L'ITALIE A PU ENFIN CONSTITUER UN NOUVEAU GOUVERNEMENT AVEC LA MAJORITE DES DEUX PARTIS QUI ONT GAGNE LES ELECTIONS DU 4 MARS 2018 : LA LEGA ET M5S

VIVA ITALIA !

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Italie : Conte Premier ministre, Salvini à l’Intérieur, Di Maio au Travail !

SOURCE : Publié le 31 mai 2018 - par Gérard COUVERT

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 Gérard COUVERT Editorialiste 

Après une journée harassante et confuse, emplie de petites phrases cajoleuses ou assassines, de confidences de seconds couteaux, et de fuites journalistiques, la nouvelle est tombée à 18 h 58 : dans une note conjointe Salvini et Di Maio déclaraient que les conditions politiques d’un accord étaient réunies. A 19 h 40 Cottarelli remettait son mandat entre les mains du président Mattarella, qui aussitôt convoquait Giuseppe Conte à 21 heures. Ce soir nous savons que les ministres prêteront serment à 16 heures le 1er Juin.

Alors qu’hier en fin de journée Di Maio semblait en perte de vitesse, contesté dans son parti, accumulant les gaffes, Salvini au contraire, avec calme et joliesse, tissait sa toile et paraissait proche d’emporter toute la mise. Aujourd’hui, même si le Partito Democratico estime que le pire populisme de droite arrive au pouvoir, le gain de Salvini est moins éclatant et celui de Movimento Cinque Stelle plus affirmé. Que s’est-il passé ?

La Lega est en hausse, beaucoup au détriment de Forza Italia, d’où la main tendue de Berlusconi, M5S aussi progresse, les sondages récent indiquaient, en cas de vote le 29 juillet, une plus forte abstention des classes les plus pauvres et des jeunes, donc de l’électorat M5S, soumis en plus à une remontée du Parti Démocratique (Renzi étant sur la touche) ; mais un autre est venu bouleverser les conclusions que l’on pouvait en tirer : si les électeurs de La Lega sont les plus fidèles ils sont aussi nombreux parmi la petite moitié d’Italiens qui partent en vacances. Matteo n’a pas voulu relancer et à abattu son jeu.

Voici donc la liste des ministres et chargés d’affaires, car en Italie la création d’un ministère est une affaire compliquée.

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Pour la Lega :

* Matteo Salvini, vice-premier ministre, ministre de l’intérieur (sans le tourisme qu’il revendiquait)

* Giancarlo Giorgetti (bras droit de Salvini) sous-secrétaire à la présidence ; c’est un poste clef

* Giovanni Tria, économie (nettement moins anti-euro que Paolo Savona)

* Giulia Bongiorno, administration publique (en Italie ce n’est pas rien !)

* Erica Stefani , affaires régionales et autonomie (le dada de la Lega)

* Lorenzo Fontana (vice-secrétaire générale de La Lega), familles et handicapés

* Gian Marco Centinaio, politique agricole et alimentation (dada de Salvini)

* Marco Bussetti, instruction publique.

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Pour le Movimento Cinque Stelle :

* Di Maio, vice-premier ministre, développement économique et Travail (risque maximum pour lui)

* Riccardo Fraccaro rapport avec le parlement et démocratie directe (fond de commerce de M5S)

* Barbara Lezzi (pour contrebalence Erica Stefani)  Sud (au début n’était pas prévu, tristement célèbre et fantomatique !)

* Alfonso Bonafede, Justice (désastreux pour les centristes et la droite libérale)

* Danilo Toninelli infrastructures et transport (et pas Mauro Coltorti plus radical)

* Alberto Bonisoli culture et tourisme (une nouveauté en Italie où il n’y avait qu’un ministre des « biens culturels »)

* Elisabetta Trenta défense 

* Giulia Grillo santé (compromis sur la vaccination)

 

Pas affiliés :

* Paolo Savona, celui qui était refusé par le président, aux affaires européennes (une semi-provocation)

* Enzo Moavero Milanesi affaires étrangères, et non pas le francophile Luca Giansanti (une espèce de technicien centriste ! ancien ministre de Monti)

* Général Sergio Costa, environnement et protection du territoire ( en Italie les tremblements de terre, incendies, et glissements de terrains sont fréquent).

Demain Salvini sera le ministre de l’intérieur qui à promis aux Italiens de régler le problème de l’invasion africaine, et Di Maio celui du travail dans un pays ou un jeune sur trois est au chômage.

Dans les mois qui viennent, il sera passionnant de voir lequel des deux populistes, parvient le mieux à suivre ce conseil de Machiavel « Chi viene eletto principe col favore popolare deve conservare il popolo come amico », l’autre méditera ce proverbe latin « il n’y a pas loin du Capitole à la roche Tarpéienne ».

Gérard Couvert

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Europe

Avec un gouvernement mené par Conte, les populistes s'installent au pouvoir en Italie

SOURCE  ; Par Challenges.fr le 01.06.2018 à 07h29

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Après près de trois mois de tractations, le Mouvement 5 étoiles (M5S, antisystème) et la Ligue (extrême droite) ont trouvé un compromis avec le président italien Sergio Mattarella. Le gouvernement sous la direction de Giuseppe Conte doit prêter serment ce vendredi après-midi à 16 heures.

Le premier gouvernement d'alliance entre un jeune mouvement antisystème et un parti d'extrême droite doit prêter serment vendredi 1er juin après-midi à Rome, sous la direction de Giuseppe Conte, un juriste complètement novice en politique qui a promis une politique anti-austérité et sécuritaire. Après près de trois mois de tractations et de rebondissements inédits même pour un pays rompu aux crises politiques, le Mouvement 5 étoiles (M5S, antisystème) et la Ligue (extrême droite) ont trouvé un compromis avec le président Sergio Mattarella, qui exigeait des garanties sur le maintien de l'Italie dans la zone euro.

Le président avait opposé un veto spectaculaire à une première liste dimanche soir. Mais jeudi soir, il a signé avec un soulagement visible une liste amendée de ministres qui doivent prêter serment à 16h00 (14h00 GMT) et demander la confiance du Parlement en début de semaine prochaine. C'est donc M. Conte, un professeur de droit et avocat de 53 ans totalement inconnu quand il a été choisi il y a 15 jours par le M5S et la Ligue, qui sera assis à côté de M. Mattarella samedi pour la parade militaire de la fête nationale.

Et lui qui assurait encore son cours à l'université de Florence jeudi matin représentera l'Italie la semaine prochaine au sommet du G7 au Canada. Au premier rang pendant la campagne et encore plus pendant les mois de tractations, Luigi Di Maio, chef de file du M5S, et Matteo Salvini, patron de la Ligue, sont désormais vice-Premiers ministres, le premier chargé du Développement économique et du Travail, et le second de l'Intérieur.

Equipe resserrée de 18 ministres

Le très sensible ministère de l'Economie et des Finances revient à Giovanni Tria, un professeur d'économie politique proche des idées de la Ligue en matière fiscale mais favorable au maintien de l'Italie dans l'euro. Au départ pressenti pour ce poste, Paolo Savona, l'économiste de 81 ans qui considère l'euro comme "une prison allemande", devient ministre des Affaires européennes.

Il sera flanqué du très européen Enzo Moavero Milanesi, qui a travaillé pendant 20 ans à Bruxelles et a été ministre des Affaires européennes de Mario Monti et d'Enrico Letta (2011-2014), qui devient ministre des Affaires étrangères.

Au final, une équipe resserrée de 18 ministres, dont seulement cinq femmes, qui place quasiment à égalité les deux alliés, même si la Ligue n'a obtenu que 17% des voix aux élections législatives du 4 mars, contre plus de 32% pour le M5S.

La réaction des marchés financiers, qui se sont montrés fébriles ces dernières semaines avec en particulier une envolée du "spread", l'écart entre les taux d'emprunt allemand et italien à 10 ans, est très attendue vendredi. Les investisseurs jugent le programme des deux alliés dangereux pour les comptes publics italiens, mais beaucoup redoutaient encore plus un éventuel retour aux urnes dans les prochains mois.

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"Contrat de gouvernement"

"Nous allons travailler avec intensité pour réaliser les objectifs politiques que nous avons annoncés dans le contrat de gouvernement. Nous travaillerons avec détermination, pour améliorer la qualité de vie de tous les Italiens", a promis M. Conte jeudi soir après avoir présenté son équipe. Ce "contrat de gouvernement", négocié pendant 10 jours et dévoilé il y a deux semaines, tourne résolument le dos à l'austérité et aux "diktats" de Bruxelles, et parie sur une politique de croissance économique pour réduire la colossale dette publique italienne.

Il promet un abaissement de l'âge de la retraite, des baisses d'impôts draconiennes -- cheval de bataille de la Ligue -- et l'instauration d'un "revenu de citoyenneté" de 780 euros par mois -- promesse phare du M5S.

Synthèse de deux philosophies politiques, il présente aussi bien la rhétorique du M5S sur l'environnement, les nouvelles technologies ou la moralisation de la vie publique que le tour de vis sécuritaire, anti-immigrés et anti-islam de la Ligue, alliée en Europe du Front national français.

"Sans promettre de miracle, je peux dire que j'aimerais bien qu'après les premiers mois de ce gouvernement du changement, on ait un pays avec un peu moins d'impôts et un peu plus de sécurité, un peu plus d'emploi et un peu moins de clandestins", a lancé M. Salvini jeudi soir devant ses partisans, confirmant le ton de sa campagne. Il a promis "une approche culturelle légèrement différente", avec par exemple "un bon coup de ciseaux" dans les fonds destinés à l'accueil des demandeurs d'asile.

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Italie : une claque monumentale pour Bruxelles, Macron et Merkel

Publié le 1 juin 2018 - par 

 

Fin du suspense en Italie. Le président de la République Sergio Mattarella a fini par renoncer à son putsch contre la coalition M5S-Ligue.

Il faut dire que les sondages, en cas de nouvelles élections, étaient catastrophiques pour les europhiles, puisque la coalition eurosceptique aurait obtenu 82 députés et 42 sénateurs de plus qu’aujourd’hui !

Un désastre pour Bruxelles puisque les antisystème auraient obtenu la majorité absolue au Parlement.

Un risque que l’UE et son valet Mattarella n’ont pas voulu prendre.
D’où ce revirement de dernière minute du président de la République italienne.

Contrairement à ce que dit la presse aux ordres, ce ne sont pas les marchés qui ont fait peur à Mattarella, ce sont les sondages en cas de nouvelles élections.

C’est donc Giuseppe Conte qui sera président du Conseil.

Salvini, l’homme fort du gouvernement, à l’Intérieur, et Di Maio au ministère du Travail.

Le ministère de l’Economie et des Finances a été finalement attribué à Giovanni Tria, proche de la Ligue, favorable notamment à la «flat tax» prévue dans le programme de gouvernement, c’est-à-dire à la réduction de la fiscalité à seulement à deux barèmes d’impôts (15% et 20%) mais opposé à une sortie de l’Italie de la monnaie unique. A suivre…

Ce revirement forcé est une claque pour les dictateurs de Bruxelles et leurs lèche-bottes, Merkel et Macron, qui ont voulu voler le vote du peuple italien pour imposer les diktats de l’UE.

Bravo au peuple italien qui a signifié à ces ennemis de la démocratie, qu’il entendait rester maitre de son destin. Les sondages en attestent.

Les électeurs n’ont pas cédé aux menaces, aux marchés, aux agences de notation, aux pressions et aux ingérences d’un Macron ou d’un Le Maire qui se sont odieusement mêlés des affaires intérieures italiennes.

Macron a même eu l’audace de féliciter Mattarella quand celui-ci a voulu contrer le choix du peuple italien :

“Mattarella a fait preuve de courage et d’un grand esprit de responsabilité” a osé dire notre président.

Cracher sur le vote du peuple, c’est faire preuve de courage. Pour Macron l’avis des peuples est quantité négligeable.

Eh bien, non ! Les Italiens se foutent des états d’âme d’un Macron, d’un Junker ou d’une Merkel, tous trois des contre-modèles de démocrates.

Ces pieds nickelés qui veulent jouer aux dictateurs vont apprendre que les peuples sont souverains et que rien ne se fera contre leur volonté.

Dans son bloc-notes du jour, Ivan Rioufol nous rappelle cette excellente réponse du général de Gaulle à Alain Peyrefitte, à propos du Traité de Rome qu’il était soi-disant impossible de quitter.

“C’est de la rigolade ! Vous avez déjà vu un grand pays s’engager à rester couillonné ? Non. Quand on est couillonné, on dit : “Je suis couillonné. Eh bien, voilà, je fous le camp.”

Les Anglais ont dit “Je fous le camp” et les Italiens peuvent très bien faire de même.

Les europhiles sont des despotes qui interdisent aux peuple de critiquer l’immigration, l’islam et l’euro, à coups de condamnations de plus en plus sévères.

Ils veulent tuer la liberté d’expression, contrôler les médias, les sites de ré-information, les réseaux sociaux et les échanges privés. Ils sont à l’unisson avec un Erdogan dès lors que la presse n’est pas dans le droit fil de la pensée unique.

C’est la traque permanente des opposant au politiquement correct. Seuls les immigrationnistes et les mondialistes ont droit au label de virginité. Les autres sont des salauds.

Mais tout va changer, car les peuples réalisent que l’UE est le tombeau des nations et l’ennemi de leur identité et de leurs libertés.

Le premier point important est que l’immigration va devenir un sujet majeur dans les prochains mois, car Salvini va mettre en œuvre son programme d’expulsion des clandestins.

Va t-il fermer les ports italiens aux bateaux transportant des migrants ?

Va t-il pouvoir obtenir des accords avec les pays africains pour expulser leurs ressortissants ?

Ce qui est certain, c’est que la politique d’immigration italienne va se durcir considérablement et que nombreux sont les migrants qui fuiront vers l’Allemagne et la France, les deux paradis pour clandestins.

Et c’est bien pour cette raison que l’immigration va devenir ingérable.

Le deuxième point est évidemment l’euro, qui va subir les effets de la politique sociale voulue par Di Maio. Une politique en opposition frontale avec la rigueur imposée par Bruxelles.

Allègement de la fiscalité, remise en cause de la réforme des retraites, revenu de citoyenneté, sont à 180° de la politique actuelle.

Ce qui devrait secouer les marchés et  ramener le débat sur la viabilité de l’euro.

Récemment, 154 économistes allemands ont fait part de la nécessité d’étudier un programme accompagné de sortie de l’euro pour les pays en difficulté.

Ce que préconisait Marine pendant la campagne, mais que les bons à rien de Bercy jugeaient irresponsable !

Bref, l’Italie étant la troisième économie de la zone euro, c’est un poids lourd qui ne se règlera pas comme le cas de la Grèce, portée à bouts de bras par les contribuables de la zone euro.

Si l’Italie fait vaciller l’euro, on pourrait assister à la fin d’une grande illusion : celle de vouloir chausser 19 pays avec la même pointure.

Un éclatement de la zone euro, avant que tous les pays du Sud finissent comme la Grèce, serait le meilleur service que les Italiens puissent rendre aux peuples européens.

C’est d’Athènes et de Rome, berceaux de notre civilisation, que viendra le salut, contre ceux qui veulent détruire et diluer l’Europe dans le grand village mondial.

Jacques Guillemain

 

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