Archéologie

Sous la direction de Marie-Antoinette de Lumley

CNRS EDITIONS

 

Les restes humains

 

fossiles de la grotte

 

du Lazaret

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Cet ouvrage consacré à la grotte du Lazaret a pour but de présenter les 28 restes humains fossiles découverts au cours des chantiers de fouilles préhistoriques organisés dans cette caverne depuis 1961 et de les replacer dans le cadre phylétique de l’évolution humaine.

Quelles sont les ressemblances et les différences des hommes du Lazaret avec ceux plus anciens de la Caune de l’Arago en Roussillon (450 000 ans), de Ceprano dans le Latium (350 000 ans) ou de la Sima de los Huesos en Castille-et-Léon (300 000 ans) ?

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Et en quoi se différencient-ils des hommes plus récents comme ceux de la Caverne delle Fate en Ligurie (80 000 ans), de l’Hortus dans l’Hérault (65 000 à 35 000 ans) ou avec les Néandertaliens classiques du sud-ouest de la France : La Chapelle-aux-Saints, la Ferrassie, la Quina (60 000 à 45 000 ans) ?

Quels sont les caractères principaux qui permettent de les individualiser sous le nom d’Homo erectus européens évolués en voie de néandertalisation ?

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Afin de mieux connaître les restes humains fossiles, les premiers chapitres de cet ouvrage ont pour but de les replacer dans leur cadre stratigraphique, géochronologique et biochronologique, c’est-à-dire de les dater, de présenter les paléo-environnements au sein desquels les hommes du Lazaret ont vécu, de suivre l’évolution des climats à la fin du Pléistocène moyen et celle des faunes de mammifères qu’ils rencontraient.

Une attention particulière a été apportée à l’étude de leur culture matérielle (un Acheuléen supérieur très riche en bifaces, passant progressivement à un Acheuléen supérieur riche en bifaces, puis à un Acheuléen supérieur pauvre en bifaces, à un Acheuléen final à rares bifaces et enfin à un Proto-Moustérien sans biface), ainsi qu’aux comportements de subsistance de ces anciens peuples chasseurs-cueilleurs et à leur mode de vie.

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Dans cet ouvrage le lecteur, amateur ou scientifique, intéressé par la plus haute antiquité de l’Homme, découvrira la vie quotidienne de ces très anciens Niçois qui occupaient à intervalles plus ou moins réguliers la grotte du Lazaret, entre 190 000 et 120 000 ans, de très vieux  Niçois qui étaient des chasseurs de cerfs, de bouquetins, d'aurochs et d'éléphants.

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         L’ouvrage « Les restes humains fossiles de la grotte du Lazaret, Nice, Alpes-Maritimes. Des Homo erectus européens évolués en voie de néandertalisation », préfacé par Xavier Darcos, Chancelier de l’Institut de France, édité par CNRS Editions, vient de paraître.

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         Ce livre de 900 pages, préparé avec la collaboration de 40 co-auteurs de disciplines différentes se termine en conclusion par 30 appendices écrits par 43 chercheurs français et étrangers de divers pays du monde.

         Il présente le bilan de plus de 50 années de recherches multidisciplinaires consacrées à l’étude de la grotte du Lazaret, un site préhistorique exceptionnel, qui a été occupé pendant 70 000 ans, entre 190 000 et 120 000 ans, par des chasseurs de cerfs, de bouquetins, d’aurochs et d’éléphants, de très vieux niçois.

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         Au cours des chantiers de fouilles organisés dans cette grotte, ont été mis au jour de nombreux sols d’occupation acheuléens successifs enfouis dans les dépôts, sur lesquels ont pu être mis en évidence des structures d’aménagement de l’habitat, des foyers, des zones de litières, de nombreux ossements de cerfs, de bouquetins, d’aurochs, d’éléphants, occasionnellement de rennes, de chevreuils, de chamois, de chevaux et aussi de grands carnivores comme l’ours, le lynx, le lion, la panthère, et même le glouton qui vit actuellement dans les zones subboréales et des très nombreux outils taillés : des galets aménagés, des bifaces, des petits outils retouchés. Cet ensemble permet de rattacher les occupants de la caverne à des populations de chasseurs acheuléens.

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         Vingt-huit restes humains découverts sur les sols d’occupation acheuléens peuvent être attribués à des Homo erectus européens évolués en voie de néandertalisation. Leur étude a permis de combler une lacune et de les situer entre les Homo erectus européens, comme l’Homme de Tautavel ou l’Homme de Ceprano, et les Néandertaliens classiques, comme ceux de la Caverne delle Fate en Ligurie italienne ou de la grotte de l’Hortus dans l’Hérault.

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         Des traces de découpe sur les ossements du crâne et sur les os longs ont mis en évidence qu’ils pratiquaient un cannibalisme, vraisemblablement rituel, en raison du choix des ossements humains sélectionnés par les hommes préhistoriques, pour s’approprier les forces physiques et psychiques d’un défunt.

         Ce site acheuléen exceptionnel apporte des données fondamentales et nouvelles pour connaître les comportements de subsistance et le mode de vie des peuples acheuléens qui ont vécu dans la grotte du Lazaret, pendant 70 000 années, tout au long de l’avant-dernière période froide du Quaternaire, alors que la mer était située 120 mètres plus bas que son niveau actuel.

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         Une présentation de cet ouvrage sera organisée le samedi 26 mai, à partir de 16h00, au Centre Universitaire Méditerranéen (CUM), 65, Promenade des Anglais, 06 600 Nice.

         Il sera présenté ensuite au Salon du Livre de Nice les vendredi 1er, samedi 2 et dimanche 3 juin 2018.

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