Gilets jaunes : du mépris à la haine du peuple !

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Hier un mouvement sans précédent a déferlé dans toute la France, plus de 2000 manifestations citoyennes et spontanées se sont tenues pacifiquement pour exprimer une colère légitime face à un matraquage fiscal devenu insoutenable pour des millions de Français.

Ce mouvement est un cri de détresse populaire, celui d’une France qui ne parvient plus à boucler ses fins de mois à cause d’une pression fiscale devenue insoutenable avec la hausse des taxes sur les carburants.

Ce message ne peut laisser aucun responsable politique insensible, j’ai rencontré depuis des semaines des Azuréens et des Niçois qui voyaient leur pouvoir d’achat fondre sous le coup de mesures fiscales d’un gouvernement technocratique coupé des réalités, infirmiers, taxis, commerçants, familles et retraités cette hausse n’épargne personne et fait déborder la colère d’une France jusqu’ici silencieuse.

Face à ce mouvement inédit et cette colère populaire le gouvernement se fourvoie dans la caricature et l’invective. Si les Français refusent ces taxes c’est qu’ils sont réfractaires au changement, comme les Gaulois décriés à l’étranger par le Président, c’est qu’ils sont pétris d’égoïsme face au changement climatique. Le gouvernement comme une pseudo élite auto proclamée jette l’opprobre sur cette révolte populaire, les manifestants ne seraient que des extrémistes, tel intellectuel dénonce un « poujadisme »,

tel journaliste d’un grand quotidien de gauche des « beaufs haineux d’extrême droite », la palme revenant au porte-parole du gouvernement et successeur parisien annoncé d’Anne Hidalgo dénonçant « cette France qui roule au diesel ».

Ces propos d’un mépris inouï face à un mouvement de détresse sociale ne peuvent que creuser un peu plus le fossé qui sépare la France des territoires d’une certaine élite qui vit depuis trop longtemps en vase clos. Lorsque le peuple vote différemment de leurs injonctions il ne peut qu’être extrémiste, s’il manifeste pour une cause qu’ils ne comprennent pas il ne peut qu’être ignare et analphabète.

En vérité s’ils ne comprennent plus le peuple c’est qu’ils se sont mis à le haïr. Ce qui est bien plus grave pour notre démocratie qu’un simple malentendu.

 

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Eric Ciotti demande au Président Macron d’annuler la hausse des impôts et taxes

 

Monsieur le Président de la République,

Aujourd’hui dans la France entière des Français comptent exprimer leur colère face à une pression fiscale qui devient insupportable. Ils avaient cru, à tort, qu’avec votre élection l’augmentation de plusieurs dizaines de milliard d’euros de prélèvements obligatoires opérée par votre prédécesseur allait s’arrêter. Votre programme écrivait en effet la promesse de « soutenir les classes moyennes et populaires ».

18 mois après votre élection que reste-t-il de cette promesse et de cette ambition ?  Au lieu de libérer les énergies et de délivrer nos compatriotes d’un fardeau fiscal, qui place notre pays en tête des nations ou les prélèvements obligatoires sont les plus élevés, vous avez préféré suivre l’exemple de votre prédécesseur.

Depuis votre accession au pouvoir vous avez créé huit taxes nouvelles et augmenté les impôts de 4,5 milliards d’euros. Était-ce cela le rêve macronien ?

Depuis votre élection, la CSG a augmenté d’1,7 points, ce qui représente une perte de pouvoir d’achat insoutenable pour des retraités aux revenus parfois modestes. Près de 6,5 millions d’entre eux ont perdu en moyenne 380 euros de pouvoir d’achat. Comme si cette injustice ne suffisait pas, vous avez décidé de ne plus indexer les pensions de retraites sur l’inflation : celles-ci augmenteront de 0,3%, tandis que l’inflation sera en hausse de 1,6% selon l’Insee. Selon l’OFCE vos mesures socio-fiscales provoqueront d’ici 2020 une perte de pouvoir d’achat pour près de 80% des retraités. Était-ce cela le rêve macronien ?

Cette politique de matraquage fiscal à l’encontre de nos aînés vous l’assumez en déclarant vouloir favoriser le travail à la rente, comme si la retraite était un avantage indu et une injustice sociale pour des hommes et des femmes qui ont travaillé toute leur vie. Tant bien même, votre cohérence politique et fiscale se trouve aujourd’hui confrontée à la taxation des 70% de Français qui utilisent leur voiture pour se rendre justement sur leur lieu de travail.

Après la taxation des retraites vous avez décidé de taxer les travailleurs français et d’augmenter les taxes sur les carburants de 15 milliards d’euros. La colère des citoyens face à cette fiscalité inique est juste et légitime. En 2022, un automobiliste qui fait son plein de gasoil de 50 litres par semaine aura perdu 800 euros de pouvoir d’achat. Était-ce cela le rêve macronien ?

Quel que soit l’alibi écologique avancé plus aucun français n’est dupe, seules 5% de ces augmentations de taxes seront affectées à la transition écologique. Au-delà de l’injustice sociale d’une telle fiscalité vous faites à présent face à la mauvaise foi d’un message politique inaudible qui a perdu son restant de crédibilité.

Monsieur le Président, ne sous-estimez pas cette fronde populaire car elle en dit long sur l’état moral, psychologique et matériel de notre pays. Avec 1038 milliards d’euros, soit 45,3% du PIB contre 30% en 1960, la pression fiscale sur les particuliers et les entreprises n’a jamais été aussi forte. Des millions de familles sont asphyxiées, nos entrepreneurs craignent d’embaucher, nos artisans et commerçants n’en peuvent plus. Je les entends à Nice, dans ma ville, s’élever contre cette confiscation fiscale qui entrave leur liberté.

Je veux vous dire solennellement que cette voie est suicidaire pour notre pays et mortifère pour le pouvoir d’achat de millions de Français en colère. Cessez de toujours demander des efforts aux mêmes, à ces classes moyennes et populaires qui jusqu’ici subissaient en silence.C’est la raison pour laquelle je vous demande de revenir sur ces hausses passées et d’annuler celles prévues en janvier 2019 sur les carburants pour rendre de l’air à notre pays.

Une autre voie est possible, ce chemin c’est celui de la décrue fiscale. Sachez entendre la colère des territoires et de tous les Français, c’est un cri de détresse qui vous est lancé aujourd’hui.

Je vous prie de croire, Monsieur le Président de la République, à l’expression de ma très haute considération.

Eric Ciottti

 

 

Nouvelle punition pour les automobilistes: pour Eric Ciotti, après l’explosion des taxes sur le carburant, les Français paient la double peine fiscale avec la hausse des tarifs des péages au-delà du niveau de l’inflation

Comme chaque année, les prix des péages seront revalorisés du niveau de l’inflation mais, cette année, ils augmenteront plus que prévu en raison d’une hausse supplémentaire comprise entre +0,146% et +0,22%. Une augmentation décidée par les sociétés autoroutières et validée par le Gouvernement Macron.

En effet, au prétexte de financer 700 millions de travaux d’un plan d’investissement autoroutier décidé par François Hollande – et alors qu’elles réalisent des bénéfices records (1,6 milliard d’euros en 2016) -, les sociétés autoroutières appliqueront une majoration exceptionnelle dès le mois de février 2019. Les sociétés autoroutières ont décidément tous les droits sous la présidence d’Emmanuel Macron !

Encore une fois ce sont les automobilistes qui paieront la facture. Cette nouvelle hausse est une sanction supplémentaire pour le portefeuille de ceux qui prennent leur voiture chaque jour et subissent déjà la hausse massive du prix du carburant dû en partie au matraquage fiscal décidé et assumé par le Gouvernement Macron.

Depuis la privatisation du réseau autoroutier, la Cour des comptes a régulièrement émis des critiques sévères sur la gestion des sociétés autoroutières pointant notamment l’augmentation excessive des péages. Face à cette dérive qui vire à la catastrophe, il est temps de réfléchir à une évolution de ce système dont sont victimes les Français afin que l’Etat joue un rôle de régulateur efficace et protecteur pour le pouvoir d’achat.

Eric CIOTTI

Député et Président des Alpes-Maritimes

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