AFFAIRE TARIQ RAMADAN LE PROFESSEUR ISLAMOLOGUE DE L'UNIVERSITE D'OXFORD QUI VIENT D'ÊTRE MIS EN EXAMEN EN CE DÉBUT DU MOIS DE FÉVRIER 2018 ACCUSE POUR VIOLS AGGRAVES AVEC VIOLENCE SUR DES FEMMES

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Tariq Ramadan a été mis en examen pour viols et écroué vendredi soir. Le professeur d’Oxford qui fascina une partie de la gauche et de la communauté musulmane françaises est visé par la plainte de deux femmes. L’une d’elles, « Christelle », est venue le confronter dans les locaux de la police judiciaire, jeudi 1er février. MARION VAN RENTERGHEM l’a longuement rencontrée. Nous publions ici une partie de son enquête à paraître dans la prochaine édition de Vanity Fair, en kiosque le 21 février.

" Elle avait l’air d’une folle. La capuche de son manteau noir rabattue sur la tête, les yeux flous, habillée n’importe comment avec un pull informe qu’elle n’enlevait plus la nuit et un pantalon de survêtement qui aurait pu être un pyjama. Elle ne se lavait plus, ne se coiffait plus, ne se regardait plus dans la glace. Un après-midi du mois de novembre 2009, elle arrive avec sa béquille devant un commissariat de Lyon, près de chez elle. Sur le chemin, pour garder courage et ne pas changer d’avis, elle se répète en boucle la formule qu’elle est décidée à leur dire. Deux policiers sont postés à l’entrée. Elle s’approche et leur récite sa phrase comme un robot  : «  Je viens porter plainte. J’ai été violée par Tariq Ramadan. » Ils la toisent de haut en bas et s’échangent un petit regard en coin qu’elle prend pour un sourire moqueur. Elle baisse la tête, fait volte-face et repart en clopinant sur sa béquille. Après coup, elle les comprend. Comment croire que cette traînée avait été violée par un grand intellectuel, star des plateaux de télévision, si distingué avec sa barbe coupée ras et ses costumes Armani, si bel homme et si beau parleur que les plus ravissantes doivent tomber à ses pieds comme des mouches ?

Un peu plus de huit ans après, l’annonce de la garde à vue de Tariq Ramadan lui vaut des SMS de félicitations. Nous avions rendez-vous quelques semaines plus tôt dans la ville du Sud où elle se cache et elle me racontait ce premier dépôt de plainte raté. Je l’ai vue arriver de loin, dissimulée derrière ses grosses lunettes de soleil et toujours appuyée sur une béquille. Un vieil accident de voiture lui a écrasé la rotule droite, puis une chute dans les escaliers a achevé de la déglinguer. «  J’apprends à vivre avec la douleur  », lance-t-elle tandis que nous nous dirigeons lentement à pied vers la grande place.

Une fois installée au café, elle paraît solide, presque gaie. Une force de la nature, dirait-on, s’il n’y avait parfois ces yeux qui s’embuent, cette bouche qui se fige sans pouvoir continuer. Devant un croque-monsieur, elle pose à plusieurs reprises la question qui la poursuit depuis toutes ces années  : «  Pourquoi moi ?  » Elle ajoute  : «  Et dire que j’ai cru en sa sincérité. Ma naïveté paraît ridicule, je sais. Je me suis fait avoir comme une débutante, mais c’était retors et ficelé comme un scénario bien rodé.  » Elle raconte tout, photos, échanges écrits et documents à l’appui – e-mails, SMS, images qu’elle fait défiler sur son portable. On parle pendant près de six heures, la première fois. D’un coup, son visage se plisse de douleur. Elle craque. «  J’arrête là. Je ne peux plus.  » Elle sanglote. «  Il m’a salie. Pour toute ma vie, je serai celle qui s’est fait pisser dessus. C’est cette honte qui m’a réduite au silence pendant des années.  »

Jusqu’ici, elle était restée sans visage. Les médias l’ont affublée d’un pseudonyme qu’elle ne s’est pas choisi, «  Christelle  ». Le 27 octobre 2017, elle a à son tour porté plainte pour viol, une semaine après Henda Ayari, qu’elle n’a jamais rencontrée. Celui qu’elles accusent n’est pas n’importe qui : un brillant intellectuel suisse, enseignant à Oxford et né dans une famille notable d’Égyptiens immigrés à Genève, un prédicateur en vogue à l’idéologie controversée qui fut l’icône d’une partie de la gauche, de la communauté musulmane et de la galaxie antisystème françaises, pour ne pas dire un maître à penser  : Tariq Ramadan. La condamnation qu’il encourt n’est pas seulement judiciaire. L’homme qui harangue les foules depuis plus de trente ans pour prêcher la vertu et l’exemplarité de la pratique islamique apparaît en décalage total avec son magistère religieux, intellectuel et moral.

Au café de la place, Christelle me décrit la chambre où a eu lieu «  la scène  », un jour de l’automne 2009 à l’hôtel Hilton de Lyon. La date se retrouve facilement. Le programme annonçant la conférence avec Tariq Ramadan dans une salle du boulevard des Canuts, le 9 octobre à 20 h 30, est toujours mentionné sur le forum «  Manifestations et conférences Solidarité Palestine  » du site de la grande mosquée de Lyon. Thème  : «  Le vivre ensemble, l’islamophobie, la Palestine  ». Selon le récit de Christelle, elle a pris un café avec Tariq Ramadan au bar de l’hôtel avant la conférence. Gêné par les regards indiscrets, celui-ci lui a proposé de poursuivre la conversation dans sa suite. «  Il m’a dit : “Il y a un bureau et j’ai des coups de téléphone à donner.”  » Il recevait, en effet, des tas d’appels de journalistes qui lui demandaient de réagir à l’attribution du prix Nobel de la paix à Barack Obama, le jour même. Ils montent donc, elle par l’ascenseur, lui par l’escalier. Dans sa jeunesse suisse, Tariq était un excellent footballeur et il est resté tonique. Christelle est entravée par sa satanée béquille et une attelle à la jambe droite. «  La chambre était un peu cachée, tout au bout d’un renfoncement du couloir, dit-elle. Quand je suis arrivée, il était déjà là.  »

Sur mon cahier, au café, je dessine un rectangle pour le lit. Elle le gribouille à coups de croix et de gros points pour indiquer le coin droit sur lequel elle s’est assise pour étendre sa jambe, la télévision en face, la bouilloire à gauche. Et là, l’homme, à qui elle tourne le dos avant de le voir, apparaît soudain, la chemise sortie du pantalon et le visage méconnaissable. «  J’étais glacée d’effroi. Il était droit comme un “i”. Il avait des yeux de fou, la mâchoire serrée qu’il faisait grincer de gauche à droite. Il avait l’air habité comme dans un film d’horreur. Terrifiant, terrifiant, terrifiant.  » Ce qui suit, explique Christelle, est d’une violence rare. Coups sur le visage et sur le corps, sodomie forcée, viol avec un objet et humiliations diverses, jusqu’à ce qu’elle se fasse entraîner par les cheveux vers la baignoire et uriner dessus, ainsi qu’elle l’a décrit dans sa plainte. Elle me montre une photo d’elle juste avant leur rencontre où elle est gironde et attrayante. Et une autre, juste après. Elle est méconnaissable. Son visage, tuméfié, a doublé de volume. Elle soupire : «  Voilà ce qui m’est arrivé.  »

Mais comment s’assurer qu’elle dit la vérité ? Comment prouver un viol dans l’intimité d’une chambre d’hôtel où l’on est entrée de son plein gré ? Avec l’espoir d’en savoir plus, j’ai passé un certain temps dans la salle d’attente de Me  Yassine Bouzrou, début janvier. L’avocat de Tariq Ramadan m’avait donné rendez-vous à son cabinet parisien à côté de la place Saint-Michel. Il n’est pas venu, ne s’est pas excusé et n’a plus répondu à mes messages ensuite. Au téléphone, lors d’une brève conversation pour fixer une date, il avait feint de ne pas savoir qui était Christelle. Puis : «  Ah oui ! Vous parlez de celle qui s’est fait violer dans une chambre d’hôtel et a attendu que son violeur revienne sans appeler au secours ?  » Son ironie dubitative donne une idée de ce qui sera une ligne de défense  : comment croire que Tariq Ramadan, marié, père de quatre enfants, érigé en musulman modèle et qui prêche la vertu islamique pour tous, donnerait des rendez-vous à des jeunes femmes qu’il n’a jamais vues pour le simple plaisir de les abuser ? Serait-il assez fou pour risquer de perdre tout ce qu’il a construit pendant des décennies ? Pourquoi passerait-il des mois à monter des plans alambiqués pour violer une femme avec une béquille et une attelle alors que des filles l’attendent à la sortie des conférences ? «  Je sais, ça paraît dingue, reconnaît Christelle. Même moi j’ai du mal à y croire.  »"

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"PAS UN BAISER DE CINÉMA"

Tariq Ramadan, sept ans après le viol dont l'accuse l'une de ses plaignantes, « Christelle ».

SOURCE : © DR/ Mehdi Fedouach-AFP

Elle a les yeux pétillants, les cheveux bruns rassemblés en queue-de-cheval, un jean et un chemisier sage classiquement noué au cou par une lavallière. Elle parle vite, sans détour et sans apitoiement, avec un grand souci de la précision. Ce n’est pas une femme qu’on remarque pour sa beauté. Elle part facilement dans des éclats de rire et des moqueries, y compris envers elle-même. Par moments, elle s’effondre. Enfance dans une famille chrétienne de la classe moyenne des environs de Versailles. Une sœur aînée, une mère normande qui la traînait en poussette dans les musées, un père normando-martiniquais, cadre d’entreprise, artiste à ses heures et aux méthodes d’éducation strictes, à l’ancienne. Christelle ne fichait pas grand-chose à l’école, mais passait les étapes sans effort, surtout en maths, jusqu’au bac. À 14 ans, elle est marquée par sa lecture du Prince de Machiavel, «  pour sa lucidité froide et mathématique sur le fonctionnement des êtres humains  ». À 15 ans, par Le Discours de la méthode de Descartes et L’Art de la guerre de Sun Tzu. «  Ma sœur était en prépa HEC, je lui piquais ses livres.  »

Elle ne veut toujours pas dévoiler son nom, mais consent pour la première fois à donner une photo d’elle que nous publions. «  J’ai mes lentilles de couleur, on ne va pas me reconnaître avec ça, estime-t-elle. Si vous voyiez l’imam intégriste que vénèrent les jeunes hommes de mon quartier, vous comprendriez pourquoi je n’ai pas trop envie de montrer ma tête. Ce n’est pas de Tariq Ramadan que j’ai peur, mais des ramadiens : complètement lobotomisés et persuadés de bien faire, ils pourraient me planter un couteau au nom d’Allah.  » Ces jeunes disciples, elle dit les reconnaître à leur style «  petit bourgeois de bonne famille, barbe très courte, chemise, pull à col en V, mocassins  » – tout comme leur maître. Avant qu’elle ne parte se réfugier dans la ville où nous discutons, elle a subi leurs menaces. Elle a reconnu l’un d’eux sur une des photos transmises aux policiers, au milieu d’un petit groupe de jeunes entourant Tariq Ramadan. «  Si tu continues, tu finiras suicidée dans la Seine très vite  », lui a glissé un autre dans la rue. «  Celui-ci avait plutôt la quarantaine et m’a fait plus peur, dit-elle. C’est lui qui m’a incitée à changer de ville.  »

Comment devient-on une «  amie  » de Tariq Ramadan ? Quand Christelle fait sa connaissance, au cours de l’année 2009, il a 47 ans ; elle, 36. Il est au sommet de son ascension et elle, au plus mal. L’accident de voiture qui l’a handicapée est le début d’une descente aux enfers. Elle qui pratiquait le sport à haute dose – athlétisme, rugby, handball, danse moderne – doit tout arrêter. Elle n’a pas d’enfant et se sépare de l’homme avec qui elle vivait dans le sud de la France. Elle grossit. Sa petite entreprise de création de sites Web périclite. Les fins de mois sont une hantise. Elle dégringole. Les rares personnes qu’elle fréquente sont des camarades d’infortune croisés au centre d’action sociale ou à la caisse d’allocations familiales. Elle se lie d’amitié avec les plus démunis  : des immigrés pour la plupart, souvent musulmans. Les femmes s’occupent d’elle, lui apportent des makrouts et des baklavas. Certaines lui glissent discrètement des prières sous la porte et lui vantent «  les joies de l’islam et de la solidarité islamique  », selon les mots de Christelle, qui ne demande alors qu’à s’y jeter. «  Va à la librairie Tawhid, lui dit une de ses nouvelles copines. Il y a tout.  » Le magasin, à Lyon, appartient aux éditions du même nom et vend, jusqu’aux moindres cassettes, les œuvres complètes du grand prédicateur. «  Il faut que tu lises Tariq Ramadan, ma sœur  », lui conseille un employé de Tawhid. «  J’avais envie d’y croire. J’étais à fond  », raconte-t-elle. Christelle a des facilités intellectuelles, un côté surdoué dont elle paye le prix  : sa capacité à lire vite et à mémoriser accélère d’autant plus sa radicalisation. Elle engloutit les livres à grande vitesse et sans modération, dort peu la nuit. «  J’ingurgitais tous les jours des paquets de hadiths et les différentes éditions du Coran en boucle, écrites et audio – et même en dormant, car il m’avait dit que ça attirait les anges protecteurs pendant mon sommeil. Il y a quelque chose là-dedans qui hypnotise. C’est monocorde, c’est lancinant comme un bruit de fond. On relit, on relit, on relit et ça te rentre dans le crâne sans que tu t’en rendes compte.  »

Elle dévore plusieurs livres de Ramadan, s’abonne à sa page Facebook pour s’informer des derniers écrits. «  Un contenu assez simpliste, une écriture parfois ampoulée. Ça se lit vite. Pas besoin de culture, c’est accessible à un maximum de monde. Ça a du charme parce qu’on croit apprendre des choses et que ses écrits sont comme ses paroles  : il y a plusieurs niveaux de lecture. Chacun peut y entendre ce qu’il a envie. On devient vite fan.  » Elle respecte les interdits qui envahissent son quotidien. Ne pas écouter de musique, ne pas sortir seule, ne pas se maquiller – «  ça, c’est pour les putes  ». Elle tente de respecter à la lettre les préceptes de La Citadelle du musulman, petit guide des prières à réciter en toutes circonstances. En 2008, elle prononce sa chahada, la profession de foi de l’islam. Pas compliqué. On peut être chez soi, il suffit de répéter trois fois la phrase sacrée : «  Il n’y a de Dieu que Dieu et Mahomet est son prophète.  » Avec le recul, elle se dit que c’était plus facile que d’annoncer : «  J’ai été violée par Tariq Ramadan.  » La voilà convertie. À l’islam, et bientôt à Tariq. «  Je n’avais plus de défense, plus rien du tout. J’étais en état de détresse, en dépression totale. Je voulais une réponse tout de suite. »

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LES HONNEURS DE L'UNIVERSITÉ D'OXFORD

Le 31 décembre 2008, elle est seule chez elle. Pour égayer son réveillon, elle envoie un message collectif de bonne année à tous ses contacts Facebook. L’un d’eux lui répond immédiatement. C’est Tariq Ramadan. «  Merci, c’est très gentil. Je suis tout seul en déplacement et ça me fait plaisir.  » Christelle est sceptique. Ça ne peut pas être le grand Ramadan en personne qui lui écrit. Un chargé de com’, sans doute. Dans ses souvenirs, elle lui répond en ces termes  : «  C’est vous qui gérez votre compte ?  » Lui  : «  Oui, c’est moi.  » Elle  : «  C’est ça, mon œil !  » «  Si, si, c’est moi  », insiste le messager qui allume sa caméra pour lui faire voir sa tête. Elle a des doutes, prend une capture d’écran. Sur la photo, il a un œil fermé. Elle la montre à une amie qui confirme  : «  Oui, c’est bien Ramadan !  » Commence une correspondance, puis des appels. «  Il m’apportait des connaissances continuelles sur la politique, la religion, les discriminations, la société, tout ce qui m’intéressait.  » Elle devient ramadienne, comme d’autres sont raéliens. Elle l’admire, le respecte, suit tous ses conseils, croit tout ce qu’il dit. Normal  : il la protège ; il veut son bien. «  Ça me faisait plaisir que le plus grand érudit en islam francophone s’intéresse à moi. Il était incroyablement courtois et attentif, exigeait que je sois disponible quand bon lui semblait. Il me remontait le moral, me donnait envie de me battre – enfin, je le croyais. J’avais dix, vingt messages par jour, entre 5 heures du matin et minuit.  » Elle se remémore les plus sentimentaux  : «  “J’espère que la rosée fraîche du matin te réveille en douceur, ma princesse. J’admire ton courage.” J’étais coincée chez moi, je ne faisais que parler avec lui, il n’y avait plus que lui qui existait. C’est là qu’a commencé la descente aux enfers.  »

En ce début d’année 2009 où Christelle se débat avec la dépression, Tariq Ramadan a atteint un objectif crucial  : il est devenu respectable. Il est l’intellectuel musulman le plus connu en Europe et, honneur suprême, il est parvenu à acquérir, après avoir été «  chercheur associé  », le titre de professeur d’études islamiques contemporaines dans l’un des plus prestigieux établissements de la planète  : Oxford. Il s’est installé à l’ouest de Londres dans le paisible et cossu quartier d’Ealing, puis à Wembley, avec sa femme – une Bretonne convertie à l’islam – et leurs quatre enfants. À Oxford, Ramadan est en réalité l’obligé de l’émir du Qatar qui finance à coups de millions de dollars le Middle East Centre, un département d’études du St Antony’s College. Peu importe : c’est une splendide carte de visite pour cet islamologue perçu comme sulfureux au point d’avoir été interdit de séjour en France en 1995. Rarement un intellectuel, le sens de la parole, sa stratégie et ses objectifs cachés auront été compris de manière si opposée par les uns et les autres. De quel islam Ramadan est-il le nom ? Certains entendent la douce musique d’un réformateur modéré, porte-parole d’une religion qui se veut adaptée au contexte européen, capable de réconcilier avec la société les jeunes immigrés en colère. D’autres décèlent, sous l’harmonie apparente, les notes musclées d’un prosélytisme intégriste. L’essayisteCaroline Fourest dénonce depuis des années le «  double discours  » du prédicateur. Les nombreux témoignages de femmes à l’encontre de Tariq Ramadan donnent une autre résonance à cette thèse. Avril  2009. Christelle et Tariq s’installent dans une conversation quotidienne, par téléphone ou sur Skype. Elle a trouvé en lui l’honnête homme cultivé et pédagogue qui convient à son désir fou d’apprendre, un guide intellectuel et spirituel, un maître. Ils parlent sans cesse islam, politique, économie. Selon ses souvenirs, Tariq lui explique que «  les frères et les sœurs doivent investir les postes-clés en médecine, en politique, à tous les niveaux  ». Et aussi qu’il lui faudra s’engager pour la cause. «  On cherche des femmes un peu cultivées capables d’écrire. Si tu es ma femme, il faudra que tu t’investisses, que tu portes le hijab.  » Il lui fait apprendre «  les cinquante fois  », le manifeste en cinquante points de Hassan Al-Banna qui dresse l’inventaire des injonctions des Frères musulmans  : «  Revoir le programme scolaire offert aux jeunes filles et s’assurer qu’il diffère de celui des garçons à plusieurs étapes de leur éducation  », «  considérer sérieusement la mise sur pied d’une police des mœurs (hisba) responsable de punir ceux qui transgressent ou attaquent la doctrine islamique  », «  donner au journalisme une orientation appropriée et encourager les auteurs et les écrivains à approfondir les sujets islamiques  »... Selon Christelle, Ramadan lui enseignait d’autres commandements «  non écrits  ». Notamment celui de «  mentir aux kouffars  » – aux non-croyants, sur le principe de la taqîya, l’art de ne pas éveiller les soupçons. Chaque fois qu’il a été interrogé sur cette éventuelle «  stratégie du mensonge  », Tariq Ramadan s’en est vivement indigné.

Certaines phrases qu’il prononçait lui reviennent en mémoire dans le désordre. Il évoque souvent son grand-père, Hassan Al-Banna, dont il parle comme d’un saint homme et dont il lui envoie des textes. Il lui propose de faire du recrutement actif auprès des kouffars. Il lui demande : «  Serais-tu prête à te battre pour Allah, pour tes frères et tes sœurs de Palestine ?  » Christelle répond sans hésiter  : «  Oui, je suis prête à mourir pour lui.  » Elle traite de «  sale kouffar  » sa sœur, qui ne la reconnaît plus.

Septembre  2009. La relation devient plus sérieuse – au téléphone et sur Skype, toujours. Avec la pudeur d’une jeune convertie, Christelle le prévient que son objectif n’est pas de flirter, mais d’avoir une vie de couple et un enfant. D’après elle, Ramadan propose alors de l’épouser en lui assurant qu’il est «  séparé factuellement  » de sa femme – l’expression l’intrigue, sans plus. Sur Skype, il lui montre sa main  : «  Tu vois, je n’ai plus d’alliance.  » Il l’invite à venir vivre avec lui à Londres. Elle s’occupera de ses enfants. À l’entendre, il lui propose cette chose abracadabrante à laquelle personne ne croirait – sauf elle, qui n’a plus aucune distance avec ce prince charmant téléphonique  : avant de se marier devant l’imam, ils vont faire un «  mariage temporaire  » sur Skype ! «  Il m’a dit que ses études islamiques lui donnaient le droit de le faire  », jure-t-elle. La cérémonie aurait eu lieu le 6 septembre, sur Skype. Elle me montre les captures d’écran qu’elle a prises ce jour-là («  tellement j’étais émue  »). On ne voit que le visage concentré du futur marié, ainsi que les rideaux et un aperçu du mobilier de sa chambre d’hôtel à Rotterdam où il se trouvait, juste avant une intervention publique. Une fois «  provisoirement mariée  », Christelle commence à mettre son appartement en cartons. «  Tout était prévu : il devait venir à Lyon le 9 octobre pour une conférence. Dans la foulée, on irait se marier à la mosquée de la ville – il s’était arrangé avec l’imam. Le lendemain, il repartirait pour Londres et je le rejoindrais quand j’aurais fini de tout régler. J’avais regardé le prix des billets, prévenu ma sœur, récupéré des cartons de déménagement... » Elle reste pensive. « Des mois de mensonges. Il m’a monté le bobard du siècle. Pourquoi ? Par goût du défi ? Par plaisir ? Par jeu ? Et moi, dans quel état je devais être pour tomber dans ce truc énorme ?  »

9 octobre 2009. Christelle attend Tariq au bar en bas de l’hôtel Hilton (devenu le Marriott) qui donne sur une voie rapide le long du Rhône. Les fiancés de Skype vont se voir «  en vrai  » pour la première fois. Le récit de la jeune femme est rigoureux. Elle insiste sur chaque détail. Ce jour-là, elle a détaché ses cheveux, mis une robe noire nouée au cou par une lavallière et s’est un peu pomponnée  : «  De mes années versaillaises, j’ai gardé un style très classique  », note-t-elle. Il arrive. Pas de bise. Il s’assied, lui prend la main délicatement, la retire, sourit, lui parle d’une voix très douce. La conférence a lieu deux heures plus tard. Ils évoquent le mariage qui suivra à la mosquée. Il y a ce téléphone qui sonne à cause du prix Nobel d’Obama. Et à l’accueil, un jeune homme qui les fixe du regard. Tariq a peur des photos  : «  On va boire un thé dans ma suite, comme ça, je réponds à ma secrétaire, je prépare mes papiers et on part à la conférence. » Ils montent. Le lit, la télé, la bouilloire, la tasse, la table de nuit. La porte qu’il l’empêche d’atteindre. Coups de pied, gifles au visage, aux seins, coups de poing sur les bras et le ventre. Elle pleure. Elle hurle. Elle l’entend  : «  Plus tu vas crier, plus ça va m’exciter et plus je vais cogner donc un conseil : ferme-la. » Puis, comme dit Me Bouzrou, Christelle « attend que son violeur revienne  ». Il serait en effet parti à sa conférence en emportant les vêtements de la jeune femme dans un sac avec ces mots  : «  Sois sage. Je donne des instructions. Si tu fais quoi que ce soit, je serai immédiatement averti et ça se passera mal. » Elle reste prostrée. Elle n’en dit pas plus.

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Tariq Ramadan à un rassemblement de l'UOIF au Bourguet en avril 2012.

SOURCE : © ABACA

LES CONSEILS D'ALAIN SORAL

Elle était amoureuse, elle devient obsédée, animée par la haine et la vengeance. L’étrange message qu’il lui adresse le lendemain ne l’apaise pas. Elle en fait une capture d’écran  : «  J’ai senti ta gêne... Désolé pour ma violence. J’ai aimé. Tu veux encore ? Pas déçue ? » Entre visites à l’hôpital et plainte avortée au commissariat, elle multiplie les recherches sur Internet. Le nom de Ramadan apparaît dans un arrière-monde crapoteux  : cette constellation de blogs et de sites nourris de thèses conspirationnistes sur les forces occultes du «  système  ». L’establishment leur donne les noms de «  fachosphère  » ou de «  muslimsphère  », quand eux-mêmes se désignent plus noblement comme «  la dissidence  ». Dans ce fourre-tout idéologique, les ego l’emportent sur les alliances, les rapprochements finissent en insultes, les amis d’un jour deviennent des ennemis acharnés et c’est dur à suivre. Mais un dénominateur commun tient son rang de manière persistante et sert de mot d’ordre fédérateur  : l’accusation des «  sionistes  », euphémisme pour dire la haine des Juifs sous couvert d’opposition à Israël, d’antilibéralisme et d’antimondialisme. Dans cet univers souterrain, Tariq Ramadan est parfois détesté, parfois adulé, mais souvent un point de ralliement. En tout cas, son nom est fréquemment cité.

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En avril 2009, alors que la relation téléphonique entre Christelle et Tariq battait son plein, a eu lieu, au Bourget, le XXVIe congrès annuel de l’Union des organisations islamiques de France (UOIF). Christelle le suit de près. Deux candidats aux élections européennes ont choisi ce lieu symbolique pour lancer la campagne de leur Parti antisioniste : le polémiste Dieudonné et Alain Soral, figure phare de l’antisémitisme et patron du site sulfureux aux millions de visiteurs, Égalité & Réconciliation. Accueillis chaleureusement au Bourget, Soral et Dieudonné sont filmés en compagnie d’un Tariq Ramadan aussi souriant qu’amical. Pour celui qui avait enfin atteint la consécration à Oxford, le film qui circule abondamment sur Internet fait désordre et il estime préférable de s’en justifier par écrit : «  Alors que je signais des ouvrages, Dieudonné et Soral sont passés devant le stand. Ils se sont arrêtés et nous avons eu un échange de quelques minutes. » Christelle lui demande naïvement  : «  Pourquoi tu n’assumes pas cette rencontre ?  » Elle s’entend répondre  : «  Les gens ne sont pas prêts encore, pas assez éclairés. Cela pourrait porter préjudice à mon travail pour la cause. Plus tard. Je garde mes distances avec eux. Mais va voir le site de Soral, c’est le seul qui ose dire les choses sur le lobby sioniste. Il ouvre les yeux sur l’emprise que les sionistes ont sur la France. »

Christelle finit par en être convaincue. «  Ramadan me parlait toujours des sionistes, des Juifs, du dîner du Crif [Conseil représentatif des institutions juives de France], raconte-t-elle. Que tout était complot, que j’étais espionnée par les RG, que je devais reformater mon ordinateur toutes les semaines... J’ai fini parano. Les Juifs, “ils”, dirigeaient tout. Pour travailler dans les médias, la politique, le cinéma, il fallait être juif. Il disait que mes malheurs de basanée venaient de là. Il jouait une corde sensible chez moi en évoquant mes ancêtres esclaves : la traite négrière, c’était les Juifs. Les bateaux qui les transportaient, les Juifs. Il m’a rentré cette paranoïa dans le crâne.  »

Quand elle se retrouve accrochée à son écran d’ordinateur, après l’agression, Christelle tombe sur des vidéos «  anti-Ramadan  » d’Alain Soral. Allez savoir pourquoi, dans le va-et-vient irrationnel des amitiés conspirationnistes qui se font et se défont, le patron d’Égalité & Réconciliation s’est retourné contre le prédicateur. Il le décrit comme un agent de «  l’empire  », ce bloc «  américano-sioniste  » qui expliquerait les malheurs de l’humanité. Christelle lui envoie un message sur sa page Facebook avec son numéro de téléphone. Il la rappelle. «  J’ai déjà été contacté par deux autres femmes, je te crois  », lui aurait-il dit, ajoutant lors d’un autre appel  : «  J’ai besoin de tes documents.  » Christelle refuse. «  Ça, jamais ! Ils sont mon assurance vie.  » La repartie d’Alain Soral aurait alors été celle-ci  : «  Va te faire foutre pauvre paumée, sale tarée !  » Soral n’a pas répondu à ma demande d’entretien. «  Il s’est mis à rire, poursuit Christelle. Il m’a dit  : “Rien ne sortira. J’ai contacté Ramadan.” Je ne sais pas quel accord ils ont passé.  »

Elle contacte un autre tribun de «  la dissidence  »  : Salim Laïbi, un chirurgien-dentiste marseillais qui s’était présenté aux élections législatives de 2012 dans sa ville, avec le soutien conjoint de Soral et Dieudonné. Sur son site Le Libre Penseur, dans lequel il montre sa passion de l’actualité et des grandes théories explicatives, souvent sur le pouvoir des fameux «  lobbys  », il se déchaîne contre Ramadan qu’il accuse de «  supercherie totale en matière d’islam  ». Apparemment très renseigné, il évoque souvent la sexualité peu islamique de Tariq Ramadan. En 2012, Laïbi recueille ainsi les confidences de Henda Ayari, qui prend également contact avec Alain Soral. Encore lui. «  J’avais juste besoin de me confier à quelqu’un, raconte Henda. Je recevais déjà des menaces de mort et Soral m’avait dit de prendre garde. Je me souviens de ses mots : “C’est facile de maquiller un assassinat en suicide.”  »

 

Tariq Ramadan : l’islamologue mis en examen, de quoi est-il accusé ?

SOURCE : PUBLIÉ PAR GAIA - DREUZ LE 3 FÉVRIER 2018

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Placé en garde à vue mercredi, l’islamologue Tariq Ramadan a finalement été mis en examen pour viols ce vendredi 2 février, comme l’a indiqué en début de soirée Le Parisien.

Après deux jours de garde à vue, Tariq Ramadan a été déféré au parquet de Paris, qui a ouvert une information judiciaire pour « viol et viol sur personne vulnérable ». Vendredi soir, l’islamologue a finalement été mise en examen. Tariq Ramadan a également été placé en détention provisoire. Les accusations dont Tariq Ramadan fait l’objet sont particulièrement graves. Deux plaintes pour viol avaient été déposées fin octobre contre l’islamologue.

La première procédure, lancée par l’écrivaine Henda Ayari, porte sur des faits présumés qui remonteraient à 2012. Une autre victime présumée a aussi fait appel à la justice, sous couvert d’anonymat cette fois, au sujet d’un viol qui aurait eu lieu en 2009. Cette femme, régulièrement appelée Christelle dans les médias, est handicapée à la jambe, d’où l’appellation « viol sur personne vulnérable » utilisée dans l’information judiciaire ouverte à l’encontre du théologien suisse d’origine égyptienne.

Tariq Ramadan, s’il a « reconnu une relation de séduction » avec l’une des deux plaignantes, a nié tout acte sexuel.

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02/02/18 – 23:25 – L’avocat d’Henda Ayari, plaignante de Tariq Ramadan, s’adresse aux autres éventuelles victimes

FIN DU DIRECT – Peu après la mise en examen de Tariq Ramadan ce vendredi 2 février, l’avocat d’Henda Ayari, première femme à avoir porté plainte contre l’islamologue pour des faits présumés qui remonteraient à 2012, a réagit. « S’il y a d’autres victimes en France ou ailleurs, elles savent maintenant que la justice peut prendre en compte ce qu’elles ont vécu », a-t-il notamment fait remarquer, comme le rapporte Le Point.

02/02/18 – 22:52 – Trois juges d’instruction désignés

Comme le souligne encore ce vendredi soir l’AFP, dont Le Point se fait notamment l’écho, trois juges d’instruction ont été désignés dans cette affaire, « signe de la complexité de l’affaire ou de l’ampleur des investigations envisagées », estime l’agence de presse qui remarque par ailleurs que la mise en examen de Tariq Ramadan ce vendredi 2 février pourrait décider d’autres victimes, qui ont jusqu’ici témoigné de manière anonyme, à franchir le pas et à déposer plainte.

02/02/18 – 22:22 – « On a franchi une étape importante », se félicite l’avocat de « Christelle »

Tariq Ramadan a été mis en examen pour viols ce vendredi soir à l’issue de deux jours de garde à vue. « Après une enquête minutieuse de trois mois, une garde à vue de 48 heures, une confrontation avec ma cliente qui a permis de confondre Tariq Ramadan sur certains points, on a franchi une étape importante avec cette double mise en examen », a déclaré à l’AFP Me Éric Morain, avocat de « Christelle », l’une des deux plaignantes.

02/02/18 – 21:52 – « Il y aura une confrontation dans le cadre de l’instruction », assure l’avocat d’Henda Ayari

Interrogé sur BFM TV, l’avocat d’une des deux plaignantes dans le dossier Tariq Ramadan, Henda Ayari, est revenu sur les intentions de sa cliente qui a refusé jeudi 1er février d’être confrontée à son agresseur présumé. « Henda Ayari a vu Tariq Ramadan une fois dans sa vie. La seule fois où elle l’a vu, il s’est passé ce qu’il s’est passé. Peut-être que la deuxième fois elle allait le rencontrer dans le cadre d’une instance judiciaire, elle a eu des hésitations. Et puis à un moment, à la fin de la journée, elle a décidé de pouvoir y aller. Il était trop tard parce que matériellement c’était plus compliqué », a expliqué Me Jonas Haddad. Et le conseil d’Henda Ayari d’assurer : « Je vous le promets, et je vous l’assure, il y aura une confrontation dans le cadre de l’instruction qui sera ouverte, si elle est ouverte. »

02/02/18 – 21:36 – Affaire Ramadan : qu’est-il reproché à l’islamologue ?

Les accusations dont Tariq Ramadan fait l’objet sont particulièrement graves. Deux plaintes pour viol avaient été déposées fin octobre contre l’islamologue. La première procédure, lancée par l’écrivaine Henda Ayari, porte sur des faits présumés qui remonteraient à 2012. Une autre victime présumée a aussi fait appel à la justice, sous couvert d’anonymat cette fois, au sujet d’un viol qui aurait eu lieu en 2009. Après avoir été interpellé ce mercredi et placé en garde à vue, Tariq Ramadan a été déféré au parquet de Paris et devrait être mis en examen.

02/02/18 – 21:24 – « La seule chose que je demande depuis le début et que j’attends c’est la justice », a déclaré Henda Ayari

S’il a été confronté à l’une de ses deux plaignantes jeudi 1er février, Henda Ayari, la seconde femme qui l’accuse de viol, a, elle, refusé d’être confronté à Tariq Ramadan. Néanmoins, l’ex-salafiste de 41 ans n’était pas restée silencieuse jeudi soir. « La seule chose que je demande depuis le début et que j’attends c’est la justice, à commencer par la reconnaissance de mon statut de victime », avait-elle notamment tweeté.

2/02/18 – 20:42 – Tariq Ramadan mis en examen pour viols

Selon Le Parisien et l’AFP, Tariq Ramadan a été mis en examen pour viol et viol sur personne vulnérable ce vendredi 2 février, après deux jours de garde à vue. Cela fait suite à deux plaintes pour des faits qui remonteraient à 2009 et 2012. Il serait incarcéré à Paris. Cependant, le théologien musulman a réclamé « qu’un éventuel placement en détention provisoire, requis par le parquet, fasse l’objet d’un débat ultérieur entre le juge des libertés et de la détention (JLD) et sa défense », comme le rapporte l’AFP ce vendredi soir, dont Le Point se fait l’écho. Un débat devrait se tenir dans les quatre jours qui viennent, a assuré une source judiciaire, encore à l’AFP.

02/02/18 – 19:42 – Autre conséquence des accusations de viol : Tariq Ramadan ne serait plus bienvenu au Qatar

Selon Le Point, l’islamologue serait perçu à Doha comme susceptible de nuire à l’image de l’Emirat, il y est serait désormais personna non grata. Il est encore officiellement directeur du Centre de recherche sur la législation islamique et l’éthique (Cile) de Doha, mais cette figure importante des Frères musulmans ne serait plus considérée que comme une gêne pour le régime. Pour Tariq Ramadan, cette mise à l’écart pourrait avoir d’importantes conséquences : c’est le Qatar qui finance sa chaire à Oxford.

02/02/18 – 19:23 – Ce que l’on sait de sa confrontation jeudi avec l’une de ses plaignantes

Jeudi 1er février, « Christelle », l’une des deux plaignantes qui accusent Tariq Ramadan et qui tient à garder l’anonymat, a accepté d’être confrontée à son agresseur présumé durant près de trois heures et demie, comme le rapportait jeudi soir Le Parisien. Si l’islamologue a reconnu avoir eu une « relation de séduction » avec cette quadragénaire, il a cependant nié tout acte sexuel. Des SMS, des photos, des captures d’écrans… Christelle a fourni au dossier d’enquête plusieurs éléments à charge contre Tariq Ramadan, et parmi eux, un témoignage qui pourrait s’avérer décisif. Christelle aurait en effet rapporté devant les enquêteurs la présence sur le corps de Tariq Ramadan d’une cicatrice située entre son sexe et le pli de l’aine. Lors de la confrontation, l’islamologue aurait reconnu avoir cette cicatrice, même s’il n’explique pas comment cette femme avec qui il n’aurait, selon lui, jamais eu de rapport sexuel pourrait savoir cela, comme le rapporte encore Le Parisien. Enfin, à l’issue de cette confrontation, Tariq Ramadan aurait refusé de signer le procès-verbal.

02/02/18 – 18:23 – Pourquoi Tariq Ramadan est soupçonné de « viol sur personne vulnérable »

Tariq Ramadan fait l’objet d’accusation de viols et de violences par deux femmes. L’une des deux plaignantes, qui a préféré garder l’anonymat, a raconté au Parisien avoir subi des actes de violence sexuelle d’une grande brutalité. Cette femme, que le journal parisien appelle Christelle, souffre d’un handicap à la jambe et est contrainte d’utiliser des béquilles pour marcher, d’où le terme « vulnérable » utilisé par la parquet de Paris lors de l’ouverture de l’information judiciaire à l’encontre de l’islamologue. Un élément qui pourrait compter lors du potentiel futur procès de Tariq Ramadan.

02/02/18 – 18:19 – Quand Tariq Ramadan voulait devenir Français

A partir de l’hiver 2015, les polémiques autour de Tariq Ramadan se sont multipliées. Après les attentats de Paris, l’islamologue avait appelé les musulmans en France à tenir « un discours extrêmement clair sur l’islam », mais il affichait en même temps ses craintes que l’état d’urgence ne renforce leur stigmatisation au sein de la société. L’année suivante, dénonçant les « propos nauséabonds » entendus lors des « discours sur la déchéance » de la nationalité et un « racisme structurel » en France à l’égard des musulmans, en particulier sur le marché de l’emploi, l’islamologue annonçait son intention de demander la nationalité française et de devenir franco-suisse, afin de « donner un exemple concret et positif d’adhésion aux valeurs de la République ». Le Premier ministre de l’époque, Manuel Valls, avait estimé en retour qu’il n’y avait « aucune raison » d’accéder à cette requête, le message de M. Ramadan étant, selon lui, « contradictoire » avec ces valeurs.

02/02/18 – 17:57 – Tariq Ramadan, officiellement marié à une Bretonne convertie à l’islam

Tariq Ramadan, déjà accusé de tenir un double discours sur l’islam – « ouvert et progressiste » avec les auditoires laïcs, plus fondamentaliste avec les musulmans -, pourrait également avoir mené une double vie. Car cet homme austère affichait une vie privée bien ordonnée jusqu’aux accusations de viol dont il fait l’objet aujourd’hui. Tariq Ramadan s’est marié à une Bretonne convertie à l’islam à l’âge de 24 ans. Avec elle il a eu 4 enfants. Une image de père de famille très éloignée de celle de prédateur sexuel à la violence inouïe qui transparaît désormais.

02/02/18 – 17:34 – Caroline Fourest auditionnée sur Tariq Ramadan il y a plusieurs semaines

L’essayiste, connue notamment pour ses prises de position contre Tariq Ramadan et son école de pensée, a fait savoir dans son blog qu’elle avait été entendue par la police dans le cadre de l’enquête ouverte sur Tariq Ramadan. Elle précisé avoir transmise des documents aux enquêteurs. Quelques jours plus tard, les avocats de Tariq Ramadan avaient déposé une plainte pour « subordination de témoin ».

02/02/18 – 17:01 – « Il avait des yeux de fou », dit Christelle sur Tariq Ramadan

Dans une interview livrée à Vanity Fair, celle qui se fait appeler Christelle fait état avec une certaine précision des moments qu’elle a passés avec Tariq Ramadan. Lors de leur rencontre à Lyon en 2009, l’islamologue fait monter la jeune femme dans sa chambre d’hôtel. Elle décrit la scène précédant les actes de viol et de violence qui font l’objet de sa plainte. « J’étais glacée d’effroi. Il était droit comme un ‘i’. Il avait des yeux de fou, la mâchoire serrée qu’il faisait grincer de gauche à droite. Il avait l’air habité comme dans un film d’horreur. Terrifiant, terrifiant, terrifiant », raconte-t-elle.

02/02/18 – 16:53 – Tariq Ramadan est aussi accusé d’abus sexuels sur des mineures en Suisse

Le placement en garde à vue de l’islamologue intervient dans le cadre des deux plaintes déposées en France pour viol. Ce ne sont pas les seules accusations qui portent sur Tariq Ramadan. Il est également ciblé par quatre femmes, ayant pris la parole dans La Tribune de Genève fin 2017, assurant avoir été victimes d’harcèlement sexuel ou avoir eu des rapports sexuels avec l’islamologue alors qu’elles étaient mineures. Ces quatre femmes étaient étudiantes à Genève lors des faits présumés, Tariq Ramadan était alors leur professeur.

Première accusation de viol contre Tariq Ramadan

C’est l’écrivaine Henda Ayari qui a, la première, accusé Tariq Ramadan de viol, pour des faits remontant en 2012. Auteure en 2016 d’un livre intitulé « J’ai décidé d’être libre », ouvrage dans lequel racontait son passé de jeune femme mariée à un salafiste, elle y expliquait avoir été violée dans sa jeunesse, sans donner le nom de son agresseur, de peur de « menaces de sa part » et sur ses enfants. Le nom est finalement tombé le vendredi 20 octobre 2017 : poussée par ses proches et par le climat installé par l’affaire Weinstein, Henda Ayari a révélé dans un post sur Facebook que c’est Tariq Ramadan qui l’avait agressée. Elle affirme avoir été menacée après cette agression, et dit avoir été victime de pressions exercées sur elle pour qu’elle ne parle pas. « J’ai gardé le silence depuis plusieurs années par peur des représailles car en le menaçant de porter plainte pour le viol dont j’ai été victime, il n’avait pas hésité à me menacer et à me dire également qu’on pourrait s’en prendre à mes enfants, j’ai eu peur et j’ai gardé le silence tout ce temps », expliquait-elle sur Facebook, ajoutant : « Aujourd’hui je ne peux plus garder ce secret trop lourd à porter, il est temps pour moi de dire la vérité. C’est très dur mais je me sens soulagée, j’ai ressenti le besoin de parler aussi pour toutes les autres victimes ».

Au Parisien le lundi 30 octobre, Henda Ayari a raconté dans le détail sa rencontre avec Tariq Ramadan dès 2010. Perdue après sa séparation d’un mari extrémiste et violent, sa répudiation et le retrait de la garde de ses trois enfants, Henda Ayari, au chômage et sans logement, raconte qu’elle culpabilisait après avoir retiré son voile pour trouver plus facilement du travail. Ce sont ces questionnements qui la pousseront à chercher conseil auprès de Tariq Ramadan, qui n’aurait pas manqué de lui faire des remontrances sur le sujet. Deux ans plus tard, en mars 2012, elle finit par accepter un rendez-vous dans un hôtel « de l’est de Paris ». D’abord sous le charme, elle sera vite sous l’emprise de son agresseur présumé. « Il m’a embrassée, et je me suis laissé faire, je n’ai pas honte de le dire. Puis il s’est littéralement jeté sur moi. Alors le conte de fée s’est transformé en cauchemar, le prince charmant en monstre. Il m’a étranglée très fort, si fort que j’ai pensé que j’allais mourir. Il m’a giflée, car je résistais. Il m’a violée », dit-elle dans le Parisien (lire l’article ici).

Sur France Info, Henda Ayari a aussi relaté les justifications que lui aurait fourni Tariq Ramadan après son agression : « Il m’a dit que j’avais ce que je méritais. Le fait que je sois habillée à l’occidentale était une manière de provoquer le désir. Il m’a reproché de ne pas être une femme d’expérience sexuellement » (voir l’interview sur France info ici). Dans Le Parisien, elle encore dit avoir été insultée au lendemain de son viol : « J’étais venue pour ça, je méritais ça, je l’avais cherché. Je n’avais qu’à porter le voile, sinon j’étais une prostituée ». Elle s’est aussi dite certaine que pour l’islamologue, « soit vous êtes voilée, soit vous êtes violée ». « Il y a beaucoup de musulmans qui respectent les femmes et les droits à l’égalité entre hommes et femmes. Ce sont eux qu’il faut valoriser. Pas ceux qui instrumentalisent l’islam pour asservir les femmes », conclut-elle.
Seconde accusation de viol contre Tariq Ramadan

Une autre plainte a été déposée contre Tariq Ramadan pour viol au parquet de Paris. Dans deux articles du Parisien et du Monde, publiés cette fois le vendredi 27 octobre 2017, une femme, qui souffre d’un handicap aux jambes, raconte elle-aussi avoir pris contact avec Tariq Ramadan en 2009 pour des conseils religieux. De Facebook, la conversation devait se poursuivre dans un hôtel lyonnais, où l’islamologue aurait donné rendez-vous à sa victime présumée. Le mode opératoire ressemble en de nombreux points à celui qu’aurait subi Henda Ayari, la première à avoir brisé le silence : dans le hall de ce grand hôtel, Tariq Ramadan aurait proposé à sa victime présumée de monter dans sa chambre, pour plus de discrétion, l’homme public se montrant soucieux de sa réputation. Une fois dans la chambre d’hôtel, Tariq Ramadan se serait ensuite jeté sur sa « proie » par derrière, donnant un coup de pied dans ses béquilles de sorte qu’elle perde l’équilibre, puis lui infligeant des gifles au visage, mais aussi aux seins et à d’autres parties du corps.

Des coups de poing dans le ventre sont aussi évoqués. S’en seraient suivis une fellation imposée, « d’une grande brutalité », écrit le Parisien, puis un acte sexuel « particulièrement violent » que le Monde qualifie de « sodomie ». Les hurlements provoqués par la douleur n’y feront rien, selon le descriptif terrible livré par la victime, qui évoque aussi l’usage d’un objet pour d’autres « contraintes sexuelles ». Tariq Ramadan se serait ensuite accroché à ses jambes selon Le Parisien, provoquant « de vives douleurs », avant de « traîner sa victime par les cheveux à travers toute la chambre afin de la conduire dans la baignoire de la salle de bains, où il l’aurait humiliée » en lui urinant dessus. La victime présumée, que Le Parisien surnomme « Christelle », raconte enfin avoir été forcée de passer la nuit dans le lit de son agresseur, qui avait confisqué ses habits, avant de parvenir à s’enfuir le lendemain matin. La plaignante aurait fourni des certificats médicaux à l’appui de son témoignage.

Selon la victime toujours, Tariq Ramadan lui aurait ensuite envoyé des SMS exaltés après ce viol présumé, faisant part de son souhait la revoir. Les messages, s’extasiant d’abord sur cette « nuit d’amour romantique et tendre », deviendront vite plus menaçants. Après ses refus, la victime présumée aurait subi « des mois de harcèlement et de menaces ». Elle raconte que des hommes la suivaient dans la rue et que l’un d’eux la menacera de mort. « J’ai dû rester chez une amie pendant presqu’un mois à partir du 18 novembre 2009 », détaille-t-elle dans Le Monde (lire l’article ici).

Lors de sa garde à vue ce jeudi, Tariq Ramadan a été confronté à son accusatrice selon Le Parisien. La confrontation aurait débuté vers 16h30. « Handicapée des jambes, cette femme de 40 ans qui tient à conserver l’anonymat a accepté d’être confrontée à celui qu’elle accuse de viol », écrit ainsi le quotidien. Les enquêteurs auraient aussi interrogé le personnel de l’hôtel où les faits se seraient déroulés à Lyon, « sans recueillir d’éléments déterminants ».
D’autres témoignages contre Tariq Ramadan ?

D’autres femmes se sont exprimées, toujours sous couvert de l’anonymat, sur les agissement de Tariq Ramadan. Samedi 28 octobre, Le Parisien publiait un court article dans lequel une troisième victime confiait avoir été harcelée et menacée par l’islamologue. Selon Libération qui a consacré un papier à l’affaire Ramadan, « d’autres témoignages » ont été transmis à l’essayiste Caroline Fourest et au journaliste Ian Hamel, basé en Suisse, auteurs l’un et l’autre de livres d’enquête sur le théologien. « Ils faisaient état de comportements violents de la part de Ramadan ». Caroline Fourest, vieille ennemie de Tariq Ramadan, a d’ailleurs été auditionnée en marge de la garde à vue de ce dernier et a indiqué avoir remis des documents aux enquêteurs.

Dans son post du 20 octobre, l’écrivaine Henda Ayari indiquait qu’elle avait rompu le silence pour inciter d’éventuelles autres victimes à s’exprimer à leur tour. « J’espère vraiment que d’autres femmes victimes, comme moi, oseront parler, et dénoncer ce gourou pervers qui utilise la religion pour manipuler les femmes ! », disait-elle. « Je sais qu’il me tombera dessus avec son équipe d’avocats et ces nombreux soutiens, c’est pour cela que je vais vraiment avoir besoin de vous pour me soutenir ! ». L’avocat de la seconde victime présumée de Tariq Ramadan, Eric Morain, aurait tenté de son côté de convaincre plusieurs autres femmes de témoigner. Aucune autre plainte pour des faits de viols ou d’agression sexuelle n’a pourtant été déposée à ce stade.

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La défense de Tariq Ramadan

Tariq Ramadan s’est défendu publiquement à deux reprises au sujet de ces diverses accusations. Dès la fin du mois d’octobre, le théologien publiait un communiqué sur Facebook pour dénoncer une « campagne de calomnie » venant selon lui de ses « ennemis de toujours ». Il a réitéré la manoeuvre sur Twitter début novembre, alors que La Tribune de Genève publiait un article sur de présumés abus sexuels sur mineures. Une plainte pour diffamation était alors annoncée. Les avocats de Tariq Ramadan ont aussi porté plainte contre Caroline Fourest pour « subornation de témoin ». Devant la justice justement, la défense de Tariq Ramadan chercherait aussi à discréditer la parole de Henda Ayari, ancienne salafiste devenue militante féministe. L’Obs évoque des « conversations sur Facebook au cours desquelles une femme qui se présente comme Henda Ayari fait en 2014 – soit deux ans après les faits présumés – des avances explicites au théologien, qui n’y donne pas suite ».

Source : Linternaute.com

charliehebdotariq

Six choses que l’on ignore au sujet de Tariq Ramadan

SOURCE Publié le 16 octobre 2009 - par 

Tariq Ramadan est de retour… Après une période de relative absence dans les médias français, et après ses déboires aux Etats-Unis et aux Pays-Bas, il fait à nouveau la pluie et le beau temps sur le petit écran, où on lui donne généreusement la parole, en le laissant présenter de lui une image avantageuse et trompeuse. Le présent article vise à donner quelques éléments d’information et de réflexion pour ceux qui ne savent pas (encore) qui est vraiment Tariq Ramadan.

1. Sa famille

Il est bien connu que Ramadan est le petit-fils du fondateur de l’organisation des Frères musulmans, Hassan al-Banna. Mais on ignore généralement que la famille Ramadan joue un rôle essentiel dans l’histoire du mouvement islamiste, depuis trois générations. Al-Banna, le grand-père, a créé le mouvement des Frères musulmans, qui est la matrice de l’islamisme contemporain, à laquelle se rattachent à la fois le Hamas palestinien et aussi (de manière moins directe) la nébuleuse Al-Qaida. Said Ramadan, le père, beaucoup moins connu, a joué un rôle essentiel dans l’implantation des Frères musulmans en Europe. C’est lui qui a créé l’Internationale islamiste, au cours de ses périples incessants (Pakistan, Israël, Arabie saoudite, Allemagne, Suisse…). Tariq Ramadan est un acteur important de la réislamisation des populations musulmanes et de l’islamisation de l’Occident.

2. Sa jeunesse

Né en 1962 à Genève, Tariq Ramadan a connu une enfance dorée en Suisse. Son itinéraire est – comme pour de nombreux autres militants islamistes – celui d’un born again muslim, c’est-à-dire d’un musulman revenu sur le tard à sa religion. Contrairement à son père et à son grand-père, en effet, il n’a pas été élevé dans le strict respect de la tradition et son cursus scolaire a été presque totalement profane. Comme il le reconnaît lui-même dans un livre d’entretiens, la religion ne tenait pas une place importante dans sa jeunesse. Jusqu’à l’âge de 30 ans, il était un citoyen suisse de confession musulmane, beaucoup plus intéressé par le football que par l’islam ou la politique… Il a même envisagé un temps de devenir footballeur professionnel.

3. Sa rencontre avec Hassan Tourabi

Une des rencontres décisives, qui a décidé de son avenir, fut celle du leader islamiste soudanais, Hassan Tourabi. Francophone, Tourabi accueille le jeune Ramadan, auquel il promet un brillant avenir. Il aura une influence durable sur celui-ci, notamment concernant l’idée de « l’islamisation par le haut » (c’est-à-dire par le biais des élites) et aussi par son recours au double langage. Quelques années plus tard, en 1991, le leader islamiste soudanais accueillera un autre dirigeant islamiste, encore inconnu du grand public : Oussama Ben Laden.

4. Ses amis et réseaux d’influence

Tariq Ramadan est passé maître dans l’art de se créer des réseaux d’influence (qu’il appelle des « partenariats »). Parmi ces réseaux, figurent notamment celui des chrétiens de gauche (dont plusieurs ont avoué leur erreur après avoir compris qui était vraiment Ramadan, comme Christian Delorme), certains altermondialistes et plusieurs islamologues ou journalistes, comme François Burgat ou Alain Gresh, rédacteur en chef du Monde diplomatique, qui est resté jusqu’à aujourd’hui un des plus fidèles soutiens de Ramadan dans les médias français.

5. Son mentor, le cheikh Qaradawi

Parmi les théoriciens de l’islamisme qui ont le plus influencé Tariq Ramadan – outre son père, Said Ramadan, et Hassan Tourabi – figure le cheikh Qaradawi. Animateur d’une émission très suivie sur Al-Jazira, ce décisionnaire de l’islam proche des Frères musulmans s’est exilé au Qatar, après avoir été expulsé d’Egypte. Il a été interdit de séjour aux Etats-Unis (tout comme Ramadan) en raison de ses liens avec la banque Al-Taqwa, affiliée à Al-Qaida. Il est surtout célèbre pour avoir autorisé les attentats-suicides contre des civils israéliens, y compris ceux commis par des femmes (précisant que la femme kamikaze « peut même retirer son voile pour mener l’opération [suicide], car elle s’apprête à mourir pour la cause d’Allah et non pas à exhiber sa beauté »… Ramadan ne s’est jamais démarqué des positions extrémistes de Qaradawi, qui est en fait son véritable mentor politique.

6. Ramadan et les convertis

La femme de Tariq Ramadan, Isabelle, est une convertie. Ce point pourrait sembler anecdotique, mais il ne l’est pas du tout. Les convertis jouent en effet un rôle essentiel dans la stratégie islamiste de conquête de l’Occident, comme je l’ai montré dans mon dernier livre. Tariq Ramadan, comme son mentor Qaradawi et comme d’autres dirigeants islamistes, consacre une grande partie de sa propagande (da’wa) à destination des convertis potentiels, et plus généralement du public occidental non musulman. Un fait récent en témoigne : pendant de nombreuses années, Tariq Ramadan a publié ses livres chez des éditeurs musulmans spécialisés (comme l’éditeur Taw’hid de Lyon), touchant essentiellement un public musulman. Depuis quelques années, il publie des ouvrages s’adressant à un public beaucoup plus large, chez un éditeur qui a pignon sur rue à Paris, les Presses du Châtelet. Cela traduit sans aucun doute un changement qui n’est pas purement commercial, mais stratégique.

L’analyse du parcours de Tariq Ramadan et de son discours montre qu’il n’est pas un « réformiste » ou un réformateur de l’islam, mais qu’il poursuit la stratégie de conquête entamée par Hassan Al-Banna et par Said Ramadan, dont il est l’héritier et le continuateur. Le premier avait fondé, à travers l’organisation des Frères musulmans, une « avant-garde » de l’islam politique conquérant, aspirant à prendre le pouvoir en Egypte et dans les pays musulmans. Le second avait déplacé le combat islamiste vers l’Europe, anticipant avec beaucoup de lucidité l’importance grandissante des populations musulmanes installées en Occident. Tariq Ramadan, quant à lui, poursuit le même combat, en l’habillant d’un discours trompeur, et en prenant pour cible de sa propagande tant les musulmans d’Occident que les non-musulmans, convertis potentiels ou compagnons de route de l’islamisme militant.

Paul Landau

Pour en savoir plus :

Parmi les nombreux ouvrages consacrés à Tariq Ramadan, je recommande celui du journaliste Lionel Favrot, Tariq Ramadan dévoilé. Je renvoie aussi à mon livre, Le Sabre et le Coran, Tariq Ramadan et les Frères musulmans à la conquête de l’Europe (éd. du Rocher 2005).

source :
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Publié par François Sweydan le 10 février 2018

Les médias publics et privés de France rivalisent en ce moment de mascarades ramadaniennes. À propos des scandales du néo-frériste Tariq Ramadan, les uns forts zélés hier vont même aujourd’hui jusqu’à retourner leur veste amovible à souhait.

Les autres, à nous ressortir le plat réchauffé et avarié du complot sioniste ou du faux «prisonnier politique» (Resistance & Alternative). Enfin, une troisième catégorie que la justice (musulmanophobe ?) cherche à «juger le musulman» qu’il est (Samia Ghali, sénatrice PS des Bouches-du-Rhône)… «Chassez le naturel, il revient au galop». Les dés pipés du communautarisme islamique rance sont jetés une fois de plus !

Songeant à mon dernier article dans Dreuz (Le spectre effrayant du totalitarisme rampant…), voici que les médias nous prennent pour des buses. Ils ont fabriqué de toute pièce un mythe de RIEN. Ils ont caressé depuis fort longtemps la confrérie des Frères musulmans dans le sens du poil et de jouer dangereusement avec des allumettes au risque de mettre un jour le feu à la baraque française –et helvétique– avec la bénédiction tacite de la classe politique électoraliste, et maintenant c’est pour certains la condamnation a minima de ce personnage exécrable ou l’amnésie. Le journalisme n’a plus de mémoire, il nous contente de commérage de diversion et de scoops fracassants.

Le mythe «Tariq Ramadan» a été une monumentale imposture médiatique construite de toute pièce. La faute incombe en premier lieu à l’État français affairiste et complice des Frères musulmans (l’UOIF), «mal-chance pour la France». En second lieu à ses médias publics et privés, et en troisième ressort à des professeurs d’université français qui pilotaient une bonne partie des attaques sur Internet contre tous ceux qui émettaient des doutes sur les compétences universitaires de Tariq Ramadan.

En effet, depuis des années la «novlangue» orwellienne de nos journalistes (que je dénonce dans mon dernier article) nous matraquait et nous bassinait avec ce personnage faux. Et lors de débats abscons et ampoulés avec celui-ci, c’était la course des tartuffes aux titres pompeux et faussaires : du Tariq Ramadan «islamologue», «penseur de l’islam», «idéologue», «théologien», «prédicateur de génie» «philosophe», «professeur de philosophie et d’islamologie» (à l’époque où il ne l’était pas du tout, ni rien de tout cela), «grand intellectuel musulman» et j’en passe des superlatifs encenseurs… Sans rire, il a même été qualifié non moins de «Jésuite musulman» et d’«intellectuel musulman éminent». En effet, éminent dans son art de berner ses interlocuteurs incultes sur l’islam à gober ses sophismes qui égarent, journalistes méconnaissant les vrais dangers des Frères musulmans. ‟Émérite» ? Tariq Ramadan l’est par son antisémitisme viscéral [1] et son soutien des terroristes islamo-nazis du Hamas ; comme son père et son grand-père à leur époque, à la veille de la guerre de 1948. Il se distingue en effet par ses entourloupes et mensonges systématiques au sujet de tout ce qui ne cadre pas avec l’idéologie islamo-nazie et toxique de son grand-père Hassan el-Banna, fondateur sulfureux de la confrérie jihadiste et terroriste des Frères musulmans.

Depuis plus d’une vingtaine d’années, grâce à nos médias complices –et responsables de ce désastre–, la «novlangue» a fait depuis de gros dégâts par ses centaines de milliers d’admirateurs et d’adeptes ramadanesques endoctrinés dans nos banlieues françaises.

Pourtant il n’en était rien de tout ce ramdam ! Et nos journaleux n’ignoraient rien du personnage fourbe et dangereusement manipulateur, déjà interdit de séjour en France en 1995 [2]. Par les disgrâces d’un gauchisme boiteux, nos journalistes ont relégué et archivé dans leurs placards poussiéreux l’éthique journalistique métamorphosée en militantisme islamo-culturaliste d’opérette. Ils rivalisèrent tous (service public et radios/télés privées) avec leurs scoops télévisuels rancis et radiophoniques frelatés à qui mieux mieux. Plus on est fous, plus on s’amuse…

«La vérité est ailleurs», c’est du X-Files : Aux frontières du réel, mais islamique. Tariq Ramadan est un mythe télévisuel menteur, une virtualité schizophrène construite par la France comme par la Suisse et le Royaume-Uni ! Aucun vrai chercheur ou universitaire de référence ne le prenait au sérieux [3]. Les écrits de ce personnage hautain manquent terriblement d’épaisseur scientifique : des lacunes symptomatiques en matière de savoir islamologique, absence systématique de références à de vrais intellectuels universitaires ou penseurs, voire des sommités écartées de ses bibliographies très sélectives car elles ne cadrent pas avec son système idéologique néo-frériste global (et celui de son mentor et guide suprême des Frères musulmans, cheikh Youssef Qaradawi).

Le personnage a été démasqué depuis de longues années, indésirable et interdit de séjour, entre autres, dans dix pays musulmans et arabes. Sauf en Gaule, bienvenu pour nos politiques et nos médias délibérément aveuglés durant une bonne vingtaine d’années durant lesquelles il encourageait la jeunesse musulmane à ne pas s’intégrer et ne pas adopter les valeurs du pays d’accueil.

À ses débuts, Ramadan ne s’intéressait pas aux affaires islamistes, et faute de devenir footballeur il s’est rabattu sur le filon frériste plus prometteur et fort payant (qui rapporte gros en pétrodollars, au final !), encouragé par des politiques européens véreux et de mèche avec le Qatar et l’Arabie.

Une thèse de doctorat médiocre et bâclée, essentiellement apologétique et hagiographie de son grand-père Hassan el-Banna [4], mais également du copiage des écrits de son pépé («plagiat» familial halal) et de la taqiya (dissimulation) à gogo. Il ne devait donc pas soutenir cette (mauvaise) thèse, mais son directeur de recherche et le jury ont été menacés par lui-même et ses voyous de fréristes ; comme pour ce qui a été de ces pauvres femmes victimes du prédateur, terrorisées et menacées de mort ensuite par la canaille frériste !

Ensuite, à ses débuts il n’a jamais été un vrai «Professeur d’université», à peine dans un collège genevois où il enseignait le français et la philosophie (halalisée) entre 1984 et 2004. Puis, une seule malheureuse heure de cours d’initiation à la civilisation islamique aux jeunes Suisses, vacation bénévole (sans titre) à l’université de Fribourg en 2005. Tariq mentait et signait déjà à cette époque ses articles (auprès du quotidien islamo-zélé, complaisant et indulgent Le Monde) : «Professeur de philosophie et d’islamologie à l’université de Fribourg» [5].

Ce sont les millions de livres sterling, dons du Qatar, payés à l’université d’Oxford (institution tombée plus bas que terre, soudoyée par les alléchants billets verts…) qui ont fait du mythomane un chargé de cours à ses débuts oxfordiens en 2005 [6]. Le titre de professeur lui fut généreusement accordé ensuite par l’institution peu regardante sur la validité scientifique du personnage qui brille par l’absence totale de travaux universitaires sérieux (ses ouvrages sont en fait de la vulgarisation ampoulée, apologie subjective et biaisée d’un islam imaginaire et politiquement vindicatif). Bref, c’est une tradition européenne (et particulièrement française) ces largesses diplômantes pompeuses du titre de «docteur» (et parfois de professeur) bradé et accordé à des fils à papa de dictateurs arabes et africains. C’est le cas d’islamistes («modérés»…) ayant maintenant pignon sur rue dans des institutions universitaires européennes (et françaises).

En effet, en contrepartie du poste de professeur d’études islamiques contemporaines que Tariq Ramadan occupe dans un de ses collèges, le Saint Anthony’s College, département d’études islamiques contemporaines, les bâtiments ont été rénovés, il y a quelques années, par un généreux don du Qatar de onze millions de livres sterling. Décidément, «il faut dire que le département d’études islamiques a un statut particulier au sein de l’université d’Oxford. C’est la cheikha Mozah, l’une des trois épouses de l’émir du Qatar, qui a inauguré en 2009 le bâtiment somptueux réalisé par l’architecte Zaha Hadid. Outre le financement des travaux de rénovation du Saint Anthony’s College, un don de plus de 2 millions de livres a permis notamment la création de la chaire de théologie qui porte le nom de «Sa Majesté Hamad Ben Khalifa Al-Thani», émir du Qatar de 1995 à 2013, occupée jusqu’à aujourd’hui par Tariq Ramadan [7]

C’est que frère Tariq est par ailleurs un membre «éminent» (là aussi !) de l’Union mondiale des prédicateurs Frères musulmans dont le sulfureux cheikh Youssef Qaradawi est le guide spirituel [8] suprême. Mieux encore, en janvier 2012, Tariq Ramadan fut nommé directeur du centre de recherche sur la législation islamique (la charia) et l’éthique au Qatar (le CILE), intégré à la Qatar Foundation dont la Cheika Mozah est la présidente. C’est que les Frères ont de la suite dans les idées poussiéreuses en vue de la conquête (Fath) européenne et mondiale, avec une charia momifiée depuis plus d’un millénaire –que frère Tariq en gourou suprême recherche sous son microscope dans son centre qatari de façade ; maintenant, le Dr. Strangelove de l’islam politique frériste est persona non grata au Qatar (fin janvier 2018) ; Allez comprendre quelque chose !

C’est ainsi que Tariq Ramadan fut généreusement projeté sur le devant de la scène médiatique et universitaire comme «professeur d’études islamiques» et pompeusement titulaire de la «chaire de théologie islamique».

Il n’est pas ici le lieu de discuter du rôle britannique éminemment néfaste et pervers suite à la création de la confrérie de l’islam hyper-politique des Frères musulmans en 1928 par Hassan el-Banna, ni des collusions de ce dernier ainsi que de Saïd Ramadan, le père de Tariq, avec les nazis (qui les finançaient généreusement), mais de souligner la promotion anglaise de cette organisation terroriste déjà durant les années 1930-1950, lorsque l’Égypte était Protectorat de l’Empire colonial [9].

Rien qu’à lire aujourd’hui la honteuse compromission d’égarés de la classe politique british, d’institutionnels universitaires et des médias britanniques à passer sous silence ou à couvrir les méfaits du personnage choyé, c’est le machiavélisme du XXe siècle qui se poursuit en douce. Mais ne jetons pas la pierre à nos voisins insulaires. La France n’est pas en reste avec nos IEP (Instituts d’Études politiques), par exemple, qui regorgent d’enseignants islamistes et fréristes ou islamo-gauchistes ; n’en parlons pas du milieu politique, collectivités territoriales et autres, c’est effrayant…

Avec Tariq Ramadan, il s’agissait donc d’imposer un néo-frériste dans le paysage politique et intellectuel britannique [10] et européen. Tout comme en France où il a endoctriné pendant plus de 25 ans, et avec le soutien des gouvernements successifs. C’est le cas, par exemple, d’un autre Tareq (Oubrou), recteur de la grande mosquée de Bordeaux, lui aussi de la mouvance frériste et ami du maire Alain Juppé. Ce dernier avait fait la promotion de l’imam ex-improvisé (ses débuts dans les caves comme imam autoproclamé), lorsque le personnage, tout comme Tariq Ramadan, n’avait pas les vrais bagages intellectuels et religieux qui l’autoriseraient à devenir «recteur d’une grande mosquée» ; imaginons un simple diacre catholique recteur d’une cathédrale : impensable.

Mais l’affairisme électoraliste a ses grands secrets de Polichinelle. Nos politiques ont mis en veilleuse le patriotisme et la loyauté. Et c’est la sécurité des citoyens qui est maintenant durablement en danger au nom de la prospérité assurée des fréristes en France, sous couvert du gadget du «vivre ensemble» –qui a fait défaut dans toute l’histoire des pays d’origine de ces nouveaux conquérants de l’«islam (frériste) de France».

Mais comment en est-on arrivé en France et en Europe à ce désastre sans nom ? C’est grâce à la stratégie bien rodée des Frères musulmans, par exemple en Égypte et en Orient : «l’instauration de réseaux et de «partenariats» entre la mouvance islamiste et des alliés potentiels…», «les compagnons de route, les naïfs et les opportunistes», en Occident et en France [11].

La France soutient tacitement cette confrérie hyper-politique et dangereuse des Frères musulmans contre vents et marées ! Sinon pourquoi ne fait-on pas comme de nombreux pays –notamment arabes et l’Égypte– et de reconnaître que cette secte jihadiste est potentiellement terroriste, à interdire ? À l’instar de tous ces pays, pourquoi refuse-t-on de bannir l’UOIF [12] et autres kataïb fréristes (phalanges, brigades ; pl. de katiba), «cellules» de militants, plutôt junud islamistes (pl. de jundî, «soldat») qui se cachent derrière toutes ces associations islamiques soi-disant culturelles, caritatives, éducatives, sportives et bénévoles dans les banlieues françaises ? Celles-ci, généreusement entretenues et subventionnées avec l’argent du contribuable et les largesses de l’État français, s’emploient à l’endoctrinement islamiste hautement politisé et à la promotion du fascisme islamiste qui nous réserve le pire dans un proche avenir.

La classe politique française courtisane des pétromonarchies comme le Qatar ainsi que les médias zélés sont responsables des conséquences et des séquelles que laisse Tariq Ramadan et ses «soldats» (junud) sur toute une génération de musulmans de France transformés en paranoïaques revanchards. Le pire est à venir.

La simple vérité est LÀ ! La France soutient l’islam politique et terroriste tout en le combattant avec modération, sauf promptement dans le Sahel où elle a des intérêts économiques stratégiques.

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Reproduction autorisée avec la mention suivante : © François Sweydan pour Dreuz.info.

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[1] Voir, Europe-israel.org, 11 février 2012, Tariq Ramadan prie pour le jihad contre les juifs et les chrétiens.

[2] Christine Tasin, Résistance Républicaine, 31 Octobre 2017, Tariq Ramadan avait été interdit de séjour en France en 1995.

[3] Par exemple : Gilles Kepel, Olivier Roy, Mohammed Arkoun (décédé), Alexandre del Valle, le franco-tunisien Mohamed-Chérif Ferjani et bien d’autres, notamment en Égypte, comme Sayyed Al-Qimni et Islam Behery mais aussi Boualem Sansal en Algérie. Lire aussi : Marianne.net, 17 novembre 2017, Ils sont les anti -Tariq Ramadan arabes.

[4] Ikhwan.info, 06 février 2016, Tariq Ramadan et sa drôle de thèse sur Hassan Al-Banna.

[5] Blog.sami-aldeeb.com, 1 avril 2014, Tariq Ramadan: Ma chaire d’Oxford est une chaire permanente financée par le Qatar ; 14 juin 2015, Le faux professeur Tariq Ramadan démasqué!.

[6] Laicite-republique.org, avril 2008, «Tariq Ramadan pas vraiment prof à Oxford…» : «Ramadan dispose très exactement du titre de «Senior Research Fellow», c’est-à-dire qu’il planche sur un sujet particulier sur une période déterminée dans une bibliothèque. Ce n’est pas dévalorisant, mais, à 46 ans, nettement moins prestigieux que les titres de professeur et d’islamologue».

[7] Lemonde.fr, 07 novembre 2017, Tariq Ramadan mis en congé de l’université d’Oxford.

[8] Point de Bascule Canada, 17 mars 2016, Tariq Ramadan annonce son admission à l’Union mondiale des savants musulmans, un groupe sélect d’exégètes présidé par le guide spirituel des Frères Musulmans, plutôt l’Union mondiale des prédicateurs Frères musulmans ; Mohamed Louzi, Ikhwan.info, 27 mars 2016, Les six «génies» de Tariq Ramadan («Islamisation» de l’Hexagone).

[9] Lire pour ce qui est de l’Orient, Maurice Saliba, ripostelaique.com, 13 novembre 2016, «Quand les Anglais livraient le Levant à l’État islamique», par Lina Murr Nehmé.

[10] Lire dans Le Monde du 30 octobre 2017 : Au Royaume-Uni, l’affaire Tariq Ramadan ne crée aucun émoi ; mais aussi du 16 novembre 2017 : Tariq Ramadan, un intellectuel respecté au Royaume-Uni– Le Monde.

[11] Pierre Lurçat, Timesofisrael.com, 8 février 2018, Après la chute de Tariq Ramadan : les raisons d’une si longue impunité ; lire : Le Sabre et le Coran, Tariq Ramadan et les Frères musulmans à la conquête de l’Europe, éditions du Rocher 2005. Publié sous le nom de plume de Paul Landau.

[12] À la suite de son congrès au Bourget de février 2017, l’UOIF (Union des organisations islamiques de France) prend en otage tous les paisibles musulmans de France (et qui n’ont rien demandé) et se fait renommer «Musulmans de France» dans le but de tromper les Français, notamment musulmans anti-UOIF, et de prévenir une éventuelle interdiction future.

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