incidence en termes de dissuasion nucléaire. En revanche, la dissymétrie de portée stratégique s'avérerait essentielle. Alors que les sous-marins nucléaires américains peuvent croiser au large des côtes chinoises, Édouard Valensi estime que la Chine ne pourra disposer d’une composante maritime nucléaire majeure qu’à partir de 2035. Il s’agirait notamment d’un sous-marin de type 096 muni de missiles JL-3 de 12.000 km de portée. Un impératif stratégique, puisque une «agression perpétrée par des forces maritimes conduites par les États-Unis en mer de Chine méridionale» semble être la plus grande menace pesant sur la Chine à l’heure actuelle.

 

Washington pourrait notamment s’appuyer sur l’île de Guam, en plein Pacifique, pour lancer une attaque aérienne d’envergure sur l’empire du Milieu. Les avions chinois ne pourraient pas compter sur une telle tête de pont pour riposter contre les États-Unis. Et, là, ça change beaucoup de choses…

 

Dans l’immédiat, les tensions demeurent restent circonscrites autour de Taïwan. Alors que Washington ne cesse de réaffirmer son soutien militaire et diplomatique à l’île considérée comme dissidente par Pékin, le régime continental accroît ses pressions en vue d’une annexion. À l’occasion du centenaire de sa formation politique, ce 1er juillet,  Xi Jinping a lancé: «Résoudre le problème de Taïwan et réaliser la réunification complète de la patrie sont la mission historique et immuable du Parti communiste chinois.» Un projet inéluctable selon Édouard Valensi:

«Quelques îlots en mer de Chine ou l’indépendance de Taïwan peuvent-ils justifier de risquer la vie de millions d’Américains [si le Président américain s’obstinait]? La partie est perdue avant même d’être jouée.»

Car, désormais, la Chine a plus d’un atout dans ses silos.