Lettre ouverte d’Hélios d’Alexandrie au Pape François

 

Publié par Hélios d'Alexandrie le 25 août 2017

Monsieur Bergoglio,

Il m’arrive souvent de me demander ce que l’Europe a fait au Bon Dieu pour que vous soyez élu Pape. Bien sûr l’Europe a commis de grands péchés, elle s’est détournée de sa foi et de son héritage chrétien, mais est-ce une faute à ce point grave pour que le Très Haut la punisse aussi sévèrement?

Je vous ai déjà écrit pour vous rappeler que Notre Seigneur Jésus-Christ après sa résurrection a dit par trois fois à Saint Pierre: « Pais mes brebis ». Il lui a à cette occasion confié la tâche la plus noble et la plus difficile qui soit, celle qu’il a assumée lui-même durant son passage sur terre, être le Bon Pasteur. Permettez-moi de vous rappeler ses paroles:  » Je suis le Bon Pasteur; le Bon Pasteur donne sa vie pour ses brebis. Le mercenaire, qui n’est pas le Pasteur et à qui n’appartiennent pas les brebis, voit-il venir le loup, il laisse les brebis et s’enfuit, et le loup s’en empare et les disperse. C’est qu’il est mercenaire et ne se soucie pas des brebis. (Évangile selon Saint Jean, 10 11-13)

Il fut un temps où je vous accordais de bon cœur le bénéfice du doute. Face à vos prises de position je me demandais si, en devenant Pape, vous n’aviez pas, selon le fameux principe de Peter, atteint et dépassé votre seuil d’incompétence. Mais aujourd’hui je me pose des questions autrement plus sérieuses à votre sujet: de quel bord penchez-vous? Celui du Bon Pasteur ou du mercenaire? Celui de Jésus ou de la gauche immigrationiste? Celui de la foi chrétienne ou de l’islam conquérant?

Le sang des victimes du terrorisme musulman n’a pas le temps de sécher, que vous prenez un malin plaisir à inciter les fidèles à davantage de masochisme. L’an dernier après le massacre de Nice et l’assassinat du Père Hamel en pleine messe, vous intimiez l’ordre aux catholiques polonais, d’ouvrir les frontières de la Pologne à l’invasion musulmane. Lundi dernier le 21 août, à peine quatre jours après le carnage de Barcelone, vous y alliez de votre message sur l’accueil des migrants en Europe. Le bon sens, la décence et un minimum de sensibilité auraient dû tempérer, du moins pour une semaine, l’enthousiasme que vous démontrez pour la conquête islamique. Pourquoi étiez-vous si pressé d’annoncer aux européens que leur sécurité et leur civilisation ne devraient en aucun cas constituer un frein à l’invasion?

Certes vous citez force versets de l’Évangile en appui à votre politique, comme si Jésus s’adressaient aux gouvernements européens et non aux croyants dans l’intimité de leur cœur. « J’étais étranger et vous m’avez accueilli. » (Évangile selon Saint-Mathieu 25 35) En utilisant cette parole de Jésus-Christ pour justifier et promouvoir l’ouverture des frontières à l’immigration de masse, vous commettez une fraude intellectuelle et induisez délibérément les chrétiens en erreur. Dieu respecte notre liberté individuelle de choisir, parce qu’il n’y a pas d’amour possible et de don de soi sans liberté. En utilisant le pouvoir moral que vous procure votre position, vous faites fi de la liberté de choisir des chrétiens et leur imposez, non seulement un fardeau écrasant, mais mettez également leurs vies en danger. En cela vous ressemblez aux scribes et aux pharisiens que Jésus a dénoncés quand il a dit: « Ils lient de pesants fardeaux et les imposent aux épaules des gens, mais eux-mêmes se refusent à les remuer du doigt. » (Évangile selon Saint-Mathieu 23 4)

L’Évangile n’est pas un manuel de politique et encore moins un manifeste marxiste, il ne justifie aucunement votre parti-pris idéologique. Vous vous entêtez à ne pas prendre en considération la haine et l’hostilité de l’islam envers l’Occident et le christianisme. Vous vous montrez imperméable aux dures leçons de l’Histoire et des évènements récents, comme si les trois cent millions de morts, victimes innocentes de l’islam depuis quatorze siècles, comptaient pour rien, et comme si les massacres perpétrés quotidiennement par l’islam ricochaient sur votre carapace idéologique sans la pénétrer.

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Il y a quatre mois vous étiez en Égypte où on vous a informé dans le détail, des souffrances et des humiliations subies par les chrétiens là-bas. Malgré cela vous semblez avoir gobé toutes les couleuvres que le grand imam d’el Azhar vous a gracieusement servies. Vos étreintes et embrassades nous en ont appris beaucoup sur son hypocrisie et votre crédulité volontaire; on ne vous a pas seulement roulé dans la farine, vous vous y êtes vautré avec délectation. Qu’avez-vous obtenu en retour pour les chrétiens d’Égypte?

Pas plus tard que cette semaine la police, armée de gourdins et de boucliers, empêchaient des milliers de chrétiens de se réunir pour prier. En Égypte le droit de prier des chrétiens est assujetti à l’arbitraire des autorités, c’est la loi islamique qui le prescrit; la liberté religieuse des chrétiens est malmenée dans les pays musulmans et vous choisissez de garder le silence. Plus je vous observe et plus je réalise que vous vous moquez éperdument des minorités chrétiennes en Égypte et au Moyen-Orient, en effet lever le petit doigt en leur faveur pourrait troubler votre idylle avec le grand imam. Vous faites vraiment un drôle de Pape, le berceau du christianisme est islamisé à plus de 95%, les chrétiens du Moyen-Orient sont en voie d’extinction, et vous rêvez d’islamiser l’Europe!

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Inexpérience, ignorance, naïveté, angélisme, voilà ce à quoi vous faisiez penser aux début de votre pontificat. C’était mal juger de votre opiniâtreté et des œillères qui font de vous un danger pour tous les chrétiens. Je me demande ce que faisait le Saint-Esprit durant le conclave qui vous a fait pape; sans doute s’est-il abstenu d’inspirer des électeurs, plus préoccupés de politique que de foi en Jésus-Christ. Il était alors plus important de présenter aux médias et aux ennemis de l’Église un pape qui leur serait acceptable, un pape à leur image, antithèse de son prédécesseur, la culture et le jugement en moins.

 

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La foi chrétienne a besoin de bon sens, là où le bon sens manque, la foi manque aussi. Aimer son prochain n’implique pas de mettre sa propre vie en danger, qui plus est ce « prochain » que vous nous forcez à recevoir, rêve de nous asservir et n’hésitera pas à nous tuer si nous résistons. Commander aux brebis charitables d’accueillir le loup dans la bergerie, c’est ce que vous ordonnez du haut de votre chaire, vous l’ordonnez non par charité chrétienne mais par acharnement idéologique.

Un peu d’humilité et d’introspection ne vous feraient certainement pas du tort, mais il est vain d’espérer qu’un esprit pétri d’idéologie comme le vôtre, en vienne à remettre en question les dogmes qui le coupent de la réalité. Là où le dogme idéologique règne en maître, la sagesse a peu de chances de se frayer un chemin. L’Église catholique a commis nombre de péchés durant son existence, mais celui de vous avoir mis à sa tête n’est pas un simple péché, par bien des aspects il s’apparente à un désastre.

Reproduction autorisée avec la mention suivante : © Hélios d’Alexandrie pour Dreuz.info.

 

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 IN ITALIANO

 

Apri lettera da Helios di Alessandria a Papa Francesco

 

Signor Bergoglio,

 

Mi chiedo spesso che cosa l'Europa abbia fatto a Dio per essere eletto Papa. Naturalmente l'Europa ha commesso grandi peccati, si è allontanato dalla sua fede e la sua eredità cristiana, ma è un errore così grave che l'Altissimo punita così severamente?

Ti ho già scritto per ricordarvi che il nostro Signore Gesù Cristo, dopo la sua risurrezione, ha detto tre volte a San Pietro: "Nutrire le mie pecore". Lui ha in questa occasione dato il compito più nobile e la più difficile, che è, uno si ha assunto durante la sua permanenza sulla terra, essendo il Buon Pastore. Vorrei ricordarvi delle sue parole: "Io sono il Buon Pastore; Il Buon Pastore dà la sua vita per le sue pecore. Il mercenario, che non è pastore e al quale non appartengono le pecore, vede venire il lupo, abbandona le pecore e fugge, e il lupo le rapisce e le disperde. È perché è mercenario e non si preoccupa per le pecore. (Vangelo secondo san Giovanni, 10: 11-13)

C'era un momento in cui volevo darti il ​​beneficio del dubbio. Di fronte tue posizioni mi chiedevo se, a diventare Papa, non hai, secondo il famoso principio di Peter, raggiunto e superato il livello di incompetenza. Ma oggi mi chiedo domande più gravi su di te: quale limite si sta appoggiando? Quello del Buon Pastore o del mercenario? Quello di Gesù o la sinistra dell'immigrazione? Quella della fede cristiana o conquistare l'Islam?

Il sangue delle vittime del terrorismo islamico non ha tempo per asciugarsi, è il piacere di incoraggiare i fedeli a più masochismo. Lo scorso anno dopo il massacro di Nizza e l'assassinio di Padre Hamel durante la messa, si intimiez ordine per i cattolici polacchi, ad aprire i confini della Polonia per l'invasione musulmana. Lunedì scorso, il 21 agosto, appena quattro giorni dopo il carcere a Barcellona, ​​stavi andando al tuo messaggio sulla ricezione dei migranti in Europa. Il buon senso, la decenza e un minimo di sensibilità dovrebbero avere temperato, almeno per una settimana, l'entusiasmo che dimostri per la conquista islamica. Perché siete così ansiosi di annunciare agli europei che la loro sicurezza e la loro civiltà non dovrebbero in alcun modo essere un controllo dell'invasione?

Certo, lei cita versetti del Vangelo la forza per sostenere la vostra politica, come se Gesù fosse indirizzato ai governi europei e non credenti nella privacy del loro cuore. "Ero uno sconosciuto e mi hai accolto. Usando questa parola di Gesù Cristo per giustificare e promuovere l'apertura dei confini all'immigrazione di massa, si commette frodi intellettuali e deliberatamente falla i cristiani. Dio rispetta la nostra libertà individuale di scegliere, perché non esiste alcun amore e un dono di sé senza libertà. Usando il potere morale della tua posizione, ignori la libertà di scegliere i cristiani e imporre non solo un onere straordinario ma anche mettere la vita in pericolo. In questo siete come gli scribi ei farisei che Gesù denunciato quando ha detto: "Legano infatti pesanti fardelli e li impongono sulle spalle della gente, ma loro non sono disposti ad alzare un dito per. (Vangelo secondo san Matteo 23 4).

Il Vangelo non è un manuale della politica, per non parlare di un manifesto marxista, non giustifica la vostra bias ideologica. Insiste a non prendere in considerazione l'odio e l'ostilità dell'Islam verso l'Occidente e il Cristianesimo. Si mostra impermeabile alle dure lezioni della storia e gli eventi recenti, come i tre cento milioni di morti, vittime innocenti dell'Islam per quattordici secoli, contato per niente, come se i massacri perpetrati quotidianamente dall'Islam Ricocheted sul tuo carapace ideologico senza penetrarlo.

Quattro mesi fa siete stati in Egitto dove siete stati informati in dettaglio sulle sofferenze e le umiliazioni subite dai cristiani. Nonostante ciò sembri aver ingoiato tutti i serpenti che il grande Imam di El Azhar ha servito con grazia. I tuoi abbracci e abbracci ci hanno insegnato molto sulla sua ipocrisia e sulla vostra credulità volontaria; Non sei stato solo avvolto nella farina, tu l'hai immerso con gioia. Cosa hai ottenuto in cambio dei cristiani d'Egitto?

Più tardi questa settimana, la polizia, armata di club e scudi, impediva che migliaia di cristiani si riuniscano per pregare. In Egitto il diritto di pregare i cristiani è soggetto ad autorità arbitraria, è legge islamica che lo prescrive; La libertà religiosa dei cristiani viene maltrattata nei paesi musulmani e si decide di rimanere in silenzio. Quanto più si osservo e più mi rendo conto che stai ridendo follemente minoranze cristiane in Egitto e in Medio Oriente, infatti alzare un dito per loro conto potrebbe disturbare la tua storia d'amore con il grande Imam. Realmente fai un papa divertente, la culla del cristianesimo è islamizzata a oltre il 95%, i cristiani in Medio Oriente sono sul punto di estinzione e sognate di islamizzare l'Europa!

Inesperienza, ignoranza, ingenuità, angelismo, questo è quello che stavi pensando all'inizio del tuo pontificato. È stato un errore giudicare la tua ostinazione e gli occhi chiusi, che ti fanno un pericolo per tutti i cristiani. Mi chiedo quale sia lo Spirito Santo durante il conclave che ti ha fatto papa; Senza dubbio si allontanava dall'ispirazione degli elettori, più preoccupati della politica che con la fede in Gesù Cristo. E 'stato ora più importante presentare ai media e nemici della Chiesa un papa che sarebbe accettabile per loro, un papa a loro immagine antitesi del suo predecessore, la cultura e il giudizio meno.

La fede cristiana ha bisogno di un buon senso, dove manca un buon senso, manca anche la fede. Amare il prossimo non significa mettere la propria vita in pericolo, ciò che è più "avanti" che ci costringono a ricevere, il sogno di asservire noi e non esiterà a ucciderci se resistiamo. Per ordinare pecore caritatevoli per accogliere il lupo nel pascolo, è quello che ordinate dal pulpito, non lo ordini dalla carità cristiana, ma dall'insolenza ideologica.

 

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Un po 'di umiltà e di introspezione non avrebbe certo alcun danno, ma è vano sperare che uno spirito di ideologia, come tuo, verrà a mettere in discussione i dogmi che lo tagliano dalla realtà . Laddove il dogma ideologico regna suprema, la saggezza è improbabile che trova la sua strada. La Chiesa cattolica ha commesso molti peccati durante la sua esistenza, ma quello di trovarti alla sua testa non è un semplice peccato, per molti aspetti è un disastro.

La riproduzione è autorizzata con la seguente menzione: © Hélios d'Alexandrie per Dreuz.info.

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« Les déclarations du pape sur les migrants encouragent le suicide de l’Occident »

SOURCE : ARTICLE | 24/08/2017 | Par Samuel Pruvot


Philippe de VIlliers

Philippe de Villiers

 ©S.TENANI-CITIZENSIDE

Philippe de Villiers, le fondateur du Puy du Fou revient sur les propositions du pape François sur les migrants, publiées lundi 21 août. Il s’inquiète d’une rupture conceptuelle dans le discours de l’Église et d’un message favorisant le déracinement et le mondialisme. 

 Est-il légitime, pour un pape, de s’inviter dans un débat aussi sensible que celui des migrants ?

Sur le principe, oui. La doctrine sociale de l’Église établit et développe une « théologie de la cité ». L’Église a le droit, et même le devoir, d’éclairer les fidèles sur la bonne manière de gérer le bien commun et d’organiser la société. Cela dit… cette déclaration du pape François sur les migrants me semble favoriser, par son contenu et sa portée, un vrai suicide de l’Occident.

Le pape voudrait-il vraiment anéantir l’Occident ?!

On dirait qu’il veut punir l’Europe dont il ne parle jamais des racines chrétiennes. Chez Jean-Paul II, Benoit XVI et ses prédécesseurs, il existe une « théologie des nations ». Elle repose sur le quatrième commandement : « Tu honoreras ton père et ta mère ». Ce commandement implique de rendre un culte à ses parents et à ses ascendants et donc à sa patrie. Cela implique un amour de prédilection à laquelle la nation appartient car elle constitue une famille de familles. A en croire saint Augustin, la politique est, en ce sens, la plus haute forme de la charité.

En quoi les propos du pape François sont-ils si révolutionnaires ?

Il abolit toute possibilité de régulation des flux migratoires. François inaugure une nouvelle théologie mondialiste mortifère pour l’Europe. Le premier élément saillant de son discours est le fait que les États seraient illégitimes face aux migrants. Je fais allusion à cette phrase incompréhensible qui accorde un primat à la « sécurité personnelle » sur la « sécurité nationale ». Jusqu’à présent, les États avaient une justification régalienne : c’était la sécurité nationale qui garantissait la sécurité personnelle. Le pape opère donc un renversement complet qui ressemble à une prime à l’anarchie. Ce discours installe l’Église dans une proximité douteuse avec les mondialistes du transhumanisme et de la marchandisation du monde, qui veulent eux aussi la suppression des souverainetés, des frontières et des États. Dans son catéchisme, l’Église a toujours défendu le droit du migrant de migrer en cas de nécessité, mais aussi le droit légitime des États à limiter les flux migratoires. C’est ce balancement et cet équilibre que le pape semble envoyer aux oubliettes.

Mais vous conviendrez que le pape n’est pas vraiment l’allié du mondialisme libéral et libertaire ?

Il semble confondre l’universalisme catholique avec le mondialisme le plus débridé. Le pape François propose d’annuler toute différence entre les clandestins, les immigrants légaux et les citoyens… Résultat ? La citoyenneté apparait comme un concept périmé quand on prône un « droit d’installation préalable pour les migrants ». En effet, la caractéristique singulière du citoyen par rapport à l’étranger est la pérennité du séjour. Le multiculturalisme prôné par François deviendrait selon lui le seul modèle conforme à l’Évangile. Le migrant, avec un grand M, apparaît dans une vision quasi christique. Le patriotisme devient un péché. On ne pourrait être catholique et patriote. C’est la doxa des mondialistes.

Quel est le risque, pour l’Europe, de renforcer les droits des migrants au nom de la protection des personnes ?

Le risque de se dissoudre. L’Europe est en train de devenir une marqueterie communautaire, multiconflictuelle et multidéculturée. Dans son point 21, le pape évoque le transfert des identités culturelles, autrement dit le refus de l’assimilation. Concrètement, cela porte le risque de l’islamisation de l’Europe avec le voile, le halal, etc. Les chrétiens d’Orient nous ont avertis : « regardez ce qui nous arrive car demain il vous arrivera la même chose. »

Vous ne comprenez pas la sollicitude du pape François pour les migrants ?

Cette sollicitude me semble à sens unique. A aucun moment, le pape François ne parle de l’immense détresse matérielle, morale et spirituelle des citoyens des pays d’accueil, de leur insécurité et de leur confrontation si douloureuse au quotidien avec une autre société aux mœurs incompatibles.

Vous voulez parler de cet islam que vous évoquez dans « Les cloches sonneront-elles encore demain » (Albin Michel) ?

Oui. Ce discours « migrationiste » du pape François risque de mettre en colère beaucoup de Français, de générer beaucoup d’incompréhension chez les chrétiens et de réjouir certains imams radicaux. Il parait bien imprudent de désarmer les consciences et de sous-estimer ainsi la dimension guerrière d’une religion qui est conquérante par essence. Du point de vue de l’Histoire, le grand mouvement de l’islam a recommencé en direction de l’Europe. Nous sommes devant un phénomène inédit du djihad qui planifie une conquête pacifique de notre continent. L’islam fait le pari que l’Europe va se coucher : qu’il n’y aura de sursaut ni démographique, ni spirituel, ni civilisationnel.  

Mais pour revenir à la sollicitude du pape, elle est quand même inscrite dans l’Évangile ?!

À condition de ne laisser personne au bord du chemin. La sollicitude de François est hémiplégique. D’abord pour les pays d’accueil submergés et qui souffrent dans leur chair des attentats ; ensuite pour les pays d’Afrique où tant de gens dans la misère refusent malgré tout de quitter leur pays. Dans son livre « Dieu ou rien », le cardinal Sarah demande aux africains de développer l’Afrique et de ne pas se déraciner. Faute de quoi, ils seront malheureux.  Car un homme déraciné est un homme appauvri, coupé de sa sève et de sa mémoire. Il faut aider les peuples pauvres là où ils vivent plutôt que les pousser à l’errance et à la misère du déracinement. J’ai une expérience personnelle de ce que je vous dis. J’aime profondément l’Afrique. Depuis longtemps, le Puy du Fou aide des pays comme Madagascar. Il faut donc aider les pays d’origine – ce que le mondialisme refuse de faire car il encourage la transhumance de l’homme traité comme une marchandise. Un certain capitalisme cherche les bras les moins chers du monde, le pape François s’en est d’ailleurs fait l’écho. C’est pourquoi sa position est incompréhensible. Les siècles à venir jugeront sévèrement toutes les élites mondialistes qui ont déraciné des populations entières après les avoir appauvries. Que sera Rome demain dans une Europe chrétienne qui ne sera plus rien de ce qu’elle fut et de ce qui constitue sa richesse ? Une Europe livrée à la concurrence de deux mondialismes : le mondialisme islamique et le mondialisme hédoniste qui se nourrissent l’un l’autre. Aujourd’hui, la question de l’Europe est simple. Je supplie le pape de la regarder en face : c’est la question de la survie de la chrétienté. J'ai peur que ce pape soit celui du Camp des saints(NDLR : roman de Jean Raspail).

Philippe de VILLIERS

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