LE PIRE ENNEMI IDÉOLOGIQUE DES ETATS-UNIS, C’EST L’EUROPE

31 août 2017

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L’Europe, pire ennemi des Etats-Unis ? Vous n’êtes pas sérieux. L’islamisme, la Russie, les illégaux… n’importe, mais sûrement pas l’Europe ! Ne sommes-nous pas unis au sein de l’OTAN ? N’échangeons-nous pas des volumes considérables de marchandises et de services tous les jours ? Ne partageons-nous pas les mêmes racines culturelles, la même civilisation, la même vision du futur ? N’est-ce pas la France qui a donné à l’Amérique sa statue de la liberté, « La liberté éclairant le monde » ?!

Tout cela est vrai mais l’Europe a changé. En un sens, l’Europe ressemble aujourd’hui à un continent où les Démocrates américains auraient détenu le pouvoir sans interruption depuis 30 ans, non seulement dans les Etats nationaux, mais également au niveau de l’Union européenne.

Aux Etats-Unis, le spectre politique se partage entre Démocrates et Républicains, globalistes et nationalistes, pro-vie et pro-choix, pro-armes et anti-armes, etc. Même de nos jours, avec une présidence et une Cour suprême clairement à droite, ces oppositions sont plus vivaces que jamais. Par contraste, en Europe, une telle palette d’opinions n’existe plus — du moins au niveau « officiel ».

Politiquement parlant, en Europe occidentale, dans la presse et à l’université, soit vous êtes de gauche, soit vous êtes un pariah. Si vous êtes de droite et soutenez publiquement des thèses et opinions en ce sens, vous risquez d’être poursuivi pour « islamophobie », « racisme », « discrimination » et autres délits à l’avenant. Pour s’en convaincre, il n’est que de consulter les actualités juduciaires d’un pays comme la France où un intellectuel comme Eric Zemmour, qui serait considéré comme de droite et relativement modéré aux Etats-Unis, est constamment harcelé devant les tribunaux en raison de son « extrémisme ».

Ce déséquilibre s’explique par plusieurs facteurs. L’un d’eux est la différence de maturité politique entre Américains et Européens. Tandis que les Américains « ordinaires » — pas seulement les « élites » — ont parfaitement compris le rôle fondamental que joue la Cour suprême dans le maintien des libertés constitutionnelles et comme phare culturel qui tranche en dernier ressort toutes les grandes questions de société, les Européens considèrent le rôle d’une juridiction suprême comme mineur et purement technique.

Cette différence de perception apparaît de façon éclatante avec la couverture médiatique du récent décès du juge Antonin Scalia de la Cour suprême. Pendant des semaines, la presse US a évoqué les « opinions » et la carrière du juge Scalia, son influence sur la société américaine, l’importance du profil idéologique de son remplaçant etc. À telle enseigne que son remplacement est devenu l’un des enjeux de la dernière élection présidentielle !

Pareil débat est impensable en Europe. En Europe, nous avons deux cours suprêmes : la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH), qui siège à Strasbourg. Et la Cour de justice de l’Union européenne (CJUE), qui siège à Luxembourg. Il n’existe probablement par un citoyen européen sur un million qui est capable de nommer ne serait-ce que l’un des juges de ces deux juridictions ! La raison en est que la nomination de ces juges est opaque, purement gouvernementale dans le cas de la CEDH, principalement gouvernementale dans le cas de la CJUE, avec un simulacre de débat dans un Parlement européen dominé de la cave au grenier par la gauche culturelle.

En Europe, nous avons deux cours suprêmes : la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH), qui siège à Strasbourg. Et la Cour de justice de l’Union européenne (CJUE), qui siège à Luxembourg. (Image : Transparency International/Flickr)

La meilleure illustration de cette déconnection des cours suprêmes européennes et des peuples européens est le dossier de l’immigration. Le sujet fait débat aux Etats-Unis, qui a toujours accueilli des migrants du monde entier, attirés par la lumière de la torche de la liberté. Ces dernières années, avec le développement exponentiel du terrorisme islamique, le débat américain s’est fait plus nourri.

Rien de tel en Europe, où le sujet est de facto prohibé. L’Europe est envahie depuis quelques années par des millions de migrants, musulmans dans leur écrasante majorité, dont l’ONU reconnaît que la plupart ne répondent en aucune façon aux conditions de l’asile. Ce sont, en d’autres termes, des réfugiés économiques qui n’ont pas leur place en Europe. Comment expliquer cette situation ?

L’un des motifs est la politique de frontière ouverte de la chancelière Merkel, qui a permis l’entrée sur le territoire allemand d’un millions de réfugiés en un an, non seulement sans ce que les Américains appellent « extreme vetting » — contrôle renforcé — mais sans contrôle à l’entrée d’aucune sorte.

Toutefois, il existe un motif plus structurel à l’anarchie migratoire en Europe. Ce motif réside dans un arrêt de la CEDH, l’arrêt Hirsi Jamaa and Others v. Italy qui, en 2012, stipulait que les Etats européens ont l’obligation de secourir les clandestins en Méditerranée — en n’importe quel endroit qu’ils se trouvent, fût-ce à quelques centaines de mètres des côtes libyennes — et de les emmener sur le territoire européen, de telle façon qu’ils puissent introduire une demande d’asile.

Dans l’affaire en question, l’Italie avait intercepté des clandestins en mer et les avait ramenés à leur point d’origine, la Libye, en vertu d’une convention bilatérale conclue entre l’Italie et la Libye. Balayant la souveraineté italienne, la CEDH décrète l’illégalité de cette convention et condamne en sus l’Italie à payer 15.000 euros de dommages-intérêts à chacun des clandestins concernés. 15.000 euros est l’équivalent de dix années de revenus dans des pays comme la Somalie et l’Erythrée (dont étaient issus MM. Hirsi et ses compagnons). En 2016, le PIB par tête de la Somalie était estimé à 400 US$, 1300 US$ en Erythrée.

Bien entendu, l’arrêt Hirsi n’est pas tombé dans l’oreille d’un sourd. En Afrique, il devint clair que si un clandestin se fait intercepter en Méditerranée, la marine européenne a désormais l’obligation de l’acheminer vers son objectif final : l’Europe. De telle sorte que si l’objectif du clandestin, avant Hirsi, était de ne pas se faire intercepter, il devint, après Hirsi, de se faire intercepter. Ce qui créa un formidable appel d’air dans tout le continent africain et au-délà (de nombreux clandestins qui arrivent ces jours-ci en Italie par la Libye viennent du Bengladesh !). Alors qu’ils étaient quelques centaines à se noyer en Méditerranée avant Hirsi, ils sont désormais 5000 enfants, femmes et hommes à se noyer, chaque année, en se mettant à la mer dans l’espoir de se faire secourir par une marine européenne (chiffres de 2016). Tragique et meurtrière conséquence d’une jurisprudence qui se voulait inspirée par les plus hauts principes moraux.

Des ONG telles que Médecins sans frontières en sont à affréter spécialement des bateaux au large des côtes libyennes, pour servir d’interface entre les marines européennes et les passeurs mafieux, dont elle se font ainsi les complices objectifs.

Les Américains doivent lire l’arrêt Hirsi, qui est la parfaite synthèse de la jurisprudence européenne contemporaine. Ils constateront que la CEDH n’hésite pas à considérer les arguments de fait et de droit d’ONG comme Amnesty international comme faisant autorité; ce qui revient à reconnaître à ces ONG un statut équivalent à celui de source de droit !

Bien sûr, il reste de l’espoir. La révolte gronde en plusieurs points du continent européen. Ainsi des pays du groupe de Visegrad — Tchèquie, Pologne, Hongrie, Slovaquie — de l’Autriche, qui a dépêché des véhicules blindés à sa frontière avec l’Italie, ou de la Flandre (Nord de la Belgique) et de la Bavière, qui sont lasses de l’anarchie européenne.

Mais l’Amérique doit comprendre que, pour l’heure, la gauche culturelle monopolise si bien tous les lieux du pouvoir européen, que leur pire ennemi idéologique n’est pas l’islam ou la Russie : c’est l’Europe.

Drieu Godefridi

Source: https://fr.gatestoneinstitute.org/10915/europe-ennemi-ideologique

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  • Le Premier ministre hongrois Viktor Orbán a mis en garde contre une « Europe musulmane ». Pour lui, « la question des prochaines décennies est de savoir si l'Europe continuera à appartenir aux Européens ».

  • « Au cours des 30 prochaines années, la population africaine augmentera de plus d'un milliard de personnes. Soit le double de la population de toute l'Union européenne ... La pression démographique sera énorme. L'année dernière, plus de 180 000 personnes ont embarqué au départ de la Libye sur des bateaux de fortune. Et ce n'est que le début. Selon le commissaire européen Avramopoulos, en ce moment même, 3 millions de migrants piaffent aux portes de l'Europe ». - Geert Wilders, député des Pays-Bas, et chef du Parti pour la liberté et la démocratie (PVV).

Cette semaine, un nouvel attentat islamiste a frappé la ville espagnole de Barcelone. Comme à l'époque de la domination musulmane, comme en Israël, les islamistes pensent qu'ils disposent d'un droit au retour.

Au même moment, loin de l'Espagne, des écoles primaires ont été fermées sur ordre de l'État, les enfants représentant moins de 10% du total de la population. Les bâtiments scolaires ont été convertis en maisons de retraite médicalisées pour les personnes âgées car dans ce pays, les 65 ans et plus représentent plus de 40% de la population. Il ne s'agit pas d'un roman de science-fiction, mais du Japon, la nation la plus ancienne et la plus stérile du monde, où il existe même une expression populaire qui parle de « civilisation fantôme ».

Selon l'Institut national de la recherche sur la démographie et la sécurité sociale du Japon, la démographie des petites villes chutera d'ici 2040, de trente à plus de cinquante pour cent. Cette réduction spectaculaire de la population a déjà placé de nombreux conseils municipaux japonais en faillite. Le nombre des restaurants est passé de 850 000 en 1990 à 350 000 aujourd'hui, ce qui représente une forme d'« assèchement de vitalité ». Les prévisionnistes pensent qu'au cours des 15 prochaines années, 20 millions de logements deviendront vacants au Japon.

Le Japon préfigure-t-il

le destin de l'Europe ?

Certains experts en démographie ont appelé l'Europe « le nouveau Japon ». Mais contrairement à l'Europe, le Japon affronte cet effondrement démographique en comptant sur ses propres forces et en bannissant tout recourt à l'immigration musulmane.

Comme l'a noté le chercheur George Weigel, « l'Europe connait un suicide démographique ; l'historien britannique Niall Ferguson a comparé cette réduction systématique de population « à la Peste noire qui, au quatorzième siècle, a entraîné la plus vaste chute de population européenne jamais enregistrée ».

Les musulmans d'Europe rêvent de remplir ce vide. Luc Ravel, nommé archevêque de Strasbourg par le pape François en février, a récemment déclaré que « les croyants musulmans le savent très bien que leur fécondité est telle qu'aujourd'hui, comment ils appellent ça ?... le Grand Remplacement, ils vous le disent de façon très calme, très positive, 'mais de toute façon, un jour tout ça, ça sera à nous'...».

Un récent rapport du Centro Machiavelli, un centre de recherche italien, révèle que si les tendances actuelles se poursuivent, en 2065, les immigrants de première et deuxième génération représenteront en Italie, une population de 22 millions de personnes, soit plus de 40% de la population totale. En Allemagne, 36% des enfants de moins de cinq ans sont issus de parents immigrés. Dans 13 des 28 pays membres de l'UE, le nombre des décès a été supérieur l'an dernier au nombre des naissances. Sans migrants, les populations d'Allemagne et de l'Italie chuteront respectivement de 18% et 16%.

C'est au sein de la « nouvelle Europe » - Pologne, Hongrie, Slovaquie... -, comme on nomme les pays de l'ancien bloc soviétique pour les distinguer de la « vieille Europe», - France, Allemagne.. – que l'impact démographique est le plus visible. Ces ex-pays de l'Est sont les plus exposés à la « bombe de la dépopulation », un effondrement du taux de natalité si dévastateur que Mark Steyn, analyste, l'a qualifié « de plus gros problème de notre temps ».

Le New York Times s'est demandé pourquoi, « en dépit de la diminution de sa population, l'Europe de l'Est résiste aux migrants ». La réponse est dans la question : les natifs craignent d'être remplacés par les migrants. En outre, une grande partie de l'Europe de l'Est a vécu plusieurs siècles durant, sous le joug de l'Empire ottoman; ils savent le sort qui les attend en cas de récidive. Les pays vieillissants craignent que des valeurs contraires aux leurs ne finissent par leur être imposées si une population jeune et étrangère vient pallier le vieillissement de la population.

« Deux points de vue s'affrontent aujourd'hui en Europe [concernant le déclin et le vieillissement de la population] », a récemment déclaré le Premier ministre hongrois, Viktor Orbán . « Il y a ceux qui veulent régler les problèmes démographiques de l'Europe par l'immigration. Et il y a ceux qui, en Europe centrale - et, notamment en Hongrie - pensent que nous devons résoudre nos problèmes démographiques en comptant sur nos propres forces et en mobilisant nos propres réserves, et – n'hésitons pas à le proclamer - en nous renouvelant au plan spirituel ». Orbán a mis en garde contre une « Europe islamisée ». « La question des décennies à venir affirme-t-il , est de savoir si l'Europe continuera à appartenir aux Européens ».

Le Premier ministre hongrois, Viktor Orbán, a récemment déclaré : « Nous devons résoudre nos problèmes démographiques en comptant sur nos propres forces et en mobilisant nos propres réserves, et ... en nous renouvelant au plan spirituel ». (Source de l'image: David Plas / Wikimedia Commons)

A cet égard, l'Afrique représente pour l'Europe une bombe à retardement démographique

Selon le parlementaire néerlandais Geert Wilders :

« Au cours des 30 prochaines années, la population africaine augmentera de plus d'un milliard de personnes. Soit le double de la population de toute l'Union européenne ... La pression démographique sera énorme. Un tiers des Africains souhaite émigrer et la plupart songent à l'Europe. L'an dernier, plus de 180 000 personnes ont effectué la traversée au départ de la Libye sur des bateaux de fortune. Et ce n'est que le début. Selon le commissaire européen Avramopoulos, en ce moment même, 3 millions de migrants piaffent d'impatience aux portes de l'Europe ».

La dépopulation de l'Europe de l'Est ne va pas sans poser de redoutables problèmes de sécurité. L'armée et les services sociaux sont en butte à une crise de recrutement. Le président bulgare, Georgi Parvanov, a convoqué les membres du Comité consultatif national à une réunion entièrement dédiée aux questions de sécurité nationale. Auparavant, les pays d'Europe de l'Est craignaient les chars soviétiques ; désormais, ce sont les berceaux vides qui les menacent.

Les Nations Unies ont calculé que l'Europe de l'Est comptait 292 millions d'habitants l'an dernier, soit 18 millions de moins qu'au début des années 1990. C'est comme si la population des Pays-Bas avait entièrement disparu.

Le Financial Times a qualifié la situation démographique de l'Europe de l'Est comme étant « la plus grande réduction de population de l'histoire moderne ». Jamais auparavant, la population n'avait diminué de cette façon. Même la Seconde Guerre mondiale, avec ses massacres, ses déportations et ses mouvements de population, n'a pas creusé un tel abîme.

La voie Orbán – affronter le déclin démographique en comptant sur ses propres forces - est le seul moyen qu'à l'Europe d'éviter le « Grand Remplacement » prédit par l'archevêque français Ravel. L'immigration de masse va probablement combler les berceaux vides - mais l'Europe ne sera plus alors qu'une « civilisation fantôme » ; Il s'agit juste d'une forme différente de suicide.

Giulio Meotti, journaliste culturel à Il Foglio, est un journaliste et auteur italien.

Annexe

D'ici 2050, la Roumanie aura perdu 22% de sa population, la Moldavie arrivant juste derrière (20%), puis la Lettonie (19%), la Lituanie (17%), la Croatie (16%) et la Hongrie (16%). La Roumanie, la Bulgarie et l'Ukraine sont les pays où la réduction de population sera la plus grave. D'ici 2050, la Pologne comptera 32 millions d'habitants contre 38 millions aujourd'hui. Près de 200 écoles ont été fermées, mais il reste assez d'enfants pour remplir les autres.

En Europe centrale, la proportion de « personnes âgées de 65 ans et plus » a augmenté de plus d'un tiers entre 1990 et 2010. La population hongroise est à son point le plus bas depuis un demi-siècle. Le nombre d'habitants est passé de 10 709 000 en 1980 à 9 986 000 millions. En 2050, la Hongrie comptera moins de 8 millions d'habitants ; et un sur trois aura plus de 65 ans. La Hongrie a aujourd'hui un taux de fécondité de 1,5 enfant par femme. Hors population Rom, ce chiffre tombe à 0,8, le plus bas au monde – ce qui explique que le Premier ministre Orbán a annoncé de nouvelles mesures pour résoudre la crise démographique.

Entre 2015 et 2050, le déclin démographique de la Bulgarie risque d'être le plus rapide du monde. Avec la Bosnie-Herzégovine, la Croatie, la Hongrie, le Japon, la Lettonie, la Lituanie, la Moldavie, la Roumanie, la Serbie et l'Ukraine, la Bulgarie appartient à un groupe de pays dont la population devrait diminuer de plus de 15% entre 2015 et 2050. La Bulgarie qui compte aujourd'hui 7,15 millions d'habitants ne compterait plus que 5,15 millions d'habitants dans 30 ans, soit une baisse de la population de 27,9%.

Les chiffres officiels montrent que 178 000 bébés sont nés en Roumanie. Par comparaison, en 1990, première année de l'ère post-communiste, il y avait eu 315 000 naissances. La Croatien'a eu l'an dernier que 32 000 naissances, soit une baisse de 20% par rapport à 2015. Le dépeuplement de la Croatie devrait s'effectuer au rythme de 50 000 personnes en moins chaque année.

Quand la République tchèque faisait partie du bloc communiste (au sein de la Tchécoslovaquie), son taux de fécondité était proche du taux de remplacement (2.1). Aujourd'hui, c'est le cinquième pays le plus stérile du monde. La Slovénie à le PIB par habitant le plus élevé d'Europe de l'Est, mais son taux de fécondité est l'un des plus faibles.

migrants-invasion (1)

 

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